Qui ça?

Si vous l'dites...

Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 14:19

 

 

On avait dit "Pas le physique". C'est vrai, le physique c'est trop facile.

Mais pour Christine Boutin, on a le droit, hein ? Non parce que dans le genre GROSSE VACHE, y'a quand même compèt' au salon agricole, là.

Et puis bon, à mon corps défendant, ça ne touche pas forcément le physique, "grosse vache". Par exemple, ne dit-on pas "con comme une vache" ? Si.

Et puis comme elle est grosse, bon ben voilà, c'est tout vu.

 

Sa dernière bouse, à la Boutin ? Figurez-vous qu'elle en appelle à boycotter les magasins Benetton ! Rien que ça ! Comme programme électoral, ça a quand même de la gueule, je trouve. Ah oui, au fait, elle est candidate à la présidentielle 2012. Vous saviez pas ? Elle l'a pourtant annoncé le 23 juin 2011. Le jour du décès de Peter Falk. Mais paraît qu'elle a un alibi…

Ainsi donc, il faudrait arrêter de faire nos courses chez Benetton, tout ça parce que leur dernière campagne de pub montre son Benoît Seize en train de mettre la langue avec l'Imam du Caire. Un homme. Arabe, en plus. Du coup, ça la décorne, la Boutin. Qu'on montre son pape en pareille posture. Notez bien que l'inverse, le fait qu'on montre l'Imam du Caire en train de se faire tripoter par un vieux catho, elle s'en cogne un peu. De manière générale, le fait qu'une autorité catholique mette sa langue dans l'orifice d'un tiers, ça lui a rarement fait cailler le lait, à la Christine. Ou alors sauf si c'est pour faire vendre des fringues, je dis pas. Peut-être qu'elle gueulera si la prochaine campagne de pub de la Halle Aux Vêtements montre un curé en train d'enculer un enfant.

 

"Ce qui me choque, c'est que ce sont deux religions qui sont exposées, non pas dans une posture d'amitié, mais d'amour. On ne peut pas rire avec les religions. Il s'agit du respect de l'autre dans sa croyance profonde."

Titine, son truc à elle, c'est la déconne. Faut la voir imiter le négro, y'a vraiment de quoi se taper le cul sur le lustre ! C'est à donc en sa qualité d'experte en humour qu'elle estime légitime de donner son avis sur la question. "On ne peut pas rire avec les religions", affirme-t-elle. Sans dec' ? Et on fait quoi, avec les religions, alors ? On se tire la gueule, on se fait la guerre, on s'étripe ? Hey, pas con, remarque, faudrait exploiter l'idée…

Parce que déjà qu'une posture d'amitié entre deux religions, c'est moyen. Mais alors de l'amour ! Vite, jetez-leur un seau d'eau bénite !

Les religieux m'emmerdent, nous emmerdent. Déjà que croire en un truc qui n'existe même pas, c'est pas malin-malin. Mais alors venir nous annexer le seul terrain qu'ils nous avaient à peu près laissé libre, à savoir l'humour et le rire, ça commence à me courir sur la burette. Ils ont le fric, la famille, le pouvoir, l'éducation, la vie et la mort, ça devrait suffire à les occuper un peu, normalement. Bah non, faut qu'ils viennent nous expliquer quand on doit pleurer et quand on ne doit pas rire. C'est le principe de la laïcité : t'as le droit de ne pas croire en un Dieu, mais dans ce cas là, t'as surtout le droit de fermer ta gueule.

 

Et la grosse vache, dans tout ça, qui vient nous raconter que la semaine dernière elle a acheté deux robes Benetton, et qu'elle va les ramener chez la marchande de robes pour se les faire rembourser. On dirait pas comme ça, quand on voit sa bonne mine de bonne grosse vache, mais c'est qu'elle en a du souci ! Mais elle ne se laisse pas faire, c'est une battante. On lui enquiquine son pape, hop, illico presto elle prend le ticket de caisse et elle ramène les robes au magasin ! Et elle demande à ses copines d'en faire de même. Fallait pas l'énerver. Tout ce qu'ils ont gagné, Benetton, c'est qu'ils ont perdu une cliente !

 

On se dit qu'heureusement que ce n'est pas Michelin qui a fait ce genre de campagne de pub, elle nous aurait demandé de retirer les roues de nos bagnoles, on aurait eu l'air malin. Et dans le cas où ce serait la lutte contre le cancer qui utilise des images du Pape, vous croyez qu'elle irait se choper une tumeur, juste pour les faire chier ?

 

Alors tant qu'elle n'aura pas prévenu "on ne peut pas rire avec les bovins. Il s'agit du respect de l'autre dans sa viande la plus profonde", Christine Boutin restera une grosse vache.

 

 

 

 

          Meuh

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Par Stipe - Publié dans : Humeur - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 11:56

 

On m'a donné cet incipit, extrait des Pensées de San Antonio : "Elle se voulait poète. Mais de ceux qui comptent leurs pieds avec leurs doigts. Et quand elle avait de la peine, au lieu de la chasser, elle lui cherchait un titre."

 

J'avais quelques minutes à tuer, j'ai donc commis ce c'rime :

 

 

 

 

 

aux Monsieur Jourdain qui font de la prose, mais sans le Savoir.
à ceux qui se prétendent Rimbaud, mais dont l'écriture nous saoule.




Elle se voulait poète. Mais de ceux qui comptent leurs pieds avec leurs doigts. Et quand elle avait de la peine, au lieu de la chasser, elle lui cherchait un titre. Elle avait le sentiment métrique, l'amour prosodique, mais surtout le spleen idéal.

