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Qui Ça?

  • : Stipe se laisse pousser le blog
  • Stipe se laisse pousser le blog
  • : Je m'étais juré sur la tête du premier venu que jamais, ô grand jamais je n'aurais mon propre blog. Dont acte. Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser des commentaires dithyrambiques ou sinon je tue un petit animal mignon.
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La cour des innocents

La Cour des Innocents - couv - vignette

Dates à venir

- samedi 2 août, en dédicace à la Librairie Montaigne (Bergerac) de 10h à 12h

- samedi 30 août, en dédicace à la Librairie du Hérisson (Egreville)

- dimanche 9 novembre, en dédicace au Grand Angle dans le cadre du salon Livres à Vous de Voiron.

15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 17:09

 

 

 

 -  Et alors, ton week-end ?
 -  Ben écoute, tranquille, on est allés chez des amis, des artistes qui sont peintres sur cadavres d’animaux. On a commencé le samedi midi, à l’apéro on a tourné à la Téquila Pan, c’est comme la Téquila Paf sauf que ça fait Pan au lieu de Paf. On en a bu une cuvette chacun et ensuite on a fait un Grand Bleu dans la baignoire. C’est un cocktail, mais comme on n’avait pas de curaçao, on l’a remplacé par des blocs d’Harpic et on a mis du fioul à la place du rhum. C’est pas très écolo, j’ai roté comme un pot d’échappement une bonne partie de l’après-midi et ils ont été obligé de réduire la vitesse à 70 km/h sur le périph.' Après on a bouffé du bœuf bourguignon. Ils avaient balancé trois bœufs vivants dans la piscine remplie de pinard, et les ont fait mariner toute une semaine. C’était bon, même si j’ai pas trop digéré le chlore. En digeo on a pris de l’alcool de pneus, ça fait 107° sortie d’alambic. Ils le conservent dans une cuve en béton armé, pour pas que les émanations donnent le typhus aux oiseaux qui passeraient dans le coin. Après ça ils nous ont fait fumer de la péruvienne : un mélange de purin d'ortie et de sperme de lama séché, ça se fume dans une flute de Pan. Ca attaque pas mal, y'a une fille qui a passé l'après-midi à siffler "el condor pasa" en bulgare et à traverser la route à cloche-pied sur un mec qui se prenait pour un passage clouté. Bon après ça, on est passé au triphasé. C'est un tiers de dissolvant à vernis, un tiers de cirage, un tiers de guronsan et un tiers de dissolvant à vernis. Moi j'en ai pris qu'un litre parce que ça m'a filé un cancer des sourcils. Heureusement qu'un type avait un tournevis cruciforme dans sa mallette de docteur, il a pu m'opérer à cœur ouvert et m'éviter ainsi de perdre l'usage de mes ongles. Du coup, je me suis rabattu sur l'Orient-Express. Ça c'est bon, ça ! En fait t'avales un Mister Freeze à toute vitesse pour que ça te colle la migraine, et quand t'as bien la barre au dessus des yeux, tu plantes une seringue pleine d'azote liquide dans l'aorte du front. Le Mister Freeze agit sur les cellules du cerveau qui sont liées à ton passé et tu retombes en enfance. J'ai un pote qu'a pas arrêté de nous réclamer un album à colorier et des pastels, et moi j'ai bouffé mes crottes de nez toute la soirée. Le kif !
Y'a un mec qu'est venu mixer de la hard-tech-übër-trance, c'est comme de la techno mais à 12500 beats par minute. Ils en ont interdit l'usage à moins de 10 kilomètres de la mer parce que ça provoquait des tsunamis et des crises d'épilepsie chez l'huître. En Ukraine, ils l'utilisent dans les hôpitaux : ils mettent un morceau dans un lecteur MP3, te collent les écouteurs sur le torse et s'en servent comme défibrillateur. Y'a un mec qui s'est approché trop près des enceintes – pourtant elles sont entourées de barbelé et de tessons de bouteilles – ben il a vomi par les oreilles. Mais sinon c'est super dansant, comme musique. Sous l'effet du Tramixen (c'est un médicament prescrit aux hippopotames pour soigner les boutons de fièvre, ça ne se trouve que sur internet et t'es obligé de payer en pétrodollars), y'a des mecs qui ont fait la chenille qui redémarre. Ils sont restés deux heures bloqués sous la pluie parce qu'ils se sont mis en grève. Heureusement ils ont réussi à négocier avec les brins d'herbe et ont obtenu la retraite à14 ans.
 Vers trois heures du matin, heure du méridien de Beverly Hills, on est passé à l'apéro : Tang-Bang à l'orange hémorragique pour les filles, perrier-ajax pour les gars. Puis on a bouffé des tortues de Bourgogne, en sirotant un Château-en-Ruines de 1986 avant Jésus-Christ. Tiramisu cocaïne-saindoux en dessert, liqueur de méduse en digestif, puis soupe à l'oignon. Mais avec du liquide de batterie à la place de la soupe, et des piles au lithium à la place des oignons. Faut le boire très chaud, sinon le lithium te soude les dents en refroidissant. Y'a un mec qui y'a eu droit, heureusement on a réussi à faire levier avec une chipolata. Ma copine, c'est l'infusion au shampoing antipelliculaires, qu'elle n'a pas digéré, elle a eu la chiasse toute la nuit pendant 15 jours. Finalement, on a fini tranquillement sur les coups de 11h30 de l'après-midi, heure du deuxième décan, en fumant des chauves-souris diabétiques.
Et toi, ton week-end ?
 -  Moi j'ai fait un tournoi de 1000 Bornes, à Maubeuge.
 -  Oh putain, le bad trip...

