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Qui Ça?

  • : Stipe se laisse pousser le blog
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  • : Je m'étais juré sur la tête du premier venu que jamais, ô grand jamais je n'aurais mon propre blog. Dont acte. Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser des commentaires dithyrambiques ou sinon je tue un petit animal mignon.
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La cour des innocents

La Cour des Innocents - couv - vignette

Dates à venir

- samedi 2 août, en dédicace à la Librairie Montaigne (Bergerac) de 10h à 12h

- samedi 30 août, en dédicace à la Librairie du Hérisson (Egreville)

- dimanche 9 novembre, en dédicace au Grand Angle dans le cadre du salon Livres à Vous de Voiron.

21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 17:08

 

Comment expliquer ce genre d'info ?

Probablement un peu comme ça...

 

 

Selon la police

Queue-de-Peloton, ici Tête-de-Cortège, est-ce que tu me reçois ? Queue-de-Peloton, tu m’entends ? Allo, y’a quelqu’un ? Queue-de-Peloton, c’est Tête-de-Cortège qui te parle, me reçois-tu ? A toi de parler. Rodger.
Putain, mais ils leur foutent du somnifère dans le pinard à la cantine, ou quoi ?
Bon, Queue-de-Peloton, parle-moi, t’es où ? Allo, aaaaaallo ? Appuie sur le bouton sur le côté du talkie, Queue-de-Peloton... Aaaah, voilà ! Bon, t’es où, là ? Quoi Putrigo ? Butrigo ? Attends, c’est Putrigo ou Butrigo ? Parce que y’a pas de rue Putrigo à Paris. Ah, c’est Butrigo ! Avec un B comme Blanche ou un P comme Planche. Blanche ? Nan, Planche ? C’est comme la couleur ou comme la planche ? Comme la couleur. Butrigo. Ben y’a pas de rue Butrigo à Paris. Mu ? Quoi Mu ? Mutrigo ? Avec un M comme Mlanche, oui j’ai compris. Mais ça veut rien dire, Mlanche ! T’es sûr, pour ta rue ? Bon, c’est où c’te rue, bordel !!?? Ecoute, rappelle-moi quand tu seras à une intersection de rue connue.
Bon, t’y es ? Queue-de-Peloton ? Allo ? APPUIE SUR LE BOUTON, BOURRICOT !!
Oui, c’est bon, je t’entends, arrête de hurler. Rue du Paillasson ? Avec un P comme dans taPis ? Ouais, je vois où c’est. Bon, elle fait combien de large, ta rue ? Ben je sais pas, mesure la longueur en faisant des pas. Comment ça des pas de combien ? Ben des pas de multiples d’un mètre. Genre des pas d’un mètre, ça me paraît bien, c’est multiple. Ou deux mètres, si tu préfères. Oui ben fais des bonds, c’est ça. Des bonds d’une distance de deux pas d’un mètre. Je te reçois mal, là, c’est saccadé. PARLE PAS EN SAUTANT, JE COMPRENDS RIEN ! Quoi « aïe » ? Ben arrête de sauter quand t’es au mur ! Cinq bonds de deux mètres et un bondillon d’un mètre. Ca fait onze mètres. Ben oui, le dernier bond ne compte qu’à moitié, vu que t’as rebondi dans le mur. On s’en fout que ça t’ait fait rebondir d’un mètre en arrière, on n’est pas au jeu de l’oie ! Bon, de là où je suis, y’a quoi, deux kilomètres ? Un kilomètre ? Ouais, je sais que c’est plus rapide en métro avec changement à Châtelet, mais c’est pas la question, bourricot ! Quoi un kilomètre combien ça représente ? Ben c’est comme si tu faisais des bonds de deux mètres sur un kilomètre. Oui, ou des pas d’un mètre sur cinq cents mètres. Allez, je mets cinq-cents mètres. Bon, maintenant faut calculer la masse volumétrique par centimètre carré machin, puis faire la preuve par trois de la règle de neuf, environ. Moi, en tête de cortège j’ai des cheminots tout maigrelets. J’en ai dix-sept sur la largeur et ils sont bien entassés sur la profondeur. Et toi ? T’as les routiers ? Ca bouffe, ça, un routier. C’est gros. Pis ça marche pas vite, ça doit être plus clairsemé de ton côté. Bon alors attends, six mecs sur cinq bonds et demi que multiplie cinq-cents mètres fois dix-sept bonshommes, par euh... Putain le bordel, c’est mal organisé leur truc aussi ! Bon allez, trois-cent-mille, ça me paraît pas mal. T’en penses quoi ? Ouais, t’en penses rien, forcément. Je marque trois-cent-mille, de toute façon on a les mathématiques de notre côté. Allez zou, on remballe. On va se boire une bière ? On se rejoint au bistrot qu’est derrière moi, le dernier arrivé paie sa tournée.
Dans l’cul la lutte finale, ouais !

 

 


Selon les syndicats.

Bon, Régis, t’as compté combien on était dans le car ? Deux-cent-cinquante, t’es sûr ? T’as vérifié que y’en avait pas deux ou trois aux toilettes ? Régis, tu sais qu’aller pisser dans les toilettes du car c’est un DROIT, bordel, nos grands-parents se sont battus à la baïonnette pour acquir cet acquis social ! Alors je te demanderai, par respect pour les morts, de ne pas oublier nos camarades qui pissent. Pis si ça se trouve y’en a qui y sont retournés pour faire la grosse commission... C’est un DROIT, bordel ! Je vais les compter en double, par respect pour pépé qui s’est battu dans les tranchées pour la grosse commission dans le car.
Donc on va dire deux-cent-soixante par car. T’as compté combien de cars sur le parking ? 5782 ?? T’es pas en train de me donner la plaque d’immatriculation, t’es sûr ? Bon, j’arrondis à l’unité supérieure, ça fait trois je retiens un auquel j’applique les 19,6% réglementaires, ça fait dix-mille cars tout rond. Ca fait déjà deux millons six, rien que pour le défilé Bastille-Nation.
T’as reçu le fichier Excel avec les chiffres de la Bretagne ? Comment ça, t’arrives pas à l’ouvrir ? T’as triple-cliqué dessus, et rien ? C’est une manœuvre capitaliste du lobby informatique, c’est ça ? Hein, c’est c’que t’es en train de me dire ! Ah les salopards, dès demain on manifeste notre mécontentement en arrêtant d’aller sur internet pendant les heures de travail. On nous encule pas, nous ! T’entends ça, Régis ! On m’enculera sur les heures de travail le jour où ce sera renégocié en heures supps ! On attendant on se laisse pas mettre, c’est un acquis social qu’on a acquéri, ils peuvent rien nous obliger, on peut faire jouer notre droit de retrait !!
OUI JE ME CALME !!!
Bon, donc je disais que t’as qu’à rappeler le leader syndical de Bretagne, je te file son numéro : 06.78.95.22.43.17.75.32.41.  Moi de mon côté j’ai reçu les chiffres des camarades Marseillais. Ils sont cent-trente-trois millons à manifester. Mais ils exagèrent toujours, ces Marseillais, je vais arrondir à seulement cent-quarante millons, sinon on a l’air de quoi si on dit des conneries, hein ? Je te le demande, Régis, on a l’air de quoi ? Non, réponds surtout pas, tu vas dire une connerie.
Y’a les camarades de Chambéry qui m’ont envoyé un fax par courrier. Ils sont trois-cent-mille selon le syndicat des policiers. Ils sont courageux de défiler, eux, parce que je peux te dire que ça grimpe par là ! Houlalala que ça grimpe ! J’y suis allé deux mois en RTT l’an passé, on a fait une balade, ben ça grimpe à l’aller et ça grimpe au retour. Ils en ont au moins pour trois jours de marche, je vais leur compter un millon. Auxquels s’ajoutent les douze millons du reste de la France – ouais douze millons, suffit de faire la règle de neuf qui fait la preuve par trois – ça fait du combien, ça ? Dans les deux-cents millons, facile ! La vache, va falloir couper les merguez en dix pour le ravitaillement, parce que y’aura jamais assez de moutarde pour tout le monde ! On est combien d’habitants, déjà, en France ? Trois millards ?T’as compté ceux qu’étaient partis pisser pendant le recensement ? c’est un droit, Régis, un DROIT ! Bon, deux-cents millons de trois millards, ça fait quoi, 60%, c’est ça ? Fi de maman, on peut dire qu’on a mobilisé, là ! Vrai ou pas vrai, Régis ? Régis, tu m’écoutes ou tu m’entends ? Régis ?? Putain, tu fais peur des fois, avec ton regard dans le vide. On dirait que vous êtes plusieurs là dedans... Heureusement que tous les camarades sont pas comme toi, on passerait pour quoi sinon, hein, pour quoi qu’on passerait ? Non c’est bon, réponds pas...