Je ne l'avais pas épousée pour ses bots pieds, mais qu'est-ce qu'elle a pu casser les miens ! La reine de la césure, assurément. Non, je l'avais épousée suite à un concours de circonstances qui fait qu'elle avait pris une veste, et moi aussi : à la fac de lettres, j'avais glissé un poème d'amour dans la poche de la veste de sa meilleure copine, sa tellement meilleure copine qu'elles s'échangeaient tout : idées, secrets, vêtements. La suite, on la devine.
On était jeunes, on a arrêté les cours (c'est pour ça qu'aujourd'hui elle n'a pas plus la maîtrise que la licence poétique…) et on s'est installés ensemble parce qu'il faut bien se décider, à un moment.
Et depuis, chaque jour, elle rime à rien, elle cata-strophe, elle hémistiche mi-seizain. Elle en saupoudre partout comme on colle de la cannelle dans tous les desserts.
Je déteste la cannelle.
Jusque dans le lit, elle en fout des miettes. Comme le disait le vrai poète, "elle m'emmerde à la fornication". Je dirais même qu'elle me fait chier à être bucolique néphrétique. Voyez, moi aussi j'œuvre pour la paupérisation de la rime…

Elle prend sa plume fétiche (ramassée sur un cadavre d'oiseau-lyre), se colle face à l'océan (en fait c'est la Loire, on habite Nevers) et pour peu que le ciel soit bas et lourd comme un couvercle sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis et tout le bataclan, et alors là c'est la garantie qu'il nous verse un jour noir plus triste que les nuits.
Comme je lui dis souvent, quitte à chouiner, à faire de la soupe et à filer des aigreurs d'estomac, autant éplucher des oignons.

Aussi, comprenez que j'ai fait de la Haine de la Poésie mon cheval de Bataille. Comprenez qu'aujourd'hui je baille aux corneilles, j'enracine. Les poètes, je ne peux plus les voir en peinture. Alors Messieurs Verlaine, Rimbaud et Ronsard : Du Bellay ! Prenez vos alexandrins, vos pleurnicheries, vos albatros et allez voir par là si la rose est éclose ! Allez faire vos rimailleurs !

Alors c'est décidé : ce soir, sur l'autel des culs tournés, je sacrifie ma mie. Je la pousse dans l'escalier, puis lui plante sa plume dans le cœur. Elle qui a toujours cru écrire avec ses tripes, elle va pouvoir enfin s'exprimer…
Et comme épitaphe, je graverai sur sa tombe :
"Depuis le temps que tu me fais bouffer tes vers,
Ton tour est venu de te faire bouffer par eux."

 

 

Ah tiens, c'est en alexandrin ! Merde, je suis foutu…

 

 

 

 


Par Stipe - Publié dans : Exercices ludiques - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 21:28

 

 

 

Une fois, il était un homme à la barbe bleue, si bleue que le ciel, la mer, les schtroumpfs et un steak bleu, en comparaison, semblaient jaunes. C'est quand même pas rien.
L'homme s'appelait Barbe Bleue parce que son père avait trouvé une gourmette gravée "Barbe Bleue" et qu'il avait déclaré "si un jour j'ai une fille, je l'appellerai Barbe Bleue" ; mais en voyant naître ce petit garçon à la barbe bleue il s'était exclamé "C'est quand même pas d'cul, voilà que j'ai un garçon alors que Barbe Bleue c'est féminin !", puis il avait ajouté, avec un clin d'œil au public, "Tant pis, il sera pédé ! De toute façon faut au moins être pédé pour porter une gourmette…"
(rires)

L'enfant mangea sa soupe et grandit, puis devint un homme. Non seulement il put se vanter d'une hétérosexualité inébranlable, même en cachette sous la couette, mais surtout il se révéla être un fieffé queutard. Mais malencontreusement !, du fait de la couleur de sa barbe il faisait toujours fuir les filles et dut souvent avoir recours à la force de persuasion pour assouvir ses pulsions sexistes.
Comme tous les hommes qui ont connu dans leur enfance l'humiliation de rentrer de l'école avec des mollards dans la barbe ou des messages tels que "gros con" gravés au compas sur le front, il décida de se venger en embrassant la carrière politique. Et encore, c'est parce qu'il avait deux potes à lui pour la tenir…
Toutefois, pour pas trop que ça se voit, il choisit d'être gentil socialiste.
Toutefois, parce que ça va bien cinq minutes les conneries, il choisit de se faire élire Roi de la Banque.

Barbe Bleue avait l'alcool festif. Aussi, un jour qu'il était plus imbibé que Bob l'Eponge en vacances en Normandie, il se conduisit de manière si galante qu'une gourdasse tomba amoureuse de lui. Elle n'avait pourtant aucune raison d'aller coucher avec ce vieux dégueulasse : c'est lui qui était bourré au moment des faits, et c'est elle qui était riche. C'est dire si elle était gourdasse.
Barbe Bleue, qui en plus du pouvoir avait désormais l'argent, n'avait pas pour autant renoncé à aller se tremper le biscuit dans tous les dîners mondains.
Sa femme, toujours impeccable, propre sur elle, le visage tiré à quatre épingles, suscitait l'admiration de ses congénères. De mémoire de bourgeois, on n'avait jamais vu cocue aussi magnifique.

Pour les besoins de son travail, Barbe Bleue devait souvent s'absenter en voyage d'affaires. Sa femme en profitait alors pour sécher, reprendre son souffle, remettre ses cheveux en ordre et défroisser sa robe.
Avant de s'absenter longuement, il lui confiait toujours une clé.
"Cette clé ouvre la porte d'une penderie secrète, lui rappelait-il. Tu n'as surtout pas le droit d'y entrer, sous aucun prétexte. Si jamais tu entrais dans cette penderie interdite et dont tu possèdes la clé en mon absence, alors il t'en cuirait un œuf sur le plat !". Elle mettait la clé dans sa poche, sous son mouchoir, avec le reste. Et elle lui faisait coucou de la main pendant qu'il s'éloignait vers le portail.

