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Qui Ça?

  • : Stipe se laisse pousser le blog
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  • : Je m'étais juré sur la tête du premier venu que jamais, ô grand jamais je n'aurais mon propre blog. Dont acte. Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser des commentaires dithyrambiques ou sinon je tue un petit animal mignon.
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La cour des innocents

La Cour des Innocents - couv - vignette

Dates à venir

- samedi 2 août, en dédicace à la Librairie Montaigne (Bergerac) de 10h à 12h

- samedi 30 août, en dédicace à la Librairie du Hérisson (Egreville)

- dimanche 9 novembre, en dédicace au Grand Angle dans le cadre du salon Livres à Vous de Voiron.

26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 12:07

 

Pour raison professionnelle, j'ai été convié à participer à l'avant-première française de The Expendables 2 : Unité Spéciale, un film de tatane et de Simon West.

Suite à cette projection, le 102ème Blog m'a gentiment demandé de lui livrer ma version du film. J'ai tout naturellement répondu "Non", j'aime pas qu'on me demande de faire des choses. "Allez, steup, tu racontes tellement bien !". Ah ben là, d'accord ! Les gens, faut vraiment leur arracher les compliments de la bouche, j'te jure...

 

Si vous avez l'occasion d'aller voir ce film, n'hésitez pas. Vous serez très agréablement surpris par l'humour et l'autodérision qui en parsèment les scènes.

 

 

Exemple de cène du film :

 

The-Expendables-2-La-Cene.jpg

 

 

 

Synopsis :

Les méchants font un sale coup aux gentils. Les gentils décident de se venger et de foutre sur la gueule des méchants, par le biais de la bagarre. Les gentils gagneront-ils à la fin, ou bien seront-ce les méchants qui perdront ?


Le film :
Au début, les gentils sont dans un endroit hostile. Un pays qui n'a apparemment pas la télévision, vu qu'une armée d'à peine 50000 hommes, et seulement équipée de pistolets, mitraillettes, pistolets-mitraillettes, chars d'assaut, hélicos, bombes nucléaires, grenades, lance-roquettes, porte-avions et pièges à loups, décide de tenir tête à une bande de mercenaires composée de Stallone, Statham, Jet Li, Dolph Lundgren, un black tatoué qu'on connaît pas trop, et un beau gosse (mais sympa quand même).

Stallone (Rocky 1, Rocky 2, Rocking Chair, Rambo 1, Rambo 2, Rambo et les gendarmettes, Rocky contre Rambo) demande "on va quand même pas y aller les mains dans les poches, on n'a même pas de poches !". C'est pas vraiment une question mais Statham (Snatch et euh... c'est tout) répond quand même "On va prendre une bombe lacrymo, au cas où...". En fait ils ont des poches, mais elles sont maintenues fermées par un fil provisoire, c'est toujours comme ça sur les vestes neuves et ils le savaient même pas. On se dit que ça commence mal. Pourtant ils vont mettre leur race à cette bande de naïfs qui savent même pas de quoi sont capables Stallone et compagnie : Jet Li (Micmac à Hong Kong, Le chinois a les nerfs, Kung-fu dans ta gueule) distribue des coups de poêles comme Strauss-Kahn cuisine les bonniches, Stallone manucure les mecs jusqu'à l'omoplate, Statham dérouille à tour de gros bras, Lundgren (Rocky 4, Les vikings en folie, Le livreur de chez Ikea) en prend un pour taper sur l'autre, le gros black tatoué (Le gros black tatoué a des ennuis) s'en sort plutôt bien, et le beau gosse éviscère au couteau à huîtres (mais sympa quand même). Une fois qu'ils ont déblayé un peu le terrain et y voient plus clair dans ce milieu hostile, ils vont délivrer Schwarzy qui était dans une sale posture : un sac à patates sur la tête, les mains nouées dans le dos, les deux lacets de chaussures attachés entre eux, et interdiction de tuer les méchants qui le séquestraient. La guigne.
Bon, autant vous le dire tout de suite, les retrouvailles entre Schwarzy et Stallone se passent moyen-moyen. Faut dire qu'ils se sont tiré la bourre dans les années 80-90 par box-office interposé. Ensuite Schwarzy a mal tourné, il est tombé dans la politique jusqu'aux coudes. Pendant qu'il y interprétait son meilleur rôle de méchant, Stallone enchaînait les suites des sagas de Rocky et de Rambo, à raison d'un volet tous les 15 ans.
Donc, les retrouvailles :
"- Ah merde, c'est toi ! Avec le sac à patates sur la tête, je t'avais pris pour Elephant Man. Sans le sac aussi, mais c'est quand t'as commencé à parler que j'ai reconnu ta voix de tata. Dis-donc, t'aurais pas un peu grossi ?
- Et toi, t'aurais pas un peu un fils mort ?"
Bonne ambiance, disais-je.

Néanmoins, on sait comment ça se passe dans ces cas-là : Schwarzy ça lui arrache un peu les poils du nez de l'avouer, mais il assure être redevable envers Stallone. Celui-ci n'en fait rien, "Nan mais c'est bon, t'as vu, ...". "J'insiste", insiste l'autre. "Je te dis que tu peux garder la monnaie", se la joue Stallone. Bref, ils font mumuse à "C'est toi qui raccroches le premier, nan c'est toi", puis comme c'est l'heure d'aller mettre sur la gueule à d'autres méchants, ils se claquent la bise ("chez nous c'est quatre") et repartent chacun vers leur destinée qui consiste grosso-modo à sauver les gentils des méchants. En résumé, sauver les USA des chinetoques, cocos, négros et bougnoules. Car dans les films de Stallone et ses potes, le monde se divise en deux parties : les gentils s'étendent de la côté ouest des Etats-Unis à la côte est, et les méchants de la côte est à la côte ouest. Mais en faisant le tour par l'autre côté...

