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Qui Ça?

  • : Stipe se laisse pousser le blog
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  • : Je m'étais juré sur la tête du premier venu que jamais, ô grand jamais je n'aurais mon propre blog. Dont acte. Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser des commentaires dithyrambiques ou sinon je tue un petit animal mignon.
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La cour des innocents

La Cour des Innocents - couv - vignette

Dates à venir

- samedi 2 août, en dédicace à la Librairie Montaigne (Bergerac) de 10h à 12h

- samedi 30 août, en dédicace à la Librairie du Hérisson (Egreville)

- dimanche 9 novembre, en dédicace au Grand Angle dans le cadre du salon Livres à Vous de Voiron.

24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 15:31

 

 

- Tiens, toi qui es toujours con, tu nous racontes une histoire ?

- Ça tombe bien, j'en connais une nouvelle.

- Oh ben même une qu'on connaît déjà, de toute façon je me rappelle jamais la fin. Tiens, celle de la pute qui rote dans un ascenseur, je me souviens jamais de la fin !

- Ben justement, c'est ça la fin : elle rote.

- Ah ouais, ben je me rappelle jamais si c'est de la fin ou du début que j'me souviens plus. Du coup tu peux la raconter.

- Ouais mais là non, vu que je viens de te rappeler la chute. Tu vas forcément la connaître...

- Alors raconte que le début !

- Non, je vais te raconter une nouvelle que je connais.

- C'est avec une pute ?

- Non, mais elle est drôle quand même.

- Dommage, j'aime bien les histoires de putes dans un ascenseur. Bon allez, vas-y quand même, on t'écoute.

- Alors voilà, c'est l'histoire d'un mec qui rentre dans un café. Plouf !

- Ça commence bien !

- C'est fini.

- Quoi, comme ça ?

- Ben ouais. C'est l'histoire d'un mec qui rentre dans un café... Plouf !

- Il est inondé, ton café ?

- Mais non, mais un café ! Un café, quoi !!

- Ouais j'ai compris. Mais elle serait plus marrante si il rentrait dans une piscine.

- Enfin ça n'a rien à voir ! Là je te dis que c'est l'histoire d'un mec qui rentre dans un café, alors toi tu t'attends à un mec qui rentre dans un bistrot. Sauf que comme je dis "plouf !", tu comprends qu'en fait c'est un mec qui rentre dans un café. Mais maintenant que j'ai expliqué, c'est moins drôle.

- Mouais, difficilement... C'était déjà pas très drôle avant, hein.

- Mais si ! Ça l'est quand on la pige du premier coup.

- Ben t'avais qu'à dire qu'il rentrait dans un bistrot, et plouf ! Là j'aurais compris du premier coup.

- Mais ça n'aurait pas été drôle.

- Forcément que si, ça l'aurait été. Hein les gars ?

- Oh tu sais, moi, à part les histoires de putes...

- Moi j'ai pas entendu le début.

- Ben le début c'est qu'il rentre dans un bistrot inondé.

- Pas un bistrot inondé, bordel ! Un café !

- Ça marche. Un café toi aussi ?

- Mais non, je ne commande pas ! Tu vas pas t'y mettre aussi ! Ou alors une suze...

- Moi j'ai entendu le début mais je l'ai pas compris.

- Ben le début c'est que c'est un mec qui rentre dans un café.

- Alors c'est la fin que j'ai pas comprise.

- La fin c'est "Plouf !".

- Alors c'est le début que j'ai pas entendu.

- Bon. Je dis que c'est l'histoire d'un gars qui rentre dans un café. Vous vous attendez à l'histoire d'un type qui rentre dans un café, forcément !

- Forcément, puisque t'as dit que c'est l'histoire d'un gars qui rentre dans un café. On s'attend pas à ce qu'il sorte du cinéma.

- Voilà ! Sauf que au lieu de ça, le "Plouf !" fait comprendre qu'il rentre dans une tasse de café.

- ...

- ...

- Dans une tasse de café ? En gros, tu nous prends pour des cons ?

- Mais non, c'est la blague !

- C'est ça, c'est la blague qui nous prend pour des cons... Un mec qui rentre dans une tasse de café, ça existe pas ! Même un délinquant !

- Mais c'est de l'absurde !

- Ouais ben c'est de l'absurde qu'est farfelu, alors ! Parce que même en enlevant ses chaussures et la cuillère, ton gars il rentre pas. Ou alors il trempe juste un doigt. Mais dans ce cas faut être plus précis, faut dire "c'est l'histoire d'un gars qui rentre un doigt dans un café". Et là on comprend.
Et même, allez je vais te faire plaisir, en admettant que ce soit une tasse géante, ben le mec il sait que c'est chaud le café, alors il va rentrer progressivement et ça fera pas plouf comme t'essaies de nous faire gober.

- Ou alors sauf si on l'a poussé ?

- ...

- ...

- Dis donc, Bite-à-genoux, y'a un moment donné où faut choisir si t'es du côté de la raison ou du côté de la sagesse. Non parce que si toi ça te fait marrer les histoires de mecs qu'on pousse dans une tasse de café, ben tu t'associes avec le comique et vous montez un numéro. Mais faudra pas compter sur moi au moment de se marrer !

- Moi, même bourré, j'ai jamais vu un mec, même bourré, rentrer dans une tasse de café. Pourtant j'ai déjà vu des mecs rentrer dans le bistrot en mobylette, j'ai vu des mecs rentrer par derrière et sortir par erreur. J'ai vu plus de mecs y rentrer quand c'est fermé qu'en sortir quand c'est ouvert. J'ai vu des mecs rentrer à plat ventre et sortir sans toucher le sol. J'ai vu des mecs plonger dans l'alcool, d'autres y noyer leur chagrin. Mais des mecs rentrer dans une tasse de café, même pour faire marrer les potes, même dans du déca, même quand j'étais pas là, jamais ! Et pourtant, y'en a qu'avaient de l'élan, crois-moi ! Que je sois réincarné en cul de babouin si j'mens la vérité ! Alors je conteste pas, moi-même j'ai déjà foutu les pieds dans l'plat à l'occasion, mais dans une tasse, jamais je me serais permis ! Je le jure sur la tête de la bible !