De ses périples, Barbe Bleue ramenait toujours un petit souvenir à sa bonne femme : une chaude-pisse, une blenno ou une pension alimentaire. Un truc qui gratte, quoi.
Les voyages d'affaires de Barbe Bleue consistaient à descendre à l'hôtel pour monter dans une chambre, faire son affaire, puis étouffer celle-ci sous un matelas, de fric. A son retour au bled, il accrochait ses affaires dans la penderie secrète, même celles qui étaient déjà en cintres. Et il claquait la porte, souvent en y coinçant un doigt de jugeote de sa femme.
Cette dernière, toujours aussi gourdasse, suscitait l'incompréhension de ses congénères.
"Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?
-  Et bien non, mais faut dire qu'il débarque toujours par derrière… Et puis sinon, si je regarde par là en direction de mon bras, je vois le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie.
-  Je crois surtout que tu te fourvoies !"
Poil au doigt.


Un jour, pourtant, Barbe Bleue faillit se faire gauler. Alors que comme à son habitude il avait fait usage de sa légendaire séduction pour forcer un peu une gourdasse à tomber sous son charme naturel, celle-ci poussa des cris stridents, pire que si on s'était essuyé dans ses rideaux, et qui réveillèrent les voisins d'Amérique. "Chémoniou ! Chémoniou !", gueulèrent ceux-ci, et on sait combien ils n'ont pas l'habitude de parler pour ne rien dire. Ils se fâchèrent vachement en fronçant les sourcils, lui administrèrent un coup de règle sur les doigts, et baragouinèrent des conneries comme quoi un homme riche ne peut pas disposer comme bon lui semble d'une pauvre femme noire au seul prétexte qu'elle est femme et pauvre et noire. Déjà que ça veut rien dire, mais alors dit en angliche, c'était vraiment du baragouinage. Les avocats de Barbe Bleue en firent d'ailleurs part au procureur : "What the fuck of charabia ?", puis ils arguèrent du fait que c'était comme ça depuis la nuit des temps alors qu'il n'y a vraiment pas de quoi se relever la nuit pour rallumer la télé. Le procureur convoqua donc la négresse et lui dit qu'elle l'avait quand même un peu allumé, avec son cul de négresse. Puis il la traita de négresse, et la laissa se barrer en Cadillac. Il s'excusa auprès de Barbe Bleue pour la gêne occasionnée et lui assura espérer que ça ne l'avait pas mis en retard pour le dîner.
Barbe Bleue quitta la ville, en montrant son cul au hublot, et il reprit une vie normale, en montrant son cul aux passants.

Au regard de cet épisode cocasse, les congénères de sa femme étaient passés de l'incompréhension légitime à la suspicion inévitable :
"Anne, pauvre gourdasse, tu ne vois toujours rien venir ?
-  Non, toujours rien…
-  Et le gros tas d'emmerdements qui te sourit, les casseroles au cul, le dégoût que ça suscite, non, toujours pas ?
-  Banon, toujours pas. Et même avec ma paire de lunettes Tchin-Tchin gratuite, je ne vois rien d'autre que le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie.
-  T'as surtout la vue qui merdoie !"
Poils sous les ongles.


La clé de la penderie disparut un beau jour, et personne ne parvint jamais plus à en ouvrir la porte. Et aux gens qui se demandent encore où est la moralité dans tout ça, on répond qu'elle demeure mystérieusement tapie derrière cette porte, quelque part au milieu des affaires de Barbe Bleue et de la dignité de sa femme.

 

Par Stipe - Publié dans : Les contes de mamie qui pique quand on l'embrasse - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 11:59

 

 

 

on ne dit pas

Téléphone arabe
on dit

Kabyle téléphonique

Par Stipe - Publié dans : Trucs du jour
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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 11:07

 

 

De la pluie, ça ? Des larmes d'enfants, oui ! Des torrents de sanglots des milliards de gosses innocents qu'on envoie à l'abattoir. Mais regarde-les, ces bourreaux d'instits, regarde-les ! L'œil rivé au viseur de leur fusil à lunette, prêts à te coller une bastos dans le front si tu réponds pas à une de leur question trop difficile pour toi, ou si t'as 30 secondes de retard parce que t'étais aux cabinets quand la cloche a sonné, ou si ou si ou si t'as rien fait du tout ! Juste comme ça, par sadisme, parce qu'ils ont été dressés pour ça, pour torturer les gosses, les broyer sous de faux prétextes éducatifs, leur flinguer leur enfance. Et ce gros moustachu, c'est quoi ? L'ennemi public numéro 1 ? C'est la dame de la cantine, voyez-vous ça ! Et elle est payée pour quoi, sinon pour ouvrir le crâne des gosses et leur bouffer la cervelle ? T'approche pas d'elle, dès qu'elle te regarde tu fais semblant de manger puis tu recraches dès qu'elle a le dos tourné. Tu verras, le manger de la cantine c'est du caca, faut pas l'avaler sinon ça te dissout les boyaux. Tu promets à papa de recracher le manger de la cantine ?
Et eux, tu vois, c'est les "grands". Les CM. Ils vont chercher à te bousculer, te voler ton sac, à lacérer tes chaussures, à mollarder dans ton goûter, à te violer. Mais t'as rien à craindre, je suis là, lâche pas ma main.
Il veut quoi, lui ? Tu veux quoi, toi, fils de pute ? Tu crois que tu me fais peur, du haut de tes 7 ans ? Pourquoi tu parles à mon fils ? Tu veux lui mollarder dans les chaussures, violer son goûter ? Et pourquoi tu souris, p'tit con ? Te moque pas de mon fils ou je te défonce, t'entends ? Je vais te taper, sale môme, dégage !!
Quoi, il veut jouer avec toi ? Il veut être ton copain ? Ben… méfie-toi, c'est peut-être un piège pour t'emmener dans un coin et te tomber dessus à plusieurs et t'apprendre des gros mots ou te refourguer de la drogue, faut pas toucher à la drogue, tu promets à papa de pas toucher à la drogue ? Non, je te lâche pas la main. Mais parce que… parce que… Bon alors je reste là, tu vois, juste à côté, papa est là, regarde papa il te fait coucou. Coucou ! Oui, je sors de l'aire de jeu, oui oui. Papa se met là, tu vois papa ? D'ici je peux surveiller tous les dangers, je peux voir si la dame de la cantine se pointe pas avec son grand couteau ou si la maîtresse ne met pas des serpents dans ta trousse ou si les autres enfants sont pas en train de creuser un piège et de le recouvrir de branchages ou si ou si ou si…
Je recule ? Encore ? Mais là on ne peut plus se toucher, même si on tend vachement le bras. Regarde, je tends vachement le bras et ça touche pas, tu vois, je suis trop loin. Le portail ? D'accord, je vais au portail… De l'autre côté ? Mais t'es dingo, de l'autre côté c'est dehors, c'est dans la rue, c'est les voitures qui klaxonnent et les gens qui te regardent de travers, c'est les flics qui tirent à vue, c'est la crise monétaire, c'est la troisième guerre mondiale.
Ok ok, je sors, c'est bon… Regarde, a y est je suis sorti, papa est sorti, il te fait coucou, regarde, papa t'envoie des bisous papillons. Coucou, coucou, volez petits bisous, volez jusqu'aux joues de mon fils adoré chéri, volez !! Ma gueule ? Je ferme ma gueule ? Mais pour quoi faire ? Bon, je ferme ma gueule. Et je ne reste pas devant l'école, d'accord. Mais tu sais que je risque de ne plus te voir ! Et de ne plus pouvoir intervenir en cas d'agression ou de tentative de communication de la part d'un autre enfant ou que sais-je, tu sais, je ne pourrais plus ! Hein ! S'il t'arrive quelque chose, tu n'as qu'à crier très très fort, papa t'entendra, t'as rien à craindre. Tu crains rien ? Ben c'est pas normal, pourquoi tu crains rien ? Moi ? Non, moi ça va. C'est juste qu'il pleut et que j'ai peur que tu t'enrhumes, c'est pour ça. Non je pleure pas, même pas vrai, c'est toi tu pleures.
Oui, cette fois-ci je pars. Je te laisse… Enfin, je te laisse jusqu'à ce soir. Ce soir papa vient te chercher, t'as rien à craindre, ce sera pas long. Ah oui, tu crains pas.