Next mission, donc : aller mettre sa race à des Bulgares nerveux qui se sont mis dans l'idée de piller une mine d'uranium.
"Chef, en fait c'est du plutonium.
- Ah pardon, j'avais cru uranium. Pas grave, c'est pareil".
En effet : plutonium, uranium, on se doute bien que de toute façon c'est pas pour se le faire monter en pied de lampe ou pour caler un meuble. Non, le but manifeste est de faire sauter la planète par simple lubie belliqueuse. Le souci, c'est que par nature le Bulgare n'est pas spécialement salaud. Bien sûr, on le connaît pénible aux feux tricolores, à claudiquer et quémander une pièce, une clope ou ta femme. Mais même en cas de refus il est rare qu'il en arrive, en représailles, à vous balancer Fat Man dans l'habitacle de la bagnole. Au pire c'est un mollard sur le carreau, les amitiés à transmettre à votre mère la pute, et c'est marre. Du coup, pour justifier le fait qu'on demande à Stallone et sa fanfare d'aller mettre sur la gueule aux gentils bulgares (alors que Hortefeux et Valls auraient suffit), on utilise la bonne vieille méthode de la vengeance : à peine sont-ils arrivés en Albanie
"Attendez, chef, c'est Bulgarie ou Albanie ?
- Ben c'est la même chose. Bulgarie se dit "Albanie" en roumain, c'est pour ça.
- Ah d'accord, je savais pas".
Donc, à peine débarqués en Albanie, ils se voient contraints d'être très peinés de la perte d'un des leurs par mort violente via objet contondant dans le cœur. Et pour bien appuyer le caractère dégueulasse de la chose, on fait appel à une autre nation hyper belliqueuse : la Belgique. Car oui, quand c'est pour chanter "Le plat pays" ou dessiner Tintin avec sa houppette et ses souliers vernis, y'a sympathie, bonne ambiance et accent rigolo. Mais c'est vite oublier que c'est le pays de Marc Dutroux et de Salvatore Adamo ! Le premier n'ayant pas passé le casting (bien qu'ayant couché avec le fils du producteur), et le second étant retenu sur le tournage de l'émission "Les années wap-doo-wap" présentée par Patrick Sébastien, c'est à Jean-Claude Van Damne que revient l'honneur de représenter la fameuse cruauté belge. Il va donc, en sa qualité de roi des salopards, liquider le plus gentil de la bande à Stallone. Ah ça, ça fait déjà moins marrer que ses aphorismes bilingues le samedi soir chez Arthur ! Sans compter que pour exploiter la mine de plutonium, il réquisitionne tous les hommes du village albanais, dont les enfants. Tiens gamin, goûte, c'est du belge !
Bon, là Stallone il commence à plus rien piger. Il dit "attendez, les Bulgares albanais, c'est les gentils ou les méchants" ?". Ben oui, parce que lui on l'envoie en Albanie pour casser des dents, il se dit "bon ben faut taper sur les Albaniens !". Oui mais là non, en fait c'est pas eux les méchants, eux c'est les victimes de la bande à Van Damne, des Américains de la banlieue de Zeebruges. Et c'est sur eux qu'il faut taper !
"Ah ben dis donc, vous avez bien fait de le dire, parce qu'avec mes potes gentils on s'apprêtait à violer les femmes albanaises et à mettre le feu à leurs enfants !". C'est vrai que, pour sa défense, les Albanais ont vraiment des têtes de Bulgares, donc de méchants. Et puis on est quand même en milieu barbare, les gens ne portent pas un badge "gentil" ou "méchant" pour se distinguer. Mais une fois qu'il a bien refait les équipes ("nous on est avec ceux-là, et on cogne sur ceux-là"), il établit une bonne idée. Il convoque tous ses potes autour de la table et leur dresse un plan sur la nappe en papier de la pizzéria, en utilisant la salière pour matérialiser la mine de plutonium, la bouteille de pili-pili pour faire leur camion, et des boulettes de pain pour balancer sur Statham qui s'endormait. "Bon les gars, y'a grabuge ! JCVD et ses méchants sont vraiment belliqueux. Ils ont tué notre gentil copain et maintenant ils s'en prennent à un village d'orphelins et leurs parents. Au fait, je vous ai dit qu'en vérité les Albanais c'était les gentils ? Nan parce que moi au début j'avais cru que c'était les méchants, alors que pas du tout, c'est pour ça que je préfère vous le dire. Merde, je disais quoi ? Ah oui, je me suis dit que comme plan de sympa, on pourrait faire appel à Chuck Norris, Bruce Willis, Schwarzy et des armes mortelles, et qu'on pourrait leur foutre sur la gueule. Z'en pensez quoi ?". Z'en pensent qu'ils sont d'accord avec le chef, et ils adoptent cette résolution à l'unanimité, sauf les voix des Russes et des Chinois.
Alors là c'est parti, ils déboulent dans la mine et rétablissent l'ordre, et pis pas qu'un peu ! Pas avec des façons de dentelières ou des politesses inutiles : ils dégomment tous les belliqueux comme à la foire, gagnent une bouteille de mousseux, et pendant qu'ils sont chauds ils signent en quatre exemplaires (dont un à conserver) le contrat pour Expendables 3 dont le casting s'annonce encore plus alléchant. On parle du Dr Petiot et de Laurence Boccolini dans le rôle de méchants, de Michel Drucker et Pascal le Grand Frère dans le rôle des gentils.
Moi j'dis, c'est encore pas sûr que ce soit les gentils qui perdent...

 

 

 

 

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 11:56

 

 

Ahhhhh, la fête de l'école. Ô joie, ô festivités, ô chants, sarabandes, farandoles et tambourins !
Mon cul, oui ! On s'y emmerde comme au mariage d'un cousin de banlieue, on y boit de la mousse tiède (1€ le gobelet, merci bien, y'en a pour plus cher de plastique que de bière), on y mange des gâteaux cramés et des frites molles, on y croise des parents tous plus tartignolles les uns que les autres ("Ahhh, c'est le fameux Théolasque ! C'est votre fils ? Vous savez, j'en entends souvent parler à la maison ! - Merci, c'est vrai qu'il est remarquable… Et le vôtre, c'est comment ? Matthéo ?? Ah oui, attendez, c'est pas lui qui avait fait caca dans sa culotte en début d'année ? Et alors comment ça va, maintenant ? Il arrive à maîtriser son sphincter ou il se fait toujours dessus en classe ? UNE AUTRE QUESTION, MADAME LA MAMAN DE MATTHEO ??"), on y rencontre des pétasses d'instits fières de l'organisation de leur fêfête ("Cette année, les enfants ont choisi de vous présenter un spectacle autour du printemps !". Ah oui, vraiment, ils ont choisi ? Vous leur avez demandé quel thème les branchait, et à l'unanimité ils ont répondu "cette année, nous souhaiterions vivement aborder la thématique du printemps". Vraiment ? Et s'ils avaient répondu "le kung-fu" ou "Dora l'Exploratrice", vous auriez été fières ? Vraiment ?), …


Bref, pour récompenser le bon travail de leurs enfants, on punit collectivement les parents.
Non mais sans rire, regardez-les, vos gosses, tout dépareillés dans leur costume de gala ("les enfants devront tous porter un t-shirt vert", mais y'a autant de verts que de gosses !), chanter faux et fort, oublier les paroles, faire coucou à papa qui filme avec son téléphone portable ("fais coucou, c'est pour envoyer à mamie, ça lui fera plaisir à mamie"), s'agiter en tous sens et foirer leur chorégraphie (t'as vraiment cru que quand t'allais frapper dans les mains, ils allaient tous s'arrêter et s'agenouiller simultanément ? Vraiment ?). Toute une année scolaire pour ça ? Mais bonjour l'arnaque, remboursez nos tickets de tombolas, salauds de syndiqués !!

 

 

Nonobstant, s'il y a bien un truc qui justifie de louper l'apéro et de se fader toutes ces têtes de cons (ainsi que leurs parents et leurs instits…), c'est bien les fameux "stands". Car oui, sous l'intitulé pompeux de "fête de l'école" se cache, tout en lettres clignotantes et langues de belles-mères, le bien moins noble mot "kermesse". Ahhhhh, la kermesse ! Là d'accord, je dis d'accord. Je dis "ah ben si c'est kermesse, c'est plus pareil !". Je dis "fallait le dire tout de suite, au lieu de nous parler t-shirt vert et faire un gâteau !". Je dis "du coup, allons-y gaiment !". Car, si certains auront remarqué l'homophonie entre "la kermesse" et "sac Hermès", autant leur dire, à ceux-là, qu'il est plutôt question de cacophonie entre les deux mots, mais alors quelque chose de verni mignon !!