- Ouais mais toi tu prends pas les gens pour des cons ! Enfin si, quand tu dis que t'as de quoi payer ta tournée, hein mon salaud ! Mais là c'est pas ton procès qu'on accuse, c'est celui des gens qui prennent les copains pour des cons.

- Mais arrêtez, c'est pas parce que vous n'avez rien compris que je vous prends pour des cons.

- Pourtant tu nous as bien dit que le mec rentrait dans une tasse de café. Vrai ou pas vrai ?

- Je l'ai pas dit comme ça...

- Alors ça c'est plus fort que de jouer au bouchon avec des pépitos dans la neige ! Tu dis qu'il rentre une tasse de café et tu dis qu'tu l'as pas dit ? Dis donc, la prochaine fois que tu veux pas le dire, ben dis le pas, on gagnera un voyage.

- Je laisse tomber...

- Ben j'y compte ! Manquerait plus que t'insistes !
Allez, c'est pas grave, ça peut t'arriver à tout le monde de pas être drôle. Tiens, pour te faire pardonner, mets la tienne et raconte nous voir l'histoire de la pute qui rote dans l'ascenseur !

- Bon... Ok... Alors c'est l'histoire d'une pute qui prend l'ascenseur...

- Voilà. Ça, ça commence bien !

 

 

 

 

 

 

bistrot

 

 

(illustration de l'inégalable Manu Larcenet)

 


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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 10:59

 

 

Bonne année.

(ça, c'est fait)

 

 

Comme vous ne l'avez sûrement pas constaté si vous n'êtes jamais venu sur ce blog, celui-ci se meurt un peu. Si si, je le vois bien, il se meurt un peu.

 

Aussi, en ce début d'année que je vous souhaite bien bonne (mais franchement, hein, bonheur, santé, prospérité et tout ce qui va avec, je vous le souhaite, ça me fait plaisir), ai-je décidé (c'est pénible, à force, ces parenthèses interminables qui nous font perdre le fil de qu'est-ce que je disais déjà ?) de lui réinsuffler (au fromage) un semblant de vie.

Et pour ce faire, je vais utiliser ce bon vieux subterfuge bien connu des chanteurs sur le déclin, ou morts, et qui consiste à ressortir les vieilleries du placard : textes inaboutis, jugés insatisfaisants, non recopiés sur l'ordi, gardés sous le coude pour un concours auquel on a oublié de respecter le cachet de la poste faisant foi, terminés trop tard et donc hors actualité, et caetera (netta bella, tchi tchi).

 

 

Pour commencer la série, un vieux texte qui n'a jamais été publié car... je ne lui ai jamais trouvé de titre.

(et surtout la santé, car c'est le plus important).

 

 

 


 

 

Ah mais avec Fraise-Vanille, fallait nous voir à l'époque ! J'aime autant te dire que quand on montait à la cave, c'était pas pour compter les points sur les coccinelles ! Y'en avait toujours un pour tenir la coupelle à l'autre, et crois m'en que si t'avais pas les semelles en peau de plomb, tu repartais en embrassant les murs. Tiens, une fois qu'on avait couru la pleine lune avec Fraise-Vanille et Jo le Centrifuge, y'a la mère Brouette-à-bras qui nous avait tiré la couverture sur l'orteil, crois moi qu'on n'était pas restés pour vérifier la monnaie ! On avait rangé nos pieds en allumettes et on avait enfilé nos montres à décongeler les ampoules !
Et les gens qui disaient qu'on est juste bons à repeindre le clocher avec les cils ou à se graisser les oreilles au saindoux, ben on leur faisait visiter de la campagne, à ses mange-babouches ! C'que je veux dire c'est qu'on était pas du genre à épépiner les groseilles avant d'les faire cuire.
Pis un jour qu'on était chargés comme à un baptême, on a tiré une caisse à un gagne-sous et on a retourné du goudron jusqu'à la côte. A Melun, on a même été pris en maraude par les chasse-bonhommes. Jo le Centrifuge, qui avait le permis de conduire mal, leur a déposé un sac de cailloux, ils ont pas eu le temps de reconnaître leurs enfants qu'on était déjà sur la page suivante de l'atlas. En route on a cueilli deux lève-pouce, alors on a sorti les escargots de la coquille devant la salade, puis on les a jetées sans qu'elles puissent donner leur avis sur la météo. On a pioncé devant la pleurante, raides comme des cierges de Pentecôte. On a passé trois jours à brunir du biceps et on est rentrés en roule-ferraille. On n'avait pas perdu notre temps à découper les chevaux au couteau à huître, et Centrifuge nous avait tiré au compas les parallèles pour abîmer la boîte en double fer.
Et c'est habillés comme des Mickeys qu'on s'est pointés un matin et qu'on a demandé gentiment au menottant de service de nous ouvrir les coffres. Quand les tape-dur se sont radinés les képis, y'a une paie de ministre qu'on avait dressé la fuyante.
Mais un jour qu'il a fait nuit plus tôt que d'habitude, Vanille-Fraise, qui était pété comme une assiette au balltrap, a tout vomi aux oreilles qui trainaient. Jaloux comme des curés sans pain, des bavasseurs sont allés tout dupliquer aux tire-dans-le-tas. Ils sont venus nous escamoter du tiroir à matelas, nous ont collé les pièges-à-mains et direction les quatre murs des lamentations.
Depuis, on brosse les cafards en comptant le vide. Et tous ces perce-boyaux, ces vole-à-l'œil, ces fourgue-misère et ces brûle-la-vie, ils ont un langage en virages et des expressions en queue de cochon, on gagne vraiment pas notre temps à rien y caquer.