 

 

 

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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 11:37


-  Tu m'aimes ?
-  Hein ? Non mais ça va pas, mais pour qui tu me prends ? J'ai des principes moi, jamais de sentiments le premier soir. Salope !



-  Je te raccompagne chez toi ?
-  Pourquoi, ton lit n'est pas fait ?



-  C'est toi qui raccroches en premier !
-  Tût tût tût...



-  C'était une soirée très agréable...
-  Oui, le PSG a gagné



-  On se rappelle ?
-  T'es pas en forfait limité pour le téléphone aussi ?



-  T'es belle, quand tu dors...
-  Toi aussi t'es beau quand je dors.



-  Toi, tu sais parler aux femmes...
-  Ah les fayotes !



-  Rhâââââââ !!!! Waouh, c'était génial !
-  Et c'est pour me dire ça que tu me réveilles ?




-  On va chez toi ou chez moi ?
-  Les deux : tu vas chez toi et moi je vais chez moi.




(merci à Virginie pour ce dernier)

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 21:52

-  Tu sais, Bridgett, quand je repense à toi, à moi, à nous, me reviennent ces quelques vers ...
-  Quoi les verres, t'as encore soif ?
-  Hein ? Mais non, je veux dire qu'il me rappelle au souvenir cette poésie d'Alfred de Vigny...
-  Des Devini qu'habitent au Moulin d'la Chapelle que lui il a un laguna beige et que elle elle travaille à la mairie ?
-  Nan, pas ça. "De Vigny", un poète.
-  Ben moi les employés de mairie je les connais pas tous, faut dire. Tiens d'ailleurs, fais moi penser à faire une photocopie de ma carte d'identité pour l'inscription au concours de cervelas.
-  Certes Bridgett, je te mettrai un post-it sur le front. L'ami Alfred, donc, disait ainsi la Mort du Loup, deux points ouvrez les guillemets...
-  Ben ça y est, je les ai déjà ouverts. D'ailleurs celui de la cuisine grince toujours autant, faut y faire quelque chose, surtout qu'en ce moment avec ce qu'il pleut c'est encore pire qu'en pire, et aussi je me demande c'est quand qu'on les a repeints déjà, cette année ou l'année prochaine ?
-  Je ne sais pas, Bridgett, je ne sais plus. Tu as regardé dans le fichier Excel ? Bon j'en étais où, putain... ? Ah oui, donc De Vigny blablabla notre histoire, la mort du loup tout ça, et donc ça commençait comme suit...
-  Tu fais bien d'en parler, faut qu'on fasse ramoner la cheminée. Tu crois qu'on pourrait demander au portugais ? Faut juste qu'il nous fasse un papier pour l'assurance, paraît qu'en cas d'incendie de bûche ou affairant, tu peux avoir des soucis mais le portugais il doit être certifié ou agrégé ou je sais pas comment on dit en ramonerie. Ben t'avais pas racheté des yaourts ?
-  Non, ils me paraissaient  pas assez mûrs alors j'en n'ai pas pris. Je vais prendre du babibel, j'aime bien aussi le babibel. Le kiri j'aime moins par contre, je trouve ça trop salé pis on peut pas modeler des boules avec l'emballage.
-  Tu voulais me dire quoi ?
-  Quoi "quoi" ?
-  Ben à propos du loup qui s'est fait écraser par les Devini ?
-  Moi ?
-  Ben oui, pas moi ! J'ai un alibi, de toute façon...
-  Ah oui, la Mort du Loup, oui oui c'est bon, je vois.
-  Pfff alors toi faut te suivre, hein !
-  Ouais donc non, c'est pas ça. C'est juste que tu sais, Bridgett, je repensais à notre histoire et me revenaient les vers de De Vigny...
-  Ok, pas de soucis.
-  Attends, j'ai pas fini. Et ce vers incipit...
-  Ainsi quoi ?
-  Pit.
-  Connais pas.
-  "Les nuages couraient sur la lune enflammée"
-  ...
-  C'est ça le vers que je te disais que ça me faisait penser à notre histoire quand j'y repensais... "Les nuages..."
-  Ouais c'est bon, j'ai entendu. T'es en train de dire que j'ai le feu au cul, quoi ?
-  Hein ? Mais non, pas que...
-  Ben si, prends moi pas pour une truffe, essaie pas de m'embrouiller avec la météo. Tu dis que notre histoire que quand t'y repenses ben c'est que j'ai le feu au cul !
-  Mais non, c'est de la poésie, c'est une licence...
-  Ouais ben ta licence t'as intérêt à te la photocopier aussi parce que je vais t'en faire une boulette et hop direct à la poubelle !
-  Non mais la Lune chez les poètes, c'est un astre inaccessible, une chimère, la symbolique de la recherche de l'idéal, tu sais comme quand on dit "Décrocher la lune"... Tu sais...
Tu sais ?
-  Ben oui, j'ai déjà entendu. Ou comme quand on dit "Pierre qui roule n'amasse pas mousse", c'est ça ?
-  Euh... oui. Mais en quelque sorte, alors. Et les flammes représentent la passion, et les nuages c'est pour dire que c'est couvert, que c'est plus comme avant.
-  Ah ça, y'a pu d'saison ! Y'a deux semaines on range le barbecue et paf, grand soleil ! Et quand on veut repeindre les guillemets, de la flotte à pu savoir quoi en foutre ! Quand t'auras fini avec les endives tu me passeras le saladier, que je sauce.
-  T'es rassurée ?
-  Pour le climat ?
-  Pour le feu au cul.
-  Ah, ça. Ben si tu dis que ça n'a rien à voir et que je suis pas une chaudasse et que j'ai pas chopé des vers, je te crois, hein. Et ils l'ont retrouvé ?
-  Qui ça ?
-  Ben le gars qu'a écrabouillé un loup !
-  Tu sais Bridgett, j'ai besoin d'avancer mais je n'arrive pas me résoudre à ne pas regarder en arrière. Mais quand je me retourne pour regarder en arrière ben je me casse la gueule ou je me fous le genou dans un meuble, c'est toujours pareil. Alors je préfère me dire que notre passé reste à écrire, que notre futur viendra plus tard et que notre présent est comme un bulle de savon qui...
-  C'est toi qui repose toujours le savon sur le rebord du lavabo et après il est tout collé, gros dégueulasse ! Alors m'accuse pas que c'est moi, ça commence à bien faire tes sous-entendus pour noyer l'anguille sous roche. Si t'as un truc à dire, tu me le dis en face, dans le blanc des œufs, et t'arrêtes de tourner autour des mots.
-  Bridgett, comme disait Pierre Mondy à Henry Guibet dans "On a retrouvé..."
-  ACCOUCHE !!!
-  Bridgett, je vais te quitter...
-  Et ?
-  Et rien, juste "je vais te quitter". Pour de vrai.
-  Ahhhhh, ok ! J'avais cru "je vais te guider", je me disais "tiens, il veut que je gare la voiture, il a peur que je la bigorne dans le portail ou quoi ?", c'est pour ça j'comprenais pas, j'me disais "Tiens...".
"Te quitter", ah ok, là d'accord ! Ben oui écoute, t'es grand, t'as pas besoin de moi pour me quitter. Mais juste avant, tu finis pas ton pain ? Je peux le prendre pour saucer ?