Pour commencer, on va aller récupérer ses gosses que nous avions laissés, à la fin de l'épisode précédent, brailler et claudiquer dans le numéro crânement intitulé "spectacle de la chorale de l'école". Ben voyons… Ça ressemblait surtout à "Règlements de comptes à hoquet-chorale", cette affaire, mais c'est des gosses, c'est les nôtres, c'est mignon, on est ému.
Donc on récupère les pénibles à la sortie des vestiaires, en bousculant les autres parents (quitte à mettre deux-trois béquilles au passage), histoire de se radiner les premiers au chamboule-tout, et s'éviter ainsi les 25 mètres de queue dans laquelle, ça ne manque jamais, certains parents tuent le temps (alors qu'ils ont leurs gosses sous la main) en vous adressant la parole, comme si on avait vidé les poissons ensemble.
"Vous faites la queue pour le chamboule-tout ?
- (En fait, je m'entraîne à rester debout en plein soleil le plus longtemps possible, car j'adore rester debout en plein soleil le plus longtemps possible). Oui.
- C'est dingue ça, moi aussi ! On devient amis Facebook ?"
Ainsi, pour ne pas risquer de nouvelles amitiés, on court en tirant le gosse par le bras ("Papa, j'ai soif ! - Ben t'as qu'à boire ta salive. Et magne, ou on va encore nous parler !"), et lorsqu'on arrive au chamboule-tout, il y a déjà 50 mètres de queue. Bon sang, mais ils sortent d'où, tous ces gosses ? Ils ont campé ici ? C'est le reste de la queue de l'an passé ? C'est des figurants payés pour nous faire chier ? En plus, y'en a qui sont même pas passés par les vestiaires, ah nan mais trop fastoche dans ces cas-là !! "Hé ho, Maîtresse, y'a encore des t-shirts verts, c'est de la triche, faut les punir !".
On se tape donc l'épreuve du discutage avec parents d'un tiers ("Ahhh, c'est le fameux Théolasque ! C'est votre fils ? Vous savez, j'en entends souvent parler à la maison ! - Merci, c'est vrai qu'il est remarquable… Et le vôtre, c'est sûrement ce gosse transparent dont je n'entends jamais parler à la maison ?"), puis arrive un jour où c'est le tour de votre gosse. Le mien, je l'ai bien briefé pour qu'il dégomme toutes les boites : avec les deux premières chaussettes roulées en boule, il faut viser les yeux du papa de Thiméo qui tient le stand. Une fois qu'on lui a baissé les stores, le gosse lance la dernière chaussette n'importe où pendant que je vais dégommer à la main le tas de conserves. Parce que quand on a tout abattu, on gagne un point, sinon on a juste droit à un bonbon ou un ballon, mais c'est nul, ça gâte les dents pour l'un et ça nique l'œsophage pour l'autre, parce que moi je les connais leurs ballons à deux sous, ils sont impossibles à gonfler sans y laisser un poumon dans l'affaire et
"Vous avez un ticket ?
- Avec qui ?
- Pour jouer, il faut un ticket.
- Quoi un ticket ?
- C'est obligé, pour jouer, il faut un ticket.
- QUOI UN TICKET ??"
Pour jouer, il faut un ticket. C'est la règle à la fête de l'école (tu parles, en fait c'est une kermesse !). Ça veut dire que pour participer à n'importe quel stand, il faut d'abord acheter ses tickets à un AUTRE stand. Et effectivement, de l'autre côté de la cour, au bout d'une queue de 6 kilomètres, il y a une table avec un écriteau "Caisse". Et ils pouvaient pas le dire, ces bourricots-là ? Ils pouvaient pas préciser ""les enfants devront tous porter un t-shirt vert et il faudra d'abord passer au stand avec l'écriteau "Caisse" pour accéder au chamboule-tout" ? Hein, ils pouvaient pas ? Feignants de socialistes, tout ça…
Et comment ils ont fait, tous ces gosses, pour être devant nous au chamboule-tout alors qu'ils étaient en plus passés au stand "Caisse" avant ? Hein, expliquez-moi ! Je comprends alors que le grand barbu qui me précédait dans la queue, avec son short Cars et sa casquette à hélice, est en fait un CE1 qui a redoublé 8 fois pour pouvoir jouer au chamboule-tout…
On se retrouve donc à faire la queue pour acheter les tickets qu'on nous avait même pas prévenu de les acheter, avec le gosse accroché au short qui vous demande pourquoi on n'a pas eu le droit de lancer les chaussettes dans la tête du papa de Thiméo, qui vous demande si vous pouvez aussi acheter des tickets pour son copain Thimothé ("Allez, dis, tu peux lui acheter des tickets, son papa et sa maman sont morts. - Et alors, c'est pas ça qui va lui ramener ses parents"), qui vous demande pourquoi on les a pas achetés avant de passer au chamboule-tout ("t'as déjà entendu parler de maltraitance, p'tit con ?"). On se tape l'épreuve de discutage avec parents d'un tiers ("Ah ah ah, vous aussi vous avez fait la queue au chamboule-tout pour rien ? - T'as déjà entendu parler de mon poing dans ta gueule, grand con ?"). Et y'a bien un moment où vous parvenez à acheter vos tickets, à dégommer les yeux du bonhomme et les boites, et ça vous fait un point.


"Bon, il reste 9 tickets, t'as intérêt à pas me ramener 9 ballons, parce que j'ai pas 9 poumons. Tu veux faire quoi, maintenant ?
- Course en sac !
- T'es sûr ? J'ai pas pris ta ventoline, tu risque de me foutre la honte.
- COURSE EN SAC !"
Là, la technique, c'est de choisir un adversaire nul. Pas lui, il est noir, il doit être fort en sport. Tiens, le petit rouquin cacochyme, le sac lui arrive au-dessus des yeux, ce sera parfait ! Et hop, ça fait deux points ! Bon, le gosse se gratte à cause des doryphores qui peuplaient le sac à patates, et ben il se grattera les croûtes, pendant ce temps-là il mettra pas ses doigts dans son nez !

Stand suivant : tir à la corde. Là, impossible de choisir son adversaire, c'est le papa de service qui décide pour vous. Mon gosse n'a aucune chance, il pèse 25 kilos sur la pointe des pieds, il a des croûtes, et j'ai pas eu le temps de lui lester les poches de parpaings. Technique pour le tir à la corde : "Au début tu résistes. Puis tu relâches un peu, tu le laisses gagner du terrain. L'autre va trouver ça fastoche. Il va s'enflammer, perdre sa concentration, se voir trop beau. Tu t'avoues déjà vaincu, mais à un mètre de la ligne, tu tires un coup sec. L'autre, surpris, lâche la corde et est disqualifié. Il saigne des mains, et repart avec un bonbon."
La joute commence, on entend d'un côté les copains de Théolasque gueuler : "Allez Théolasque, allez Théolasque!". De l'autre côté, les copains de Matabio hurler "Allez Matabio, allez Matabio !". Et couvrant tous ces piaillements, le papa de Théolasque : "NIQUE-LE, NIQUE-LE !!". Le gosse fait comme on avait dit, Matabio se retrouve le nez dans la poussière et un mollard dans les cheveux ("Non, c'est pas moi!"). Ça fait trois points.