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 16:33

 

 

Toute ressemblance avec une remise de prix organisée par le surnommé Grizzly, ayant eu lieu dans cette région et récompensant ce texte ne serait que le fruit fortuit de la passion.

Amen.

 

 

 

La gare de Rennes est bondée de gens qui n’ont rien à y foutre à cette heure là. Mais les trains sont mécontents et font n’importe quoi en ce moment. Aucun voyageur ne se retrouve au bon endroit au bon moment. J’en fais partie.
Sauf que moi je suis là où je suis censé être, en témoigne mon billet. Mais je suis prêt à accepter d’être à un autre mauvais endroit à ce moment précis.
Je veux pas y aller, j’ai le trac.
J’intercepte un préposé-à-la-collecte-des-insultes et lui demande avec l’air le plus aimable du monde :
"Dis-moi, sale feignasse, il est maintenu le train pour Jurons-les-Sacs ?
- Jugon-les-Lacs, si c’est maintenu ? Y’en a que deux par an, alors vous pensez bien qu’il est maintenu !"
Et merde…

Le voyage dure environ interminable-et-demi. Ma voisine semble être tombée amoureuse de moi. Elle s’est assoupie et j’ai fait la moitié du voyage avec sa tête sur l’épaule. L’autre moitié du trajet, elle l’a occupée à me lécher le visage. Lorsqu’enfin le train s’arrête à destination, je lui dis au revoir, elle me dit meuh, et je descends de la bétaillère. La première chose qui me frappe, en posant mon pied dans le sol local, c’est un nuage. En plein sur le front. Le ciel est bas, dirait-on. Je rampe jusqu’à la gare en évitant de me cogner à ce plafond, les roulettes de la valise que je traîne derrière moi dessinent deux sillons dans la boue. Je veux pas y aller…
Lorsque je parviens à atteindre le bâtiment, j’y ai laissé une chaussure dans la boue, mon pantalon du dimanche est saccagé et une famille de cormorans a élu domicile dans mes cheveux.
Je regrette déjà d’avoir participé à ce concours. J’aurais pas dû décrocher le jour où ils m’ont appelé pour m’annoncer la nouvelle. Ou alors me grimer avec une fausse barbe, des fausses lunettes et imiter l’accent belge pour leur annoncer qu’ils devaient se tromper de numéro, une fois. Ou leur faire croire que je ne pourrais pas participer à la remise des prix car précisément ce jour là, quelle déveine !, je recevais le Goncourt.
Mais qu’est-ce qui m’a pris d’y aller ? Et qu’est-ce qui leur a pris, à eux, d’aller me décerner le premier prix ? Non parce que je peux bien l’avouer, ce texte était nul ! C’est pas une nouvelle, que je leur ai envoyée, c’est une lettre d’insultes ! Comment ont-ils pu récompenser un texte qui soit aussi pamphlétaire et irrespectueux envers eux ? Ils n’ont pas compris que je parlais d’eux ou quoi ? Savent-ils lire, au moins… ?
Un type s’approche de moi et me tire de mes pensées. De lui aussi, il semblerait que les pensées se soient tirées depuis un bon bout de temps, et que le mouvement soit reconductible. Il me regarde de bas en haut, semblant apprécier l’effort vestimentaire consenti et maculé.
"Alors c’est vous l’écrivain ? Moi c’est Loïc, c’est moi qui vais vous emmener à la salle communale où tout le monde vous attend. Nous sommes tous très impatients de vous connaître, vous savez… On va attendre cinq minutes avant de sortir, le ciel devrait rapidement se lever."
Et effectivement, quelques minutes plus tard les nuages sont remontés d’un bon mètre cinquante et les trombes d’eau giflent le parking de la gare.
"De la bruine, qu’il m’explique, dépêchons-nous avant qu’il pleuve…"

Seigneur, dis-moi, quel est ton message divin ? Que cherches-tu à m’expliquer en te comportant ainsi avec moi ?