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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 07:00

-  Dis papi, tu me racontes la guerre?
-  Pourquoi ça, p'tit con ? Tu vas pas à l'école ou quoi ? T'as pas de sac, pas de chaussures ? Tes parents n'ont pas de voiture pour t'y conduire ? Il fait trop froid. Y'a autre chose de plus intéressant à la télé ?
-  Si, on nous a appris la guerre. Mais le maître il a dit comme ça que ce serait bien que nos papis ils nous en parlent, comme ça.
-  Ah ça, dès qu'ils peuvent sous-traiter, ceux-là... Alors tu veux savoir quoi, p'tit con ? Les charniers, l'odeur des corps en décomposition ? La collaboration, le commandement, les rafles ? C'qu'on bouffait, c'qu'on chiait ? Pourquoi on pleurait, comment sont morts les copains, si les boches sont tous blonds ? Tu t'interroges sur la façon d'enterrer à la va-vite, sur les astuces à connaître pour torturer l'ennemi ? T'aimerais savoir si vaut mieux crever en sautant sur une mine ou en prenant une balle dans la nuque parce qu'on a voulu déserter ? T'as des questions sur comment nos femmes se faisaient baiser pendant que nous aussi, sur comment elles pleuraient quand elles voyaient arriver les gendarmes au bout de l'allée ?  "Votre mari doit partir au front", "Votre fils est mort au front", "Fotre front est une infitazion", lequel préféraient-elles ne pas entendre ? Et qui de l'allemand ou de la maladie est le pire ennemi, ça t'intéresse ? Croupir dans la boue ou crever debout, lequel est le plus glorifiant ? Qui du tirailleur sénégalais qu'on envoie à l'abattoir ou du déporté juif qu'on envoie au "détail de l'Histoire" est le plus à plaindre, tu prends le risque de choisir ?
Est-ce que c'est écrit dans tes bouquins qu'on ne tirait pas sur l'ennemi pour les trois couleurs mais juste parce qu'un boche en moins c'est une chance de survie en plus ? Et ton instit, il vous a dit combien de kilomètres de boyaux ça représentait tous ces corps éventrés ? Peut-être que tu hésites : vaut-il mieux mourir en héros ou vivre en planqué. Combien de vies de trouffions vaut une vie de colon ?
Et quoi, c'est le 11 novembre alors on s'oblige un devoir de mémoire ? On vous apprend que la guerre c'est mal et que t'as qu'à demander à ton papi si tu m'crois pas ! Je suis pas un héros, je suis juste un survivant. Et pareil pour tous les morts, c'est juste des malchanceux. On n'est pas un héros quand on se fait trouer le crâne et qu'on se rend compte que le casque ça protège plus de la pluie que des balles. On n'est pas un héros quand on tire sur des bonshommes qu'on connaît pas et qui nous connaissent pas. Personne ne s'est jamais demandé si on n'aurait pas préféré des excuses plutôt que des médailles, collectionner des timbres plutôt que des honneurs ? Et vas-y que j'commémore, et vas-y que j'me souviens. On ferait bien mieux de rester chez soi et d'avoir honte plutôt que de se geler au garde à vous à écouter chouiner une trompette. Et tous ces monuments que même les pigeons viennent chier dessus, on les fleurit parce qu'on n'a jamais été foutu de faire pousser quoi que ce soit sur la pierre, sinon des illusions perdues. On y fout des gerbes, ça s'appelle comme ça, c'est pas moi qui l'dis. On y dépose des couronnes, couronne de quoi ? Du roi des cons ? On compte les morts, d'une guerre ou de l'autre, on se dit que le match aller était plus dégueulasse que le match retour. On nous dit qu'on a gagné. On a gagné quoi ? Le droit de rejouer ? Moi je me serais contenté d'un filet garni plutôt que d'une fanfare à la con.
Je n'ai plus envie de me souvenir, plus envie de raconter. Le souvenir c'est le cancer de la mémoire, les commémorations sont rien moins que des soins palliatifs. Et les poilus n'aiment pas ce genre de chimio, tu sais. Depuis que j'en suis revenu, y'a pas un seul putain de jour qui ne se passe sans que je ne tremble de peur, pas une seule nuit sans qu'un boche ne vienne me tuer dans mon sommeil. De toute façon, la guerre on n'en revient jamais. Notre corps retourne à la maison, à quelques amputations près, mais notre tête elle reste là bas, à se battre pour la délivrance.  Moi ma libération, je l'attends de la part d'un allemand. Même qu'il s'appelle Alzheimer. Qu'il m'embarque, avec mes médailles et mes trouilles, et qu'il vous laisse l'hypocrisie de me pleurer.
T'y diras tout ça à ton maître ? Et pour tous tes copains de classe qui manquent à l'appel parce qu'ils n'existent pas, parce que leur arrière grand-père a eu le mauvais goût d'y rester, il va leur arriver quoi ? Ils vont avoir un zéro ? Tu vois, p'tit con, un papi qui raconte la guerre, c'est un papi vivant. Et un papi vivant, c'est un papi qui le regrette.
-  N'empêche, t'es quand même plus rigolo quand tu enlèves ton dentier et que tu imites la tortue...