"Tu veux faire quoi, maintenant ?
- Maquillage !
- T'es con ou quoi, y'a rien à gagner !
- Maquillage !!!
- Ecoute, tu restes une heure en plein soleil sans ta casquette, je te fais des points noirs sur le visage au stylo-feutre, et t'es maquillé en jolie coccinelle ! Mais on va pas donner un ticket pour ça ! Allez viens, on va au stand là-bas, faut abattre des animaux. Ou celui-ci, faut taper de toutes ses forces sur un truc pour l'exploser. On essaie de retrouver le rouquin et tu lui mets sa honte, d'accord ?
- MAQUILLAGE !!!"
Maquillage, donc. On se demande bien pourquoi on a négocié, puisqu'on savait dès le début de la fête que notre gosse rentrerait à la maison avec des moustaches de chat (ou n'importe quel gribouillis rappelant vaguement son super-héros préféré) peinturlurées sur la tronche.
Vous traînez donc derrière vous un Spiderman (enfin bon, c'est vite dit. Il serait resté en plein soleil avec le tamis d'une raquette de tennis devant le visage, ça aurait donné le même résultat, mais on ne m'écoute jamais…) qui se gratte les genoux et le visage, qui a soif, qui a faim, et qui en a marre. Et il ne reste désormais plus que trois types de stands :
- les stands à la con où on ne gagne rien,
- les stands à la con où on peut gagner des points, sauf votre gosse. Exemple : le jeu où on doit répondre à des questions. Non seulement votre gosse n'est pas un fayot de premier de la classe, donc il est hors de question qu'il s'abaisse à aller à un stand de bigleux à lunettes. Mais surtout, faire des heures supps pour répondre à des questions de grammaire, ça me ferait bien mal, surtout qu'il reste
- le chamboule-tout.

De toute façon, à ce moment avancé de la fête de l'école (la kermesse, j'en démords pas) il n'y a plus aucune règle sur plus aucun stand. C'est l'anarchie, les gosses dégomment les conserves à coups de barres à mine, c'est les parents qui s'affrontent au tir à la corde, et les sacs sont tellement élimés que l'épreuve s'est transformée en course avec un short en peau de sac à patates. On grappille donc quelques points par-ci par-là, et on consacre le dernier ticket au château gonflable, duquel votre enfant ressortira avec un cocard conséquent à un coup de genou accidentel (les autres gosses lui porteront le plus grand respect, pensant qu'il a eu droit de tenir le chamboule-tout) et repartira avec deux sandales différentes, dont aucune à lui.
On peut alors se diriger vers le tout dernier stand, celui de remise des lots. Pour 5 points on peut avoir :
- un cerf-volant constitué de deux piques à brochette en bois pour l'armature, un pochon pour la toile, 20 centimètres de ficelle.
- un flacon de bulles de savon que le gosse renversera en ouvrant. Il pourra se consoler avec le labyrinthe à la con sur le bouchon.
- un bonbon.
La ficelle se brisera ("Je t'avais dit d'attendre qu'on soit à la maison pour l'ouvrir, alors maintenant viens pas te plaindre !"), le cerf-volant ira rejoindre dans la gouttière du préau une demi-douzaine de ballons de foot et une vingtaine de baskets utilisées pour déloger la demi-douzaine de ballons de foot.
Le tout dernier jeu, il est pour les parents, et il consiste à regagner la sortie en courant avant d'être réquisitionné pour aider à ranger tout le bordel.

 


Le lendemain, on remet ça avec la "fête de fin d'année du judo". On doit apporter un gâteau. Je suis très mauvais pâtissier, alors je vais aller à Super U acheter un gâteau que je passerai 40 minutes au four, histoire de le cramer et de faire croire que c'est moi qui l'ai fait…

 

 

 

 

 

 

course-en-sac-1956.jpg

Course en sac des CE1 de Madame Berthelier.

Ils n'avaient pas acheté leurs tickets avant.

 

 

 

 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 09:14

 

