Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Qui Ça?

  • : Stipe se laisse pousser le blog
  • Stipe se laisse pousser le blog
  • : Je m'étais juré sur la tête du premier venu que jamais, ô grand jamais je n'aurais mon propre blog. Dont acte. Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser des commentaires dithyrambiques ou sinon je tue un petit animal mignon.
  • Contact

La cour des innocents

La Cour des Innocents - couv - vignette

Dates à venir

- samedi 2 août, en dédicace à la Librairie Montaigne (Bergerac) de 10h à 12h

- samedi 30 août, en dédicace à la Librairie du Hérisson (Egreville)

- dimanche 9 novembre, en dédicace au Grand Angle dans le cadre du salon Livres à Vous de Voiron.

7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 10:30

 

Deuxième texte exhumé du répertoire "<textes à donner à mon éditeur après ma mort pour qu'il se fasse de l'argent sur ma dépouille encore tiède>". Ce fumier.

Donc le thème du concours était :

 

Alors qu’elle s’apprête à quitter définitivement sa maison, une personne (homme ou femme) reçoit un courrier posté six mois plus tôt. Décrivez les bouleversements engendrés par le retard de cette missive. 


C'est vrai que ça ressemble plus à un sujet de rédaction de collégien qu'à un concours de nouvelles pour grands écrivains, et c'est bien pour ça que j'ai participé.

Et pas gagné.

 

 

 

 

 

 

Aussi inébranlable que l'axiome affirmant qu'une tartine tombera toujours sur le sol côté beurre, est le postulat définissant qu'il pleut le jour où l'on déménage. Et son corollaire est que les vêtements de pluie sont dans le premier carton chargé au fond du camion, recouvert par d'autres cartons et par la moitié de l'électroménager. L'autre moitié, elle, est entassée dehors et patauge dans la flotte. Gérald, le futur ex-propriétaire des lieux, pare au plus pressé : il soulève un carton, celui-ci, détrempé, cède, le magnétoscope tombe, et sombre par cinq centimètres de fond.
"Quel temps de merde…, philosophe-t-il.
- Quel temps de merde", confirme une voix dans son dos. C'est le parisien. Il n'habite pas vraiment Paris, une heure de route le sépare de la première station de RER, mais dans le village on n'a pas Google Street dans l'œil : le type habite au nord de la Loire, il ne vient dans sa résidence secondaire qu'aux vacances de Noël et l'été, ça suffit à en faire un parisien.
"On déménage ?, interroge-t-il, par pure politesse.
- Non, on rince les cartons."
Les deux hommes se serrent la main, puis ne se réchauffent pas autour d'un café de l'amitié : Gérald avait préparé un thermos, et celui-ci est au fond d'un carton, mais lequel ?
Le parisien est arrivé ce matin, il explique. Il a vu l'agitation, un camion, des meubles que l'on déplace, il a radiné sa science. Tout en continuant à brasser des cartons, Gérald lui explique qu'il a vendu la maison et qu'il a retrouvé un trente mètres carrés à la ville. Le parisien l'interroge, lui affirme que la dernière foid qu'ils se sont vus – c'était vers la Noël – Gérald et sa femme avaient pourtant l'air si heureux dans leur pavillon, des projets plein la tête, comme repeindre les escaliers ou acheter un porte-vélos.
Gérald pose l'halogène au cul du camion et raconte.

Claire, sa femme, ben elle s'est barrée il y a deux mois. Le parisien est interloqué : parmi leurs projets, n'y avait-il pas celui de se reproduire ? Ils avaient l'air tellement amoureux, tellement engagés.
"C'est vrai, confie Gérald, c'était le cas. Mais si tu n'arrêtes pas de m'interrompre, je ne suis pas près d'arriver au bout de mon histoire."
Le parisien s'excuse, il avait autre chose à ajouter mais il perçoit l'agacement de Gérald, et surtout son besoin de déballer toute son histoire. "Je t'écoute, continue.".
Gérald reprend le récit où il l'avait laissé : à l'arrière du camion, et à moitié sous la flotte.
Oui, à l'époque tout était bien dans le meilleur des mondes. Mais un matin, continue Gérald, je me suis réveillé avec le bide en vrac, malade comme un chien. Pas dans mon assiette, ou plutôt pas dans ma gamelle. Tu sais comme sont les hommes, ils préfèrent souffrir en silence plutôt qu'aller consulter. J'ai traîné ça jusqu'à midi, au moins. Puis je me suis décidé à ravaler ma fierté plutôt que mon acte de naissance, alors je suis allé chez le docteur. Il m'a prescrit des examens sanguins. Les résultats de ceux-ci ont été sans appel : je souffrais d'un manque d'alphas, de betas, de gammas, d'omégas, et de tout ce que l'alphabet grec regorge de saloperies. La cause de tout ça ? Inconnue. Des examens complémentaires nous en apprendraient peut-être d'avantage. En attendant j'étais raplapla. Incapable de mettre la table, de sortir les poubelles, de m'acquitter de mon devoir conjugal. Le docteur a prolongé mon arrêt-maladie.
Malgré mon manque d'appétit, dont sexuel, Claire et moi ne désespérions pas de faire un gosse. Mais ça ne venait pas. Nous avons tout essayé, nous faisions l'amour sans arrêt, tous les jeudis. Pour autant, le ventre de Claire ne prenait pas un centimètre de tour. Elle restait toujours aussi svelte selon moi, toujours aussi grosse à ses yeux… C'était là tout le paradoxe qu'elle rabâchait : elle était grosse, mais pas engrossée.
De mon côté, les examens complémentaires se succédaient et ne nous apprenaient rien de plus. J'étais malade, je connaissais mes maux mais pas ce qui les provoquait. Mon médecin traitant m'a diagnostiqué une dépression. Moi qui pouvais me vanter de toujours être de bonne humeur, d'apprendre ça, ça m'a fait déprimer. Et cette saloperie que j'avais, qui me grignotait de l'intérieur, ça me faisait méchamment maigrir. Ma tronche de zombie et mon corps qui flottait dans ses vêtements ont définitivement entamé le crédit libido du couple, que Claire n'était plus que la seule à renflouer.