Après une demi-heure de route et deux kilomètres au compteur, nous arrivons enfin à la salle municipale de Juron-les-Sacs. « Jugon-les-Lacs », me reprend mon chauffeur.
Mon trac est au comble du précipice et j’en suis à envier l’alcoolisme chronique des autochtones qui leur permet de supporter le pire. J’entre enfin dans la salle. Horreur. Tout le village est là, tous vêtus de leurs costumes et coiffes folkloriques et brandissant fourches, masses d’armes ou hallebardes. Mon chauffeur me plante le canon d’un fusil dans le dos. « Avance, le comique ! », qu’il me menace d’obtempérer. Il me pousse ainsi jusqu’à la scène et je fends la foule sous les injures et les crachats. Arrivé sur l’estrade, je vois la cage. Un dresseur, tout de cuir habillé, ouvre la grille de laquelle sort l’ours. Le fameux grizzly.
Le monstre, d’au moins trois mètres au garrot, s’approche de moi et en guise de salutation il me balance son énorme patte velue dans l’épaule, m’offrant ainsi ma récompense : des séances de kiné hebdomadaires, valables à vie.
« Merci d’être venu jusqu’à nous, Monsieur Stipe, grogne-t-il de sa voix d’ours des cavernes. Maintenant que vous êtes ici, nous pouvons vous l’avouer, votre texte était nul ! C’est pas une nouvelle, que vous nous avez envoyée, mais une lettre d’insultes !»
Puis il me tend un stylo et un paquet de feuilles.
« Vous nous avez énormément déçus. Nous vous savons capable de mieux que ça. Aussi allez-vous nous écrire une vraie nouvelle, dans laquelle vous raconterez le souvenir ému de vos départs en vacances en Bretagne lorsque vous étiez enfant. Vous avez deux heures, avant que la nuit ne tombe et ne nous transforme tous en monstres sanguinaires dont votre maigre carcasse constituera le repas. »
Je balaie la salle du regard à la recherche d’une échappatoire. Des centaines de paires d’yeux rougis par la colère sont braqués sur moi. Une masse d’arme vient me chatouiller la moustache, une hallebarde se plante à mes pieds. Je regarde par la fenêtre. Je sais une chose, de la Bretagne : lorsque l’eau vous mouille de bas en haut, c’est marée haute. Lorsque qu’elle vous mouille de haut en bas, c’est qu’il pleut. Et quand les poulpes passent à la fenêtre, c’est les deux.

Je ravale ma salive et ma fierté et commence à écrire…


Une main me tapote l’épaule.
" Faut vous réveiller, Monsieur !
- On est arrivés ?
- Ben disons que si on continue, on tombe dans la mer…"
Je remercie le contrôleur qui s’éloigne déjà en sifflotant un air joyeux.
Sur le quai m’attendent deux personnes maternantes. L’air est printanier, l’humeur est estivale. A la salle des festivités, je suis accueilli par des pétales de roses, des sourires francs et des regards qui pétillent de camaraderie. Toute la journée on se sourira, on se félicitera, on nous présentera des personnes toutes plus intéressantes et sympathiques les unes que les autres, on s’occupera de nous, on s’occupera de la bonne ambiance, on nous nourrira, on se gâtera.
Lorsque je repars le lendemain matin, le soleil me nargue une dernière fois en m’éclaboussant de ses rayons. J’ai passé les heures (nombreuses) dans le train à sourire béatement en repensant à cette journée et à toutes ces rencontres.
En arrivant chez moi, la neige me rappelle que nous sommes déjà en automne.

Je vous hais. Merci.

 

 


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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 13:15

 

 

"Tu devrais écrire un bouquin", j'arrêtais pas de lui dire. Bon, c'est vrai que c'était aussi pertinent que de lui dire de se laver les mains après avoir fait pipi ou de penser à respirer, vu qu'environ plein de personnes le lui avaient déjà dit bien avant moi.

N'empêche qu'il l'a fait, ce con.

Et non seulement il l'a fait, mais en plus il l'a très bien fait. Au point que ça sort aujourd'hui même, chez Anne Carrière Editions. "Carrière" et "Editions", on ne pouvait pas faire mieux dans la prédisposition.

 

J'ai lu ce bouquin. Me demandez pas comment j'ai fait pour le lire avant vous, cela m'obligerait à balancer des noms de personnes très haut placées et à vous tuer après et j'ai autre chose à foutre alors si vous tenez vraiment à mourir, allez plutôt attendre au pied de la Tour Eiffel qu'une bombonne de gaz vous fasse visiter Paris. La météo s'y prête, saisissez votre chance.

 

Puis la bombonne de gaz, ça se prête aussi à ce bouquin. D'explosions, il en est question. Mais pas uniquement, sinon vous imaginez bien qu'on se ferait vite chier.

Et s'il y a bien une chose à retenir de ce bouquin (en fait y'en a plein, c'est juste une formule), c'est qu'on ne s'ennuie pas un instant. Tel le confetti humain bringuebalé de monuments parisiens en avenues parisiennes, ce bouquin nous offre une visite guidée des catacombes de l'horreur, de l'amour, du crime, de la police, une visite nocturne du Noir, avec une haine majuscule.

 

J'avais pensé qu'il aurait été préférable, l'instant d'écrire ce billet, de ne pas connaître l'auteur de ce bouquin. Etre parfaitement neutre. Que cela m'aurait donné en crédibilité, en objectivité. Mais le fait d'avoir lu ce bouquin m'affranchit de toutes ces considérations à la noix. C'est le meilleur polar que j'ai lu depuis belle lurette. Sans hésitation. Alors non seulement je me contrefous du fait de connaître son auteur, qui traîne parfois sur ce blog, mais surtout je me félicite qu'il ait écrit ce bouquin là, que j'attendais depuis longtemps, et je crois que j'y perdrais en crédibilité si je ne vous conseillais pas de vous précipiter dessus.

 

 

Ca s'appelle "Les chiens du Paradis", c'est écrit par Jérôme Fansten (avec un J comme dans Jérôme et un F comme dans Fansten) , c'est publié chez Anne Carrière Editions et c'est une grosse claque dans ta gueule.


 

COUV-.jpg

(apposez un clic de souris dessus l'image pour en savoir plus)


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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 15:26

 

 

J'ai pas vraiment de bar à titrer, je fréquente les bistroquets bar ci bar là. Je bois les paroles des anodins, j'égoutte les conversations, je me prose là et j'entends les poésies en verres. J'évite les sobres qui se finissent à l'eau de boudin.
Je bois jusqu'à plus d'heures, je finis saoul' bar, allongé comme mon ricard et je trinque ou chette.

Tu crois pas mon bar atteint? Tu dis que je pisse trop?
Allez, un saoul est un saoul, c'est ma tournée.

Tu prends quoi?

 

 

Stipe, avril 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

-  Salut les filles !
-  Salut Pied d'Alu ! Alors, toujours aussi con ?
-  Ben écoute, ça fait 45 ans que j'le suis, c'est pas maintenant que c'est revenu à la mode que je vais changer. Bon, quoi d'neuf ?
-  Rien du tout, manquerait plus qu'on ait des choses à raconter. Qu'est-ce que tu prends, un demi ?
-  La bière ça m'fait pisser. Alors mets-moi une pinte, comme ça je ferai pas le voyage à vide. Et puis j'me suis rasé ce matin, alors t'avise pas de me mettre de la mousse.

* Pied d'Alu a rejoint le groupe Pisser loin et ménager ses chaussures *

- T'as regardé le match, hier ?
- T'as vu un match, toi ? Ben dis-donc, t'es diplomate. Moi j'appelle ça des connards qui s'foutent de nos gueules, oui ! Des négros qui courent après la baballe, moi j'appelle ça. Et c'est même pas du racisme, vu qu'ils sont français.
- Au prix qu'on paie la redevance, on est en droit d'exiger qu'ils mettent au moins un but tous les quatre ans, moi j'dis !
- Tu paies la redevance, toi p't'être ? Non, alors t'es en droit d'exiger de fermer ta gueule. C'est à cause de mecs comme toi si c'est des brêles.
- Ben justement, je vais pas la payer si c'est pour voir une bande de guignols tout juste bons à amuser les gosses.
- Surtout qu'on a Tatayé le samedi soir, si on veut se marrer. Ah ça, y'a guère qu'au championnat du monde de connards qu'on a des chances de médailles ! 
-  Bon allez, arrête de m'parler de ça, ça me rend le vin mauvais.
-  Ben tu veux que je te parle de quoi, si je peux pas parler foot ou télé ?
-  T'as qu'à parler de la prochaine tournée qu'tu vas mettre, tiens !
-  Si tu veux, mais faudra pas m'accuser de radoter... Patron, j'mets la mienne !