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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 10:45


-  Oh merci chéri, fallait pas ! Qu'est-ce que c'est ?
-  Ben ouvre, tu verras.
-  T'es vraiment un amour ! Allez, je déballe...
-  ...
-  Ohhhhhhhhhhh, un... gros caillou ?
-  C'est beau, hein !
-  Ah oui... C'est même très... original ?
-  Et encore, là c'est éteint. Faut le voir allumé, ça en jette. Doit falloir mettre deux piles LR6 je crois...
-  Ah ? Et bien je suis très... wouhouhhh !
-  On dirait que ça te fait pas plaisir ?
-  A qui, à moi ? Ah si si si si, mais disons que c'est... gros, quoi.
-  Ah ben oui mais oui. On croirait pas comme ça quand on la voit, mais c'est parce que c'est loin alors ça a l'air plus petit d'habitude. Je savais pas quoi t'offrir alors je me suis dit "Tiens, et si tu lui décrochais la Lune !"
-  Ah, c'est donc ça...
-  Oui, j'ai loué un spoutnik chez Hertz, je suis allé vite fait dans l'espace pendant que t'étais aux cabinets, je l'ai prise et l'ai mise sur la galerie de l'engin. C'est tout con, tu sais, y'a juste à la soulever un peu pour la décrocher de son clou.
-  Mais t'es sûr que ça va rentrer dans l'appart ?
-  Ben faudra peut-être pousser un peu le clic-clac, certes... Mais on la posera sur la cheminée, ça ira bien avec la tapisserie !
-  Euh, le prends pas mal mais t'as déjà cueilli toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans mon sourire, ramassé les flammes de tous les volcans pour les mettre dans mon cœur, écumé le bleu des océans pour le mettre dans mes yeux et je me disais que peut-être c'était pas très écologique, tout ça... Tu vois ?
-  J'ai vraiment l'impression que mon cadeau ne te plaît pas !
-  Non, c'est pas ça... C'est juste que euh... ça a l'air poussiéreux, c'est tout.
-  Ah ben j'avoue que c'est pas tout neuf. Et puis de toute façon j'ai pas gardé le ticket de caisse donc bon.
-  Et bien dans ce cas, je sais pas quoi te dire...
-  "Je t'aime", peut-être ?

Un merci, ça lui aurait écorché la gueule ? La prochaine fois elle aura un fer à repasser et basta !

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 17:03


-  Pffff, qu'est-ce qu'on est serrés !
-  Hmpfen chparmfle chpwa !
-  Hein ? Je comprends rien, parle pas la bouche pleine
-  Hmpf, glups. Pardon, je disais "m'en parle pas !"
-  Et pis dis donc, ça cocotte, hein !
-  Incroyable, c'est pire que dans un vestiaire de foot
-  Je crois que c'est le mec dans mon dos qui pue des pieds...
-  Mince, je vois pas. Attends...
   Pardon monsieur, vous pourriez vous décaler un peu ? Ben oui vous risquez de sortir, mais moi je vois rien sinon !
-  Alors ?
-  Ah oui, ça doit être lui. Enfin, un des deux, parce qu'ils sont deux
-  J'me disais bien aussi que ça faisait beaucoup pour un seul homme. Dis, t'as pas l'heure ?
-  Ben non, j'ai perdu ma montre
-  Si jamais je mets la main dessus, je te préviens
-  Y'en a un qui est venu avec son chien, t'as vu ?
-  Oui oui, j'ai eu affaire à lui tout à l'heure. Il bave partout, c'est crade
-  On aurait peut-être pu amener maman ?
-  Maniaque comme elle est, elle aurait voulu nous ranger par taille !
-  T'as raison, mais faut bien avouer que là c'est un peu le bordel
-  Ah ça... moi ça fait déjà trois fois que je passe là
-  Regarde moi ça où il a garé sa mobylette, celui là !
-  Il a bien fait, si la place était libre
-  Y'a du beau monde, n'empêche
-  Oui, tout à l'heure je me suis retrouvé derrière monsieur le préfet, je lui ai présenté mes hommages
-  Et moi j'ai vu le curé
-  J'espère qu'il est venu sans ses ouailles, c'est pas un endroit pour les sortir.
-  Tiens, t'as un truc de collé aux fesses... Rahhh, les gens pourraient faire gaffe à pas laisser leurs papiers gras partout !
-  Fais voir ? Mouais, ça je suis sûr que c'est le type avec la queue de cheval !
-  Incroyable le sans-gêne de certains ! C'est pas la fête du slip, non plus !
-  Tiens, t'es déjà entré là ?
-  Oui, j'en viens. C'est assez spacieux, mais un peu sombre.
-  T'as visité un peu ?
-  Oui, j'ai fait le tour du propriétaire. Bon, y'a à boire et à manger alors comme j'avais ni faim ni soif je suis ressorti rapidement.
-  Et tu... Aïe, il me fait mal, lui !! Hey mon vieux, faites attention où vous mettez les pieds !!
-  C'est pas lui, c'est l'autre, là !
-  Lui ?
-  Nan, lui c'est le bras que tu vois là. L'autre c'est celui qu'est à côté
-  Mais non, ça c'est un pied de femme. T'es sûr que c'est pas le gars qu'est en train de fumer ?
-  J'en sais rien, moi...
-  On dirait Guernica
-  Pffff, qu'est-ce qu'on est serrés...
-  On va pas tarder à y aller, je pense. T'as fini, toi ?
-  Ben il m'en reste encore un peu... Attends, je vais aller le vider par là, j'en vois une qui a le dos tourné.
-  Je t'attends ici, je vais aller m'asseoir là-dessus.
-  Ok... Chérie ?
-  Oui mon amour ?
-  Dis, la prochaine fois qu'il n'y a rien à la télé je préfèrerais qu'on aille à la patinoire plutôt qu'à une partouze.