Au boulot, ils ont fini par embaucher un type pour me remplacer. Ce fayot s'en est plutôt bien sorti : il exécutait en deux jours les tâches que je mettais une semaine à réaliser. Ça fait désordre. Alors ils ont profité de mes absences prolongées pour me virer.
Tu te doutes bien que ce n'est pas tout… Le toit de la maison a commencé à s'écrouler. Un charpentier est venu et a constaté que les chevrons étaient bouffés par la vermine. On a été obligés de refaire entièrement la toiture, si on ne voulait pas avoir l'impression de dormir en tente. Tu penses bien qu'avec mon salaire de chercheur d'emploi, c'était pas vraiment la période. C'est jamais la période, quand il s'agit de refaire la toiture, mais là ça commençait à faire beaucoup pour un seul homme. Et sa femme. J'ai appelé mes parents pour leur demander de nous prêter du fric. J'appelle mes parents deux fois par an, et c'est généralement pour leur demander de l'argent. Mais cette fois-ci, les négociations n'ont pas duré longtemps : ma mère m'a appris que mon père avait un cancer du poumon. A 58 ans, les médecins ne lui donnaient pas trois mois pour rédiger son testament. Je me suis dit qu'il serait plus sage d'attendre l'héritage…
Pour ce qui est du chat noir que je semblais avoir adopté, je pourrais te citer aussi un joint de culasse sur le Picasso, un dégât des eaux à cause de la machine à laver, les défaites du PSG, et j'en passe.
Mais le pire, dans tout ça, c'est que je changeais radicalement. Physiquement, je concurrençais sérieusement mon père et sa chimio, mais c'est surtout au niveau de ma personnalité que je me suis métamorphosé en sorte de monstre. Je suis devenu aigri, lunatique, pessimiste… Je me suis mis aux blagues antisémites, à être jaloux de tout le monde, à envoyer bouler Claire pour le moindre prétexte. A haïr le chat. A boire. Tu vois, mon vieux, je crois que je suis devenu un gros con. Un gros con qui s'habille trois tailles au-dessus.

Le parisien regarde ses chaussures. Gérald interprète cela comme le pire des aveux. Comme s'il lui avait dit "T'as toujours été un gros con" ou "Tu fais peine à voir (, gros con)". Il se retient de le lui faire remarquer, et termine son récit par le départ de Claire et la vente de la maison. Selon lui, Claire avait tant de bonnes raisons de le quitter qu'elle n'a pas su choisir laquelle avancer pour justifier sa décision. Elle aurait donc pris un amant pour se faciliter la tâche. Il n'y avait plus qu'à aller trouver le notaire pour gérer le divorce et la vente de la maison.
La pluie devient déluge. Si Noé se pointait maintenant avec son arche, il n'aurait rien d'autre que des grenouilles à embarquer.
Avant de prendre congé, le parisien tend une lettre à Gérald.
"Au fait, le facteur s'est trompé, il a mis ce courrier dans ma boite-à-lettres. Il t'est destiné, il a été posté il y a environ 6 mois."
Gérald décachette l'enveloppe et lit la lettre, avant de la froisser en râlant et de la jeter sur le tas d'ordures promises à la déchetterie. "Conneries", murmure-t-il, puis il repart à ses occupations. On est en train de descendre le lourd vaisselier par la fenêtre du premier étage. Gérald va se positionner en bas et, les mains en porte-voix, il hurle ses ordres aux gros bras qui s'affairent en haut avec le treuil.
Le parisien regarde son ami aigri et amaigri. C'est vrai qu'il a morflé, depuis Noël. Il va récupérer la lettre sur le tas et la défroisse.

"Cette lettre vient de Roumanie et doit faire le tour du monde. Elle a été commencée par Melle Clément.
Lisez les faits suivants, absolument authentiques : Monsieur Médard reçut la lettre, fit les copies et les envoya 9 jours plus tard. Il gagna 5 millions de dollars en pariant sur un bourricot dans la troisième à Auteuil. Mireille Cébalo reçut la chaîne avant de partir en voyage, elle la déchira ; sa famille subit des malheurs, la misère et la folie, la valise volée à l'aéroport et deux heures de retard à l'atterrissage. Monsieur Ferrant reçut la chaîne en 1996, il ordonna à son secrétaire de faire les copies et de les envoyer, ses conditions de vie s'améliorèrent, et il put enfin changer de femme. Un employé de banque qui ne veut pas dévoiler son nom parce qu'il est aujourd'hui directeur commercial, oublia d'envoyer les copies, et 4 jours plus tard il perdit sa place ; il retrouva la chaîne, fit les copies et les envoya, il reçut une place supérieure pour devenir chef de ses collègues mondiaux, avec voiture de fonction et dessert à volonté. Un Monsieur bien, distingué, reçut la chaîne, s'en moqua, la brûla, pour montrer à sa famille qu'il n'était pas superstitieux. Il brûla lui aussi, dix jours plus tard. Personne ne vint à son enterrement, et sa tombe est profanée à chaque équinoxe.
N'arrêtez pas la chaîne, sous aucun prétexte. Faites ce qu'on vous demande. Après 3 jours, vous aurez une surprise telle que vous n'y songez pas. Mais si vous n'envoyez pas une copie de cette chaîne à 10 personnes de votre entourage, alors la malédiction s'abattra sur vous et vos proches, à savoir : cancrelats dans le corps et dans la maison, femme infidèle, joint de culasse pété, et tout le tralala.
N'oubliez pas : malheur si la chaîne se brise !"


Le parisien n'a pas fini de frémir à la lecture de cette lettre, qu'il entend un grand fracas rappelant le bruit caractéristique du vaisselier qui tombe sur un corps humain. Les gros bras s'agitent en tous sens, hurlent que c'est bien du malheur, s'affairent dans les décombres et parviennent à sauver ce qu'ils peuvent : trois tasses en porcelaine, dont une ébréchée.
Un des déménageurs s'approche du parisien en s'excusant pour son ami écrabouillé.
"C'est la chaîne qui s'est brisée…", explique-t-il.

 

 

Repost 0
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 11:56

 

On m'a donné cet incipit, extrait des Pensées de San Antonio : "Elle se voulait poète. Mais de ceux qui comptent leurs pieds avec leurs doigts. Et quand elle avait de la peine, au lieu de la chasser, elle lui cherchait un titre."

 

J'avais quelques minutes à tuer, j'ai donc commis ce c'rime :

 

 

 

 

 

aux Monsieur Jourdain qui font de la prose, mais sans le Savoir.
à ceux qui se prétendent Rimbaud, mais dont l'écriture nous saoule.




