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Qui Ça?

  • : Stipe se laisse pousser le blog
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  • : Je m'étais juré sur la tête du premier venu que jamais, ô grand jamais je n'aurais mon propre blog. Dont acte. Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser des commentaires dithyrambiques ou sinon je tue un petit animal mignon.
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La cour des innocents

La Cour des Innocents - couv - vignette

Dates à venir

- samedi 2 août, en dédicace à la Librairie Montaigne (Bergerac) de 10h à 12h

- samedi 30 août, en dédicace à la Librairie du Hérisson (Egreville)

- dimanche 9 novembre, en dédicace au Grand Angle dans le cadre du salon Livres à Vous de Voiron.

6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 10:27
Pour les Impromptus Littéraires, sur le thème de la relativité.


Bon, une particule de masse m possède intrinsèquement une énergie E.
Même si elle est au repos? Ben oui, je suis-t-y bête, même si elle est au repos.
Bon ça, c'est ok.
Et avec ça, je fais quoi ? Si je les additionnais, tiens! Ah ben non, on va encore me dire que j'additionne des choux et des carottes...
Faut que je me concentre, je commence à faire n'importe quoi...
Allez reprenons.
Alors d'un côté j'ai une particule de masse m. Par exemple si on prend...

"ALBEEEEEEEEERT, ON MANGE !!
- oui oui, j'arrive..."

Donc je disais, par exemple si je prends un petit caillou. Admettons que je suis dans un train qui roule à une vitesse constante de... allez 100 km/h. C'est plus facile pour les calculs. Et puis aussi, on aurait dit que le soleil est à l'exacte perpendiculaire de l'hypoténuse du wagon-couchette. Pourquoi pas ?
Admettons toujours que dans un référentiel espace/temps on symboliserait l'invariance par une lettre grecque. Ah ouais, c'est bon ça!  Les lettres grecques dans une équation ça claque, ça fait tout de suite scientifique.
Donc j'ai mon petit caillou d'une main, mon invariance machin-bidule en lettre grecque de l'autre main, mon billet composté dans la poche, et un train lancé à 100km/h tout autour de moi.
Si je lancerais mon caillou (référentiel pierre) très très très fort dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (référentiel temps) au moment où les photons viennent...

"ALBEEEEEEEEEERT, J'VAIS PAS TE LE REPETER 150 FOIS !! ON-MAN-GE !!"
- ouais ouais, ça vient..."

Et voilà, j'ai fait une rature à cause d'elle! Qui c'est qui va tout se faire gronder par la maîtresse ? C'est elle peut-être ? Non, c'est moi, merci bien.
J'en étais où ?
Ah oui, j'ai lancé le caillou avec les photons gnagnagna de la masse intrinsèque poïpoï sur le chihuahua.
Mince, j'ai oublié mon énergie E dans tout ça. Zut, où je vais la caser ?
Bon vas-y, ça commence à me courir sur le haricot vert, j'vais te multiplier tout ça par la vitesse de la lumière au carré, j'aime autant te dire que les photons ils vont pas faire le voyage à vide! Pis avec le nombre de zéros que ça va faire, y'a intérêt à avoir un grand tableau et une craie neuve. Fallait pas m'énerver, voilà, z'ont tout gagné ! Et pis aussi je ...

"ALBEEEEEEEERT, DERNIER AVERTISSEMENT !! TU VIENS TOUT DE SUITE OU SINON TA SOUPE VA REFROIDIR !!!
- voilà voilà, c'est bon..."

'Je viens tout de suite sinon ma soupe va refroidir'. Pfff, tu parles d'une hérésie. Elle est consciente que ma soupe ne fait que ça, refroidir. Chaque pouième de nanoseconde qui passe, ma soupe refroidit invariablement, jusqu'à atteindre sa température constante qui sera celle de l'assiette, qui elle-même sera celle de la pièce, le tout pondéré par les coefficients dilatatoires de masse trucmuche par l'autoroute de Chartres. Alors que je vienne ou pas, ma soupe va refroidir, bécasse de mère! Et même si je viens tout de suite, il va se passer quoi ? Ma soupe va arrêter son processus de refroidissement comme on s'arrête de respirer ? Non, bien sûr que non ! Tout est relatif, hein !
Tiens, un jour je vais écrire une équation là-dessus, un théorème avec un nom compliqué et plein de lettres grecques dedans et des racines carrées de cosinus et des dérivées scalaires et des vecteurs trigonométriques à impulsion magnétique et des...

"ALBEEEEEEEEEERT, JE TE PREVIENS JE MONTE !!
- nan c'est bon, je descends...
- ah, ben c'est quand même pas trop tôt!  Qu'est-ce que t'étais en train de ficher encore ? J'espère que t'étais pas en train d'écrire des équations !!
- Non non, je jouais à couper les rideaux de ma chambre avec des ciseaux...
- Ah bon, j'ai eu peur... Bon et sinon, t'as eu combien en football ?
- 2 sur 20
- Quoi ? Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi... 2/20 c'est méga nul, maman elle est pas contente!
- C'est quand même mieux que 1 sur 20
- Oui c'est sûr, tout est relatif..."