Le tractopelle conduit par l'indien manœuvra son godet au dessus de la carlingue et déchargea les gens à bord de l'avion dont il manquait un train d'atterrissage suite à un crash imprévu. Puis on referma le toit de l'appareil.
"Nous rappelons aux passagers du vol pour Sartrouville qu'il est interdit de fumer en dehors des passages cloutés ainsi que tout bagage suspect."
Jack Silverslash se foutait des consignes de sécurité, mais d'une force ! Il fumerait s'il en avait envie, et tant pis pour le trou dans la couche d'ozone ! Et si quelqu'un lui dirait ou quoi que ce soit, pshiooou, il le tuerait avec son laser vénéneux. L'avion décolla sans risque et personne n'aurait pu s'imaginer la suite qui arrivait, même pas quelqu'un d'intelligent ou un gendarme de la Police.
"Ladies and gentleman, we all live in a yellow submarine obladi oblada of the world, check !", dit le commandant de bord lorsqu'ils passèrent au dessus du volcan en érection. Il y avait de la lave en fusion chaude plein le pare-brise mais heureusement que soudain le commandant de bord avait mis les essuie-glaces. Côté passagers, ça allait. Jack Silverslash fumait une cigarette d'une main et regadait par le hublot de l'autre.
A un moment donné, il se douta du danger et le hublot aussi, qui lui indiqua qu'un bateau pirate volait à leurs côtés. C'était le navire du terrible Jambe-de-bois-n'a-qu'un-œil, un méchant vraiment balèze qui semait la terreur partout où il passait et de Navarre. Le sang de Jack Silverslash ne fit qu'un tour et il fonça aux cabinets pour enfiler son costume de justicier et se transformer en redoutable Slash Silver ! Slash Silver, le héros très connu par tout le monde et même les gens qui n'en ont jamais entendu parler savent qui est Slash Silver. Alors que Slash Silver sortait des cabinets,  le père de Théolasque l'appelit pour venir manger mais il fit comme si valait mieux être sourd que d'entendre ça et quand Slash
Silver revint dans l'habitacle, tout le monde était mort et c'était pas à cause de l'espérance de vie car même les enfants, et ça c'est vraiment nul. Le terrible pirate tira des boulets de canon sur Slash Silver en visant exprès les yeux. Mais notre héros avait plus d'un tour dans son sac et il ne se laissa pas impressionner et alors il arrêta tous les boulets avec ses poings.
"Va te laver les mains ! ", hurla le père de Théolasque de par les escaliers, et Slash Silver retourna aux cabinets pour se laver les mains à cause des salissures de suie. Comme il avait balancé tous ses boulets de canon au coup d'avant (et pour rien, en plus !), le terrible Jambe-de-bois-n'a-qu'un-œil prit la résolution d'avoir soudainement une idée : il allait balancer dans l'avion des poissons empoissonniés ! "Ouais, trop cool !" dit Slash Silver en voyant arriver les poissons, et il faillut croquer dedans mais au dernier moment il se ravisa et se dit qu'à tous les coups ils étaient empoissonniés car c'était quand même bizarre que son ennemi numéro un lui balance de la bouffe, et effectivement. Le terrible Jambe-de-bois-n'a-qu'un-œil était fou d'orage et il hurla à son lieutenant le chevalier blond d'aller lui chercher son sabre laser wi-fi qui était rangé dans la malle aux armes dans la cache aux armes, ainsi qu'une corde pour pouvoir donner lasso. Alors il s'en empoigna et partit illico à l'abordage de l'avion. Slash Silver allait-il mourir comme les enfants ou bien allait-il gagner comme à tous les coups ?
"Théolasque, tu descends ou c'est moi qui vais te chercher, et crois-moi que ça risque de pas être du gâteau pour ton matricule !"
- J'arrive !", répondit Slash Silver qui mentait.
D'un coup de dague de poignard, il brandit son arme et coupa la main de son ennemi. Puis il pourfendit son cheval qui, au fait, était là aussi. Alors après il donna un grand coup de poing dans la tête de Jambe-de-bois-n'a-qu'un-œil-et-qu'une-main-aussi qui se dégringola la margoulette par-dessus bord et tomba dans le volcan de magma que l'avion n'avait pas quitté des yeux. "Ahhhhh !", hurla-t-il à travers les ténèbres, et c'en était sûrement fini pour son compte. Slash Silver eut à peine le temps d'être content qu'il entendit des pas dans l'escalier, et comme si ça ne suffisait pas, lorsqu'il se retourna il vit, God Damn !, que les autres pirates du lot avaient zigouillé le shérif qui pilotait l'avion. Alors Slash Silver eut une idée de génie : il prit le micro de l'hôtesse de l'air et imita sa voix pour faire diversion : "Les pirates et autres contrevenants sont priés à la voiture-bar". Alors les méchants (le chevalier blond, le pilote de la voiture de courses avec le numéro 23 sur le casque et le chef des pompiers) allèrent s'asseoir à la première rangée et commandèrent une consommation à base de cocktail. Slash Silver avait bazardé tous les morts dehors pour faire de la place et aussi pour pas que les méchants se doutent car sinon ils se seraient douté. Ça avait marché ! Et taratata, Slash Silver égorgea un méchant dans le dos (un de moins !), et tshiouu tshiouu, Slash Silver tira une rafale de fusil de l'espace dans le deuxième méchant (un de moins !), et shlak shlak shlak, Slash Silver jeta un boulet de canon en plein dans le cœur du troisième méchant qui se doutait de rien comme prévu (un de moins !). Puis ils se jetèrent dans le volcan car ils en avaient assez vu de la colère de Slash Silver avant qu'il se fâche pour de bon, et les pas se rapprochaient dans le couloir, et les méchants furent cramés comme des andouillettes farcies.
L'avion commençait à sérieusement à piquer du nez et il risquait de s'écrasher d'un moment ou d'un autre. Il n'y avait plus une minute à perdre en temps inutile, il fallait à tout prix que Slash Silver fasse atterrir l'appareil de toute urgence ou sinon c'est toute la Terre qui risquait d'être compromise ! N'écoutant que son courage à deux mains, il prit les manettes de l'avion et en moins de deux secondes qu'il ne faut pour le dire, il apprit à piloter. Il parvint à poser l'avion sans en découdre, malgré les risques qu'il avait transpirés quand même. Les passagers de l'avion furent ressucités et il fut accueilli par les applaudissements de tous les autres personnages et par un coup de pied au cul du père de Théolasque.
"T'es sourd comme une taupe, ça fait trois fois que je te demande de venir manger !". Slash Silver cacha ses larmes lorsque la princesse vint lui donner un baiser d'amour, mais il n'était pas sûr de pouvoir faire l'amour avec elle car il avait mal aux fesses, faut dire que c'était du 43.

Le père de Théolasque fut retrouvé mort dans la cuisine, le dos criblé de petits pois.
Fallait pas énerver Slash Silver quand il sauve le monde.

 

 

 

 

 

 

 

jacques flash

 

ndla : et environ deux semaines après avoir écrit ce texte, je tombe nez à nez avec le hasard, mais en était-ce vraiment ? Sur une brocante, j'achète un Pif Parade Aventure, par nostalgie ou autre, allez savoir, toujours est-il que c'était le n°1, datant de 77 et qu'en le dévorant le soir en cachette sous mes draps, je découvre un personnage nommé... Jacques Flash. Je suis à peu près sûr de n'avoir jamais entendu parler de ce débile, j'étais pas très fan de Pif Parade Aventure (et je sais même pas si ça existait à mon époque) et puis un type avec un prénom aussi naze, même pas bel homme et avec des pouvoirs tout pourris, ben sûr que je m'en souviendrais ! Alors quid, hasard ou pas ?

 

 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 14:19

 

 

On avait dit "Pas le physique". C'est vrai, le physique c'est trop facile.

Mais pour Christine Boutin, on a le droit, hein ? Non parce que dans le genre GROSSE VACHE, y'a quand même compèt' au salon agricole, là.

Et puis bon, à mon corps défendant, ça ne touche pas forcément le physique, "grosse vache". Par exemple, ne dit-on pas "con comme une vache" ? Si.

Et puis comme elle est grosse, bon ben voilà, c'est tout vu.

 

Sa dernière bouse, à la Boutin ? Figurez-vous qu'elle en appelle à boycotter les magasins Benetton ! Rien que ça ! Comme programme électoral, ça a quand même de la gueule, je trouve. Ah oui, au fait, elle est candidate à la présidentielle 2012. Vous saviez pas ? Elle l'a pourtant annoncé le 23 juin 2011. Le jour du décès de Peter Falk. Mais paraît qu'elle a un alibi…

Ainsi donc, il faudrait arrêter de faire nos courses chez Benetton, tout ça parce que leur dernière campagne de pub montre son Benoît Seize en train de mettre la langue avec l'Imam du Caire. Un homme. Arabe, en plus. Du coup, ça la décorne, la Boutin. Qu'on montre son pape en pareille posture. Notez bien que l'inverse, le fait qu'on montre l'Imam du Caire en train de se faire tripoter par un vieux catho, elle s'en cogne un peu. De manière générale, le fait qu'une autorité catholique mette sa langue dans l'orifice d'un tiers, ça lui a rarement fait cailler le lait, à la Christine. Ou alors sauf si c'est pour faire vendre des fringues, je dis pas. Peut-être qu'elle gueulera si la prochaine campagne de pub de la Halle Aux Vêtements montre un curé en train d'enculer un enfant.

 

"Ce qui me choque, c'est que ce sont deux religions qui sont exposées, non pas dans une posture d'amitié, mais d'amour. On ne peut pas rire avec les religions. Il s'agit du respect de l'autre dans sa croyance profonde."

Titine, son truc à elle, c'est la déconne. Faut la voir imiter le négro, y'a vraiment de quoi se taper le cul sur le lustre ! C'est à donc en sa qualité d'experte en humour qu'elle estime légitime de donner son avis sur la question. "On ne peut pas rire avec les religions", affirme-t-elle. Sans dec' ? Et on fait quoi, avec les religions, alors ? On se tire la gueule, on se fait la guerre, on s'étripe ? Hey, pas con, remarque, faudrait exploiter l'idée…

Parce que déjà qu'une posture d'amitié entre deux religions, c'est moyen. Mais alors de l'amour ! Vite, jetez-leur un seau d'eau bénite !