 

 

Coucou…

 

 

Bisous…

 

 

 

 

 

 

 

Dis, tu viendras me chercher ce soir, à la sortie du travail ?

 

Par Stipe - Publié dans : Humeur - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 09:47

 

 

J'ai rien lu d'aussi bon depuis la dernière fois que j'ai lu un truc aussi bon (qui déjà à l'époque datait de la fois d'avant).

Le genre d'écrits qui me fait jurer des choses telles que "bordel de province, quel sale petit enculé, pffff, grrrr !" ou "plus jamais je n'écrirai après ça".

C'est dire si c'est bon.

 

Il publie sur ces deux blogs sous le pseudo de Trompette Sournoise :

http://blogs.arte.tv/trompette/frontUser.do?method=getHomePage

http://wizzz.telerama.fr/trompettesournoise/blog/629727488

 

En vrai il s'appelle Arnaud Modat. Il va sortir un recueil de nouvelles chez Quadrature en avril. Je ne serais pas étonné que ce soit génial.

Par Stipe - Publié dans : Hommages - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 10:51

 

 

 

Bon allez, je compte jusqu'à trois et à quatre je me retourne. J'essaie d'adopter un genre d'anodin, du type qui plante ses yeux dans le lointain avec un air profond et inspiré. Mystérieux. Je vais regarder à 90° sur la gauche, elle est à 135°. Elle sera donc dans mon champ de vision. Je saurai si elle me regarde encore. Ça va pas faire relou si je me retourne pour la seconde fois en moins de quinze secondes ?
Allez, j'y vais.
Merde, je ne vois qu'à 95°. Tant pis, j'entreprends une œillade.
Merde.

Merde merde merde, elle me regarde. Et elle a vu que je la regardais. Pire : que je la cherchais. Merde merde merde. Et elle souriait pas. Pourquoi elle souriait pas ? Elle se fout de moi ? Pire : elle voulait juste vérifier que j'étais bien en train de la mater depuis tout à l'heure. Non, le pire c'est qu'elle m'ait vu en train de la regarder et qu'elle sache que je la regardais pour savoir si elle me regardait. Et maintenant elle va dire à sa copine que j'arrête pas de la regarder. Et sa copine va le répéter. On se foutra de moi. Pire : on s'en foutra complètement.
C'est dégueulasse, aussi, elle est derrière moi. Elle est en position de force. Elle a juste à regarder devant elle et suivre le cours normalement. Et si j'esquisse le moindre mouvement en sa direction, elle me grille et me regarde à son tour. Je tiens pas trente secondes avec cet argument devant le Tribunal des Trucs Cools. Je suis pas cool, à me retourner comme ça. Si elle peut plaider l'auto-défense – "il m'a regardé en premier" -, moi je peux peut-être plaider le fortuit. Mais au bout de trois fortuits en moins d'une minute, je passe à la préméditation. Et je suis mort, c'est mort. Et là c'est mort, je suis grillé jusqu'à la récré.

 


Merde merde merde, pourquoi elle me regarde pas ? J'ai fait exprès de passer devant elle pour aller me poster près des garages à vélos. Et je me suis placé dans son champ de vision. Mais j'aime pas être ici, c'est plutôt le coin des branleurs qui viennent mater les scooters et parler mécanique toute la récré. Je suis sûr qu'elle parle de moi avec sa copine. Elle doit lui dire "Te retourne pas, il regarde vers nous". Ou pire, elle ne parle pas de moi. Ou pire, elle parle d'un autre. De Brochant, sûrement. Toutes les filles parlent de lui. Il est mature. Il est stylé. Il a un scooter mais il en parle pas. Il est cool. Je parle avec lui, des fois. Je crois qu'il m'aime bien. Disons que je crois pas qu'il ne m'aime pas. En tous cas, il s'en fout d'être vu avec un mec comme moi.

Un mec comme moi.
Transparent, pas vraiment de genre bien défini. Pas branleur mais pas intello. Le mec qu'on remarque pas vraiment, dont on ne se rappelle jamais vraiment le nom, dont on se fout du prénom. Qui fume une clope à la sortie. Mais qui traîne pas. Qu'on prend dans son équipe au foot, mais qui marque pas trois buts par match. Qu'écoute de la bonne zic, mais pas des trucs undergrounds de folie. Un mec neutre.