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 22:05

Texte écrit (mais non publié) pour les Impromptus Littéraires, imposant d'utiliser l'expression "Fallait bien que ça arrive".



- T'as déjà entendu parler de l'effet papillon ? Moi oui.
En gros, c'est un truc de mytho qui dit que le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut provoquer une tornade au Texas. Bon, sur le principe j'ai rien contre le fait de raser le Texas, surtout que va retrouver le coupable, toi ! Mais quand même, je trouve ça un peu fort de Boyard.
Bon, le gars qui avait sorti cette théorie parlait en étranger alors si ça se trouve ça a mal été traduit mais on a pris ça quand même pour argent comptant et gardez la monnaie !
Mais en gros, ce que voulait dire le gugusse en question, c'est qu'un petit évènement qui se produit à un coin de la planète peut avoir des répercussions exponentielles qui aboutissent à un chaos total à l'autre coin de la planète. Ca fiche les chocottes, hein ?
- Ah ouais, maintenant que t'en parles... Tu te rappelles du tsunami qu'avait noyé plein de gens et de poissons ? Ben tu le répètes pas, mais 5 minutes avant qu'il se déclenche, j'avais lâché une caisse...
- Ah ben bravo ! Ben t'as compris le principe. Mais toi ça va, ça a eu des répercussions à l'autre bout de la planète, chez les corses ou j'sais pas quoi... Mais l'histoire que je vais te raconter là, ça n'a pas été le même refrain...
- Houla, attends.
ROGER !!! Apporte-nous voir un broc de cette bière qui n'a pas froid aux cuisses, je sens qu'on se prépare des heures embrumées...
Bon vas-y raconte, je t'écoute.
- Tu vois le Bertrand, le vieux ? Tu sais qu'il jouait au foot dans l'équipe du village quand il était gamin, tu l'sais ça ? Bon ben voilà, un jour qu'ils jouaient contre les gars du clocher d'à côté, il prend un coup de pied d'un gamin d'en face. Le Bertrand il rentre chez lui en pleurant, il dit ça à son père, le père devient furax, décroche le fusil et va en vélo au village du clocher d'à côté. Comme il savait pas trop lequel avait cabossé un abatis à son fils et pis qu'il était lui-même un peu farci au pinard, il tire sur tout ce qui bouge. Les flics, qui venaient d'arrêter un polonais accusé de braquage, débarquent toutes cloches hurlantes pour arrêter le jeu de chamboule-tout. Le suspect resté seul au commissariat s'évade et décide de rejoindre l'Allemagne à pied, afin de s'y cacher quelque temps. Arrivé en Allemagne, il est pris en stop par un dénommé Hitler, type un peu soupe au lait et qui roule très vite nonobstant. Le polonais est malade à cause de la vitesse, il vomit sur les sièges de l'allemand, ce qui le met furax. En rentrant chez lui il balance son manteau et ses chaussures en vrac et appelle Göring qui était à la cuisine en train de faire des crêpes au sucre, nu sous son tablier. Il lui ordonne d'envahir la Pologne dès le lendemain matin et de foutre sur la gueule à tous ceux qui oseraient râler. Quelques années de guerre mondiale plus tard, alors qu'il allait signer la paix avec le Japon, le président américain Harry Truman se rend compte qu'il n'y a plus d'encre dans son stylo et qu'il ne pourra donc pas parapher les documents sine qua none. Alors pour pas passer pour un con il convoque son fidèle bras droit qui était à la cuisine en train de faire des crêpes et il lui ordonne de balancer 2 bombes A sur le Japon histoire de faire diversion le temps de retrouver de l'encre pour son stylo. Un dénommé Yakamoto était en train de rendre les honneurs à sa secrétaire lorsque la poussière dégagée par l'explosion pénétra par la fenêtre de son bureau et le fit éternuer, ce qui annihila ses velléités de se retirer au dernier moment et d'éviter le crachouillis de spermatozoïdes qui vint immanquablement féconder ce que la jeune secrétaire avait de plus fécondable. De cette union allergique naquit Yamakoto Junior qui, pour se venger des quolibets scolaires inhérents à son statut de fils de pute, partit aux Etats-Unis étudier les crêpes. Il se retrouva à la fac avec un dénommé Lee Harvey Oswald qu'il initia aux doctrines trotskistes et aux mouvements marxistes. Ce dernier, n'étant pas à une aberration historique près, tenta d'assassiner J.F. Kennedy mais une des balles ricocha sur le coffre de la Lincoln Continental présidentielle et vint terminer sa course dans l'œil d'un badaud à la curiosité mortifère. Le néo-borgne rentra chez lui en braillant et en se cognant dans tout ce que son nouvel angle de vision ne lui permettait plus de visionner. Arrivé à bon port, il appela le docteur qui arriva en vélo au bout de six heures après avoir crevé quatre fois. La quatrième crevaison, du fait de son emplacement en angle-mort, créa l'embardée d'un camion qui voulu éviter le docteur mais n'évita pas la Ford qui arrivait en face de lui et dont l'occupant n'était rien d'autre que Patrick McKensey, illustre inconnu puisque mort 26 ans avant d'avoir découvert le vaccin contre le SIDA.