Elle se voulait poète. Mais de ceux qui comptent leurs pieds avec leurs doigts. Et quand elle avait de la peine, au lieu de la chasser, elle lui cherchait un titre. Elle avait le sentiment métrique, l'amour prosodique, mais surtout le spleen idéal.

Je ne l'avais pas épousée pour ses bots pieds, mais qu'est-ce qu'elle a pu casser les miens ! La reine de la césure, assurément. Non, je l'avais épousée suite à un concours de circonstances qui fait qu'elle avait pris une veste, et moi aussi : à la fac de lettres, j'avais glissé un poème d'amour dans la poche de la veste de sa meilleure copine, sa tellement meilleure copine qu'elles s'échangeaient tout : idées, secrets, vêtements. La suite, on la devine.
On était jeunes, on a arrêté les cours (c'est pour ça qu'aujourd'hui elle n'a pas plus la maîtrise que la licence poétique…) et on s'est installés ensemble parce qu'il faut bien se décider, à un moment.
Et depuis, chaque jour, elle rime à rien, elle cata-strophe, elle hémistiche mi-seizain. Elle en saupoudre partout comme on colle de la cannelle dans tous les desserts.
Je déteste la cannelle.
Jusque dans le lit, elle en fout des miettes. Comme le disait le vrai poète, "elle m'emmerde à la fornication". Je dirais même qu'elle me fait chier à être bucolique néphrétique. Voyez, moi aussi j'œuvre pour la paupérisation de la rime…

Elle prend sa plume fétiche (ramassée sur un cadavre d'oiseau-lyre), se colle face à l'océan (en fait c'est la Loire, on habite Nevers) et pour peu que le ciel soit bas et lourd comme un couvercle sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis et tout le bataclan, et alors là c'est la garantie qu'il nous verse un jour noir plus triste que les nuits.
Comme je lui dis souvent, quitte à chouiner, à faire de la soupe et à filer des aigreurs d'estomac, autant éplucher des oignons.

Aussi, comprenez que j'ai fait de la Haine de la Poésie mon cheval de Bataille. Comprenez qu'aujourd'hui je baille aux corneilles, j'enracine. Les poètes, je ne peux plus les voir en peinture. Alors Messieurs Verlaine, Rimbaud et Ronsard : Du Bellay ! Prenez vos alexandrins, vos pleurnicheries, vos albatros et allez voir par là si la rose est éclose ! Allez faire vos rimailleurs !

Alors c'est décidé : ce soir, sur l'autel des culs tournés, je sacrifie ma mie. Je la pousse dans l'escalier, puis lui plante sa plume dans le cœur. Elle qui a toujours cru écrire avec ses tripes, elle va pouvoir enfin s'exprimer…
Et comme épitaphe, je graverai sur sa tombe :
"Depuis le temps que tu me fais bouffer tes vers,
Ton tour est venu de te faire bouffer par eux."

 

 

Ah tiens, c'est en alexandrin ! Merde, je suis foutu…

 

 

 

 


Repost 0
28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 22:08
Pour le Défi du Samedi, écrire sur le thème de la panne de courant avec la contrainte que le texte comporte au moins 10 nombres.



Ca c'est les six bières, je le savais que ça loupera jamais. C'est pas les trois whiskys, le whisky ça donne la migraine, mais pas l'envie de pisser. Ou alors les deux litres de rouge ? Non, ça ça donne envie de gerber. Nan c'est les bières, sûr. Bon ben quoi qu'il en soit faut que je me relève si je veux pas m'inonder. En pleine nuit. Quelle heure il est, au fait ? Ben il est passé où le radio-réveil ? J'en tiens une, moi... Il est de l'autre côté, suis-je bête !! Enfin j'espère... Ben !! Ben d'où qu'il est parti, c'est quoi ce bordel ? Bon j'allume, tant pis si elle râle.

Clic
...
Clic Clic
...... ???
Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic
......... !!!!!! ???????

Comment ça, "clic" mais pas de lumière ? COMMENT CA ?? Pas de radio-réveil, pas de lumière, je suis pas électricien mais ça sentirait pas la panne de courant ça ? Hum ?
Mais en quel honneur une panne de courant ? Y'a pas eu d'orages, j'ai rien entendu. On a réglé la facture EDF, j'en suis sûr. Chèque de 138.69€, merci bien, un peu qu'on l'a réglée !! Ils ont pas le droit de nous couper le courant, ces fumiers là ! FUMIERS !!

Bon faut que j'arrête de m'agiter, madame commence à grogner... Si ça se trouve c'est de sa faute, elle a encore allumé le four thermostat 15 en même temps qu'elle a mis une machine de serviettes à 90°, réglé tous les radiateurs sur 7 et laissé la télé allumée sur toutes les chaines en même temps. Forcément que ça fait plus de 15 milliAmpères et que ça disjoncte, forcément ! Si c'est pas pour me faire chier alors c'est pour quoi qu'elle a fait ça, hum ?
Mouais...

Ou alors... L'alarme. Le voyant de l'alarme ! Eteint, lui aussi ! Le voyant de l'alarme éteint alors qu'en cas de panne de secteur il est censé clignoter, alimenté par sa batterie interne ou je sais-pas-trop-quoi, pour signaler que l'alarme n'est plus active. Quelle autonomie ?, j'en sais rien. Mais en attendant, il ne clignote même pas. Elle est désactivée depuis combien de temps ?
Bon faut que j'agisse, là.
Les voleurs sont encore sûrement dans la maison. Ils ont dû garer un 38 tonnes devant la porte et ils nous déménagent les meubles depuis plusieurs heures. Ils doivent être au moins cent-cinquante, armés jusqu'aux dents du fond. Si je me lève pour aller les assommer par surprise, je vais me cogner partout et ils vont m'entendre et me fracturer des os et je vais me pisser dessus et ils vont violer ma femme et peut-être moi et foutre le feu pour pas qu'on retrouve leurs traces.
Mouais...
Bon, on va plutôt favoriser le plan B.
Qui est ?
Euh...
Ah oui !
" CHERIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE !!!!! Au secours chérie c'est horrible y'a des voleurs ils ont coupé le courant et ils sont en train de nous piquer toutes les chaînes de la télé et tous les thermostats du four et toutes les ampoules et ils vont te violer avec un 38 tonnes chérie c'est horrible vite enfuis toi et en plus j'ai envie de pisser.
- Calme toi, mon amour...
- Mais chériiiiiiie !!!
- Mon amour, tu as bu hier soir ?
- Oui, un petit peu... Mais que de l'alcool, hein, pas de thé !! Je t'assure que si j'ai envie de pisser c'est parce que...
- Mon amour, tu es fin saoul ?
- Oh chérie, fin saoul, fin saoul... Comme t'y vas ! Disons raide bourré, tout au mieux...
- Mon amour, tu peux te rendormir tranquillement. Il n'y a pas de voleurs. Il n'y a pas de panne de courant.
Mon amour, rappelle-toi : tu es aveugle depuis plus de 15 ans.
- Ah mais oui c'est vrai !
- Tu es rassuré ?
- Oui chérie...
- Je peux éteindre la lumière ?
- Non, laisse allumé. J'ai peur dans le noir... "



Repost 0
28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


 

 

La mort au choix.
 