 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 15:26

 

 

J'ai pas vraiment de bar à titrer, je fréquente les bistroquets bar ci bar là. Je bois les paroles des anodins, j'égoutte les conversations, je me prose là et j'entends les poésies en verres. J'évite les sobres qui se finissent à l'eau de boudin.
Je bois jusqu'à plus d'heures, je finis saoul' bar, allongé comme mon ricard et je trinque ou chette.

Tu crois pas mon bar atteint? Tu dis que je pisse trop?
Allez, un saoul est un saoul, c'est ma tournée.

Tu prends quoi?

 

 

Stipe, avril 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

-  Salut les filles !
-  Salut Pied d'Alu ! Alors, toujours aussi con ?
-  Ben écoute, ça fait 45 ans que j'le suis, c'est pas maintenant que c'est revenu à la mode que je vais changer. Bon, quoi d'neuf ?
-  Rien du tout, manquerait plus qu'on ait des choses à raconter. Qu'est-ce que tu prends, un demi ?
-  La bière ça m'fait pisser. Alors mets-moi une pinte, comme ça je ferai pas le voyage à vide. Et puis j'me suis rasé ce matin, alors t'avise pas de me mettre de la mousse.

* Pied d'Alu a rejoint le groupe Pisser loin et ménager ses chaussures *

- T'as regardé le match, hier ?
- T'as vu un match, toi ? Ben dis-donc, t'es diplomate. Moi j'appelle ça des connards qui s'foutent de nos gueules, oui ! Des négros qui courent après la baballe, moi j'appelle ça. Et c'est même pas du racisme, vu qu'ils sont français.
- Au prix qu'on paie la redevance, on est en droit d'exiger qu'ils mettent au moins un but tous les quatre ans, moi j'dis !
- Tu paies la redevance, toi p't'être ? Non, alors t'es en droit d'exiger de fermer ta gueule. C'est à cause de mecs comme toi si c'est des brêles.
- Ben justement, je vais pas la payer si c'est pour voir une bande de guignols tout juste bons à amuser les gosses.
- Surtout qu'on a Tatayé le samedi soir, si on veut se marrer. Ah ça, y'a guère qu'au championnat du monde de connards qu'on a des chances de médailles ! 
-  Bon allez, arrête de m'parler de ça, ça me rend le vin mauvais.
-  Ben tu veux que je te parle de quoi, si je peux pas parler foot ou télé ?
-  T'as qu'à parler de la prochaine tournée qu'tu vas mettre, tiens !
-  Si tu veux, mais faudra pas m'accuser de radoter... Patron, j'mets la mienne !

* Pied d'Alu a 7 nouveaux amis *

-  Et fais en sorte qu'y en ait autant en haut qu'en bas. A quoi ça te sert de laver entièrement tes verres si tu les remplis pas jusqu'au bord ?
-  Dis donc, Tête d'Ampoule, c'est qu't'es passé sous un bus ou qu't'es allé chez le coiffeur ?

* Tête d'Ampoule a changé la photo de son profil *

-  M'en cause pas ! C'est ce couillon de merlan, il était tellement imbibé qu'il s'est aperçu après m'avoir passé la tondeuse qu'il avait oublié de la brancher. Mais bon, t'as quand même réussi à me reconnaître.
-  Ouais, mais c'est parce que tu pues de la gueule. Ta coiffure, faut bien dire que c'est spécial. De face tu ressembles à un cul, et de profil ben tu ressembles à un cul de profil.
-  Faut avouer que t'as jamais été bien beau, Tête d'Ampoule. C'est pas une gueule que t'as, c'est une circonstance atténuante.
-  Sûr que si un jour tu t'fais pincer pour viol, t'auras juste à sourire pour être acquitté.
-  Dis voir, Marchand d'Miel, t'as réussi à réparer ton kangoo ?
-  J't'en fous, oui ! J'ai passé trois jours dessus, au bout d'cinq j'ai abandonné.
-  C'est p't'être pas plus mal. Vu comme elle bouffait de l'huile, elle aurait fini obèse.
-  Lol
-  Mdr
-  Bon c'est pas tout, mais en parlant de carburant va p't'être falloir passer à la pompe. Fais nous l'plein, garagiste ! Et t'occupe pas de la pollution, mets-nous du non raffiné.
-  C'est qu'on fait du trois litres au sang, nous autres ! Moi j'dis qu'on devrait nous remettre une vignette verte, y'a guère que l'chameau en période de ramadan qui consomme moins !
-  T'as bien raison, mon Bouboule. Surtout que j'en fais, moi, d'la route. Rien que quand je repars du bistrot, avec les trajectoires que j'prends j'ai l'impression de partir en vacances !
-  Tiens dis-moi, Pied d'Alu, l'autre jour j't'ai vu dans la rue avec une blonde à lunettes, comme une sorte de pute mais qui marchait droit. Vu qu't'y mettais ta langue dans sa bouche, j'me suis dit que ça devait pas être ta sœur, mais plutôt ta secrétaire. J'me trompe ?
-  T'as tout dit, mon Marchand d'Miel. J'lui faisais comme qui dirait faire des heures supps. Une vraie chaudasse du fion, la maman, à te cuire des merguez en s'asseyant dessus. Avant de la voir, je suis obligé de boire du liquide de refroidissement si je veux pas être en wheeling toute la journée. Tu sais c'qu'on dit : femme à lunettes, à moitié dans ton lit !
-  Y'a pas d'mal à jouer au pince-fesses avec une presbyte.
-  Tiens moi l'aut' jour y'a une IsabelleKissKiss qui m'a fait une demande d'amitié. Ca doit être une comptable de métier parce qu'elle m'a demandé les chiffres inscrits sur ma carte bleue.
-  Une vénale, elle voulait sûrement les jouer au loto.
-  Toujours est-il qu'elle m'a envoyé un SMS qui dit texto : " Salut! Comment toi ? Je regardais ta page! Il m'a plu très fortement. Je cherche seulement les relations sérieuses. S'il vous plaît écris me sur le mien e-mail : isabellekiss53@yahoo.zw
J'avec l'impatience attendrai ta lettre rapide et certes je t'expédierai la photo.".