* Pied d'Alu a 7 nouveaux amis *

-  Et fais en sorte qu'y en ait autant en haut qu'en bas. A quoi ça te sert de laver entièrement tes verres si tu les remplis pas jusqu'au bord ?
-  Dis donc, Tête d'Ampoule, c'est qu't'es passé sous un bus ou qu't'es allé chez le coiffeur ?

* Tête d'Ampoule a changé la photo de son profil *

-  M'en cause pas ! C'est ce couillon de merlan, il était tellement imbibé qu'il s'est aperçu après m'avoir passé la tondeuse qu'il avait oublié de la brancher. Mais bon, t'as quand même réussi à me reconnaître.
-  Ouais, mais c'est parce que tu pues de la gueule. Ta coiffure, faut bien dire que c'est spécial. De face tu ressembles à un cul, et de profil ben tu ressembles à un cul de profil.
-  Faut avouer que t'as jamais été bien beau, Tête d'Ampoule. C'est pas une gueule que t'as, c'est une circonstance atténuante.
-  Sûr que si un jour tu t'fais pincer pour viol, t'auras juste à sourire pour être acquitté.
-  Dis voir, Marchand d'Miel, t'as réussi à réparer ton kangoo ?
-  J't'en fous, oui ! J'ai passé trois jours dessus, au bout d'cinq j'ai abandonné.
-  C'est p't'être pas plus mal. Vu comme elle bouffait de l'huile, elle aurait fini obèse.
-  Lol
-  Mdr
-  Bon c'est pas tout, mais en parlant de carburant va p't'être falloir passer à la pompe. Fais nous l'plein, garagiste ! Et t'occupe pas de la pollution, mets-nous du non raffiné.
-  C'est qu'on fait du trois litres au sang, nous autres ! Moi j'dis qu'on devrait nous remettre une vignette verte, y'a guère que l'chameau en période de ramadan qui consomme moins !
-  T'as bien raison, mon Bouboule. Surtout que j'en fais, moi, d'la route. Rien que quand je repars du bistrot, avec les trajectoires que j'prends j'ai l'impression de partir en vacances !
-  Tiens dis-moi, Pied d'Alu, l'autre jour j't'ai vu dans la rue avec une blonde à lunettes, comme une sorte de pute mais qui marchait droit. Vu qu't'y mettais ta langue dans sa bouche, j'me suis dit que ça devait pas être ta sœur, mais plutôt ta secrétaire. J'me trompe ?
-  T'as tout dit, mon Marchand d'Miel. J'lui faisais comme qui dirait faire des heures supps. Une vraie chaudasse du fion, la maman, à te cuire des merguez en s'asseyant dessus. Avant de la voir, je suis obligé de boire du liquide de refroidissement si je veux pas être en wheeling toute la journée. Tu sais c'qu'on dit : femme à lunettes, à moitié dans ton lit !
-  Y'a pas d'mal à jouer au pince-fesses avec une presbyte.
-  Tiens moi l'aut' jour y'a une IsabelleKissKiss qui m'a fait une demande d'amitié. Ca doit être une comptable de métier parce qu'elle m'a demandé les chiffres inscrits sur ma carte bleue.
-  Une vénale, elle voulait sûrement les jouer au loto.
-  Toujours est-il qu'elle m'a envoyé un SMS qui dit texto : " Salut! Comment toi ? Je regardais ta page! Il m'a plu très fortement. Je cherche seulement les relations sérieuses. S'il vous plaît écris me sur le mien e-mail : isabellekiss53@yahoo.zw
J'avec l'impatience attendrai ta lettre rapide et certes je t'expédierai la photo.".

Mais moi la littérature, ça me file de l'urticaire au cerveau, alors j'y ai répondu qu'elle pouvait aller se faire foutre.
-  Et elle t'a dit quoi ?
-  Que j'allais quand même pas y apprendre son métier.
-  Dis donc aubergiste, tu crois p't'être que si mon verre est vide c'est pour mieux y lire mon âge ? Allez, remets-y donc de ton breuvage qui nous fait les femmes jolies. Et tu mettras ça sur l'ardoise de ma bonne femme, après tout c'est à elle que ça rend service.

* Pied d'Alu a partagé le lien "Payer sa note" * 

-  Pis tu nous mettras des cacahuètes dans un ramequin. Et t'avise pas de nous resservir les restes des clients d'avant. C'est des cacahuètes qu'on veut, pas une analyse d'urine !
-  Tu crois que y'a des cons assez bourrés pour pisser dans les cacahuètes sur le bar ?
-  Non mais ils l'ont dit à la télé, dans l'émission pour les gosses où qu'ils expliquent les volcans avec des playmobils : ils ont analysé les cacahuètes d'une coupelle dans un bistrot et ils ont retrouvé onze urines différentes.
-  Et ben, y'a vraiment des métiers à la con. Faire des études pour ça...
-  C'est bien pour ça que mon gosse j'y colle des beignes quand il me ramène des bonnes notes. J'veux pas qu'il fasse pédé !
-  Quoi que les pédés, quand c'est des bonnes femmes ben moi ça m'excite.
-  Ouais mais les femmes elles ont pas de bite, tu peux pas comparer !

 

* Six clients aiment ça *

 

-  Ouais, c'est comme les arabes...
-  Ils ont pas de bite et je peux pas comparer ?
-  Nan, mais c'est comme les pédés !
-  Ah, ça ! D'accord avec toi. Qu'ils soient arabes, mais entre eux. Pas en public !
-  Même si y'en a des bien. Regarde Rachid.
-  Ouais mais Rachid il tient un bistrot, il est intégré.
-  N'empêche qu'il boit pas d'alcool.
-  Bah, après tout les médecins sont jamais malades. Ben c'est pareil.
-  Moi mon médecin il est français.
-  Le mien il est généraliste. Ben il est très bien quand même.
-  Le mien, l'autre jour j'y vais, j'avais pas rendez-vous. Ben il m'a trouvé une cirrhose quand même !
-  C'est sympa, il était pas obligé.
-  Une cirrhose pour 22 euros, c'est une bonne affaire. Y'en a, pour ce prix là ils ont un certificat médical pour du sport.
-  Ah ça, le jour où on peindra les cons en vert, on sera vite à la campagne !
-  D'ailleurs on est à la campagne.
-  Comme quoi je dis pas que des conneries, des fois.
-  Tu reprends quelque chose ?
-  La route.
-  Mais avant ?
-  Ben alors c'est pas pour me vanter, mais ouais. Rachid, j'accompagne un ami dans l'besoin, mets nous-en pour 22 euros. Et n'aies pas peur de nous spammer, j'irai dézipper dans tes chiottes.
-  Pis après je vais y aller aussi, parce que je sais pas si c'est que les jours raccourcissent ou qu'j'ai les paupières lourdes, mais il fait nuit de bonne heure, ce matin.
-  Ah ben ça quand on boit, on voit pas le temps venir.
-  C'est surtout qu'on ne voit plus la pendule.
-  Tiens, ils annoncent quoi comme temps pour demain, ces cons ?
-  De la flotte.
-  Ah merde, on aura intérêt à rester à l'intérieur. C'est des coups à nous troubler le ricard, ces cons là !
-  Allez, à ta santé !
-  Parle pas d'malheur...
-  Burp.