* Vous choisissez dans chaque catégorie une proposition... construisez votre texte, sans contrainte de styles....
 
       - Vous rencontrez : .... la mort  /   un tueur  /   un saint  /  un membre de votre famille décédé
 
       - Vous : .... réglez vos comptes    /  êtes terrorisé  /  niez l'évidence   /  faites une belote
 
       - Vous avez : .... une cheville cassée /  perdu vos cheveux   /  l'anus qui gratte  /    la migraine
 
       - Un personnage secondaire : .... Nicolas Sarkozy  /  Honoré de Balzac  /  Georges Brassens /  un agriculteur
 
       - Un animal : .... un poisson tropical   /   un python   /  un chat pelé   /   un kangourou
 
       - Un objet : .... un timbre poste de collection  / une 405 GL épave  /  une tapette à mouches / une pompe à vélo
 
       - Un lieu d'action : .... la commune de Sainte Gabelle  /  le parking de Auchan  /  une plage Bretonne / un club échangiste auvergnat
 
       - La météo : .... une canicule / une pluie acide / la tramontane / un froid polaire
 
 
* On rajoute dans son texte un minimum de 5 mots choisis parmi ceux-ci :
       - capuccino

       - homophone

       - starting-block

       - phacochère

       - post-moderne

       - onanisme

       - esthéticienne

       - carbonara

       - prestidigitateur

       - déambulatoire
 
* Et on colle minimum 3 des phrases ou expressions suivantes :
       - Ses pieds sentaient le roquefort
       - Il eut été domage que vous ne fûtes pas là
       - Je suis sans slip aujourd'hui
       - 5200 euros pour une pierre tombale ?
       - Partir un jour loin de vous
       - L'imprimante a rendu l'âme
       - La virginité est une tare indélébile
       - Un poil de cul dans la soupe


 

 

LE TEXTE

 

 


 

  -  J.C. !
  -  ...
  -  Jicéééééééééééééé !!
  -  ...
  -  JESUS, BORDEL DE MOI !!!
  -  Quoi ? C'est bon, tranquille ! T'énerve pas, l'daron ! D'façon t'es même pas mon vrai père...
  -  Ouais ben justement, je vais te renvoyer chez tes parents adoptifs si tu continues ! Tu vas retourner grimper sur les toits et remplacer des tuiles pour l'entreprise familiale, ça va te remettre les idées dans l'ordre.
  -  C'est bon, reste posé, tu vas pas me réécrire la Bible ! Bon, pourquoi tu m'as fait descendre de ma croix ?
  -  Ben faudrait que tu tiennes la boutique pendant mon absence, j'ai besoin d'aller faire un tour en bas...
  -  Ah non, t'abuses grave ! Je suis raide carbonara, j'me suis couché y'a à peine deux heures. Avec les apôtres, on a fumé du python en écoutant du punk-jazz post-modern bulgare et on a fini la nuit à dégueuler dans le déambulatoire J'te jure qu'il faut les suivre, les zigotos, des vraies bêtes de cène !
  -  Nom de Moi, t'es pas possible JC ! Tu sais qu'on est un peu connus, en bas ? Je ne tiens pas à ce qu'on te voie en une de Pèlerin-Match, avec le slibard sur la tête et du vomi dans la barbe. Les affaires sont pas vraiment prospères en ce moment, et on s'est fait piquer le marché de l'irrespect de la femme par les arabes. Et notre nouveau directeur commercial, l'allemand là, avec sa gueule à faire pleurer les enfants c'est pas lui qui va nous faire revenir les brebis à la bergerie. Surtout qu'il s'est entouré d'une bande de VRP, faut voir la fine équipe... Donc si tu pouvais calmer un peu le jeu, le temps qu'on se refasse la cerise.
  -  ...
  -  J.C. ? 'Tain Jésus, réveille-toi ! Bon écoute, va pas falloir que tu tournes au capuccino décapucciné ! Avec le froid polaire qu'il fait en bas, on va rentrer du clodo, du bénévole pour le Téléthon noyé en ayant voulu traverser le Lac de Paladru à la nage, du hors-pistard, de la bigote intoxiquée au monoxyde de carbone dans les églises, du gosse qu'a pas été vacciné, etc... Donc t'as intérêt à être dans les starting-blocks, crois-en-Moi ! Et pis t'es mignon, dès qu'ils sont entrés tu refermes les portes du Paradis, on chauffe pas les rues, hein ! Mais je te fais confiance pour nous faire un de tes tours de prestidigitateur et nous transformer ton poil de cul dans la soupe en croûton dans le velouté d'asperges, hein fiston !
  -  Pfff, trop relou le vieux...
  -  C'est ça, ouais ! Quand je pense à tout ce que j'ai fait pour toi, c'est grâce à moi si t'es en haut de l'affiche aujourd'hui !
  -  Allez c'est bon, file-moi ton brassard de réceptionniste et ta chasuble blanche, j'vais m'en occuper de ton boui-boui. Et vas-y à ta partouze...
  -  Comment tu sais que... ???
  -  Parce que t'as une tâche énorme derrière, ducon ! Un classique chez les débutants, ça...
 