Mais moi la littérature, ça me file de l'urticaire au cerveau, alors j'y ai répondu qu'elle pouvait aller se faire foutre.
-  Et elle t'a dit quoi ?
-  Que j'allais quand même pas y apprendre son métier.
-  Dis donc aubergiste, tu crois p't'être que si mon verre est vide c'est pour mieux y lire mon âge ? Allez, remets-y donc de ton breuvage qui nous fait les femmes jolies. Et tu mettras ça sur l'ardoise de ma bonne femme, après tout c'est à elle que ça rend service.

* Pied d'Alu a partagé le lien "Payer sa note" * 

-  Pis tu nous mettras des cacahuètes dans un ramequin. Et t'avise pas de nous resservir les restes des clients d'avant. C'est des cacahuètes qu'on veut, pas une analyse d'urine !
-  Tu crois que y'a des cons assez bourrés pour pisser dans les cacahuètes sur le bar ?
-  Non mais ils l'ont dit à la télé, dans l'émission pour les gosses où qu'ils expliquent les volcans avec des playmobils : ils ont analysé les cacahuètes d'une coupelle dans un bistrot et ils ont retrouvé onze urines différentes.
-  Et ben, y'a vraiment des métiers à la con. Faire des études pour ça...
-  C'est bien pour ça que mon gosse j'y colle des beignes quand il me ramène des bonnes notes. J'veux pas qu'il fasse pédé !
-  Quoi que les pédés, quand c'est des bonnes femmes ben moi ça m'excite.
-  Ouais mais les femmes elles ont pas de bite, tu peux pas comparer !

 

* Six clients aiment ça *

 

-  Ouais, c'est comme les arabes...
-  Ils ont pas de bite et je peux pas comparer ?
-  Nan, mais c'est comme les pédés !
-  Ah, ça ! D'accord avec toi. Qu'ils soient arabes, mais entre eux. Pas en public !
-  Même si y'en a des bien. Regarde Rachid.
-  Ouais mais Rachid il tient un bistrot, il est intégré.
-  N'empêche qu'il boit pas d'alcool.
-  Bah, après tout les médecins sont jamais malades. Ben c'est pareil.
-  Moi mon médecin il est français.
-  Le mien il est généraliste. Ben il est très bien quand même.
-  Le mien, l'autre jour j'y vais, j'avais pas rendez-vous. Ben il m'a trouvé une cirrhose quand même !
-  C'est sympa, il était pas obligé.
-  Une cirrhose pour 22 euros, c'est une bonne affaire. Y'en a, pour ce prix là ils ont un certificat médical pour du sport.
-  Ah ça, le jour où on peindra les cons en vert, on sera vite à la campagne !
-  D'ailleurs on est à la campagne.
-  Comme quoi je dis pas que des conneries, des fois.
-  Tu reprends quelque chose ?
-  La route.
-  Mais avant ?
-  Ben alors c'est pas pour me vanter, mais ouais. Rachid, j'accompagne un ami dans l'besoin, mets nous-en pour 22 euros. Et n'aies pas peur de nous spammer, j'irai dézipper dans tes chiottes.
-  Pis après je vais y aller aussi, parce que je sais pas si c'est que les jours raccourcissent ou qu'j'ai les paupières lourdes, mais il fait nuit de bonne heure, ce matin.
-  Ah ben ça quand on boit, on voit pas le temps venir.
-  C'est surtout qu'on ne voit plus la pendule.
-  Tiens, ils annoncent quoi comme temps pour demain, ces cons ?
-  De la flotte.
-  Ah merde, on aura intérêt à rester à l'intérieur. C'est des coups à nous troubler le ricard, ces cons là !
-  Allez, à ta santé !
-  Parle pas d'malheur...
-  Burp.

* Pied d'Alu participera à l'événement "Dégueuler devant le bistrot" *

 


 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 10:22

 

 

 

-  Tu sais, le grand René ?

-  Le grand René... Celui qu'habite dans la rue en patte d'oie à l'angle de la boulangerie qui fait le coin, pas celle qu'est fermée le mardi, l'autre, et qui bossait à la SOCOTREP en trois-huit et qu'a eu la main broyée dans une machine, qu'ils lui ont greffé les orteils de son fils à la place des doigts et qu'a une maison avec des volets blancs, pas la première celle qu'est en face de la mère Bigoniot qu'est myope comme une taupe presbyte même qu'un jour elle a confondu le micro-ondes avec la boîte aux lettres, mais la deuxième ?

-  Mais non, c'était son chien et c'était avec un cheval qu'elle l'avait confondu. Et toi tu me parles du fils Couillon qu'est marié avec la fille à Totole, pas celle qui louche, celle qu'a un bec de lièvre. Non, le grand René, tu sais ?

-  Attends, attends, celui qu'a un V6 et qu'avait un break avant mais qui l'a revendu à un bon prix ou à un arabe, je sais plus, mais en tous cas il était toujours emmerdé avec, qu'un jour il avait perdu le volant mais en fait il était tellement beurré qu'il s'était assis côté passager ?

-  Tu me parles de Jean-Michel, là. Et puis le V6 ça a pas de reprise, ils l'ont dit dans Tuture Magazine du mois de la dernière fois. Moi je te parle du grand René.

-  Ah oui, ça y est. Qu'est grand et qu'avait fait du foot à l'époque où c'était l'autre qu'entraînait, un portugais qui vivait avec sa mère et qu'avait un nom en –ez, pas Merguez, c'était pas un truc qui se bouffe, de toute façon j'ai pas lu Tuture Magazine depuis qu'ils ont dit du mal du Laguna à cause qu'il faisait des tonneaux dans les virages si tu les prenais à plus de 190.