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 21:36



Mon héroïne, délires poéthyliques
Bukowski me pardonne mes errances bucco-licks
Décalqué comme pas deux, je relie mais écrie
Nos corps à corps, double orgasme de mes faux lits.

Claquer l'élastique de mon spleef
Tirer quelque taf des cris durs de mon kif
Brown cigare entre les lèvres
Bois le sirop des râles, tire ma sève.

Cacheton sain
Que je ne saurai voir
Descente obligatoire dans la Forêt Noire
En bave hier de ce jour remettre à deux mains

Elle laisse des
Traces, la root dure et gaie
Inspirer est-ce prier?
Ce qui est pris hier n'est plus approprié.

Naturisme psychotrope de Saint-Trip
Envie des hauts, mater des clopes entre sa lippe
Et vice-versa, et verse ça dans le vice
Et frôle l'overdose de sévices

Sublimation tend trique
Défioncée aux acides phalliques
Lesbien raisonnable ce plaisir onanique?
Erotisme hérotomane au climax onirique

Rail de coq pour transport fier ovaire
Si je suis tombé par terre c'est la faute à Vulgaire
Le nez dans le caniveau, y'a pas photo
Sniffe sniffe, je fume trop.

Fait-ce Dieu me pardonne cette pipe
D'opium, avaler la fumée de c'type.
Encore et toujours cracker l'élastique de mon spleen
Ma drogue dure toujours et en corps, mon héroïne.


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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 23:58
Pour le Défi du Samedi, la consigne #58 était grosso-modo la suivante :

Consigne #58

Les éditions “DÉFI DU SAMEDI” cherchent pour  leur nouvelle collection “Yeux grands ouverts” des auteurs de littérature jeunesse.

La collection “Yeux grands ouverts” sera destinée à un public de 5 à 8-9 ans (enfants qui commencent à lire seuls) et se propose de faire découvrir aux apprentis lecteurs les réalités du monde. Tous les thèmes de société peuvent être envisagés, en quelque endroit de la planète que ce soit. Un seul thème sera traité par album.

Les auteurs rédigeront, également, la quatrième de couverture qu’ils placeront en tête de leur production et n’oublieront pas de donner un titre.





Quand je serai grand, je veux faire adulte comme métier

*********************************

A cet âge on se pose énormément de questions.
Parfois parce que l'on découvre, parfois parce que l'on est déçu voire trahi et qu'on aimerait comprendre, parfois parce que l'on pensait savoir mais que l'on se rend compte que ce n'est pas le cas.
Théolasque (7 ans) et son papa s'adonnent au petit jeu des questions-réponses.

*********************************


"Je peux te poser une question ?
-  Je suis un peu occupé, mais je t'écoute.
-  Pourquoi on est obligé de travailler quand on est adulte ?
-  Et bien il faut gagner de l'argent pour acheter à manger et des habits et de l'essence pour mettre dans la voiture pour aller au travail...
-  Si on n'a pas d'argent on est malheureux ?
-  Non. Enfin si... Tu sais l'argent c'est bien d'en avoir pour acheter des jouets et des gâteaux, mais si on n'en a pas et qu'on n'a pas de jouets et de gâteaux ben on peut être heureux quand même. Il paraît. Moi je crois que c'est pas vrai mais bon...
-  Et pourquoi les patrons sont toujours méchants ?
-  Ils ne sont pas méchants. Mais c'est comme le maître à l'école, il faut de l'autorité pour que tout le monde travaille bien et si quelqu'un fait n'importe quoi il se fait gronder et alors on le trouve méchant alors qu'en vrai il est gentil quand même.
-  Oui, c'est vrai...
-  Mais tu le sais tout ça, tu as déjà oublié ?
-  Non mais c'est parce que des fois je suis plus très sûr, je croyais que ça se passait comme ci mais ça se passe comme ça.
-  C'est pas grave. Bon, je vais retourner...
-  Non attends, je voulais savoir aussi pourquoi les gens font la guerre. Et pourquoi ils ont souvent l'air triste. Et divorcer, c'est mal ? Et si Dieu existe, alors pourquoi il a pris ma sœur alors qu'elle croyait en lui ? Pourquoi c'est si difficile d'aimer ?
-  Ecoute... Il y a des questions qu'on se pose mais qu'on n'a pas envie d'avoir les réponses. Les adultes sont parfois bizarres. Ils font des choses bêtes, soit parce qu'ils sont méchants, soit parce qu'ils sont malheureux, soit parce qu'ils sont maladroits, soit parce qu'ils sont égoïstes.
-  Oui, c'est pour ça que des fois on croit qu'on sait un truc et après on se rend compte que c'est pas exactement comme ça alors on pose des questions.
-  Tout à fait. Alors il faut que tu arrêtes de te poser toutes ces questions et que tu essaies de trouver certaines réponses tout seul.
-  C'est nul d'être un adulte !
-  Mais non, faut pas dire ça. C'est aussi bien que d'être un enfant. La différence c'est que l'enfant a des questions mais n'a pas les réponses. Alors que l'adulte a des réponses, alors il s'invente des questions.
-  Tu sais, on dit qu'un adulte c'est un enfant qui a acquis des choses. Mais c'est l'inverse, un adulte c'est un enfant qui a oublié des choses.
-  Je ne comprends pas ce que ça veut dire, tu m'expliques ?
-  Non, pas grave...
-  Ca y est, tu as fini avec toutes tes questions ?
-  Oui, j'ai fini.
-  Tu te sens mieux ?
-  Oui.
-  Bon alors je peux retourner jouer dans ma chambre ?
-  Oui. Merci de m'avoir écouté.
-  De rien, Papa. Et n'hésite pas, si tu as d'autres questions... "