Et meeeerde ! Faut dire que je suis sans slip, aujourd'hui. Ca fait une semaine que j'ai l'anus qui gratte et que je me le beurre au Saint-Doux ou à tout ce qui peut faire office d'onguent. Alors forcément, aujourd'hui sans slip ben l'auréole c'est pas sur la tête que je l'ai... Jusqu'à la semaine dernière je savais que la virginité était une tare indélébile, aujourd'hui je sais que la virilité laisse des tâches indélébiles...
Et maintenant je vais être en retard, avec ses conneries à l'autre hippie. La Mort je la connais, parait que c'est une excellente maîtresse mais elle est rarement en retard, je dirais même qu'elle a plutôt tendance à arriver en avance... Cette semaine je sais pas où elle m'emmène mais j'espère que ce sera moins pourrave que la semaine dernière. Le dépucelage dans un club échangiste auvergnat, ça laisse des traces. Enfin, façon de parler... C'était aussi excitant que Balzac qui décrit une épave de 405 GL sur dix pages, c'est dire. Bon heureusement, La Mort elle est marrante, elle sait foutre un peu de vie dans ce genre d'endroit glauque.
J'aimerais bien me la faire, ce soir. La semaine dernière elle était trop occupée avec un couple d'homos, j'ai pas osé la brancher. Et puis coucher avec sa partenaire dans une boîte échangiste, paraît que c'est mal vu. Mais ce soir j'ai bien envie de la...
Ah tiens la v'là. 'Tain, elle peut pas s'empêcher de klaxonner, faut qu'elle se fasse remarquer. Si ça s'apprend que Dieu couche avec La Mort, je risque d'être taxé d'association de malfaiteurs. Tu m'diras, au Paradis je risque pas d'être inquiété, y'a pas masse de flics et de juges. Mais pour mon image ça craint. Déjà la tâche de graisse au cul, ça fait pas très sérieux...

Bon allez, on y va détendu du gland et ça va bien se passer.


 

**********

 

 

  -  Mais c'est quoi ce connard qui tambourine à la porte, il va me défoncer la Lourdes ??? OUAIS OUAIS J'ARRIVE, ON SE CALME !!
  -  Ouvre Jésus, c'est moi !!
  -  Papa ? Mais qu'est-ce tu fous là? Pourquoi tu passes par la grande entrée et pas par la porte de service?? Et c'est quoi c'te tronche de déterré ?
  -  Ben justement... Disons que j'ai pécho La Mort. Ou c'est elle qui m'a attrapé, si tu préfères.
  -  'Tain le boulet... Donc t'es en train de me dire que...
  -  Que j'suis mort. Comme un mortel, quoi...
  -  ...
  -  ...
  -  Bon ben rentre, je vais passer un coup de fil et voir si on peut espérer un miracle.
Allo Allah ? Ouais, c'est Jéjé. Dis voir, t'as pas oublié ce qu'on a fait aux juifs en 40 ? Ben je vais avoir besoin d'un service et je crois que c'est le moment de renvoyer l'ascenseur...

 

 

Repost 0
27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


 

 

* Les règles :

       - Utiliser 12 prénoms commençant par la lettre G
       - Utiliser 4 villes commençant par la lettre S
       - Utiliser 9  animaux, sauvages ou domestiques
       - Utiliser 8 ustensiles de cuisine
       - Faire intervenir : un huissier, un boulanger, un ostréïculteur,  un curé, un chanteur connu.
 

 

* Utiliser les expressions : 

       - Con comme la lune
       - J'ai perdu ma brouette
       - Ca me gratte de l'intérieur
       - Infection ovarienne
 
* Contraintes :

       - Cela se passe sur une journée
       - Nous sommes en 1950
       - Vous êtes narrateur et non acteur


 

 

LE TEXTE

 

 


 

" Ca me gratte de l'intérieur, chéri.
- Bouge pas, je vais t'arranger ça."
Il lui retira le gode froid et fit l'aller-retour à la cuisine, revint se positionner entre ses cuisses et lui arrangea ça.
Elle gueula un peu, puis elle gueula plus du tout.
" Alors Guenièvre, ça te gratte encore de l'intérieur ?"
Puis il siffla le yorkshire et lui balança l'utérus ablationné de sa pute de maîtresse. Il rinça le dénoyauteur à cerises, sortit son carnet et biffa une première fois.

Il descendit au bar "Chez Ginette", commanda une Gentiane et s'enquit de la présence de la patronne.
La barmaid, aussi aimable qu'une infection ovarienne chez la guenon, lui fit savoir qu'elle avait d'autres chats à fouetter. Il l'attrapa par le colbac, lui écrasa son mégot sur la main et lui réitéra sa question. Moins d'une minute après, elle revint de l'arrière salle en se frottant la main, l'air bougon et à couteaux un peu moins tirés. Elle lui fit un signe de tête vers l'arrière.
L'homme se leva, brisa la nuque de la serveuse en la croisant et se rendit dans l'arrière salle. La dénommée Ginette avait la gueule de l'emploi et l'emploi à avoir de la gueule. Il lui planta sa cuillère à café dans l'œil et lui dit bonjour. Puis au revoir.
Il sortit son carnet, raya le nom et lit le suivant. Guillemette.

Rue de Sèvres, au 12.
" Toc toc toc
- C'est qui ?
- C'est l'huissier. Ouvrez !
- Ah bon ?"
Elle ouvrit la porte, il lui ouvrit le bide avec un couteau à huître piqué chez Ginette.
" Perdu! Je suis pas huissier, je suis ostréiculteur."
Il en sourit encore alors qu'il rayait Guillemette. Il posa la pointe du crayon sur le nom de la suivante.

Le taxi se prit la mauvaise idée de vouloir lui tenir le crachouilloir.
" Moi j'vois j'ai mon cousin germain, hein, notez qu'il est pas d'ici, il est de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, hein. Bon ben j'vois moi mon cousin il est revenu de la guerre avec un œil crevé, hein, bon ben il a continué à faire taxi quand même, hein, et pis c'est marre, hein !  Ah ben tiens, nous y v'là arrivés, ça vous y fait 22 francs.
- Vous prenez le liquide?
- Bah ouais, vous savez d'nos jours, hein ..."
Arrivé à mi-chemin de son œsophage, le fil à couper le beurre lui coupa aussi la parole. Le sang jaillit de sa gorge aussi rapidement que jaillissaient les inepties de sa bouche.
" Vous pouvez garder la monnaie. Et le fil à couper le beurre."