-  Tu parles de Ramos ? C'est pas qu'il se retournait dans les virages, c'est juste que le témoin de présence de hérisson écrasé sur la route s'allumait même pour les chats, tu confonds. Un grand, qui s'appelle René, tu vois pas?

-  Ah oui Ramos, c'est ça. Il était con comme une roue de brouette crevée mais un jour ils avaient gagné 1-0 contre l'équipe COTOREP de La Poste, c'est Martin qu'avait marqué le but sur corner. C'est pas lui ton grand René ?

-  Ça peut pas être lui puisque Martin n'a jamais joué au foot, qu'est-ce tu racontes ? Ça joue pas au foot, un poisson rouge ! Le grand René, quoi !

-  Mais je te parle pas du poisson rouge de ta fille qu'elle a gagné à la fête foraine de la Foire au Persil, je te parle de Martin qu'a joué au foot à l'époque de Merguez !

-  Ah oui, ça me revient, mais il était hors-jeu. L'arbitre l'avait pas vu puisqu'on y avait crevé les deux yeux à la mi-temps, par tradition ou par hostilité, je saurais plus te dire.

-  Tu perds la tête, toi ! Tu vas finir comme le vieil Eugène qu'on a enterré la semaine dernière en huit parce qu'il était mort !

-  Un grand, tu sais bien ? On dit toujours "Tiens, v'là l'grand René !". Ou "Tiens, salut grand René, comment tu vas ?". Tu sais ?

-  Ahhh, lui ? Qu'a fait son école à Lyon et qu'on voit toujours avec le fils du gars à la Suzanne et qui revenait un week-end sur deux pour raison du prix du billet de train, pas le fils à la Suzanne, hein, le grand René, ou sinon faut prendre l'omnibus qui tombe toujours en panne et avec les impôts qu'on paie tu vas pas m'dire qu'ils ont pas les moyens d'investir dans un tournevis ou autre, hein, tu vas pas m'dire ?

-  Ah ça, comme j'dis toujours, faudra s'en rappeler au moment de s'abstenir ! Les arabes et les bougnoules, c'est la même curée tout ça, c'est retour à l'envoyeur et dites pas merci, c'est nous qu'on paie... Enfin, mais le grand René ! Non ?

-  J'dis pas... Mais je peux pas être raciste, ma fille fricote avec un alsacien. Ton gus là, y m'revient, c'est celui qui cogne ses gosses parce qu'ils le méritent ? Y'en a un qu'il a surpris  en train de se fouiller dans le nez, il lui a dit "Tu veux les miens, ils sont plus gros ? " et il les lui a collés, ses 5 doigts. Dans le nez. Pis l'autre, le grand qu'a une tête de cul d'mérou, il est tellement nul en dictée que plutôt que lui retirer un point par faute, le prof a décidé de lui donner un point par mot correctement orthographié. Il a deux de moyenne. Et je te parle pas de sa fille, dépucelée à 15 ans et enceinte à 14.  Ni du p'tit con qu'a 5 ans, il collectionne les armes à feu et il a été arrêté en scooter, en possession d'ébriété suite à une ingurgitation massive de sirop pour la toux. Lui ?

-  Mais non non plus, le grand René il a pas de gosses, il est obligé de taper ceux des autres. Mon grand René que j'te dis il s'appelle René et il se prénomme Legrand de son nom, même que c'est pour ça qu'on l'appelle le grand René à cause de sa taille.

-  Ah oui, j'y suis ! Et qui s'appelle le grand René ? Qu'a un barbecue et qui porte toujours une chemise à carreaux sauf les autres jours ?

-  Voilà ! Et ben figure-toi qu'hier il était devant moi à la caisse du Super U, sûrement qu'il faisait ses courses ou quoi ou qu'est-ce. J'lui mets une grande claque dans le dos et lui lance "Tiens, salut grand René, comment tu vas ?". Il se retourne, ben c'était pas lui, c'était un autre gars qu'est pas le grand René !

-  Ça m'étonne pas d'lui, tiens...

 

 

 

 

 

Bistrot-1-001.jpg

 

Illustration de, et avec son aimable autorisation, Gilbert Pinna.

 

 

 

 


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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 10:20

 