Les religieux m'emmerdent, nous emmerdent. Déjà que croire en un truc qui n'existe même pas, c'est pas malin-malin. Mais alors venir nous annexer le seul terrain qu'ils nous avaient à peu près laissé libre, à savoir l'humour et le rire, ça commence à me courir sur la burette. Ils ont le fric, la famille, le pouvoir, l'éducation, la vie et la mort, ça devrait suffire à les occuper un peu, normalement. Bah non, faut qu'ils viennent nous expliquer quand on doit pleurer et quand on ne doit pas rire. C'est le principe de la laïcité : t'as le droit de ne pas croire en un Dieu, mais dans ce cas là, t'as surtout le droit de fermer ta gueule.

 

Et la grosse vache, dans tout ça, qui vient nous raconter que la semaine dernière elle a acheté deux robes Benetton, et qu'elle va les ramener chez la marchande de robes pour se les faire rembourser. On dirait pas comme ça, quand on voit sa bonne mine de bonne grosse vache, mais c'est qu'elle en a du souci ! Mais elle ne se laisse pas faire, c'est une battante. On lui enquiquine son pape, hop, illico presto elle prend le ticket de caisse et elle ramène les robes au magasin ! Et elle demande à ses copines d'en faire de même. Fallait pas l'énerver. Tout ce qu'ils ont gagné, Benetton, c'est qu'ils ont perdu une cliente !

 

On se dit qu'heureusement que ce n'est pas Michelin qui a fait ce genre de campagne de pub, elle nous aurait demandé de retirer les roues de nos bagnoles, on aurait eu l'air malin. Et dans le cas où ce serait la lutte contre le cancer qui utilise des images du Pape, vous croyez qu'elle irait se choper une tumeur, juste pour les faire chier ?

 

Alors tant qu'elle n'aura pas prévenu "on ne peut pas rire avec les bovins. Il s'agit du respect de l'autre dans sa viande la plus profonde", Christine Boutin restera une grosse vache.

 

 

 

 

          Meuh

          \

             \

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 11:56

 

On m'a donné cet incipit, extrait des Pensées de San Antonio : "Elle se voulait poète. Mais de ceux qui comptent leurs pieds avec leurs doigts. Et quand elle avait de la peine, au lieu de la chasser, elle lui cherchait un titre."

 

J'avais quelques minutes à tuer, j'ai donc commis ce c'rime :

 

 

 

 

 

aux Monsieur Jourdain qui font de la prose, mais sans le Savoir.
à ceux qui se prétendent Rimbaud, mais dont l'écriture nous saoule.




Elle se voulait poète. Mais de ceux qui comptent leurs pieds avec leurs doigts. Et quand elle avait de la peine, au lieu de la chasser, elle lui cherchait un titre. Elle avait le sentiment métrique, l'amour prosodique, mais surtout le spleen idéal.

Je ne l'avais pas épousée pour ses bots pieds, mais qu'est-ce qu'elle a pu casser les miens ! La reine de la césure, assurément. Non, je l'avais épousée suite à un concours de circonstances qui fait qu'elle avait pris une veste, et moi aussi : à la fac de lettres, j'avais glissé un poème d'amour dans la poche de la veste de sa meilleure copine, sa tellement meilleure copine qu'elles s'échangeaient tout : idées, secrets, vêtements. La suite, on la devine.
On était jeunes, on a arrêté les cours (c'est pour ça qu'aujourd'hui elle n'a pas plus la maîtrise que la licence poétique…) et on s'est installés ensemble parce qu'il faut bien se décider, à un moment.
Et depuis, chaque jour, elle rime à rien, elle cata-strophe, elle hémistiche mi-seizain. Elle en saupoudre partout comme on colle de la cannelle dans tous les desserts.
Je déteste la cannelle.
Jusque dans le lit, elle en fout des miettes. Comme le disait le vrai poète, "elle m'emmerde à la fornication". Je dirais même qu'elle me fait chier à être bucolique néphrétique. Voyez, moi aussi j'œuvre pour la paupérisation de la rime…

Elle prend sa plume fétiche (ramassée sur un cadavre d'oiseau-lyre), se colle face à l'océan (en fait c'est la Loire, on habite Nevers) et pour peu que le ciel soit bas et lourd comme un couvercle sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis et tout le bataclan, et alors là c'est la garantie qu'il nous verse un jour noir plus triste que les nuits.
Comme je lui dis souvent, quitte à chouiner, à faire de la soupe et à filer des aigreurs d'estomac, autant éplucher des oignons.

Aussi, comprenez que j'ai fait de la Haine de la Poésie mon cheval de Bataille. Comprenez qu'aujourd'hui je baille aux corneilles, j'enracine. Les poètes, je ne peux plus les voir en peinture. Alors Messieurs Verlaine, Rimbaud et Ronsard : Du Bellay ! Prenez vos alexandrins, vos pleurnicheries, vos albatros et allez voir par là si la rose est éclose ! Allez faire vos rimailleurs !

Alors c'est décidé : ce soir, sur l'autel des culs tournés, je sacrifie ma mie. Je la pousse dans l'escalier, puis lui plante sa plume dans le cœur. Elle qui a toujours cru écrire avec ses tripes, elle va pouvoir enfin s'exprimer…
Et comme épitaphe, je graverai sur sa tombe :
"Depuis le temps que tu me fais bouffer tes vers,
Ton tour est venu de te faire bouffer par eux."

 

 

Ah tiens, c'est en alexandrin ! Merde, je suis foutu…

 

 

 

 


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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 11:59

 

 

 

on ne dit pas

Téléphone arabe
on dit

Kabyle téléphonique

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 11:07

 

 