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 21:24

Aujourd'hui en France avait lieu le traditionnel défilé du 1er mai selon les syndicats. Du 19 février selon la police.

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Published by Stipe - dans Trucs du jour
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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 08:19
Pour les Impromptus Littéraires, sur le thème du marché aux puces.


-  Bonjour monsieur, vous cherchez quelque chose ? J'ai absolument tout, dites moi de quoi vous avez besoin.
-  J'ai besoin de rien...
-  Ah ça j'ai pas.
-  Donc vous n'avez pas tout, puisque vous n'avez pas rien.
-  En effet, j'ai tout sauf rien.
-  C'est ennuyeux car j'ai vraiment besoin de rien.
-  Tout au début j'avais rien du tout. Puis j'ai eu un premier quelquechose en échange.
-  En échange de quoi  ?
-  De rien.
-  C'est pas cher. Et donc vous êtes passé du rien du tout au tout au tout ? Ben dites donc, c'est pas rien...
-  Oui mais c'est pas tout. Donc au début j'avais quatre fois rien et...
-  Vous l'aviez en quadruple ? Je comprends que vous ayiez voulu faire des échanges...
-  Ou des greffes.
-  Des greffes de riens ?
-  On n'a rien sans rien.
-  Et vice-versa. Et donc après vos échanges vous n'aviez plus rien ?
-  Au contraire, j'avais tout.
-  En quadruple aussi ?
-  Non, c'était trop risqué. Imaginez que j'en aie un seul de plus, je me retrouvais avec une quinte de tout.
-  C'est tout ou rien, faudrait savoir !
-  Justement, c'est tout pour aujourd'hui.
-  Rien à ajouter ?
-  Ben non, forcément ! Puisque je n'ai pas rien, je ne peux pas l'ajouter.
-  Ca ne fait pas mes affaires, tout ça.
-  Et encore moins les miennes... C'est un rien tranquille aujourd'hui.
-  En tout et pour tout, vous avez vendu quoi ce matin ?
-  Rien.
-  Zut alors, j'aurais dû passer avant...
-  Ah ça, c'est le charme des marchés aux puces. En un rien de temps on peut tout perdre.
-  Surtout son temps.
-  Pourquoi vous dites ça ?
-  Pour rien... Bon, c'est pas tout, mais je vais devoir vous laisser, sinon on va passer la journée à parler de tout et de rien. Bonne journée, et merci pour tout.
-  De rien.

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 17:38
A compter d'aujourd'hui et jusqu'à demain, il sera fait mention d'un de ces Hommes qui ont fait  l'Histoire.

Aujourd'hui : Toto
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Published by Stipe - dans Hommages
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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 06:00
Toujours sur le thème de la lettre d'adieu...


Re :‏     devine quoi?
De :     Lui    (lui@hotmail.com)
Envoyé :     mar. 21/03/09 22:50
À :        moi    (moi@yahoo.fr)


>> Je suis venu te dir'que je m'en vais
Ahhhhhh, à la bonne heure!!

>> et tes larmes n'y pourront rien changer
T'enflamme pas, je ne pleure pas et j'ai surtout pas l'intention de te faire changer d'avis.

>> comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
Ah ben ça, quand on choisit de rompre en mars faut pas s'étonner qu'il fasse un temps pourri

>> je suis venu te dir'que je m'en vais
Oui oui ben casse toi, vas-y, j'te regarde.

>> tu t'souviens des jours anciens et tu pleures
Des jours anciens? Tu crois p't'être que je vais chialer en repensant à toutes les fois où tu m'as bâclée??

>> tu suffoques, tu blémis à présent qu'a sonné l'heure
Je sais que j'ai jamais eu le réveil facile, mais là t'inventes! Au pire je toussote un peu…

>> des adieux à jamais
Sans problème, au contraire…

>> oui je suis au regret
>> d'te dir'que je m'en vais

Ben fallait y penser avant, mon p'tit bonhomme!

>> oui je t'aimais, oui, mais
Oui mais quoi? Mais t'avais peur de pas pouvoir faire tes lacets tout seul? De pas trouver le frigo dans la cuisine? La cuisine, tu sais c'est cette porte mystérieuse en face celle des cabinets. Tu devais la voir quand tu faisais caca vu que tu laissais toujours la porte grande-ouverte. Ben voilà, maintenant tu sais tout : c'est de derrière cette porte que venait le manger…

>> je suis venu te dir'que je m'en vais
T'as appris à te servir du copier/coller, c'est bien! Et sinon, t'es venu pour quoi au fait?