-  Je suis, mais alors je suis !!! Vous pouvez pas imaginer ! Je sais plus quoi faire, et je crois bien que j'ai même plus la motivation d'avoir l'envie d'essayer de faire. Ah non mais je suis !!! Arrivé à mon âge, c'est quand même pas gentil, vous avouerez. Mais tout ça vous allez quand même pas m'dire que c'est pas la faute de ma belle-fille, hein ? Vous allez quand même pas m'dire ! Elle a un mari en or, elle a fait des études, ils ont jamais eu de problèmes d'argent, elle a jamais eu rien à s'plaindre. Alors quoi ? Elle aurait pu se douter que ça partirait comme ça. Les enfants, si on les met pas dans de bons rails dès leur plus jeune âge ben ... ils déraillent. Ni plus ni rien ! Ah non mais moi je vous dis les choses comme je les pense, et j'aime autant vous dire que j'en pense pas que du bien, loin sans mal ! Remarquez, mon fils a aussi sa part de responsabilité, c'était à lui de resserrer les boulons, un bon coup de clé de douze derrière les oreilles et ça suffisait. C'est une image, hein, allez pas croire que je prône la violence outillère. Moi je l'ai toujours vu et donc je l'ai toujours dit. Vous me connaissez comme si vous m'aviez cru, j'ai pas ma langue dans le même sabot. Je leur disais "Attention, attention...". Mais pensez-vous, qu'est-ce qu'on va écouter une vieille ? On lui demande son avis quand il s'agit de faire cuire le rôti ou de planter les bégonias, mais pour l'éducation elle est dépassée, la vieille, elle est "azebigne" comme ils disent. Mais aujourd'hui il est où le résultat ? Ben il est là. Et qui c'est qu'avait raison comme par hasard? Ben c'est la vieille folle ! C'est moi. Et résultat des courses, un ponque ! Et oui, gagné, mon petit-fils est ponque ! Il s'habille comme un ponque, il écoute de la musique de ponque, il est coiffé comme un ponque, il pue comme un ponque. Ah non mais faut voir ça pour que ça vaille le détour ! Alors il porte toujours des habits kakis... cacas oui ! Ah non mais moi j'dis les choses comme elles sont, je m'embarrasse pour rien dire ! Et cette coiffure ? Rasé avec juste des cheveux sur le dessus, une "crêpe" qu'il appelle ça. Alors c'est ça être beau ? C'est comme ça qu'il va se trouver une femme, peut-être ? Mais faut pas croire que je suis vieux jeu, attention. Je sais bien qu'on peut pas être aujourd'hui comme si c'était hier, mais c'est pas une raison pour faire comme si c'était demain. Est-ce qu'on se promenait avec un rat sur l'épaule ? Ah ça non, nos parents nous auraient donné des nouvelles du pays à coups d'pompes dans l'cul, croyez-moi. Ça leur ferait pas d'mal, un coup d'pompe dans l'cul de temps en temps, ça leur remettrait les idées derrière la tête. Moi j'vois, bon ben on savait s'amuser, vous allez pas m'dire ! Mais lui faut l'voir, ah non mais faut l'voir. Pour ça, faudrait que vous l'voyiez ! Alors il écoute de la musique, enfin soit disant, parce que si ça c'est de la musique alors moi je suis Sissi Impératrice en couleurs ! La première fois que j'ai entendu ça, oh mon Dieu j'ai couru me planquer sous la table et j'ai prié pour qu'on me retrouve sous les décombres. J'ai même commencé à décoller le carrelage pour creuser un tunnel, j'vous jure hein ! Ah non mais j'ai eu peur, mais peur !! Et l'autre grand nigaud qui vient me dire de pas m'en faire, que c'est juste de la musique de ponque ! Tu parles d'un couillon ç'lui là, de la musique j'en ai déjà vue à la télé, ça se chronomètre en décibels, pas en échelle de Richter ! Alors si faut se taper une descente d'organes dans les talons à chaque fois, je vois vraiment pas l'intérêt ! Pis alors avec les copains, ça fume, ça boit, ça jongle pieds nus, ça s'assoit par terre et ça fait rien. Y'a des chiens partout, y'a des filles qu'on sait même pas si ça en est ou si c'est autre chose, ils ont des tatouages dans le cou, des bijoux en métal, z'ont même des clous plantés sur la langue ou sur l'arcade sourcilière. Ah ça, si mon fils lui avait appris à se servir d'un marteau, on n'en serait pas à ce genre de maladresse. Alors c'est ça la jeunesse ? C'est se foutre des clous dans le nez, se raser la tête sauf au milieu, s'habiller comme un sac à patates, écouter des marteaux piqueurs se foutre sur la gueule, fumer d'la bière avec un rat ? C'est ça ? Mais c'est quoi le message là ? Qu'est-ce qu'il cherchent à nous dire ? Faut répondre par oui ou non, comment ça marche exactement ? Ah ben moi l'autre jour j'y ai dit, hein, "feuque la police toi même" ! Ah non mais j'ai pas mérité d'arriver à mon âge pour avoir un petit-fils ponque ! Vous, vous avez de la chance, votre fils il est pas ponque, il est tectronique. C'est mieux ça, tectronique. C'est du sport, au moins, c'est pas comme ponque. Pis tectronique, ils sentent bon, ils ont les cheveux propres, c'est pas comme ponque. C'est bien tectronique qu'il est, votre petit-fils ?
-  Oui c'est bien ça. Et il est pédé.
-  Pédé, vous voulez dire... ?
-  Pédé.
-  Eh ben... R'marquez, le mien il est ponque, j'vous ai dit ?


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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 09:48

 

Pour les Impromptus Littéraires, écrire à partir de la photo ci-dessous et insérer les mots "un étrange équipage".
Ben oui, c'est comme ça...