 

 


Y'a Brochant qui s'approche de son scoot, et comme par hasard elle regarde vers les scoots.
"Salut Steph, tranquille ?
- Salut Bazili. Ça va.
- Tu viens me montrer ton nouveau pot ?
- ?
- Laisse tomber. C'était relou l'anglais, hein ?
- Non ça va, j'aime bien. Il est tranquille, ce prof.
- Ouais, c'est vrai. Tu viens fumer, ce soir ?
- Non j'ai arrêté, ça me saoule trop.
- Ouais c'est vrai. J'te laisse, j'ai des trucs à faire.
- Ok".
Quels trucs à faire ? Ben rien. Si, tiens, je vais aller pisser. Je vais bien passer exprès devant elle, avec l'air mystérieux. L'air mystérieux du gars qui va pisser. Qui a une bite, mais qui s'en fout. Le mec cool.
Merde, elle est partie. Bon ben je vais aller pisser avec l'air du mec qui va se faire dessus si il se dépêche pas.
Ah, je la vois, elle est là bas, devant la classe. Comment elle fait pour être devant la classe cinq minutes avant la sonnerie et avoir l'air cool quand même ? Moi si je fais la même chose, obligé je passe pour un fayot. Si elle était pas avec sa copine, j'irais aussi. Mais là c'est mort, elles vont me trouver relou. Quand ils sont seuls, les gens doivent me trouver cool. Dès qu'ils sont accompagnés, ils me trouvent relou. Obligé. J'aimerais bien avoir l'air cool.

 



"Tiens, tu fumes, toi ?
- Ouais, comme ça. T'as vu… T'en veux une ?
- Non, j'aime pas, ils foutent trop de saloperies dedans.
- Ouais je sais, j'aimerais bien arrêter. Mais c'est pas facile, t'as vu.
- C'est juste de la volonté.
- Ouais c'est vrai."
Merde merde merde. Elle trouve que je suis un gros naze parce que je fume. Alors que je fume pas vraiment. Mais pourquoi elle est venue me parler ? Juste pour me dire ça, me dire que fumer c'est mal ? Pire : en fait elle voulait m'aborder mais elle a été dégoutée parce que je fume ! Merde merde merde.


 

 

"Hey Bazili, t'attends ta maman ?
- En fait c'est la meuf de mon père. Elle est relou, elle va encore me dire que je sens la clope…
- Ah ouais, et elle va te confisquer ton goûter ?
- Ha ha ha 
- Ha ha ha
- Ha ha ha"
Bande de connards. C'est facile de se moquer quand on est plusieurs. Vas-y, j'vous ignore. Dès que ma belle-mère arrive et se gare sur le trottoir d'en face, je traverse la route en faisant le mystérieux. Sans m'occuper d'eux ni des voitures qui arrivent et qui s'arrêteront pour me laisser passer et m'insulteront mais je les ignorerai aussi. Ils vont bien voir que je suis un mec cool.

 

 

 

J'ai traversé un pare-brise, et ils ont organisé une marche blanche. Elle est aux premiers rangs, et elle pleure. Je crois qu'elle m'aimait bien, en vrai. En plus j'avais décidé d'arrêter de fumer. Pire : j'avais jamais vraiment commencé.

Par Stipe - Publié dans : Humeur - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Mardi 28 juin 2011 2 28 /06 /Juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


 

 

La mort au choix.
 
* Vous choisissez dans chaque catégorie une proposition... construisez votre texte, sans contrainte de styles....
 
       - Vous rencontrez : .... la mort  /   un tueur  /   un saint  /  un membre de votre famille décédé
 
       - Vous : .... réglez vos comptes    /  êtes terrorisé  /  niez l'évidence   /  faites une belote
 
       - Vous avez : .... une cheville cassée /  perdu vos cheveux   /  l'anus qui gratte  /    la migraine
 
       - Un personnage secondaire : .... Nicolas Sarkozy  /  Honoré de Balzac  /  Georges Brassens /  un agriculteur
 
       - Un animal : .... un poisson tropical   /   un python   /  un chat pelé   /   un kangourou
 
       - Un objet : .... un timbre poste de collection  / une 405 GL épave  /  une tapette à mouches / une pompe à vélo
 
       - Un lieu d'action : .... la commune de Sainte Gabelle  /  le parking de Auchan  /  une plage Bretonne / un club échangiste auvergnat
 
       - La météo : .... une canicule / une pluie acide / la tramontane / un froid polaire
 
 
* On rajoute dans son texte un minimum de 5 mots choisis parmi ceux-ci :
       - capuccino

       - homophone

       - starting-block

       - phacochère

       - post-moderne

       - onanisme

       - esthéticienne

       - carbonara

       - prestidigitateur

       - déambulatoire
 
* Et on colle minimum 3 des phrases ou expressions suivantes :
       - Ses pieds sentaient le roquefort
       - Il eut été domage que vous ne fûtes pas là
       - Je suis sans slip aujourd'hui
       - 5200 euros pour une pierre tombale ?
       - Partir un jour loin de vous
       - L'imprimante a rendu l'âme
       - La virginité est une tare indélébile
       - Un poil de cul dans la soupe


 

 

LE TEXTE

 

 


 