>> tes sanglots longs n'y pourront rien changer
T'as raison, sale mytho. Compte là-dessus…

>> comm'dit si bien Verlaine "au vent mauvais"
Il présente la météo sur quelle chaîne, ton gars?

>> je suis venu d'te dir'que je m'en vais
Oui enfin t'es pas vraiment venu me le dire, hein ! Tu m'as wizzée sur MSN et comme j'ai pas répondu, tu m'as envoyé un mail.

>> tu t'souviens des jours heureux et tu pleures
Ah ben là, pour me souvenir des jours heureux il va me falloir un effort de concentration…

>> tu sanglotes, tu gémis à présent qu'a sonné l'heure
Nan mais c'est bon avec ça! Et toi au réveil, tu t'es vu? Laisse moi te dire que tu refoulais du gosier, mais alors quelque chose de mignon!! Et ton épi sur le côté droit, on aurait dit que tu t'étais fait empailler un hérisson écrabouillé sur la tête, c'était d'un ridicule!

>> des adieux à jamais
Euh… avant faudrait peut-être que tu me dises quand tu peux passer reprendre tes affaires. Demain je peux pas, tu sais bien que le jeudi j'ai badminton. Après-demain si tu veux, j'enregistrerai Thalassa et pis c'est tout.

>> oui je suis au regret
>> d'te dir'que je m'en vais

Le CD de Bashung, j'me rappelle plus si c'était à toi ou à moi? Je crois que c'est Bruno et Nanou qui me l'avaient offert pour un anniversaire, non?
Le truc en rotin pour accrocher les clés, tu sais qu'est dans l'entrée là? Avec un baromètre ou un thermomètre ou un dynamomètre ou je sais pas trop quoi. Bon ben lui tu peux le prendre, ça me fait plaisir. Le chien pareil, t'emmènes. Le cric, la boîte neuves de piles, l'ancien modem, les gosses, le reste de nouilles, le porte-savon, le calendrier de l'année dernière, tout ça t'embarques, zou!
Par contre tu me laisses la maison et la bagnole.

>> car tu m'en as trop fait

Ah ben alors ça c'est la meilleure, ça va être tout de ma faute maintenant!
T'as pas pu t'empêcher de finir par une vacherie!
Tu me fais le joli cœur : "je suis venu te dire gnagnagna", "les sanglots longs des violons de l'automne monotone et mon cul sur la commode blablabla", "Verlaine prévoit nuageux sur Beauvais, vent sud-sud-est force 5", et vas-y que j'te tartine du miel, et que j'te fais mes adieux 15 fois, et patin-coufin!
Tout ça pour quoi? Pour venir encore me chialer que je t'en ai trop fait… Ah ben y'en a qui s'mouche pas du genou, à ce que je vois!
Pauvre petit chaton, tu veux pas que je te fasse un bisou sur le front?
Allez dégage, tu m'énerves!!

Tiens tu sais quoi? Ce week-end encore tu m'as dit "je t'aime".
Moi non plus.
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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 05:00
Pour le défi du samedi d'après, la consigne était de rédiger une lettre d'adieu assez courte (500 caractères maxi) :



Dieu,
 

Au cours de ma prière quotidienne en date du 21 avril 2009, je t'ai sommé de t'expliquer sur divers agissements dont tu t'es rendu coupable :
- nomination d'un Pape con comme une valise sans poignée
- guerres dans le monde, plein
- défaite du PSG à domicile

Ces faits constituent une faute grave que je ne saurai tolérer plus longuement.

Je suis donc au regret d'opposer une fin de non recevoir à ma croyance en ta personne. Cette cessation sera effective dès le point final de cette phrase, au terme de laquelle je ne prononcerai même plus ton nom.

Adieu.

p.s. : et merde...

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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 14:38
Pour le Défi du Samedi, la consigne était la suivante:

Consigne #56
Sous le signe de la littérature...Vous pouvez 'louer' ou inviter un écrivain le temps d'un diner.
Qui invitez-vous ? Pourquoi ? De quoi parlez-vous ?
Avec possibilité d'inviter un écrivain décédé, bien sur. Et de développer l'intrigue... A vous de jouer !




C'était encore mon bureau. Mais plus pour longtemps, puisque j'étais en fin de bail et que McKelvey devait fignoler les derniers détails de mon expulsion. Vu que l'air conditionné avait rendu l'âme, il y faisait aussi chaud qu'en Enfer. Une mouche se traînait sous mon nez. D'une chiquenaude bien appuyée, je la rayai du tableau, et j'étais en train de m'essuyer les doigts sur mon pantalon quand le téléphone sonna.
Je décrochai.

- Mouais, grommelai-je.

- C'est moi, m'apprit la voix. Je passe diner ce soir, je dois te présenter quelqu'un.