* Pied d'Alu participera à l'événement "Dégueuler devant le bistrot" *

 


 

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 21:22

 

 

Hier, alors que je tuais le temps à larmes blanches en lisant un compte rendu des échanges à caractère volatile et à tendance caca-boudin-tu-pues-du-bec entendus à l'Assemblée Nationale la veille lors du monologue sur la réforme de la retraite, je suis tombé sur un nom qui ne m'était pas inconnu : Patrick Roy. Oui, Patrick Roy, le type du Juste Prix qu'on regardait le samedi midi en rentrant de l'école et en bouffant nos frites avec les doigts, parce que le samedi midi c'était toujours "frites avec les doigts" au menu. Dans mon souvenir, ledit Patrick Roy n'avait pas une tronche à faire de la politique. Une tête de vendeur d'électroménager, sans aucun doute, mais pas une gueule à aller brâiller à l'Assemblée Nationale, ça non. Et puis surtout, il est mort y'a bien longtemps, ce qui constitue une raison suffisante pour estimer avec aplomb que non, il ne s'agit pas de la même personne mais bien d'un homonyme. Ma curiosité me pousse donc vers ce formidable outil qu'est internet, outil indispensable qui permet d'avoir immédiatement les réponses aux questions qu'on ne se serait jamais posées sans ce même outil, et au milieu d'une galerie de renseignements sur mon usurpateur d'identité électroménagère de moins de 50 ans, je tombe sur cette vidéo :

 

 

Bon, pas de quoi casser trois pattes à un connard, me direz-vous. On peut même se passer de regarder la vidéo, mais en résumé notre bonhomme s'attaque à la loi HADOPI en défendant internet comme média unique de diffusion de certaines musiques, et notamment le Metal. On notera le courage (ou l'inconscience) de notre rockeur costumé à venir parler devant tous ces vieillards endimanchés d'un style de musique qu'ils jugent satanique, poussant même la provocation jusqu'à les inciter à écouter cette musique dont la longue liste des dignes représentants poussera un de ces pépés-musette à geindre "on a rien compris !". Tu m'étonnes.

Bref, le bonhomme, au delà du contenu politique de son discours, m'a beaucoup amusé et m'a incité à me dire que c'est ma foi bien rafraîchissant une telle façon de faire de la politique, même si tout celà ne fait pas forcément bien avancer le débat et reste un comportement marginal. Mais quel que soit le parti auquel est rattaché le gugusse, quelles que soient ses idées, qu'elles soient en accord ou en contradiction avec les miennes, ben moi ce gars là j'ai envie de lui dire un gros merci et de lui faire un bisou sur le front, parce qu'en ce moment, si y'a bien une race d'hommes que j'ai envie d'expulser à coups de pompes dans le QI et de raccompagner aux frontières du supportable, c'est les hommes politiques, quel que soit l'instrument à vent qu'ils jouent ou la fanfare à laquelle ils appartiennent. Donc merci Patrick Roy, tu m'as redonné envie de bouffer mes frites avec les doigts.

 

 

Et puis une dernière vidéo de mon héros du jour. Elle se passe de commentaires.

 

 

 

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 10:52

 

 

Les gens sont vraiment des cons.

Du coup, on regrette moins de ne pas les connaître.

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 22:16

 

 

Le terme mouche est un nom vernaculaire, c'est-à-dire qu'il désigne usuellement un regroupement de plusieurs espèces. Mais par commodité, et parce qu'on a autre chose à faire que de les enculer, on utilise ce terme pour désigner tout parasite bourdonnant et de l'ordre des inutiles.

La plus célèbre de ces espèces est appelée mouche domestique ou mouche commune. Non pas qu'il soit possible de la domestiquer et de s'en faire un animal de compagnie, mais sa propension à s'imposer partout chez nous alors qu'on ne lui a même pas envoyé de carton d'invitation fait de cette espèce la plus largement répartie de par le monde. Cette particularité est appelée synanthropie (relation liant certains animaux non domestiques avec les humains) et n'est rien d'autre qu'une forme particulière de commensalisme, c'est-à-dire une interaction biologique entre deux êtres vivants dans laquelle l'hôte (l'homme, dans notre cas) nourrit et fait grossir le commensal (la mouche) sans contrepartie aucune, sinon un maximum d'emmerdements. Cette forme d'exploitation d'une espèce par une autre est plus couramment désignée par le terme "Tendez la main à Jean, il vous chiera dedans". Mais n'allons point trop avant dans les termes techniques.

La mouche domestique étant la plus répandue de par le monde et la plus incontournable pour l'homme, ce dernier aura tendance là aussi à généraliser en se contentant de l'appeler "mouche". C'est ainsi.
Observons une mouche. Les fonctionnaires sont avantagés pour cet exercice, eux qui ont l'habitude de la gober. Quant aux autres, je vous demanderai de cesser de vous moquer de vos camarades fonctionnaires, c'est relou à force. Avec tous les avantages financiers que vous avez, y'a vraiment pas de quoi la ramener. C'est vrai, merde à la fin, c'est toujours la même chose avec vous !
Donc, observons une mouche (domestique ou non, ne la faisons pas fine !). Que constatons-nous ? Pas grand chose, pas vrai ?
C'est normal. Le principal rôle de la mouche est de servir à rien. D'ailleurs vous pouvez demander à quelqu'un, n'importe qui, "Excusez-moi, vous pourriez me dire à quoi servent les mouches ?". Il vous répondra "A rien".

Vous voyez !

Une des particularités de la mouche est sa vue. De gros yeux globuleux lui offrent une vision à 360°, ce qui fait de la mouche la seule espèce animale capable de regarder son cul sans se coller un lumbago.
La mouche ne se nourrit que de liquide. Le consistant lui est indigeste. Aussi crache-t-elle sur ses aliments afin de les prédigérer, ensuite de quoi elle aspire cet amalgame. Il lui arrive aussi de vomir cet amalgame pour cracher dessus à nouveau et ainsi mieux le réingurgiter. On dit alors que la mouche est un animal dégueulasse.
Malgré cette appellation ordurière, la mouche se veut propre. C'est pourquoi on la voit régulièrement se frotter les pattes avant. On dit abusivement d'une mouche qui aurait les pattes sales qu'elle s'en lave les mains.