  -  J.C. !
  -  ...
  -  Jicéééééééééééééé !!
  -  ...
  -  JESUS, BORDEL DE MOI !!!
  -  Quoi ? C'est bon, tranquille ! T'énerve pas, l'daron ! D'façon t'es même pas mon vrai père...
  -  Ouais ben justement, je vais te renvoyer chez tes parents adoptifs si tu continues ! Tu vas retourner grimper sur les toits et remplacer des tuiles pour l'entreprise familiale, ça va te remettre les idées dans l'ordre.
  -  C'est bon, reste posé, tu vas pas me réécrire la Bible ! Bon, pourquoi tu m'as fait descendre de ma croix ?
  -  Ben faudrait que tu tiennes la boutique pendant mon absence, j'ai besoin d'aller faire un tour en bas...
  -  Ah non, t'abuses grave ! Je suis raide carbonara, j'me suis couché y'a à peine deux heures. Avec les apôtres, on a fumé du python en écoutant du punk-jazz post-modern bulgare et on a fini la nuit à dégueuler dans le déambulatoire J'te jure qu'il faut les suivre, les zigotos, des vraies bêtes de cène !
  -  Nom de Moi, t'es pas possible JC ! Tu sais qu'on est un peu connus, en bas ? Je ne tiens pas à ce qu'on te voie en une de Pèlerin-Match, avec le slibard sur la tête et du vomi dans la barbe. Les affaires sont pas vraiment prospères en ce moment, et on s'est fait piquer le marché de l'irrespect de la femme par les arabes. Et notre nouveau directeur commercial, l'allemand là, avec sa gueule à faire pleurer les enfants c'est pas lui qui va nous faire revenir les brebis à la bergerie. Surtout qu'il s'est entouré d'une bande de VRP, faut voir la fine équipe... Donc si tu pouvais calmer un peu le jeu, le temps qu'on se refasse la cerise.
  -  ...
  -  J.C. ? 'Tain Jésus, réveille-toi ! Bon écoute, va pas falloir que tu tournes au capuccino décapucciné ! Avec le froid polaire qu'il fait en bas, on va rentrer du clodo, du bénévole pour le Téléthon noyé en ayant voulu traverser le Lac de Paladru à la nage, du hors-pistard, de la bigote intoxiquée au monoxyde de carbone dans les églises, du gosse qu'a pas été vacciné, etc... Donc t'as intérêt à être dans les starting-blocks, crois-en-Moi ! Et pis t'es mignon, dès qu'ils sont entrés tu refermes les portes du Paradis, on chauffe pas les rues, hein ! Mais je te fais confiance pour nous faire un de tes tours de prestidigitateur et nous transformer ton poil de cul dans la soupe en croûton dans le velouté d'asperges, hein fiston !
  -  Pfff, trop relou le vieux...
  -  C'est ça, ouais ! Quand je pense à tout ce que j'ai fait pour toi, c'est grâce à moi si t'es en haut de l'affiche aujourd'hui !
  -  Allez c'est bon, file-moi ton brassard de réceptionniste et ta chasuble blanche, j'vais m'en occuper de ton boui-boui. Et vas-y à ta partouze...
  -  Comment tu sais que... ???
  -  Parce que t'as une tâche énorme derrière, ducon ! Un classique chez les débutants, ça...
 

Et meeeerde ! Faut dire que je suis sans slip, aujourd'hui. Ca fait une semaine que j'ai l'anus qui gratte et que je me le beurre au Saint-Doux ou à tout ce qui peut faire office d'onguent. Alors forcément, aujourd'hui sans slip ben l'auréole c'est pas sur la tête que je l'ai... Jusqu'à la semaine dernière je savais que la virginité était une tare indélébile, aujourd'hui je sais que la virilité laisse des tâches indélébiles...
Et maintenant je vais être en retard, avec ses conneries à l'autre hippie. La Mort je la connais, parait que c'est une excellente maîtresse mais elle est rarement en retard, je dirais même qu'elle a plutôt tendance à arriver en avance... Cette semaine je sais pas où elle m'emmène mais j'espère que ce sera moins pourrave que la semaine dernière. Le dépucelage dans un club échangiste auvergnat, ça laisse des traces. Enfin, façon de parler... C'était aussi excitant que Balzac qui décrit une épave de 405 GL sur dix pages, c'est dire. Bon heureusement, La Mort elle est marrante, elle sait foutre un peu de vie dans ce genre d'endroit glauque.
J'aimerais bien me la faire, ce soir. La semaine dernière elle était trop occupée avec un couple d'homos, j'ai pas osé la brancher. Et puis coucher avec sa partenaire dans une boîte échangiste, paraît que c'est mal vu. Mais ce soir j'ai bien envie de la...
Ah tiens la v'là. 'Tain, elle peut pas s'empêcher de klaxonner, faut qu'elle se fasse remarquer. Si ça s'apprend que Dieu couche avec La Mort, je risque d'être taxé d'association de malfaiteurs. Tu m'diras, au Paradis je risque pas d'être inquiété, y'a pas masse de flics et de juges. Mais pour mon image ça craint. Déjà la tâche de graisse au cul, ça fait pas très sérieux...

Bon allez, on y va détendu du gland et ça va bien se passer.


 

**********

 

 

  -  Mais c'est quoi ce connard qui tambourine à la porte, il va me défoncer la Lourdes ??? OUAIS OUAIS J'ARRIVE, ON SE CALME !!
  -  Ouvre Jésus, c'est moi !!
  -  Papa ? Mais qu'est-ce tu fous là? Pourquoi tu passes par la grande entrée et pas par la porte de service?? Et c'est quoi c'te tronche de déterré ?
  -  Ben justement... Disons que j'ai pécho La Mort. Ou c'est elle qui m'a attrapé, si tu préfères.
  -  'Tain le boulet... Donc t'es en train de me dire que...
  -  Que j'suis mort. Comme un mortel, quoi...
  -  ...
  -  ...
  -  Bon ben rentre, je vais passer un coup de fil et voir si on peut espérer un miracle.
Allo Allah ? Ouais, c'est Jéjé. Dis voir, t'as pas oublié ce qu'on a fait aux juifs en 40 ? Ben je vais avoir besoin d'un service et je crois que c'est le moment de renvoyer l'ascenseur...

 

 

Par Stipe - Publié dans : Exercices ludiques
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


 

 

* Les règles :

       - Utiliser 12 prénoms commençant par la lettre G
       - Utiliser 4 villes commençant par la lettre S
       - Utiliser 9  animaux, sauvages ou domestiques
       - Utiliser 8 ustensiles de cuisine
       - Faire intervenir : un huissier, un boulanger, un ostréïculteur,  un curé, un chanteur connu.
 