C'était toujours simple avec lui, pas de chichis. Du genre à te retourner une réponse positive au carton d'invitation que tu ne lui avais jamais envoyé.

Je passai à l'échoppe en bas pour m'approvisionner en vin. Pour la bouffe je pris des cacahuètes mais aussi quelques sandwichs, des fois que son quelqu'un ne sache pas se contenter d'arachides.


J'avais pas l'air, mais mine de rien ça me faisait plaisir de le revoir. Et puis sa voix avait été plutôt rassurante. Enjouée? Peut-être bien…


Il se pointa très tard, mais pas en retard étant donné qu'il ne m'avait pas précisé d'heure. J'avais été tellement surpris, au moment même où il avait franchi la porte, de déceler comme un sourire sur sa tronche ravagée par les excès que j'en avais oublié le quelqu'un en question. On s'était embrassés comme deux vieilles canailles et on s'était mutuellement assurés qu'on allait pas trop mal.

Puis il me désigna la raison de son invitation. Une espèce de putain pulpeuse tant que cadavérique, fagotée dans des haillons provocants. Son visage n'était que son propre reflet et manifestait aussi peu d'expressions que le paillasson qui lui servait de présentoir.

Alors il était venu pour ça, pour me montrer qu'il trompait Linda avec un rejet de la rue?


- Je te présente Lady Dess. Lady, je te présente mon vieil ami.


- Enchanté.


En réponse, un hochement de tête. J'avais bien fait de prévoir large sur le vin, j'allais en avoir besoin pour que cette soirée ressemble à quelque chose de plus gai qu'une veillée funèbre.


Comme prévu, en fait de diner on passa notre temps à vider une bouteille de whisky dans un premier temps puis quelques autres d'un vin français dans les temps suivants. La lady se contentait de tremper ses lèvres dans le verre qui n'était pourtant pas si crasseux que ça.

Charles me parla de lui, du fait qu'il se sentait vieillir, de son argent claqué aux courses, du relatif succès de son dernier bouquin.
J'avais fini par en oublier la présence de quelqu'un, au point que je faillis ne pas même m'apercevoir quand elle s'était levée pour prendre congé. Sans même un signe ostentatoire de salutation, elle se dirigea vers la porte et juste avant de refermer celle-ci derrière elle, elle prit la peine de considérer mon existence.

- Au revoir. Nous aurons l'occasion de nous rencontrer à nouveau..., me murmura-t-elle dans une voix à mi chemin entre le rauque et le sensuel.


Puis elle s'éclipsa définitivement.


- Qu'est-ce qu'elle a ? je demandai. J'ai dit une connerie, je l'ai vexée?

- Elle avait sûrement une urgence, elle a des astreintes.


- Charles. C'est quoi cette putain que tu m'as ramenée?


Il nous resservit du vin et toussa la fumée de sa clope dans un crachat catarrhal.

- C'est ma nouvelle quête. Je l'ai dans le sang. Je ne pense plus qu'à elle. Je n'ai plus d'espoir et j'ai plus de soixante-dix années au compte-tours. Tiens, c'est elle qui sera l'héroïne de mon prochain bouquin. Tu comprends, Lady Dess je l'ai dans le sang, c'est ma dernière compagne.


On était tous les deux saouls comme des routiers et pourtant il me restait suffisamment de lucidité pour voir sur son visage cassé ce mélange de satisfaction et de mélancolie, de peur et de sang-froid.

On se finit au vin et à la cacahuète, à se parler de nos vies. Surtout de la sienne. Au moment des bilans il ne reste jamais assez de vin dans les verres pour faire passer le goût de l'amertume.


Il repartit raide bourré. Je ne le revis jamais.


Pulp, son dernier bouquin, raconte l'histoire d'un privé chargé par Lady Death, plus communément appelée La Faucheuse ou La Mort, de retrouver Louis-Ferdinand Céline afin de se "l'offrir".

Charles Bukowski avait tout juste terminé l'écriture de Pulp lorsqu'une leucémie l'emporta au royaume des poivrots. Par cette œuvre ultime il signa son épitaphe d'une dernière pitrerie, donnant le premier rôle à cette Lady Death qu'il avait effectivement dans le sang. Sang-froid ou culot, il avait pensé à me présenter sa dernière compagne. De mon côté, j'avais pensé à oublier de lui dire que je l'aimais beaucoup.

Tu parles d'un dernier souper de cons…


Les premières phrases de ce texte sont des vrais zestes de Pulp.

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 13:33
RAPPEL HISTORIQUE


C'était en été, ça il s'en rappelle comme si c'était hier. Quoi que hier on était au printemps... Alors c'était sûrement au printemps. Quoi qu'il en soit, il venait de terminer un sudoku force 7 sur le score sans appel de 3-0. Il avait donc entrepris de compter le nombre de grilles différentes et possibles qu'offrait ce jeu. Il en était à un lorsque le facteur posa sa mobylette sur la béquille et s'en toqua à l'huis.
Stipe, n'écoutant que son oreille beaucoup plus que son courage, s'enquit de la présence sonore de cet opportun en ces termes : "quoi, qu'est-ce que c'est encore? On peut jamais être tranquille, bordel de merde?".
- C'est le facteur, répondit le préposé aux calendriers zoophiles, j'ai un pli pour vous.
- Un pli, malicieusement répondit-il, et bien repassez avant que je me froisse!