La mouche est un vecteur de pathogènes. Ceci est particulièrement vrai dans les milieux dont l'hygiène est faible, dans les zones pauvres et sur les sujets cacochymes voire mourants. De manière générale, elle s'épanouit dans les contextes miséreux où elle exerce un rôle spoliateur. Ainsi, en prélevant la substance de l'animal blessé, elle prive celui-ci de certaines de ses fonctions vitales et provoque chez lui des retards de croissance. De plus, elle laisse en surface des traces visibles appelées "morsures" et qui provoquent l'énervement de l'animal infecté mais aussi de ses congénères.
Le cycle de vie de la mouche est très court, elle passe rarement l'hiver. En outre, dès le printemps, on voit pulluler des larves qui atteignent leur taille adulte dès le mois de mai.

Outre la mouche domestique, il existe plusieurs autres espèces de mouches parmi lesquelles on dénombre par exemple la mouche tsé-tsé (qui provoque chez ses victimes des somnolences sévères pouvant conduire jusqu'à la mort), les éphémères (dont fait partie la mouche du cresson), la mouche du vinaigre (attirée par tout ce qui est aigre et reconnaissable aisément à sa chemise brune), la mouche du melon (qui s'attaque surtout aux racines et aux ramifications de celui-ci) ou encore la mouche du fromage (principale source de myiases chez l'humain, pouvant provoquer vomissements et diarrhées).

Mais depuis environ trois ans, suite à un printemps particulièrement orageux et propice à son épanouissement larvaire, une espèce de mouche est réapparue au grand jour : la scatophaga furcata. Ou mouche à merde, pour ceux qui ne vont jamais faire de latin à la messe.
Descendante de la mouche borgne, elle regroupe les principales caractéristiques de ses cousines décrites ci-dessus, mais se distingue toutefois par son aptitude à s'épanouir dans la merde. D'aspect métallique, elle se décline dans les tons bleus, tentant parfois de tirer sur le vert. Et plus que les autres espèces, elle craint la tapette.
Elle pond ses œufs là où ça pue. Les larves asticotent tout sur leur passage, puis se nymphosent dans un cocon brun.
Contrairement aux autres espèces de mouches, chez la mouche à merde la reine est trois fois plus petite que les ouvrières. On lui prête des vertus pollinisatrices, notamment sur le chou puant (appelé chou-rave) et la verge d'or (plante proche de la couilles-en-or).
Nul besoin de s'appesantir sur le terrain de jeu favori de la mouche à merde (qui va de la merde de chameau à la fiente de colombe), mais il est  toutefois conseillé pour l'écraser de le faire du pied gauche. Ca porte moins malheur.

Il semblerait ces derniers temps qu'une vieille légende, trouvant ses origines en Vendée, sème à nouveau la terreur et fasse le bzz sur internet. On raconte en effet que la mouche à merde profiterait du temps de sommeil du brave (la nuit, pendant le journal télévisé, aux conversations à la machine à café, …) pour s'introduire dans le cerveau des gens et s'y reproduire, donnant rapidement naissance aux idées de merde, espèce particulière de mouches ouvrières dont l'unique rôle est de se sacrifier pour engraisser la reine. C'est notamment le cas d'une toute nouvelle mouche à merde, découverte au 21eme siècle  par des chercheurs à l'ANPE, et portant le nom scientifique de Fredericum Lefebvra (connue aussi sous le nom de bonne grosse mouche à merde). Elle est facilement reconnaissable à sa tête de taon et à sa faculté à s'auto-copuler.

En conclusion, avec le temps de merde qu'on aura eu cet été, il ne serait pas étonnant qu'après l'avoir chassée de la tente tout l'été, la mouche à merde ne nous file le bourdon à la rentrée.

 

 

 

Le titre est suffisamment explicite, mais pour ceux qui ne parlent pas plus l'anglais que le latin, on pourrait le traduire par "Frédéric Lefebvre donnant un discours sous les yeux de Xavier Bertrand"

 

 

 

 

 

ndla : toutes les informations sont garanties authentiques, sinon ce serait encore moins drôle.

 


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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 17:02

 

 

 

Ce matin comme tous les matins, je guettais fébrilement derrière la fenêtre l'arrivée du facteur. Il faut savoir que j'attends avec impatience et depuis plusieurs jours le prospectus des établissements Midas, celui là même qui présente la collection automne-hiver 2010 et qui propose en fin de document un bon à découper selon les pointillés et offrant (sur présentation dudit bon découpé selon les pointillés) une réduction de 20% sur les amortisseurs et les plaquettes de freins, sauf les gaines molletonnées à armatures renforcées.
Aussi étais-je perdu dans mes pensées tubulaires et catalytiques lorsque soudain-je ! j'ouis-je le bruit du scooter qui déjà se carapatait vers le numéro suivant. Je me précipitai dehors, toute 22 long rifle devant, et tirai son dû dans les pneus de l'engin motorisé du facteur en gueulant "Dégage, sale fainéant, fonctionnaire de mes deux, achalandeur de calendriers pourris du cul !" pour saluer le passage du préposé épistolaire tel que le veut la tradition de mon village. Le sale fainéant en était déjà à se faire ébouillanter à l'huile de friteuse par le voisin, que je triais le bon grain de l'ivraie. Les prospectus sur papier glacé des factures sur papier à entête. De factures, il y avait palanquées, avec des chiffres en veux-tu-en-voilà-devant-la-virgule. Mais de papier glacé à tendance vroum-vroum, pas. Rien. Même pas un petit -5% sur les essuie-glaces arrières.
J'en étais à déception et j'allais attaquer colère lorsque je tombai sur stupéfaction : de la pile de courriers solennels et pénibles, surgit le document suivant :

 

 

outside

 

inside.JPG

 

 

 

Ainsi, le préposé épistolaire s'était-il converti en proposé apostolique. Le messager aviné en messie divin.
Le temps de me remettre de mes émotions (qui oscillaient donc de stupéfaction à ébaubissement, en passant par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et c'est joli), je le tuai à être en colère. Ainsi donc, le Saint Siège et toute sa compagnie de Chaises-Pliantes s'invitaient dans ma boîte à lettres ? Les jours de prospectus de nouvelle collection d'accessoires à tutures ? Ben c'est ça, et pourquoi pas pisser sur ma sonnette et chier sur mon paillasson, pendant qu'on y est ??
Nan parce que c'est pas tout, vous allez voir. Non contents de venir déposer leurs ordures même pas recyclables chez moi, v'là t'y pas que l'ami Dieu, par l'entremise divine du père Isaac (qu'a un prénom aussi catholique que j'ai les chaussettes de l'archiduchesse d'archi sèches), vient me réclamer des sous. A moi ? Un jour de prospectus ? Ah ben il manque pas d'air le Notre Père qui n'est même pas essieu !