 

* Utiliser les expressions : 

       - Con comme la lune
       - J'ai perdu ma brouette
       - Ca me gratte de l'intérieur
       - Infection ovarienne
 
* Contraintes :

       - Cela se passe sur une journée
       - Nous sommes en 1950
       - Vous êtes narrateur et non acteur


 

 

LE TEXTE

 

 


 

" Ca me gratte de l'intérieur, chéri.
- Bouge pas, je vais t'arranger ça."
Il lui retira le gode froid et fit l'aller-retour à la cuisine, revint se positionner entre ses cuisses et lui arrangea ça.
Elle gueula un peu, puis elle gueula plus du tout.
" Alors Guenièvre, ça te gratte encore de l'intérieur ?"
Puis il siffla le yorkshire et lui balança l'utérus ablationné de sa pute de maîtresse. Il rinça le dénoyauteur à cerises, sortit son carnet et biffa une première fois.

Il descendit au bar "Chez Ginette", commanda une Gentiane et s'enquit de la présence de la patronne.
La barmaid, aussi aimable qu'une infection ovarienne chez la guenon, lui fit savoir qu'elle avait d'autres chats à fouetter. Il l'attrapa par le colbac, lui écrasa son mégot sur la main et lui réitéra sa question. Moins d'une minute après, elle revint de l'arrière salle en se frottant la main, l'air bougon et à couteaux un peu moins tirés. Elle lui fit un signe de tête vers l'arrière.
L'homme se leva, brisa la nuque de la serveuse en la croisant et se rendit dans l'arrière salle. La dénommée Ginette avait la gueule de l'emploi et l'emploi à avoir de la gueule. Il lui planta sa cuillère à café dans l'œil et lui dit bonjour. Puis au revoir.
Il sortit son carnet, raya le nom et lit le suivant. Guillemette.

Rue de Sèvres, au 12.
" Toc toc toc
- C'est qui ?
- C'est l'huissier. Ouvrez !
- Ah bon ?"
Elle ouvrit la porte, il lui ouvrit le bide avec un couteau à huître piqué chez Ginette.
" Perdu! Je suis pas huissier, je suis ostréiculteur."
Il en sourit encore alors qu'il rayait Guillemette. Il posa la pointe du crayon sur le nom de la suivante.

Le taxi se prit la mauvaise idée de vouloir lui tenir le crachouilloir.
" Moi j'vois j'ai mon cousin germain, hein, notez qu'il est pas d'ici, il est de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, hein. Bon ben j'vois moi mon cousin il est revenu de la guerre avec un œil crevé, hein, bon ben il a continué à faire taxi quand même, hein, et pis c'est marre, hein !  Ah ben tiens, nous y v'là arrivés, ça vous y fait 22 francs.
- Vous prenez le liquide?
- Bah ouais, vous savez d'nos jours, hein ..."
Arrivé à mi-chemin de son œsophage, le fil à couper le beurre lui coupa aussi la parole. Le sang jaillit de sa gorge aussi rapidement que jaillissaient les inepties de sa bouche.
" Vous pouvez garder la monnaie. Et le fil à couper le beurre."

Il entra dans l'école et se dirigea vers la classe des septièmes. La maîtresse leur faisait la dictée lorsqu'il pénétra dans la pièce. Sous les regards curieux de l'assemblée, il alla fouiller dans la trousse d'un fayot de rouquin au premier rang. La fonctionnaire prit enfin la peine d'exiger des présentations.
" Mais enfin qui êtes vous?
- Vous êtes bien Gilda Lerobert ?
- Oui c'est moi, mais qui vous a consenti à pénétrer dans ma classe sans prendre l'usage de toquer à l'huis auparavant?
- Monsieur le Directeur m'a chargé de vous remettre ceci."
Il lui planta le compas du rouquin dans le front.
Il retourna vers le rouquin :
"Tu seras dispensé de géométrie pendant tout le mois. "
Puis s'adressant au reste de la classe :
"Vous me conjuguerez le verbe se vider comme un lapin à tous les temps du climat méditerranéen."
Gilda fut rayée du carnet.

Il se rendit au couvent des Joyeuses Grenouilles de Bénitier de Saint-Jacques-de-Compotier et demanda à voir Sœur Gertrude. Celle-ci n'eut pas le temps de finir son signe de croix que Jésus et son crucifix lui mirent les pieds dans le plat. Lorsque le curé la retrouva dans le tabernacle avec son Jésus planté dans la bouche, il se dit que le Saigneur avait lui aussi constaté que Sœur Gertrude n'avait pas les voies si impénétrables que ça...

La rayable suivante, il fallut la dégoter au milieu des champs.
Ce n'est que lorsqu'il s'entendit gueuler un "Holà mon brave!" qu'il sut laquelle du troupeau n'était pas une vache.
La rougeaude de Salers le dévisagea dans une grimace folklorique, et lui demanda:
"Vous cheurchions queuqu'chose?
- J'ai perdu ma brouette.
- J'a point vu d'beurouette à c't'heure.
- C'est fâcheux car je vais en avoir besoin pour transporter votre corps."
Gilbertine fut égorgée au barbelé puis griffée du carnet.

Des grelots énervants signalèrent au boulanger une entrée dans sa boutique.
Son hésitation à présenter madame la boulangère à l'homme ne dura que les quelques secondes qui lui restaient à vivre avant d'être enfourné.
La boulangère se pointa avec sa tronche enfarinée de boulangère pour demander ce qu'il se passait. Il se passa qu'elle vit la machine à trancher de très près et que si ses pains étaient complets, on ne pouvait plus en dire autant d'elle.

Gwendoline tranchée de la liste, le carnet lui proposa enfin Graziella.
 
Le cabaret dans lequel elle donnait ses représentations avait tout de l'attrape-gogo. A l'entrée, l'affiche annonçait "Grazi la gazelle des steppes" en première partie d'un certain Gilbert Bécaud.
Il entra dans sa loge trop grande pour un si petit talent, elle se retourna  en rejetant son boa en plumes sur son épaule. Le défaut du boa, c'est que c'est constrictor.
Il lui serra le reptile emplumé suffisamment fort autour du cou pour qu'elle ne ressemble plus à son affiche.