A l'enterrement de Patrick McKensey, un homme rencontra une femme dont il tomba amoureux, bien que celle-ci fût mariée. Il l'emmena à Woodstock où ils baisèrent au milieu de la foule, sous les yeux du cocu de mari qui, de son promontoire préférentiel que constituait la scène, visualisa toute la scène (l'autre) et entra dans une transe colérique qu'il expulsa dans des riffs ravageurs aux accents d'hymne national. Après qu'il ait eu foutu le feu à sa guitare, un spectateur raide défoncé se sentit investi par cette musique diabolique et proféra des insanités sur Jésus et Allah et tout ce qui n'était pas de d'obédience judaïque, étant lui-même de cette confession. Un autre illuminé, mais à jeun, témoin de la scène retourna dans son pays et raconta à ses potes comme les américains et les juifs étaient bruyamment mal embouchés.  Les potes fomentèrent la vengeance, ils prirent les armes et partirent montrer à leurs voisins qui c'est qui gueule le plus fort au Moyen-Orient. Le choc pétrolier fut inévitable, un pépé de Limoges tomba en panne de voiture et gueula que c'était la faute de Bokassa et de Giscard, il colla des affiches partout dans la France et propulsa Mitterrand au pouvoir. Le dénommé, qui était à la cuisine en train de faire des crêpes au moment où il apprit la nouvelle, en oublia la poêle sur le gaz. Elle prit feu, provoquant l'évacuation de l'immeuble de la rue de Solférino. L'intervention des pompiers retarda le choix de la sélection des photos retenues pour l'annuel calendrier corporatif, repoussant d'autant l'impression puis la distribution dudit calendrier. Madame Bouchard ne fut donc informée que trop tardivement de la première nouvelle lune de l'année et manqua l'échéance pour planter ses poireaux. Se rendant compte de sa bévue et craignant d'avoir à poireauter pour poireauter, elle se rendit chez son épicier arabe d'origine chinoise et lui en commanda trois bottes, de sept lieux différents L'épicier mal-comprit la requête et passa à son fournisseur de Rungis la commande pour 3 tonnes de poireaux. Celui-ci se vautra dans la conversion et fit demande de 3000 tonnes de poireaux à son producteur roumain, lequel se crut à l'aube d'une nouvelle mode culinaire proliférante de l'Europe de l'Ouest et décida de produire l'équivalent de 300000 tonnes de poireaux pour répondre à la demande. La Chine, craignant l'émergence d'un nouveau marché duquel elle n'était pas encore hégémonique, doubla les quantités en divisant par deux les prix, faisant exploser par là même la quantité de pétrole nécessaire à la production ainsi que le volume de pesticides répandus sur les terres. L'effet de serre en profita pour ramener sa science et présenter son nouveau pote "Réchauffement de la Planète". Ce dernier, ne voulant pas manquer son entrée dans le subconscient  des gens, balança tsunamis, tornades et tremblements de terre à tire-larigot. Nicolas Hulot lâcha son commerce de shampoing pour venir râler sur les pompes des présidentiables qui se mirent d'accord entre eux pour réunifier leur médiocrité au service de l'accession d'un certain Sarkozy à la tête de l'état français dont l'indigence à gérer l'information rassurante sur la grippe A poussa la population entière, dans un élan de déni et de désobéissance civique, à se tousser ses miasmes au visage. Et le vieux Bertrand, ben il l'a choppée. Et il est mort ce matin.
- Il fallait bien que ça arrive !
- Ouais mais quand même, l'effet papillon tu vois où ça mène ? Le mec il prend un coup de pied, et 75 ans plus tard, il décède des suites de ses blessures !

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 15:27


- Pourquoi ? Mais parce que c'est le plus beau métier du monde.
- Le plus vieux, tu veux dire ?
- Sûrement aussi, j'étais pas là pour vérifier. Mais le plus beau, j'en doute pas. Imagine-toi, payée à être aimée. Et à aimer.
- Etre payée, surtout. Me dis pas que tu te fous du fric !
- Je ne le dis pas. J'aime le fric, je suis payée à exercer une activité : c'est ce qu'on appelle un métier. Et comme chaque travailleur, je veux être rémunérée pour ça, et le mieux possible.
- Admettons... Mais l'amour ? Tu m'aimes, toi ? Et moi, tu penses que je t'aime ?
- Oui je t'aime et...
- Hein ?
- Oui, mais je suis pas amoureuse de toi. T'es pas l'homme de ma vie, t'es juste un homme que j'aime parmi tant d'autres.
- N'importe quoi ! Si c'est ça ta conception de l'amour, ok… Et quand bien même, qui te dit que ça me plairait que tu en aimes d'autres ?
- Tu te moques de ça. Tant que t'as l'impression que les autres hommes ne te piquent pas ta part, tu es aimé et c'est tout ce qui t'importe.
- N'importe quoi ! C'est impossible d'aimer se faire insulter et violenter, tu ne peux pas aimer n'être qu'un objet !
- Je ne suis que ton objet, à toi ?
- Non, mais moi c'est pas pareil. Moi je suis un mec sympa.