Son sourire auto-satisfait ne dura pas bien longtemps, oh ça non! Et pour cause, toujours tu m'intéresses : le postier venait de lui remettre, une fois de plus, cette putain de liste d'obligations à respecter pour l'écriture de sa nouvelle.

La vie, j'vous jure, y'a des jours on lui marcherait bien sur l'autre pied pour voir si ça fait de la musique.



LES REGLES


Attention ! votre histoire (nouvelle, pièce en quatre actes, sonnet...) devra donc obligatoirement commencer par la phrase suivante :
 
>>>        Elle s'ennuyait, à crier.        <<<
 
vous prendrez grand soin de caser de façon plus ou moins outrecuidante TOUS les mots suivants, dans l'ordre qui vous chantera :
 
* Amidonner 
* Angora 
* Bissextile 
* Bon au porteur 
* Boulodrome 
* Califourchon 
* Carpette 
* Cathédrale 
* Chihuahua 
* Cuniculture 
* Foulard 
* Friteuse 
* Gérontophobe 
* Hermétique 
* Mâchicoulis 
* Malfaçon 
* Ostréiculteur 
* Paprika 
* Paroissien(ne) 
* Péripéties 
* Petite jupe noire 
* Procrastination 
* Râble 
* Renoncules 
* Rhododendron 
* Sarabande 
* Sublimation 
* Tohu-bohu 
* Trublion 
* Tubulaire 
* Ubuesque 
* Vinyle 
* Virtuose 
 
 
Et puis, tant que nous y sommes, les expressions suivantes : 
 
- Rita, donne-moi ton coeur 
- Casser sa pipe 
- Passer l'arme à gauche 
- Ça ne mange pas de pain 
- A force de volonté 
- Mon royaume pour un... (compléter au choix) 
- Conter fleurette 
- Autant que faire se peut 
- Moi, j'dis ça, j'dis rien 
- Bon an, mal an 
- Bander comme un pendu 
- Dame oui ! 
- Grand bien te fasse 
 
On peut conjuguer les verbes, mettre les noms et adjectifs au pluriel, bien entendu.
 

Vous veillerez à inclure dans votre texte les quatre situations indiquées ci-dessous. Comme il vous plaira. 
Vous pouvez les mentionner brièvement, vous y attarder, en faire toute une histoire, le lapin peut être russe, le mariage orthodoxe ou pas, le métro aérien, le couple légitime. 
Hopla.
 
- décès d'un petit lapin 
- mariage en province 
- incident technique dans le métropolitain  (ou RER)
- couple surpris dans l'exercice de ses fonctions



LE TEXTE


Elle s'ennuyait, à crier.
Faut dire que sa vie n'était qu'une succession d'échecs, tous plus cuisants les uns que les autres. En virtuose du fiasco, elle persévérait dans la médiocrité.

Aujourd'hui elle s'ennuyait. C'était normalement l'occupation dévouée au mardi mais mardi étant tombé le premier jour du mois, qui est lui réservé à la procrastination, elle avait dû repousser au mercredi.
Le mercredi étant voué au suicide raté, elle aurait au moins pu tenter de faire d'une pierre deux coups et mourir d'ennui, non? Enfin bon, moi j'dis ça, j'dis rien. Mais je t'en fous, le suicide raté était bien une des rares choses qu'elle réussissait….
Elle en connaissait un rayon en manières de casser sa pipe. Godiche, comme sa mère avant elle et comme la mère de sa mère avant elle. Dans la famille, le suicide raté était une tradition, une sorte de tare congénitale qu'on se retransmettait comme la culotte de cheval ou le strabisme biglouchant.
Elle avait naturellement tenté la défenestration, le grand saut dans le vide, mais son vertige latent l'avait conduit à se jeter sur le parquet du haut de la carpette. Elle avait atterri un demi centimètre plus bas, aussi vivante qu'un quart de seconde plus tôt.

Elle avait bien entendu essayé de se jeter sous le métro, mais elle avait omis de se renseigner sur les horaires des attentats, en ce jour de juillet 1995. Elle avait du écouter toute la journée le haut-parleur lui nasiller dans les oreilles que pour cause d'incident technique, aucune rame n'était en circulation ce jour et que les postulants au suicide étaient priés d'aller se jeter sous un bus. Ce qu'elle tenta de faire, d'ailleurs. Seulement quand on se couche sur un passage clouté, histoire de ne pas salir sa petite jupe noire, on est soumis au code de la route qui vous donne priorité et interdit - c'est la loi - au bus de venir s'essuyer les pneus sur votre râble.
Et la pendaison, parlons-en de la pendaison! C'était d'un ridicule…...
Primo, on se pend avec une corde, ça mange pas de pain, c'est l'usage. Bon là, elle avait choisi de le faire avec un foulard, par pure coquetterie. Admettons. Mais surtout et deuxio : on prend soin de ne pas s'accrocher à un point dont la hauteur est inférieure à la taille du sujet à suicider. Malheureusement, quand on a le vertige on ne s'encombre pas à grimper sur un guéridon pour aller s'embobiner autour du lustre. Elle avait passé trois jours debout dans la penderie ("penderie" mon cul, oui !), accrochée à la tringle, tuant le temps (le veinard...) en lisant les étiquettes des chemisiers.
 