De la pluie, ça ? Des larmes d'enfants, oui ! Des torrents de sanglots des milliards de gosses innocents qu'on envoie à l'abattoir. Mais regarde-les, ces bourreaux d'instits, regarde-les ! L'œil rivé au viseur de leur fusil à lunette, prêts à te coller une bastos dans le front si tu réponds pas à une de leur question trop difficile pour toi, ou si t'as 30 secondes de retard parce que t'étais aux cabinets quand la cloche a sonné, ou si ou si ou si t'as rien fait du tout ! Juste comme ça, par sadisme, parce qu'ils ont été dressés pour ça, pour torturer les gosses, les broyer sous de faux prétextes éducatifs, leur flinguer leur enfance. Et ce gros moustachu, c'est quoi ? L'ennemi public numéro 1 ? C'est la dame de la cantine, voyez-vous ça ! Et elle est payée pour quoi, sinon pour ouvrir le crâne des gosses et leur bouffer la cervelle ? T'approche pas d'elle, dès qu'elle te regarde tu fais semblant de manger puis tu recraches dès qu'elle a le dos tourné. Tu verras, le manger de la cantine c'est du caca, faut pas l'avaler sinon ça te dissout les boyaux. Tu promets à papa de recracher le manger de la cantine ?
Et eux, tu vois, c'est les "grands". Les CM. Ils vont chercher à te bousculer, te voler ton sac, à lacérer tes chaussures, à mollarder dans ton goûter, à te violer. Mais t'as rien à craindre, je suis là, lâche pas ma main.
Il veut quoi, lui ? Tu veux quoi, toi, fils de pute ? Tu crois que tu me fais peur, du haut de tes 7 ans ? Pourquoi tu parles à mon fils ? Tu veux lui mollarder dans les chaussures, violer son goûter ? Et pourquoi tu souris, p'tit con ? Te moque pas de mon fils ou je te défonce, t'entends ? Je vais te taper, sale môme, dégage !!
Quoi, il veut jouer avec toi ? Il veut être ton copain ? Ben… méfie-toi, c'est peut-être un piège pour t'emmener dans un coin et te tomber dessus à plusieurs et t'apprendre des gros mots ou te refourguer de la drogue, faut pas toucher à la drogue, tu promets à papa de pas toucher à la drogue ? Non, je te lâche pas la main. Mais parce que… parce que… Bon alors je reste là, tu vois, juste à côté, papa est là, regarde papa il te fait coucou. Coucou ! Oui, je sors de l'aire de jeu, oui oui. Papa se met là, tu vois papa ? D'ici je peux surveiller tous les dangers, je peux voir si la dame de la cantine se pointe pas avec son grand couteau ou si la maîtresse ne met pas des serpents dans ta trousse ou si les autres enfants sont pas en train de creuser un piège et de le recouvrir de branchages ou si ou si ou si…
Je recule ? Encore ? Mais là on ne peut plus se toucher, même si on tend vachement le bras. Regarde, je tends vachement le bras et ça touche pas, tu vois, je suis trop loin. Le portail ? D'accord, je vais au portail… De l'autre côté ? Mais t'es dingo, de l'autre côté c'est dehors, c'est dans la rue, c'est les voitures qui klaxonnent et les gens qui te regardent de travers, c'est les flics qui tirent à vue, c'est la crise monétaire, c'est la troisième guerre mondiale.
Ok ok, je sors, c'est bon… Regarde, a y est je suis sorti, papa est sorti, il te fait coucou, regarde, papa t'envoie des bisous papillons. Coucou, coucou, volez petits bisous, volez jusqu'aux joues de mon fils adoré chéri, volez !! Ma gueule ? Je ferme ma gueule ? Mais pour quoi faire ? Bon, je ferme ma gueule. Et je ne reste pas devant l'école, d'accord. Mais tu sais que je risque de ne plus te voir ! Et de ne plus pouvoir intervenir en cas d'agression ou de tentative de communication de la part d'un autre enfant ou que sais-je, tu sais, je ne pourrais plus ! Hein ! S'il t'arrive quelque chose, tu n'as qu'à crier très très fort, papa t'entendra, t'as rien à craindre. Tu crains rien ? Ben c'est pas normal, pourquoi tu crains rien ? Moi ? Non, moi ça va. C'est juste qu'il pleut et que j'ai peur que tu t'enrhumes, c'est pour ça. Non je pleure pas, même pas vrai, c'est toi tu pleures.
Oui, cette fois-ci je pars. Je te laisse… Enfin, je te laisse jusqu'à ce soir. Ce soir papa vient te chercher, t'as rien à craindre, ce sera pas long. Ah oui, tu crains pas.

 

 

Coucou…

 

 

Bisous…

 

 

 

 

 

 

 

Dis, tu viendras me chercher ce soir, à la sortie du travail ?

 

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 09:47

 

 

J'ai rien lu d'aussi bon depuis la dernière fois que j'ai lu un truc aussi bon (qui déjà à l'époque datait de la fois d'avant).

Le genre d'écrits qui me fait jurer des choses telles que "bordel de province, quel sale petit enculé, pffff, grrrr !" ou "plus jamais je n'écrirai après ça".

C'est dire si c'est bon.

 

Il publie sur ces deux blogs sous le pseudo de Trompette Sournoise :

http://blogs.arte.tv/trompette/frontUser.do?method=getHomePage

http://wizzz.telerama.fr/trompettesournoise/blog/629727488

 

En vrai il s'appelle Arnaud Modat. Il va sortir un recueil de nouvelles chez Quadrature en avril. Je ne serais pas étonné que ce soit génial.

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 10:51

 

 

 

Bon allez, je compte jusqu'à trois et à quatre je me retourne. J'essaie d'adopter un genre d'anodin, du type qui plante ses yeux dans le lointain avec un air profond et inspiré. Mystérieux. Je vais regarder à 90° sur la gauche, elle est à 135°. Elle sera donc dans mon champ de vision. Je saurai si elle me regarde encore. Ça va pas faire relou si je me retourne pour la seconde fois en moins de quinze secondes ?
Allez, j'y vais.
Merde, je ne vois qu'à 95°. Tant pis, j'entreprends une œillade.
Merde.

Merde merde merde, elle me regarde. Et elle a vu que je la regardais. Pire : que je la cherchais. Merde merde merde. Et elle souriait pas. Pourquoi elle souriait pas ? Elle se fout de moi ? Pire : elle voulait juste vérifier que j'étais bien en train de la mater depuis tout à l'heure. Non, le pire c'est qu'elle m'ait vu en train de la regarder et qu'elle sache que je la regardais pour savoir si elle me regardait. Et maintenant elle va dire à sa copine que j'arrête pas de la regarder. Et sa copine va le répéter. On se foutra de moi. Pire : on s'en foutra complètement.
C'est dégueulasse, aussi, elle est derrière moi. Elle est en position de force. Elle a juste à regarder devant elle et suivre le cours normalement. Et si j'esquisse le moindre mouvement en sa direction, elle me grille et me regarde à son tour. Je tiens pas trente secondes avec cet argument devant le Tribunal des Trucs Cools. Je suis pas cool, à me retourner comme ça. Si elle peut plaider l'auto-défense – "il m'a regardé en premier" -, moi je peux peut-être plaider le fortuit. Mais au bout de trois fortuits en moins d'une minute, je passe à la préméditation. Et je suis mort, c'est mort. Et là c'est mort, je suis grillé jusqu'à la récré.

 


Merde merde merde, pourquoi elle me regarde pas ? J'ai fait exprès de passer devant elle pour aller me poster près des garages à vélos. Et je me suis placé dans son champ de vision. Mais j'aime pas être ici, c'est plutôt le coin des branleurs qui viennent mater les scooters et parler mécanique toute la récré. Je suis sûr qu'elle parle de moi avec sa copine. Elle doit lui dire "Te retourne pas, il regarde vers nous". Ou pire, elle ne parle pas de moi. Ou pire, elle parle d'un autre. De Brochant, sûrement. Toutes les filles parlent de lui. Il est mature. Il est stylé. Il a un scooter mais il en parle pas. Il est cool. Je parle avec lui, des fois. Je crois qu'il m'aime bien. Disons que je crois pas qu'il ne m'aime pas. En tous cas, il s'en fout d'être vu avec un mec comme moi.

Un mec comme moi.
Transparent, pas vraiment de genre bien défini. Pas branleur mais pas intello. Le mec qu'on remarque pas vraiment, dont on ne se rappelle jamais vraiment le nom, dont on se fout du prénom. Qui fume une clope à la sortie. Mais qui traîne pas. Qu'on prend dans son équipe au foot, mais qui marque pas trois buts par match. Qu'écoute de la bonne zic, mais pas des trucs undergrounds de folie. Un mec neutre.