- Et quand tu arrives, que tu baisses ton froc et que tu me colles ton sexe sous le nez en me gueulant "suce-moi", t'es un mec sympa qui ne me prend pas pour son objet ? Tu me paies pour ne pas être ta femme, pour ne pas me donner d'amour, pour que je te rende un service. Pour obtenir ce genre de service de ta femme, tu es obligé d'être attentionné, patient et amoureux. En me payant, tu te payes la possibilité de t'exonérer de tout ça. Moi je fais mon métier et je m'exécute, tu me demandes de te sucer et je te suce. Tu me demandes de te fouetter, je te fouette. Ce n'est pas une femme que tu te paies, c'est une liberté.
- Voilà, on est d'accord ! Tu ne m'aimes pas et je ne t'aime pas, nous sommes juste dans une relation classique client/fournisseur.
- Oui, c'est vrai les trente premières secondes. Voire les cinq premières minutes, dans les grands jours. Mais une fois que tu as lâché ton plaisir, une fois que tu as déchargé ta haine et que tu t'es vengé de ta femme et de ce que tu estimes être sa frigidité, alors là je suis payée à t'aimer. A te considérer en tant qu'homme, à te flatter, t'écouter, te considérer et te comprendre.
- Et les roumaines qu'on colle sur le trottoir et qu'on asservit à coups de piquouzes, et les étudiantes obligées de louer leur corps pour payer leurs études, elles sont amoureuses ? Tu vas me dire qu'elles font ça par plaisir et pour la gloire ?
- Non. Elles font le plus beau métier du monde, mais elles ne l'ont pas choisi. Tu prends n'importe quel pékin et tu le fous Président de la République, ben je crois pas qu'il aura le même plaisir à y être que ceux qui nous gouvernent. Surtout aux Etats-Unis et surtout en 63.
- N'importe quoi ! C'est pas comparable ! Et tu vas pas me dire que tu aimes entendre des hommes pleurnicher parce que leur femme a toujours la migraine ou qu'elle refuse la sodomie.
- J'adore ça. C'est dans ces moments là que vous me donnez le plus de plaisir. Quand vous êtes à poil et que vous vous mettez à nu. Quand vous me donnez votre cœur plutôt que votre queue. Et dans ces moments là, vous m'aimez. Tu m'aimes quand tu viens de me souiller, de me traiter comme une chienne mais qu'après ça, au lieu de te foutre dehors ou de te tirer la tronche, je te souris et t'écoute te confesser, quasiment sur le ton du pardon. Et alors je sais qu'après tu me feras l'amour en pensant à moi, que tu prendras du plaisir à m'en donner plutôt qu'à m'humilier. Et moi je me nourris de vos faiblesses, je récupère tout cet amour que vous refusez de donner à vos femmes. Je suis un exutoire, un vide-poche, le cendrier dans lequel vous écrasez le mégot incandescent de vos sentiments amoureux. Et quand vous en avez marre de l'odeur du tabac froid, vous rentrez chez vous en vous promettant d'arrêter de fumer. Et moi, nicotinée jusqu'aux os, je me roule une clope avec tout le tabac de vos mégots et me fume la cigarette d'après l'amour, la meilleure.
Cet amour là, que vous me donnez, est pur. C'est pas du coupé, c'est du naturel. C'est pas de cet amour calculé que vous proposez à vos femmes, suffisamment dosé pour qu'elles continuent à laver vos chaussettes et à accepter vos saillies purgatives. Cet amour que vous me donnez, il est si spontané, si condensé et naturel que vous ne le sentez même pas. Il vous échappe, vous ne le contrôlez pas. Et ça fait bien votre affaire...
Dans cette relation, les rôles de maître et d'esclave ne sont pas aussi clairement définis que vous ne le pensez. Et la honte qui peut vous habiter lorsque vous pensez à ce que vous nous faites subir, cette honte que vous balayez toujours d'un revers de prétexte en brandissant l'argument du dédommagement pécuniaire, cette honte là vous empêchera à jamais de considérer qu'en tant que femme, je fais le plus beau métier du monde.
- Je t'aime
- N'importe quoi...

 

 

 

 

Marie-Madeleine-11-La-Vierge

 

Marie-Madeleine - La Vierge

par Fabrice Niclair

 

 

 

 

 

 

 

Texte écrit pour les Impromptus Littéraires et inspiré par la chanson  "Sex (i'm a)" de Lovage (dont les paroles se trouvent quelque part par ici).



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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 20:22