Pas facile de s'ennuyer quand on songe déjà à demain.
Demain, on est jeudi. Et le jeudi, c'est jour de la déception amoureuse. C'est un peu son jour préféré, le jeudi. Quand elle était gamine, c'était le samedi son jour préféré car c'était le jour des frites.
C'est un samedi que sa mère avait pour la première fois essayé de passer l'arme à gauche, instaurant la longue tradition familiale du suicide raté. Elle avait surpris son mari en train de besogner la voisine dans les renoncules et c'est que sa mère y tenait beaucoup à ses renoncules. Elle était rentrée à la maison pour se faire couler un bain. Puis après avoir fumé une dernière cloclope, elle était entrée dans l'eau avec la friteuse sous le bras. Elle se rappelle que son père avait ensuite expliqué à sa femme que pour un suicide réussi, il était conseillé de brancher la friteuse avant de la plonger dans l'eau, sans quoi c'était aussi inefficace que pouvait l'être une cathédrale en l'an 12 avant Jésus-Christ…. Elle se souvient aussi que ce jour là les frites étaient moins amidonnées que d'habitude, mais qu'elles avaient un goût de savon.
 
Demain elle a prévu d'aller se faire conter fleurette par une espèce de brute épaisse, un type hermétique à la douceur et au romantisme et qu'elle a rencontré au bal de l'Amicale des Amis de la Pétanque en Treize Points du Boulodrome de Saint-Paul-Pied-de-Cochon.
On ne peut pas vraiment dire que ce soit ses dons de danseur qui lui aient tapé dans l'oeil, vu qu'il sarabande comme un pendu. Imaginons un routier bulgare qui aurait été élevé par des ours nazis dans les steppes mongoles, et qui tenterait de s'adonner au boogie-woogie... Non vraiment, ça confine à la malfaçon.
En fait, ce qui l'avait attirée chez le gaillard c'était sa franchise, sa  simplicité, ce côté "pas du genre à chier dans l'ventilo" comme il disait dans un grand rire goguenard…. Il l'avait ramenée chez lui, dans une maison sans architecture mais avec des jardinières aux fenêtres, ce qui laissait craindre la présence d'une femme dans les lieux. Elle lui avait d'ailleurs demandé:
- Dois-je craindre la présence d'une femme dans les lieux?
- Dame oui! Y'a maman qu'est là qui vit avec moi. A m'fait du manger pis a m' recoud mes affaires. Avant, c'était un peu comme ma femme, j'y f'zais des câlins pis des péripéties dans les fesses. Grand bien lui fasse, surtout depuis que ma lapine Paprika s'est faite écrabouiller par l'estafette du garde-champêtre. Mais maintenant, a l'est trop vieille ma maman, pis a l'est hémiplégique des deux cotés, pis a s'fait dessus sans arrêt, même qu'on dirait un sémaphore au milieu d'un océan de pisse. C'est pas que j'suis gérontophobe, hein, mais c'est plutôt que pour aller lui bouturer le rhododendron faut avoir son diplôme d'ostréiculteur, si tu vois qu'est-ce que j'veux dire!

Elle avait essayé autant que faire se peut de ne surtout pas voir ce qu'est-ce qu'il voulait dire, mais elle devinait qu'il allait lui falloir une bonne dose de sublimation pour accepter la suite, qui se ferait sûrement en position verticale contre un mur.