Alors écoute-moi bien, mon p'tit Père, j'ai pas l'habitude de m'énerver facilement (sauf sur femme et enfants mais c'est pas toi qui viendrais me le reprocher, hein ? ), mais là y'a des limites à l'intolérable ! Bon déjà, d'un point de vue purement technique, t'as vu la gueule de ta re-quête ? Dis donc, Frère Marc Héting il s'est pas froissé la robe de bure avec la présentation, hein ? Deux photos pourraves : une d'un champ de patates avec un joli grillage et une splendide remorque et ah si, vaguement au fond, vers derrière, une bâtisse et une église, ah oui, bien vu ! Et une autre du compteur électrique jouxtant le local poubelles. Dis donc, celle là elle m'a presque tiré une larmichette, être obligé de peindre les murs de la paroisse couleur PQ, ça va faire chouiner dans les sacristies, pour sûr !

On passera sous silence le "appel à  SOUScription" écrit en police kikoolol taille 78. On taira, par charité chrétienne, les quelques coquilles qui se sont glissées ça et là, je comprends que tu n'aies pas osé faire relire ton torche-cul avant impression.
Nonobstant, il y a quelques points que j'aimerais éclaircir avec toi (je dis "toi", j'ai pris la liberté de te tutoyer depuis que tu as pris celle de venir cuver ton vin de messe dans ma boîte à lettres).
Tout d'abord, j'ai lu avec attention  la longue liste des travaux à réaliser. En gros faut tout péter, quoi ? Y'a plus rien de potable dans ton boui-boui ? Nan parce que là ça fout les jetons, ton truc, on en arrive à se dire que si les gens prient dans ta paroisse, c'est avant tout pour pas se faire électrocuter ou prendre un pan de mur sur la gueule. Pis dis voir, ça avait l'air de cailler dans ton taudis. "Cha pelle !", comme aurait dit l'auvergnat Hortefeux dans un bon jour. Remarque, tu vas me dire que t'as pas attendu qu'il y ait des courants d'air sous ton toit pour enrhumer du crédule...

Bon, après cette jolie liste digne d'un catalogue Leroy Merlin, on va prendre la peine de s'attarder sur la phrase écrit en petit, en italique, en bas, en fourbe quoi. Je te cite : "Si le montant de la collecte dépasse la somme prévue, des travaux complémentaires seront effectués". Nan mais t'as vu la Vierge, mon pote ? Tu crois vraiment que les gens vont te refiler plus que les 32.506 euros que tu nous soudoies, voleur ! Dis voir, t'es quand même pas en train de nous demander de te passer la télécommande, tu t'en rends bien compte ? 32000 euros ça se trouve pas sous le sabot d'un âne, et c'est bien dommage parce que sinon t'auras qu'à te baisser le dimanche matin. Et puis c'est quoi d'abord cette histoire de travaux complémentaires ? Tu nous as pas tout dit, y'a d'autres trucs qui sont pourris ? Le coq a une patte cassée, le flipper déconne, y'a plus de glaçons au congélo ? Ou alors t'as l'intention d'agrandir le parking, de mettre une enseigne lumineuse et d'installer un jacuzzi ? Tu veux pas non plus que je te prête un tournevis, foutu imposteur ?

Ensuite, les bonnes conditions de logement de tes prêtres, on s'en tamponne le coquillard avec une pelle à neige comme t'as même pas idée. Les mecs ont signé pour en chier, ils s'habillent en robe et sandales, ils n'ont pas le droit de bander entre les repas, ils doivent bosser le dimanche, alors crois-moi qu'ils vont pas nous brouter la myrrhe s'ils dorment en chasuble à même une paillasse en mousse dans le tabernacle. Tu veux pas non plus qu'on leur paie l'autel, non ?
Poursuivons les objectifs de tes demandes de travaux : "D'entretenir un patrimoine qui nous appartient". Bon déjà le "patrimoine" il a pris un sérieux coup dans l'aile, qu'il va falloir un bon carrossier pour remettre ça en état. Et de qui tu parles quand tu dis "nous" ? Nan parce que moi, ça m'appartient pas, hein ! T'es mignon, mais tes cochonneries tu te les gardes ! Dis donc, je suis pas venu dire que ça t'appartenait quand j'ai dû changer la boîte de vitesses sur le Scenic, 1650 euros, merci bien ! Donc c'est ton patrimoine, c'est toi qui l'as tout cassé, c'est toi qui répares. Viens pas me mêler à tes arnaques et les poules seront bien gardées.

A ce stade du prospectus mendigotant, il serait préférable que tu t'agenouilles, ce serait plus simple pour prier et demander mon absolution suite aux blasphèmes que tu risques de ouïr.
Alors comme ça, t'en appelles à ma générosité pour retaper ta bicoque ? Tu comptes sur ma générosité (oui, je me répète, mais si tu regardes bien, c'est toi qu'as commencé...) pour te donner ce que tes prières de faux-cul n'ont pas su t'apporter ? Nan parce que tu vas me dire si je me trompe, mais quand ça tremble en Haïti, que ça inonde en Vendée ou que ça ratiboise au napalm en Afrique, t'en appelles rarement à ma générosité. J'ai pas souvenir d'avoir reçu ce genre de sollicitation dans ma boîte à lettres, même après Haïti, même un jour de prospectus automobile. Bon ok, Haïti et l'Afrique c'est des mauvais exemples, c'est plein de pauvres et de noirs. Mais la Vendée, c'est quand même un peu ton vivier, ton centre de formation. C'est quand même bien là bas que tu recrutes du fesse-oui-oui et de la grenouille crapautante à tout va. Et même pour eux, riches et blancs, tu t'es pas emmerdé : t'as envoyé des prières. Et pis t'as pas lésiné, t'as rempli tes églises branlotantes de bonnes âmes, tu les as fait chanter, agenouiller, dégueuler du psaume et de l'Ave Maria, t'as collecté du dévouement, un peu ("il nous faudrait une douzaines de bons cons pour aller dégager des corps en putréfaction de sous les décombres, qui se propose ?") et basta. Et pis quoi, si la collecte de prières dépassait tes espérances, t'aurais effectué des travaux supplémentaires avec le rab de bondieuseries ? Ou t'aurais remis la somme en jeu pour la prochaine catastrophe, de celles qui constituent ton fonds de commerce ?
Donc tu crois pas qu'au lieu de nous demander de sortir le chéquier pour refaire les peintures de ta piaule, tu ferais pas mieux d'aller te faire voir ? Tu te fous à genoux, t'appelles Dieu avec ta formule magique et l'autre il te retape ça en une heure à peine, façon Valérie Damidot. Il l'a bien fait pour nos frères-haïtiens-auxquels-sont-destinées-toutes-nos-prières, c'est pas trois planches à clouter, un tableau à remettre droit et un compteur EDF à bidouiller qui vont l'arrêter !
Bref, tout ça pour te dire que mon entier dévouement, la seule chose dont tu peux t'assurer c'est de te le tailler en pointe et de t'asseoir dessus. Amen.