" La Simone, la Simone!
- Crévin mon Blaise ! Quoi dont qu'ça t'prend d'brailler comme un vieau dès les aurores ?
- La Simone, faut que j'te montre !
- Ca peut dont attendre, que tu viens m'empêcher durant mon ricoré ?
- 'Gade dont ça, la Simone. 'Gade dont, j'te dis !!
- Ben alors ! Quoi dont qu'c'est-y ?
- Si je l'savions, la Simone. Si je l'savions !!
- Et d'où c'est voir qu't'as attrapé ça, mon Blaise ?
- Ben à c'matin. J'avions sorti dans l'verger pour pisser et c'était là. Comme j'te l'dis, la Simone !
- Crévin d'bois !
- Comme j'te l'dis, la Simone ! Alors j'm'a dit "mon Blaise, faut qu't'y ramènes à la Simone, ptête ben qu'a saura d'euh c'que c'est...
- J'en sais voir rien, mon Blaise...
- Chuis sûr d'n'en avoir déjà vu d'pareil, la Simone !
- Maint'nant qu'tu l'dis, mon Blaise, ptête ben que ça m'rappelle queuqu'chose...
- Ben oh voir, ça s'rait dont pas d'avant la guerre ?
- D'laquelle, mon Blaise ? D'laquelle ?
- D'la deu'ième, la Simone. J'cré ben qu'c'étions d'avant la deu'ième.
- Après qu'tu l'as dit, mon Blaise, j'cré ben qu't'as vrai. Après qu'tu l'as dit...
- Comment c'est qu'c'est arrivé là, c't'affaire ?
- Ca s'rait dont pas l'Anselme, ton frère, qui t'l'aura r'filé ? J'cré ben qu'ça lui avions déjà arrivé, y'a naguère.
- Mais quoi t-y que j'vas foutre de ça, à c't'heure ? Quoi t-y ?
- Tu pourrais voir y poser sur la ch'minée, mon Blaise, ça nous y fera comme qui dirait du décorage.
- Tu cré, la Simone ?... Oh vindjeu d'vindjeu !!!!
- Quoi dont, mon Blaise ? Quoi dont qu'c'est qu'tu jures comme un pouilleux ?
- Tais-toi dont, la Simone, tais-toi dont ! J'cré ben que c'coup là je m'rappelle de ce que c'étions ...
- Dis, mon Blaise, dis ! Quoi dont qu'c'est voir ?
- Ben j'va te l'dire c'que c'étions. La Simone, y'a que j'cré ben que j'bande !"








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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 23:58
Pour le Défi du Samedi, la consigne #58 était grosso-modo la suivante :

Consigne #58

Les éditions “DÉFI DU SAMEDI” cherchent pour  leur nouvelle collection “Yeux grands ouverts” des auteurs de littérature jeunesse.

La collection “Yeux grands ouverts” sera destinée à un public de 5 à 8-9 ans (enfants qui commencent à lire seuls) et se propose de faire découvrir aux apprentis lecteurs les réalités du monde. Tous les thèmes de société peuvent être envisagés, en quelque endroit de la planète que ce soit. Un seul thème sera traité par album.

Les auteurs rédigeront, également, la quatrième de couverture qu’ils placeront en tête de leur production et n’oublieront pas de donner un titre.





Quand je serai grand, je veux faire adulte comme métier

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A cet âge on se pose énormément de questions.
Parfois parce que l'on découvre, parfois parce que l'on est déçu voire trahi et qu'on aimerait comprendre, parfois parce que l'on pensait savoir mais que l'on se rend compte que ce n'est pas le cas.
Théolasque (7 ans) et son papa s'adonnent au petit jeu des questions-réponses.

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"Je peux te poser une question ?
-  Je suis un peu occupé, mais je t'écoute.
-  Pourquoi on est obligé de travailler quand on est adulte ?
-  Et bien il faut gagner de l'argent pour acheter à manger et des habits et de l'essence pour mettre dans la voiture pour aller au travail...
-  Si on n'a pas d'argent on est malheureux ?
-  Non. Enfin si... Tu sais l'argent c'est bien d'en avoir pour acheter des jouets et des gâteaux, mais si on n'en a pas et qu'on n'a pas de jouets et de gâteaux ben on peut être heureux quand même. Il paraît. Moi je crois que c'est pas vrai mais bon...
-  Et pourquoi les patrons sont toujours méchants ?
-  Ils ne sont pas méchants. Mais c'est comme le maître à l'école, il faut de l'autorité pour que tout le monde travaille bien et si quelqu'un fait n'importe quoi il se fait gronder et alors on le trouve méchant alors qu'en vrai il est gentil quand même.
-  Oui, c'est vrai...
-  Mais tu le sais tout ça, tu as déjà oublié ?
-  Non mais c'est parce que des fois je suis plus très sûr, je croyais que ça se passait comme ci mais ça se passe comme ça.
-  C'est pas grave. Bon, je vais retourner...
-  Non attends, je voulais savoir aussi pourquoi les gens font la guerre. Et pourquoi ils ont souvent l'air triste. Et divorcer, c'est mal ? Et si Dieu existe, alors pourquoi il a pris ma sœur alors qu'elle croyait en lui ? Pourquoi c'est si difficile d'aimer ?
-  Ecoute... Il y a des questions qu'on se pose mais qu'on n'a pas envie d'avoir les réponses. Les adultes sont parfois bizarres. Ils font des choses bêtes, soit parce qu'ils sont méchants, soit parce qu'ils sont malheureux, soit parce qu'ils sont maladroits, soit parce qu'ils sont égoïstes.
-  Oui, c'est pour ça que des fois on croit qu'on sait un truc et après on se rend compte que c'est pas exactement comme ça alors on pose des questions.
-  Tout à fait. Alors il faut que tu arrêtes de te poser toutes ces questions et que tu essaies de trouver certaines réponses tout seul.
-  C'est nul d'être un adulte !
-  Mais non, faut pas dire ça. C'est aussi bien que d'être un enfant. La différence c'est que l'enfant a des questions mais n'a pas les réponses. Alors que l'adulte a des réponses, alors il s'invente des questions.
-  Tu sais, on dit qu'un adulte c'est un enfant qui a acquis des choses. Mais c'est l'inverse, un adulte c'est un enfant qui a oublié des choses.
-  Je ne comprends pas ce que ça veut dire, tu m'expliques ?
-  Non, pas grave...
-  Ca y est, tu as fini avec toutes tes questions ?
-  Oui, j'ai fini.
-  Tu te sens mieux ?
-  Oui.
-  Bon alors je peux retourner jouer dans ma chambre ?
-  Oui. Merci de m'avoir écouté.
-  De rien, Papa. Et n'hésite pas, si tu as d'autres questions... "

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