 

 


Y'a Brochant qui s'approche de son scoot, et comme par hasard elle regarde vers les scoots.
"Salut Steph, tranquille ?
- Salut Bazili. Ça va.
- Tu viens me montrer ton nouveau pot ?
- ?
- Laisse tomber. C'était relou l'anglais, hein ?
- Non ça va, j'aime bien. Il est tranquille, ce prof.
- Ouais, c'est vrai. Tu viens fumer, ce soir ?
- Non j'ai arrêté, ça me saoule trop.
- Ouais c'est vrai. J'te laisse, j'ai des trucs à faire.
- Ok".
Quels trucs à faire ? Ben rien. Si, tiens, je vais aller pisser. Je vais bien passer exprès devant elle, avec l'air mystérieux. L'air mystérieux du gars qui va pisser. Qui a une bite, mais qui s'en fout. Le mec cool.
Merde, elle est partie. Bon ben je vais aller pisser avec l'air du mec qui va se faire dessus si il se dépêche pas.
Ah, je la vois, elle est là bas, devant la classe. Comment elle fait pour être devant la classe cinq minutes avant la sonnerie et avoir l'air cool quand même ? Moi si je fais la même chose, obligé je passe pour un fayot. Si elle était pas avec sa copine, j'irais aussi. Mais là c'est mort, elles vont me trouver relou. Quand ils sont seuls, les gens doivent me trouver cool. Dès qu'ils sont accompagnés, ils me trouvent relou. Obligé. J'aimerais bien avoir l'air cool.

 



"Tiens, tu fumes, toi ?
- Ouais, comme ça. T'as vu… T'en veux une ?
- Non, j'aime pas, ils foutent trop de saloperies dedans.
- Ouais je sais, j'aimerais bien arrêter. Mais c'est pas facile, t'as vu.
- C'est juste de la volonté.
- Ouais c'est vrai."
Merde merde merde. Elle trouve que je suis un gros naze parce que je fume. Alors que je fume pas vraiment. Mais pourquoi elle est venue me parler ? Juste pour me dire ça, me dire que fumer c'est mal ? Pire : en fait elle voulait m'aborder mais elle a été dégoutée parce que je fume ! Merde merde merde.


 

 

"Hey Bazili, t'attends ta maman ?
- En fait c'est la meuf de mon père. Elle est relou, elle va encore me dire que je sens la clope…
- Ah ouais, et elle va te confisquer ton goûter ?
- Ha ha ha 
- Ha ha ha
- Ha ha ha"
Bande de connards. C'est facile de se moquer quand on est plusieurs. Vas-y, j'vous ignore. Dès que ma belle-mère arrive et se gare sur le trottoir d'en face, je traverse la route en faisant le mystérieux. Sans m'occuper d'eux ni des voitures qui arrivent et qui s'arrêteront pour me laisser passer et m'insulteront mais je les ignorerai aussi. Ils vont bien voir que je suis un mec cool.

 

 

 

J'ai traversé un pare-brise, et ils ont organisé une marche blanche. Elle est aux premiers rangs, et elle pleure. Je crois qu'elle m'aimait bien, en vrai. En plus j'avais décidé d'arrêter de fumer. Pire : j'avais jamais vraiment commencé.

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 22:08
Pour le Défi du Samedi, écrire sur le thème de la panne de courant avec la contrainte que le texte comporte au moins 10 nombres.



Ca c'est les six bières, je le savais que ça loupera jamais. C'est pas les trois whiskys, le whisky ça donne la migraine, mais pas l'envie de pisser. Ou alors les deux litres de rouge ? Non, ça ça donne envie de gerber. Nan c'est les bières, sûr. Bon ben quoi qu'il en soit faut que je me relève si je veux pas m'inonder. En pleine nuit. Quelle heure il est, au fait ? Ben il est passé où le radio-réveil ? J'en tiens une, moi... Il est de l'autre côté, suis-je bête !! Enfin j'espère... Ben !! Ben d'où qu'il est parti, c'est quoi ce bordel ? Bon j'allume, tant pis si elle râle.

Clic
...
Clic Clic
...... ???
Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic
......... !!!!!! ???????

Comment ça, "clic" mais pas de lumière ? COMMENT CA ?? Pas de radio-réveil, pas de lumière, je suis pas électricien mais ça sentirait pas la panne de courant ça ? Hum ?
Mais en quel honneur une panne de courant ? Y'a pas eu d'orages, j'ai rien entendu. On a réglé la facture EDF, j'en suis sûr. Chèque de 138.69€, merci bien, un peu qu'on l'a réglée !! Ils ont pas le droit de nous couper le courant, ces fumiers là ! FUMIERS !!

Bon faut que j'arrête de m'agiter, madame commence à grogner... Si ça se trouve c'est de sa faute, elle a encore allumé le four thermostat 15 en même temps qu'elle a mis une machine de serviettes à 90°, réglé tous les radiateurs sur 7 et laissé la télé allumée sur toutes les chaines en même temps. Forcément que ça fait plus de 15 milliAmpères et que ça disjoncte, forcément ! Si c'est pas pour me faire chier alors c'est pour quoi qu'elle a fait ça, hum ?
Mouais...

Ou alors... L'alarme. Le voyant de l'alarme ! Eteint, lui aussi ! Le voyant de l'alarme éteint alors qu'en cas de panne de secteur il est censé clignoter, alimenté par sa batterie interne ou je sais-pas-trop-quoi, pour signaler que l'alarme n'est plus active. Quelle autonomie ?, j'en sais rien. Mais en attendant, il ne clignote même pas. Elle est désactivée depuis combien de temps ?
Bon faut que j'agisse, là.
Les voleurs sont encore sûrement dans la maison. Ils ont dû garer un 38 tonnes devant la porte et ils nous déménagent les meubles depuis plusieurs heures. Ils doivent être au moins cent-cinquante, armés jusqu'aux dents du fond. Si je me lève pour aller les assommer par surprise, je vais me cogner partout et ils vont m'entendre et me fracturer des os et je vais me pisser dessus et ils vont violer ma femme et peut-être moi et foutre le feu pour pas qu'on retrouve leurs traces.
Mouais...
Bon, on va plutôt favoriser le plan B.
Qui est ?
Euh...
Ah oui !
" CHERIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE !!!!! Au secours chérie c'est horrible y'a des voleurs ils ont coupé le courant et ils sont en train de nous piquer toutes les chaînes de la télé et tous les thermostats du four et toutes les ampoules et ils vont te violer avec un 38 tonnes chérie c'est horrible vite enfuis toi et en plus j'ai envie de pisser.
- Calme toi, mon amour...
- Mais chériiiiiiie !!!
- Mon amour, tu as bu hier soir ?
- Oui, un petit peu... Mais que de l'alcool, hein, pas de thé !! Je t'assure que si j'ai envie de pisser c'est parce que...
- Mon amour, tu es fin saoul ?
- Oh chérie, fin saoul, fin saoul... Comme t'y vas ! Disons raide bourré, tout au mieux...
- Mon amour, tu peux te rendormir tranquillement. Il n'y a pas de voleurs. Il n'y a pas de panne de courant.
Mon amour, rappelle-toi : tu es aveugle depuis plus de 15 ans.
- Ah mais oui c'est vrai !
- Tu es rassuré ?
- Oui chérie...
- Je peux éteindre la lumière ?
- Non, laisse allumé. J'ai peur dans le noir... "



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