Il rentra à l'hôtel, raya le dernier nom de la page, puis déchira les deux pages de G. Celle d'hier, écrite en bleu. Celle d'aujourd'hui, écrite en rose.
Nerveux, il s'attarda sur la page suivante, bleue. Les H.
Il tourna tous les boutons de la gazinière puis revint à son carnet.
Il regarda longuement la nouvelle page et lorsque l'odeur du gaz commença à lui picoter les narines, il prit son stylo et raya la première ligne. Puis il s'alluma une cigarette.


Il était exterminateur de prénoms à la con comme la lune. C'est pour ça qu'on le payait, pour ça qu'on lui filait des listings de prénoms à la con comme la lune. Par eugénisme patronymique, il dézinguait tout ce qui s'appelait moche.
Il s'appelait Hilarion.

 

 

 

Par Stipe - Publié dans : Exercices ludiques
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Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 

 

 * La forme : libre

  
* Le sujet :  Je cherche du travail
 
* Contraintes :

       - Utiliser 10 sentiments ( haine, amour, amitié, joie, peine, ...)
       - Parler à la première personne du singulier
       - Interdiction d'utiliser : ANPE, ASSEDIC, curriculum, motivation, postuler, entretien
       - Interdiction d'utiliser le verbe "avoir" sous quelque forme que ce soit (participe passé, auxiliaire, ...)
       - Trouver et utiliser 10 mots de plus de 5 syllabes
       - Citer un proverbe de Jean de la Fontaine dans votre texte ( seul endroit où le
          verbe avoir sera toléré.)



 

 

LE TEXTE

 

 


Chers Madame-Monsieur



Je vous écris par la présente afin de présenter une sollicitation parce que je cherche un emploi en rémunération, le cas échéant. J'adore travailler avec des collaborateurs qui sont cools néanmoins qu'ils sont sérieux parce que quand même c'est important d'être sérieux dans le monde de notre siècle. Et je dis ça sans arrière-pensée politique, de tout façon je ne vote pas car j'y connais rien à tout ça, vous pouvez me faire confiance.

Madame-Monsieur, c'est avec bonheur que je vous apporte le plaisir de vous apprendre que je suis l'homme de la situation, voire même. Et pourtant j'aime pas me vanter, mais j'assure grave. Je crois que je touche bien ma bille en arboricultage des jardins et subséquemment en aménagement d'espaces verts de tous horizons, faut voir !

Si vous me prenez à l'essai vous serez pas déçus, c'est du garanti. Mon ancien patron était satisfait de moi un jour, vous pouvez même lui demander si vous croyez que je suis un mytho.

Pour les considérations financières faut pas s'inquiéter, je suis pas un crevard tu sais !

On dit que vous me donnez un chèque comme ça, de la main à la main, ni vu ni connu j't'embrouille les administrations. Hey Madame-Monsieur, si ça vous arrange du liquide on peut en convenir, par contre ce sera un peu plus cher, c'est normal. C'est pas vraiment de la malhonnêteté, moi je dis que c'est plutôt des arrangements entre adultes qu'on s'entend. C'est comme ça que ça marche dans le business mais je vais pas vous apprendre votre métier à votre place.

Ah oui, faut aussi que je vous dise que je suis possesseur du permis A, B, C, O négatif et tutti frutti. Je sais conduire les grues excavatrices et à godet s'il le faut mais mon permis est passé à la machine à laver du coup il est tout niqué qu'on n'arrive plus à rien lire dessus tellement la lessive ça décape incroyable mais faut me croire que je sais manœuvrer ça tranquillou. Si vous êtes dubitantieux, je pourrai vous faire une démonstration dans la cour, je vous fais un créneau avec un tractopelle de la main droite, tu paries Madame-Monsieur ?

Pour être franc, j'vais pas vous la faire à l'envers alors faut savoir que je suis un peu en galère ces temps-ci. Ma femme, celle là qui élève mes enfants (dont deux gravement), est atteinte d'une maladie proportionnellement mortelle. Sur la tête du prophète, c'est pas la joie tous les jours. Mais je dis pas ça pour me la raconter et que vous soyez en pitié. Mais c'est vrai que du coup, comme en plus mon Audi présente un problème de carrosserie suite à des tonneaux divers et variés à vitesse éthylique, ce travail ça serait pas du luxe par rapport à ce que ça coûte.

La voiture, les enfants, vous savez c'que c'est, hein ! Ca pompe de l'argent à tire-les-rideaux !

D'ailleurs comment ça va la petite famille ? Les enfants ça grandit ? Ils empruntent toujours le chemin du parc pour rentrer de l'école ? Je me mêle de ce qui me regarde pas dans mes affaires, mais c'est pas très prudent de laisser ses enfants rentrer seuls de l'école par un chemin aussi désert, surtout avec tout ce qu'on voit dans la télé. Chez TF1 ils disent que des gens désargentés parce que sans travail sont prêts à kidnapper des enfants pour les revendre sur eBay, ça fait peur ça Madame, non ?

Vous allez dire que je passe du coq hallal, mais vous en êtes content, Monsieur, de votre Scenic d'immatriculation 457 CGR 93 ? Aucun souci du côté des freins ? Faut se méfier quand même, ces voitures sont réputées pour ça, les freins qui lâchent sans prévenir, en pleine descente. Curieux, hein ? C'est dangereux ça Monsieur, et ça arrive plus vite qu'on le croit à c'qui paraît…

Comme disait Jean DeMolière, la raison du plus fort est toujours la meilleure, pas vrai ?

Bon allez, je parle je parle mais vous êtes peut-être occupés à du boulot ou à des vacations professionnellement. Je vous dis à bientôt, je suis certain qu'on va être amenés à travailler ensemble dans un futur plus ou moins près.

Veuillez recevoir, Madame-Monsieur, mes salutations bien sincères ma parole !

A+, bizzz.

 

 

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