Il l'avait emmenée dans une chambre qui sentait le bouc mort d'une noyade, au milieu de laquelle trônait un lit dont les draps ne devaient être lavés que les années bissextiles. Elle avait réfléchi à l'endroit le plus potable pour se faire dévergonder et, à force de volonté et en bonne paroissienne qu'elle était, avait conclu que le mieux c'était de le faire dans le vagin.
La suite fut délectable, malheureusement je ne peux pas la dire (et c'est regrettable, ça nous aurait fait rire un peu), mais un gorille ne s'y serait pas pris autrement pour tenter de monter à califourchon sur un chihuahua. Délectable, n'est-il pas?
Bon an mal an, elle avait dû reconnaître que c'était quand même un rude cadet pour ce qui était de la bagatelle. Elle s'était fait crapahuter comme rarement et elle aurait bien donner son royaume contre une deuxième salve de mortier. La vieille devait amèrement regretter d'avoir troqué son statut d'incestueuse d'enfants pour celui d'incontinente atlantique.
Malheureusement, à la manière dont il s'astiquait les outils de jardin dans les rideaux elle avait compris que, si elle voulait encore un tour de tohu-bohu, elle en serait quitte à rentrer chez elle pour s'auto-congratuler le chat angora avec un objet tubulaire de type cucurbitacée.
Mais là, a priori, il avait envie de poésie, de romantisme, de légèreté, de prose alambiquée, de papillons dans un champ de fleurs, bref, ça risquait de donner dans l'ubuesque.
"- Rita, qu'il avait commencé, donne-moi ta soeur. Rita, donne-moi ta main. Rita, donne-moi ton coeur. Rita, nous partons demain."
Allons bon, v'là autre chose.
"- Oui enfin là, vois-tu, pour ma soeur faut que je demande à son mari parce que c'est lui qui gère son planning. Je crois qu'il avait planifié de s'en servir pendant 65-70 ans. Mais peut-être qu'après, elle sera disponible. Pis aussi faut laisser un chèque de caution ou un bon au porteur, enfin faut donner des gages, quoi. Nan parce que faut le comprendre, les mecs lui prennent sa femme, il a beau leur dire qu'elle s'appelle Reviens, des fois il peut rester des dix ans, des quinze ans, des vingt ans sans la revoir ! Pis bon après, pour te donner ma main et mon coeur, je ne suis pas très chaude, hein. Déjà j'ai pas ma carte de don d'organes et puis quoi, ils peuvent encore me servir. Et si je te les donne, je ne suis pas sûre de retrouver les mêmes, ou alors en import, mais faut aller sur des sites chinois qui t'installent des cookies et des tas de saloperies et tu te retrouves avec ton ordi qui rame, sans trop savoir pourquoi. Et la hotline de Free, merci bien!! Et puis partir demain, nan, c'est vraiment pas possible. Faut me'avertir au moins quinze jours à l'avance, qu'on part demain sans prévenir. Le vendredi c'est ma journée 'projets foireux' et demain j'ai rendez-vous avec mon banquier pour lui présenter mon projet de cuvette de chiotte à mâchicoulis. C'est une invention de ma pomme qui permettra aux femmes de pouvoir plus facilement pisser à côté, parce que bon, y'a pas de raisons que ce soit réservé aux hommes, tu comprends ?"
Une poule ayant trouvé un cure-dents aurait eu un air plus inspiré que lui…...
"- Ecoute, je vais devoir prendre congé."
De nouveau, tête de l'homme de Cro-magnon qui aurait inventé le camping-gaz avant d'avoir inventé le feu.
"- Faut que j'm'en va, si tu préfères. J'vas reviendre jeudi en huit, vers c'tantôt.
- Bon bah d'accord. On se tient au courant, je t'enverras un télégramme.
- Oui voilà, tu regarderas dans ton annuaire, y'a mes coordonnées dans les Pages Jaunies."

Finalement, c'est elle qui l'avait rappelé dès le lendemain matin, empressée qu'elle était de connaître à nouveau l'orgasme ursidé. Elle connaissait la théorie du lapin et elle n'était pas sûre de pouvoir jouer à lapine. Le seul homme qui avait honoré un rendez-vous s'était trompé de date et aussi de fille, mais tous les autres avaient toujours su redoubler d'ingéniosité pour s'excuser après coup de ne pas être venus. On lui avait donné du "désolé, mais j'ai dessoulé depuis", du "c'est pas la peine, je me suis déjà branlé ce matin", du "j'ai pas pu venir, j'avais interro de maths". Puis il y avait eu ce garçon qui s'était excusé car il se mariait l'après-midi même, à Provins, et que ça faisait beaucoup de route pour si peu et que sa femme, chiante comme elle était, risquait de râler si il n'était pas là pour la nuit de noces...…
Amasser autant de lapins c'est de la cuniculture, mais à titre non lucratif, donc on n'est pas obligé de prendre un numéro de registre du commerce et d'en passer par un tas de tracasseries administratives qui vous font perdre un temps fou alors qu'on pourrait tout aussi bien utiliser ce temps à ne rien faire. Par exemple.
 
Mais pour l'heure, à force de cogiter, elle arrivait à ne plus s'ennuyer et ça, c'était ennuyeux. Etait-ce un signe annonciateur, le début d'une nouvelle ère? Allons bon, elle ne s'ennuyait pas le jour où il fallait s'emmerder ferme, l'ami pétanqueur n'avait toujours pas décommandé la partie de pattes en l'air et son banquier allait sûrement lui concéder le prêt des vingt euros nécessaires à l'achat du marteau et du burin pour mâchicouler sa cuvette de chiottes. Mince, vlà t-y pas qu'elle reprenait confiance en elle, que la chance semblait de nouveau lui sourire, que la vie, bon sang de bois!, LA VIE l'invitait à sa table, lui payait des bières et la traitait comme une vieille copine!! 
 
Pleine d'espoir et d'optimisme, la joie de vivre étincelant dans ses yeux, elle se mit à rêver qu'elle réussissait son prochain suicide...…
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Published by Stipe - dans Nouvelles
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