-  Enfin, te v'là toi !
-  Et ouais, salut aussi. Quoi d'neuf ?
-  Pas grand-chose, parle pas d'malheur !
-  Tu bois quelque chose ?
-  Ah ben un peu que j'bois quelque chose, je viens quand même pas ici pour regarder bailler les cafards !
-  Tu prends quoi ?
-  Comme d'habitude.
-  René ! Sers-nous voir deux comme-d'habitude. Et n'aie pas peur de te casser le poignet sur la bouteille. Je te rappelle que t'es barman, pas homéopathe !
-  Tiens, j't'ai dit que j'avais croisé les nouveaux voisins du sixième hier soir ?
-  Ah non.
-  Ben hier soir, devine quoi ?
-  J'en sais foutre que dalle.
-  J'ai croisé les nouveaux voisins du sixième !
-  Ah merde !
-  Tu crois pas si bien dire...
-  Pourquoi, t'ont paru pas dans ton assiette ?
-  Comme qui dirait ! On avait bien besoin d'ça dans l'immeub', tiens...
-  Ben quoi, c'est des noirs ?
-  Y m'semble pas...
-  Alors quoi ? Des pédés ?
-  Arrête tes conneries !
-  Me dis pas que c'est des écologisses ?
-  Je viens de te dire que non.
-  Ben alors raconte !
-  René, remets-nous du produit, y'a racontage à venir. Et pis fais l'optimiste, hein, essaie de viser le verre à moitié plein plutôt que le verre au deux quarts vide.
-  T'as intérêt à l'avoir au compas dans l'œil, çui là. T'sais qu'avec lui faut se lever aux horaires pour prendre ta cuite !
-  Ouais, donc, j'te disais. Les nouveaux voisins, ben parlons-en !
-  Je t'écoute.
-  Bon, j'les ai croisés dans le hall. Déjà !
-  Qu'est-ce qu'ils foutaient là ?
-  Ah ben ça, j'en sais pas plus que toi t'en sais rien ! Toujours est-il que moi, j'suis du genre à faire le poli, donc je cherche à en savoir plus. J'leur dis bonjour.
-  Ben ouais, jusque là y'a pas scandale.
-  Ah mais bouge pas ! L'autre, tu sais qu'est-ce qui m'répond ?
-  Nan
-  "Bonjour" !
-  ...
-  Ah ouais, hein ! Moi aussi sur le coup, j'ai tiré la même gueule que toi.
-  Ah les mecs...
-  Donc bon, ni d'une ni d'deux, j'y rétorque ! "Vous êtes les nouveaux voisins ?", qu'j'leur demande.
-  T'as rudement bien fait ! Et alors ?
-  Et là y m'répond "Oui, les nouveaux voisins du sixième". T'y crois-toi ?
-  Nan mais dis-moi qu'tu m'pinces ou j'rêve ? Les gens sont pas croyables !
-  Ah ça... C'est gonflé, hein ?
-  Et après, ils ont continué à faire dans la drôle d'impression ?
-  Ben après ils m'ont souhaité une bonne soirée et ont pris l'ascenseur.
-  Je suis sur le cul ! Les bras m'encombrent, tiens !
-  Et moi donc ! Pis y'a un truc qui me paraît étrange chez eux. Je saurais pas trop te dire quoi exactement. Mais z'ont un truc, c'est sûr.
-  C'est bien not' veine !
-  J'me suis renseigné, tu m'connais. J'aime pas me faire du mouron sur le dos des autres. Ils ont un laguna break, un travail, des gosses, à première vue ils sont bien élevés... Tu penses comme moi ?
-  Ecoute, j'aime pas juger les gens sur autre chose que leur tronche, et comme je l'ai pas vue ça va pas être simple. Mais tes gugusses, là, ils m'ont l'air... normaux !
-  Ben voilà, t'as mis le doigt dessus. J'osais pas t'le dire, mais ils ont l'air normaux.
-  Ah ben on avait bien besoin d'ça, tiens... On avait déjà un couple d'instits, des retraités, un célibataire, une famille du Jura, des gens souriants, une femme banale, ... Ca nous faisait d'jà un bien bel étrange équipage de pacotille. Mais là c'est le pompon sur l' bateau !
-  Ecoute, tu m'diras c'que t'en penses quand tu les croiseras, mais moi on m'enlèvera pas dans l'idée qu'ils sont pas comme nous.
-  Tiens René, reviens donc faire l'inventaire de nos verres et complète les stocks. Et sois un peu plus vigilant, c'est qu'on fonctionne en flux tendu, nous.

*********************
-  Dis voir René...
-  Oui, l'Client ?
-  Qui c'était les 2 gugusses là ?
-  Ca, l'Client, c'était les deux pires langue-de-vipère du quartier, ils officient dans l'parc de l'immeuble d'en face.
-  Sont concierges de métier?
-  Pire, l'Client, pire ! Sont statues. Z'ont qu'ça à branler d'leurs journées que de regarder c'qui s'passe et de venir le dégoiser l'matin sur mon comptoir, juste avant d'prendre leur service.
-  Z'ont l'air un peu bizarres, quand même, non ?
-  La bizarrerie elle est dans l'œil de celui qui juge, l'Client !
-  T'es fort en philosopherie, René... N'empêche, mon œil y juge drôlement bien que t'es feignant sur le bizarre ! Alors remets m'en un, de celui qui m'fait voir des éléphants. Et tâche de pas faire le voyage à vide, j'aimerais bien revoir aussi le drôle de rhinocéros.
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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 22:35



-  Tu regardes pas le tiercé avec nous ?
-  Non merci, j'ai raccroché les pronos.
-  Toi ? Tu me plaisantes, là ??
-  Je te jure comme je te le dis. C'est fini.
-  Ben merde, dis ! Ca m'en coupe la parole !
-  Qu'est-ce tu veux, c'est comme ça. Les chevaux maintenant ça aurait plutôt tendance à me faire monter sur mes gonds !
-  Ben si j'm'attendais pas à ça... Mais pourquoi donc ? T'as entamé un régime sans selle ?
-  Ben non, y'a juste qu'il m'en est arrivé une bien bonne pas bien bonne du tout.
-  Mais raconte, au lieu de me faire mariner dans mon jus de raisin.
-  En parlant de jus, patron, remettez-moi sa petite soeur !
-  Pareil pour moi, patron. Mais au format grande soeur, je sens que la nuit va durer jusqu'à demain... Bon allez, explique !
-  Ben l'autre jour, là, j'vais...
-  L'autre jour ?
-  Ouais, ou la veille, j'me rappelle plus bien. Toujours est-il que j'étais à l'aérodrome pour les chevaux...
-  L'hippodrome ?
-  Ouais, voilà. Mais pour les chevaux, pas pour les avions. Donc j'étais là bas et me v'là parti à aller valider mon quarté et...
-  Ah ouais ? T'avais voté pour qui ?
-  Le 12, Général du Tocard, le 3, Galopin Mauve, le 9, Cancer de Maubeuge et le 7, Caméscope Cassé.
-  Ah ouais ? Le 7 en quatrième position ?
-  Ben oui, je me suis dit qu'il risquait pas de gagner vu qu'il était non partant. Bon pis après, tu sais comment ça se passe, je vais à la buvette. J'éclusais mon diabolo-ricard, je baguenaudais à droite à gauche quand tout à coup v'là pas que mon lacet se défait sans préavis !
-  Ben ouais, classique...
-  Mais ouais, normalement ouais, classique ! Mais attends, tu vas philosopher un peu moins haut !! Donc je me baisse...
-  Ben ouais, normal...
-  Mais ouais, normalement normal ! Mais là non, là j'étais en train de passer la grande boucle dans la petite boucle quand un type se ramène par derrière et sans que j'aie pu dire ou quoi ou qu'est-ce, il me colle un mors entre les dents, un harnais, une selle sur le dos, il me grimpe dessus, enfile les étriers et commence à me cravacher !!
-  Avant que t'aies pu dire "qu'est-ce" ??
-  Comme je te le dis !
-  Ben merde alors... Et alors, t'as fait quoi ?
-  Ben j'ai fait troisième.





pour le Défi du Samedi, autour d'une histoire drôle.