Il entra dans l'école et se dirigea vers la classe des septièmes. La maîtresse leur faisait la dictée lorsqu'il pénétra dans la pièce. Sous les regards curieux de l'assemblée, il alla fouiller dans la trousse d'un fayot de rouquin au premier rang. La fonctionnaire prit enfin la peine d'exiger des présentations.
" Mais enfin qui êtes vous?
- Vous êtes bien Gilda Lerobert ?
- Oui c'est moi, mais qui vous a consenti à pénétrer dans ma classe sans prendre l'usage de toquer à l'huis auparavant?
- Monsieur le Directeur m'a chargé de vous remettre ceci."
Il lui planta le compas du rouquin dans le front.
Il retourna vers le rouquin :
"Tu seras dispensé de géométrie pendant tout le mois. "
Puis s'adressant au reste de la classe :
"Vous me conjuguerez le verbe se vider comme un lapin à tous les temps du climat méditerranéen."
Gilda fut rayée du carnet.

Il se rendit au couvent des Joyeuses Grenouilles de Bénitier de Saint-Jacques-de-Compotier et demanda à voir Sœur Gertrude. Celle-ci n'eut pas le temps de finir son signe de croix que Jésus et son crucifix lui mirent les pieds dans le plat. Lorsque le curé la retrouva dans le tabernacle avec son Jésus planté dans la bouche, il se dit que le Saigneur avait lui aussi constaté que Sœur Gertrude n'avait pas les voies si impénétrables que ça...

La rayable suivante, il fallut la dégoter au milieu des champs.
Ce n'est que lorsqu'il s'entendit gueuler un "Holà mon brave!" qu'il sut laquelle du troupeau n'était pas une vache.
La rougeaude de Salers le dévisagea dans une grimace folklorique, et lui demanda:
"Vous cheurchions queuqu'chose?
- J'ai perdu ma brouette.
- J'a point vu d'beurouette à c't'heure.
- C'est fâcheux car je vais en avoir besoin pour transporter votre corps."
Gilbertine fut égorgée au barbelé puis griffée du carnet.

Des grelots énervants signalèrent au boulanger une entrée dans sa boutique.
Son hésitation à présenter madame la boulangère à l'homme ne dura que les quelques secondes qui lui restaient à vivre avant d'être enfourné.
La boulangère se pointa avec sa tronche enfarinée de boulangère pour demander ce qu'il se passait. Il se passa qu'elle vit la machine à trancher de très près et que si ses pains étaient complets, on ne pouvait plus en dire autant d'elle.

Gwendoline tranchée de la liste, le carnet lui proposa enfin Graziella.
 
Le cabaret dans lequel elle donnait ses représentations avait tout de l'attrape-gogo. A l'entrée, l'affiche annonçait "Grazi la gazelle des steppes" en première partie d'un certain Gilbert Bécaud.
Il entra dans sa loge trop grande pour un si petit talent, elle se retourna  en rejetant son boa en plumes sur son épaule. Le défaut du boa, c'est que c'est constrictor.
Il lui serra le reptile emplumé suffisamment fort autour du cou pour qu'elle ne ressemble plus à son affiche.

Il rentra à l'hôtel, raya le dernier nom de la page, puis déchira les deux pages de G. Celle d'hier, écrite en bleu. Celle d'aujourd'hui, écrite en rose.
Nerveux, il s'attarda sur la page suivante, bleue. Les H.
Il tourna tous les boutons de la gazinière puis revint à son carnet.
Il regarda longuement la nouvelle page et lorsque l'odeur du gaz commença à lui picoter les narines, il prit son stylo et raya la première ligne. Puis il s'alluma une cigarette.


Il était exterminateur de prénoms à la con comme la lune. C'est pour ça qu'on le payait, pour ça qu'on lui filait des listings de prénoms à la con comme la lune. Par eugénisme patronymique, il dézinguait tout ce qui s'appelait moche.
Il s'appelait Hilarion.

 

 

 

Repost 0
26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 

 

 * La forme : libre

  
* Le sujet :  Je cherche du travail
 
* Contraintes :

       - Utiliser 10 sentiments ( haine, amour, amitié, joie, peine, ...)
       - Parler à la première personne du singulier
       - Interdiction d'utiliser : ANPE, ASSEDIC, curriculum, motivation, postuler, entretien
       - Interdiction d'utiliser le verbe "avoir" sous quelque forme que ce soit (participe passé, auxiliaire, ...)
       - Trouver et utiliser 10 mots de plus de 5 syllabes
       - Citer un proverbe de Jean de la Fontaine dans votre texte ( seul endroit où le
          verbe avoir sera toléré.)



 

 

LE TEXTE

 

 


Chers Madame-Monsieur



Je vous écris par la présente afin de présenter une sollicitation parce que je cherche un emploi en rémunération, le cas échéant. J'adore travailler avec des collaborateurs qui sont cools néanmoins qu'ils sont sérieux parce que quand même c'est important d'être sérieux dans le monde de notre siècle. Et je dis ça sans arrière-pensée politique, de tout façon je ne vote pas car j'y connais rien à tout ça, vous pouvez me faire confiance.

Madame-Monsieur, c'est avec bonheur que je vous apporte le plaisir de vous apprendre que je suis l'homme de la situation, voire même. Et pourtant j'aime pas me vanter, mais j'assure grave. Je crois que je touche bien ma bille en arboricultage des jardins et subséquemment en aménagement d'espaces verts de tous horizons, faut voir !

Si vous me prenez à l'essai vous serez pas déçus, c'est du garanti. Mon ancien patron était satisfait de moi un jour, vous pouvez même lui demander si vous croyez que je suis un mytho.

Pour les considérations financières faut pas s'inquiéter, je suis pas un crevard tu sais !

On dit que vous me donnez un chèque comme ça, de la main à la main, ni vu ni connu j't'embrouille les administrations. Hey Madame-Monsieur, si ça vous arrange du liquide on peut en convenir, par contre ce sera un peu plus cher, c'est normal. C'est pas vraiment de la malhonnêteté, moi je dis que c'est plutôt des arrangements entre adultes qu'on s'entend. C'est comme ça que ça marche dans le business mais je vais pas vous apprendre votre métier à votre place.

Ah oui, faut aussi que je vous dise que je suis possesseur du permis A, B, C, O négatif et tutti frutti. Je sais conduire les grues excavatrices et à godet s'il le faut mais mon permis est passé à la machine à laver du coup il est tout niqué qu'on n'arrive plus à rien lire dessus tellement la lessive ça décape incroyable mais faut me croire que je sais manœuvrer ça tranquillou. Si vous êtes dubitantieux, je pourrai vous faire une démonstration dans la cour, je vous fais un créneau avec un tractopelle de la main droite, tu paries Madame-Monsieur ?