Je ne vais pas t'embêter longtemps avec l'appellation "économe paroissiale", mais juste te dire que ça m'a fait marrer. Je savais même pas que ça existait, comme métier. J'aimerais bien voir la tronche de la fiche de poste. Mais bon, je te fais confiance, un mec qui réclame 32500 euros pour refaire le placo a sûrement une meilleure connaissance du terme que moi qui gaspille mon temps à me foutre de ta gueule.

Venons-en à la dernière page, celle du bon de souscription à renvoyer (avec votre don, hey déconnez pas, oubliez pas de joindre le chèque !!). Regarde bien la ligne "Votre don est de... euros". Y'a rien qui te choque ? Vraiment ? Genre la distance qui sépare les mots "de" et "euros". La zone prévue pour inscrire le montant du don. Ben tu m'étonnes que t'as bien fait de prévenir de ce qu'il adviendrait de l'argent en cas de dépassement. Nan parce que là t'as quand même vu large, t'avoueras. J'ai fait le test, en écrivant normalement on arrive à coller treize zéros. Et en étant précis, on peut même caser un "1" devant tous les zéros. J'ai peur que tu te sois un peu enflammé au moment d'appuyer sur les points qui définissent cette zone. Et je veux pas te porter la poisse, mais ça m'étonnerait pas que tu sois déçu. De toutes façons, il en va des zéros comme des apôtres (attends, gueule pas, j'ai pas fini ma phrase !) : quand y'en a treize ça porte malheur.

Bon ben voilà mon Pépère, je crois que j'en ai fini avec ta demande de rançon. Mais avant de t'en laisser retourner à tes inactivités pastorales, j'aimerais quand même délivrer un message à tous ceux de ta bande. Tous les Benoît, les Jean-Paul, les Marie-Thérèse, les Saint Machin et les Frères à bras, tous les calottés, les agenouillants, les prie-la-Vierge et les quête-moi-là, tout ça ça dégage. La prochaine fois que j'en vois traîner un devant chez moi, j'le nettoie au karchër. J'le colle dans une 4L, avec ses Pères, ses Mères, ses Frères et ses Sœurs, et direction le bled, zou ! Retour à l'envoyeur, à Lourdes, Lisieux ou Saint-Jacques-de-Mes-Deux-Postelles, allez hop, dehors ! Et j'le déchoie de sa laïcité !

Allez mon Dieu, c'est pas que j'm'ennuie à te tenir le crachoir, mais je pars en vacances. Passe le bonjour à la Marie et pis t'endors pas au soleil pendant la sieste. Ca a tendance à te faire déconner le ciboulot, surtout du côté de ma boite à lettres.

Bisous.


Stipe.


ps : il semblerait que des propos haineux se soient glissés en fin de texte. C'est fâcheux, c'est pourtant pas le climat du moment. Je m'en voudrais d'avoir chié l'ambiance.

 

 


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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 09:36

 


Comme je le dis toujours, la musique est la meilleure source d'inspiration artistique.

Enfin c'est pas exactement vrai, je ne dis pas toujours ça, des fois je dis d'autres choses telles que "bonjour madame la boulangère, vous me mettrez deux moulés" ou "bonjour madame la conchylicultrice, vous me mettrez deux moules", mais c'est quand même plus rare. Et pis des fois je dis encore d'autres choses, mais on va pas dresser la liste de ce que je dis parce que sinon ça va fermer avant qu'on en voie le bout de la queue.
Et pis d'abord vous n'êtes pas toujours là à mes côtés à m'écouter, alors si j'ai envie de dire "comme je le dis toujours", ben je dis "comme je le dis toujours". On a le droit, si on veut. Surtout quand le truc qu'on dit toujours est super intense philosophiquement.

La musique comme source d'inspiration, je vous en ai déjà causé du pays
. Bon, vous me direz que dans ce cas l'inspiration se limite à la réalisation d'un clip. Vous dites bien ce que vous voulez, de toute façon personne ne vous écoute, vous n'avez qu'à vous ouvrir un blog pour dire "dans ce cas l'inspiration se limite à la réalisation d'un clip" au lieu de rabat-jouer.

Donc, on part du principe que quand la musique est bonn bonn bonn (comme le disait le chanteur nostalgique au nom juif), le clip est bon bon bon (comme le disait Francis Perrin).

Exemple : On The Motorway (de Metronomy) est une bonne chanson. C'est indéniable. Donc, les (relativement) célèbres Jul & Mat ont décidé d'en faire un bon clip. Cf figure 1.



Figure 1



Autre exemple : Harder, Better, Faster, Stronger (des Daft Punk) est une bonne chanson. C'est sans appel. Donc, il est logique qu'un bon clip l'accompagne (je vous conseille de regarder la vidéo jusqu'au bout et de ne pas vous laisser endormir par la première minute un peu monotone). Cf figure 2.



Figure 2





Fort de ces deux exemples, nous allons mettre en pratique la théorie.
Prenons d'un côté un bon groupe, spécialisé dans la reprise façon Brassens des plus grands tubes de toute la vie. Nous appellerons ce groupe La Pompe Moderne et nous lui ferons reprendre, par exemple, DJ (de Diam's), Le Bal (de la Compagnie Créole) ou Le Mia (de IAM). On a le droit, si on veut. La preuve en cliquant sur la figure 3.

La Pompe Moderne sur Deezer
Figure 3



Prenons, d'un autre côté, les (presque) célèbres Jul & Mat (voir Figure 1) et encore d'un autre côté la bonne chanson Harder, Better, Faster, Stronger (voir figure 2). Si on applique le théorème de l'inspiration artistique, on obtient logiquement la figure 4.



Figure 4



 

 

 

Alors, j'ai raison ou j'ai pas raison ?

 


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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 09:35

 

(sur un défi lancé par la danseuse diabolique)




Vous me trouveriez, à la réflection,
Priant sur vos godasses, génuflection,
L'anathème scotché au front, insurrection,
Ou pelant des tomates, moins probable, vivisection.


Ci et là, abjection,
Ou ailleurs, déjection.


Pour seul prétexte, imperfection,
Pour étendard, érection,
Pour l'hygiène, protection,
Pour me défendre, objection.


Vous disiez, affection
J'entendais, infection.


Puis,


Dans le métro, interconnection,
Sous l'autobus, intersection,
Sur le capot des taxis, direction,
A l'intérieur des flaques d'eau, projection.


Et quand, prédilection,
Moi je, rétrospection.

 
L'un dans l'autre, bijection,
Draps défaits, défection,
Se voir en celle, sélection,
Qui s'y colle, collection,
Etre père, perfection,
Voir en elle, élection
A peu près sûr, résurrection,
Mon icône, connection,

 

Moralité à moi (introspection) :
Ces fautes qu'on fait, confection
On les refait, réfection,
Et encore !, incorrection,
En courbant le corps, correxion.


(Quel accueil !)

 

 

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