Pour être franc, j'vais pas vous la faire à l'envers alors faut savoir que je suis un peu en galère ces temps-ci. Ma femme, celle là qui élève mes enfants (dont deux gravement), est atteinte d'une maladie proportionnellement mortelle. Sur la tête du prophète, c'est pas la joie tous les jours. Mais je dis pas ça pour me la raconter et que vous soyez en pitié. Mais c'est vrai que du coup, comme en plus mon Audi présente un problème de carrosserie suite à des tonneaux divers et variés à vitesse éthylique, ce travail ça serait pas du luxe par rapport à ce que ça coûte.

La voiture, les enfants, vous savez c'que c'est, hein ! Ca pompe de l'argent à tire-les-rideaux !

D'ailleurs comment ça va la petite famille ? Les enfants ça grandit ? Ils empruntent toujours le chemin du parc pour rentrer de l'école ? Je me mêle de ce qui me regarde pas dans mes affaires, mais c'est pas très prudent de laisser ses enfants rentrer seuls de l'école par un chemin aussi désert, surtout avec tout ce qu'on voit dans la télé. Chez TF1 ils disent que des gens désargentés parce que sans travail sont prêts à kidnapper des enfants pour les revendre sur eBay, ça fait peur ça Madame, non ?

Vous allez dire que je passe du coq hallal, mais vous en êtes content, Monsieur, de votre Scenic d'immatriculation 457 CGR 93 ? Aucun souci du côté des freins ? Faut se méfier quand même, ces voitures sont réputées pour ça, les freins qui lâchent sans prévenir, en pleine descente. Curieux, hein ? C'est dangereux ça Monsieur, et ça arrive plus vite qu'on le croit à c'qui paraît…

Comme disait Jean DeMolière, la raison du plus fort est toujours la meilleure, pas vrai ?

Bon allez, je parle je parle mais vous êtes peut-être occupés à du boulot ou à des vacations professionnellement. Je vous dis à bientôt, je suis certain qu'on va être amenés à travailler ensemble dans un futur plus ou moins près.

Veuillez recevoir, Madame-Monsieur, mes salutations bien sincères ma parole !

A+, bizzz.

 

 

Repost 0
25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


* Le sujet : Dois-je envoyer une carte de voeux à mon patron ?

* Les mots imposés :

       - Mésopotamie
       - rabbin
       - sapinette
       - valorisation
       - prémenstruel
       - asystolie
       - acné

* Les expressions imposées :

       - avoir une méchante infection nasale
       - prendre ses jambes à son cou
       - péter dans la soie
       - X-Files était la meilleure série S.F. des années 90
       - Non merci, vraiment non...

 

 

LE TEXTE

 

 

J'hésite. Dois-je envoyer tous mes bons vœux à mon patron ? Je suis dans l'expectative. Voyez-vous, j'hésite.

 
D'un côté il faut se rendre à l'évidence que l'hypocrisie et la banalisation du "Non, merci, vraiment non… C'est trop d'honneurs que vous me faites là… Je ne méritais pas un tel salaire, je ne méritais même pas de salaire du tout…" ont dans le milieu du travail vocation de valorisation et qu'à cet égard ce serait aussi aveuglément crétin d'estimer qu'on puisse faire l'impasse sur l'exercice que de considérer que  X-Files était la meilleure série S.F. des années 90 étant donné que d'une part c'était la seule et que d'autre part c'était à chier.

 
A contrario, il me parait compliqué de me plier à cette exigence si je considère que je ne souhaite rien d'autre que la mort par éviscération publique à ce nabab nauséabond qui est le croisement entre un mormon diabétique parfumé à la sapinette de synthèse et un rabbin valétudinaire à l'asystolie suggérée dont l'acné du cerveau laisse suinter des idées de merdes auxquelles viennent s'agglutiner de zélés subordonnés tout comme les mouches coprophages souffrant d'une méchante infection nasale purulente viennent se coller la gueule au cul de la chamelle de Mésopotamie en période prémenstruelle et prennent leurs jambes à leur cou dès lors que celle-ci a le mauvais goût de vouloir péter dans la soie car le mauvais goût n'empêche pas la pudeur.

 
Alors voyez-vous, j'hésite.

 

 

 

Repost 0
24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


 

Contraintes :

* Ecrire en rime, quel que soit le style : prose, slam, poésie, on s'en fout... des rimes, c'est tout.
 

 

* Placer les mots suivants dans l'ordre précis :
       - Exergue
       - Sexologie
       - Mathématiques Appliquées
       - Muraille
       - Astrologie
       - Bouffoneries
 
* Le sujet :  Je rentre de vacances, je me suis fait cambrioler, et en plus j'ai des morpions !


 

 

LE TEXTE

 

 


Je me suis fait larguer
A la veille des congés payés,
Et j'accuse mon ancienne copine
D'avoir, par vengeance, fait dans la rapine
Car rentré de mes vacances
C'est mon appart qui y était... en vacance.

Faut vous avouer que mon ex ergote
Depuis que je lui ai chié dans les bottes.
Je me suis fait gaulé, elle m'a surpris
En train de faire du sexe au logis
Dans des trous qui ne lui appartenaient pas
C'est le genre de truc qui ne pardonne pas.

Dieu me comprenne, à cette maîtresse je n'ai pu résister
Le style de fille qui mate et m'astique, appliquée.
De colère elle m'a collé dans le mur, aïe,
Et a voulu m'arracher les burnes à la tenaille.
Alors pour fuir ce désastre ô logique
Je me suis barré bronzer en Afrique.

Je ne sais pas quelle est la gueunon
Qui m'a refilé des morpions,
Mais soyez gentils, ne vous étranglez pas avec votre sandwich
En vous marrant de mes problèmes de riche
Car même de celui qui se gratte le pubis,
Pendant que l'on bouffe on ne rit.

 

 

Repost 0
23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


 

Une princesse m'a défié : "Tiens, si t'as rien de mieux à faire que de rien foutre, t'as qu'à écrire un bidule sur le thème Quand les poules auront des dents et les vaches auront des ailes".
Ben vlan!

Dont acte.

 

 

LE TEXTE

 

 


"Quand les poules auront des dents et les vaches auront des ailes", qu'elle m'a répondu.
Je me suis dit que c'était pas demain la veille ce qu'on pouvait faire le jour même, mais j'ai espéré surtout que ça ne tomberait pas un mercredi où j'ai compèt' de caté.
J'ai demandé à la maîtresse qui sait plein de choses et elle m'a confirmé que la veille ben c'était pas pour demain. Et c'est tant mieux, parce qu'on était mardi.

Alors j'ai demandé à mon pote Hervé, un grand.
Hervé il sait plein de trucs, même s'il fait pas maîtresse comme métier. Il connaît toutes les tables de multiplication des verbes irréguliers et toutes les capitales de pays qui ne sont même pas en France.
Il m'a dit que pour que les poules aient des dents et les vaches aient des ailes, il faudrait faire des croisements. Moi le seul croisement que je connaisse c'est celui dans le village entre la Rue Grande et la Grand Rue et je pourrai jamais faire un croisement vu que je sais pas conduire un tractopelle. Il a dit que ha ha ha puis mais non, un croisement entre des animaux : une poule avec un taureau ou une vache avec un coq. Et il m'a expliqué comment on faisait les poussins et les veaux et les bébés. Ben dis, ça a l'air drôlement dégueulasse!
Il a dit que ha ha ha et que je payais. J'ai dit que oui mais que je gardais la monnaie pour m'acheter des bonbons et il a dit que ha ha ha.
Hervé il est savant comme s'il n'avait jamais redoublé mais il interjecte quand même beaucoup.

On a donc entrepris d'emmener la poule au taureau. J'ai tenu la poule pendant qu'Hervé farfouillait entre les cuisses du bestiau. Hervé il a dit qu'un taureau ça avait une vraie bite de cheval mais que la poule arrivait bien à sortir un œuf sans broncher du sourcil alors qu'elle allait sûrement pas sentir grand-chose. Il a graissé la bite du taureau avec du beurre puis j'ai embroché la poule dessus.
A défaut de dents, la poule s'est retrouvée avait vingt centimètres de quéquette qui lui sortait du bec.
J'ai demandé à Hervé si ça avait marché, il a répondu que ha ha ha non. Puis j'ai demandé si c'était pour ça que quand une poule ouvre le bec on dit qu'elle quaquette et il a pas répondu.
Hervé a dit qu'on aurait peut-être du prendre de la margarine et aussi un taureau moins gros. Alors on a essayé avec de la margarine et avec un veau mais la nouvelle poule s'est retrouvée avec dix centimètres de quéquette qui lui sortait du bec. Hervé a traité l'animal de veau-rien.

Alors Hervé a dit qu'on allait plutôt essayer de faire avec un coq et une vache. La vache a senti comme une piqûre d'insecte derrière elle, elle a donné un grand coup de queue et le coq s'est retrouvé écrabouillé sur sa croupe.
Hervé en a conclu que les poules, comme José Bovin, étaient anti-OGM (Ovipares Génétiquement Modifiés).
Du coup, on en était revenus au même point. On était à la veille de demain, mais pas à celle technologique.

Mais il n'était pas dit que demain ne serait pas la veille d'après-demain...

J'ai donc filé dans ma chambre sans que le père n'ait eu à m'y pousser du pied droit et j'ai fouillé dans mon coffre à jouets. Puis je suis allé à la cuisine alors que j'avais même pas faim et j'ai confisqué à la mère deux de ses ustensiles.
Puis je suis allé piquer une poule à un grand-père et une vache à un autre. Après tout, qui vole un œuf vole un bœuf.
J'ai collé mon dentier de vampire dans le bec de la poule et j'ai attaché les deux plumeaux sur le dos de la vache, à l'aide de tendeurs.

Tirant la poule au bout d'une corde, la vache sous le bras (ou peut-être l'inverse, j'ai pas la mémoire des détails), je me suis rendu chez la princesse. Je lui ai présenté mes animaux customisés et, sûr de mon coup, lui ai annoncé fièrement :
"Ca y est, aujourd'hui c'est demain la veille. Les poules ont des dents et les vaches ont des ailes. Donc maintenant tu peux me montrer tes lolos !"
Elle a éclaté de ha ha ha, comme si elle s'était super doutée de la cherie.
Puis elle a déboutonné son chemisier et a dégrafé son soutien-gorge.
"Ton abnégation mérite bien une récompense..."

Elle m'a exhibé ses seins.

Les plus gros seins que j'ai jamais vus en vrai de ma vie ! Pas parce qu'ils étaient gros, mais parce j'en avais jamais vus en vrai de ma vie.
"Tu peux toucher, si tu veux."
J'ai posé ma main sur son sein droit, l'ai caressé doucement, me suis même étonné de la douceur de cette peau presqu'adulte.
Puis j'ai baissé les yeux et ai regardé vers mon slip. J'ai posé ma main sur ma quéquette et, oh...
J'ai éclaté en sanglots.
"Ben quoi, qu'est-ce qu'il y a ?"
- Princesse... je crois que je suis pédé."

 

 

Repost 0
22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


Ecrire en 25 lignes maximum un texte en plaçant les mots improbables :

* Rodomontade   ((nom féminin). Action, paroles de rodomont, fanfaronnade)
* Abscons   ((adjectif). Difficile, obscur)
* Oxymoron   ((nom masculin). En rhétorique, réunion de deux mots de sens opposés)
* Déreliction   ((nom féminin). Etat, sentiment d'abandon)
* Thuriféraire   ((nom masculin). Celui qui porte l'encensoir dans une cérémonie du culte)

 

 

LE TEXTE

 

 

- Et voilà, on est perdus… Elle est nulle ta carte routière !
- Je comprends pas, elle est toute neuve. Edition 2009, couverture cartonnée et tout!
- Tu parles d'un t'abscons, oui ! Ils disent de prendre la première à droite déréliction Briançon, mais nous voilà bien seuls au milieu de nulle part. Et en plus la voiture commence à fumer noir, ferme les fenêtres !!
- Nous qui voulions le grand air pur, on se retrouve encore dans les gaz d'échappements comme à Paris. "Oxymoron nous les poumons", que tu me disais. Ben c'est un succès raté sur toute la ligne !
- Faut dire qu'on est en montagne, t'as vu comme ça grimpe ? J'ai jamais vu une rodomontade aussi longue, tu m'étonnes que le moteur ne fanfaronne pas trop… Vivement qu'on arrive là haut.
- La prochaine fois on prendra le train. Les transportements thuriféraires c'est vraiment l'idéal pour t'amener à l'Encens-Vercors.
- En tous cas, laisse-moi te dire que c'est la dernière fois que j'achète une carte routière de la marque Larousse !

 

 

Repost 0