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 00:00

-  Tu sais, Paul ?

-  Qui ça ?
-  Paul
-  Ah ouais, ça me dit quelque chose... Patrick ?
-  Mais non, le Paul qui s'appelle Paul.
-  Ah ouais ça y est, je vois. Paul.
-  Exactement, lui-même. Ben il est allé en Angueterre !
-  Tu m'blagues, là ? Paul, en Angueterre ?
-  C'est comme j'te l'dis.
-  Nan mais il est con comme une étagère, il a du rien y comprendre que dalle !
-  Et encore, une étagère ça a déjà vu des livres...
-  Remarque, lui il a du en voir aussi, du coup. Des livres...
-  ?
-  Rapport à la monnaie. Là bas parait qu'ils paient qu'avec ça, des livres, des bouquins quoi. Faut voir la taille des porte-monnaie !
-  Ben en tous cas, il m'a confirmé que malgré les cours qu'il a pris avant de partir, il a rien capté pendant toute une semaine. Déjà que quand t'y parles en français faut lui traduire, alors là... C'est que là bas, ils causent qu'en américain les gars ! Matin, midi et soir, ils baragouinent de l'américain !
-  Tu parles d'une bande de cons... Il a pris des cours d'américain avant de partir ?
-  Ben ouais, paraît qu'il a pris la méthode Assimil.
-  Fallait au moins ça, à mon avis une méthode à deux milles ça aurait pas suffi.
-  Ah ben ça, faut dire qu'il partait de loin et qu'il est pas arrivé tout près non plus...
-  Oué ben quand même, je trouve que ça douille pour apprendre à parler le rosbif.
-  Ah mais c'est qu't'as pas le choix ! Quand t'arrives chez eux ils te le disent direct : "douille ou speak english" !
-  Et du coup il est resté une semaine sans dire ni comprendre un mot ?
-  Ben de toute façon, tu veux leur dire quoi? Tu les connais même pas, manquerait plus qu'tu leur causes ! Par contre le truc pratique, et c'est là que tu vois que la France c'est vraiment le pays des gastronautes, c'est que pour la bouffe ils ont repris des mots français, c'est tout comme chez nous : sandwich, hotdog, toasts, etc... Par contre ils boivent que de la bière. Matin, midi et soir c'est bière.
-  C'est p't-être bien pour ça qu'ils comprennent jamais ce qu'on leur dit...
-  Tiens, à un moment donné il était dans une pub et ...
-  Une pub ?
-  Ouais, c'est comme ça qu'ils appellent leurs bistrots, une pub. Bon, v'là que ça lui prend l'envie de pisser. Normal, jusqu'à là. Bon ben là il attrape le serveur et il lui demande "ouaters ?". Ben l'autre il lui a ramené un verre d'eau ! C'est pas des cons, ça ? Du coup Paul il a dit au gars "Dis donc, tu crois peut-être pas que je vais pisser dans un verre où un autre a déjà pissé dedans !"
-  Il a eu bien raison ! Mais ça a peut-être pas encore été inventé chez eux, l'hygiène ?
-  Ah ça j'en sais rien... Toujours est-il qu'il a fait honneur à la France : tous les soirs il se vidait ses 15 plinthes de bières et après il dégueulait partout dans la pub. Alors, c'est qui c'est les plus forts ? C'est nous ou c'est eux ? HEIN ??
-  Et le patron, le publicitaire là, il a pas gueulé?
-  Ben il allait pas porter plinthe, de toute façon "vomir" ça existe pas comme mot en Angueterre !
-  Ah ouais, c'est sûr... Il a visité des trucs un peu ?
-  Ben y'a rien à visiter là bas. Pis il a essayé de conduire mais apparemment les mecs sont tellement bourrés qu'ils conduisent côté passager et en sens inverse !
-  En marche arrière ?
-  Nan, sur l'autre voie quoi. Du coup il a pris le beusse. C'est comme un car à baldaquins, il a dit. Il a été à Liverpool ...
-  Tiens c'est marrant, comme l'équipe de foot ?
-  Ben ouais, mais je sais pas si ça s'écrit pareil. Il a aussi été à Londres...
-  Londres, ça m'dit quelque chose...
-  Sûrement, c'est là bas que De Gaulle présentait son émission de radio, "la valise RTF", un truc comme ça. Paraît qu'à Londres y'a pas grand-chose non plus, ils ont juste un genre d'obélisque avec une pendule. Et encore, elle retarde d'une heure. Du coup, plutôt que de s'emmerder à tout visiter, il a acheté des cartes postales et il se les a envoyées.
-  C'est pas moins con, remarque. Mais du coup si il les a écrites en américain il va pas pouvoir les lire quand il rentrera chez lui, vu qu'il entrave rien.
-  Oh ben tu sais, d'ici à ce qu'elles arrivent... Rien qu'en France je sais pas s'il sait écrire son adresse, alors en Angueterre...
-  Mais sinon, ils font quoi les gens là bas ? A part boire et parler en américain, je veux dire ?
-  Ben ils écoutent la radio, mais Paul il a dit que t'entendais que les Beatles. Matin, midi et soir, les Beatles à la radio. Note que Paul, dès que ça chante pas en français il pense que c'est les Beatles.
-  Ah ça... Si ça chante pas en français c'est les Beatles, et si ça chante pas du tout c'est André Rieu. Et sinon, il a eu quel temps là bas?
-  Ben il en sait trop rien, il a jamais pu voir comment était le ciel. A cause de la pluie.
-  Et il a voyagé comment ? En avion ?
-  Non, il y est allé en tunnel.
-  ?
-  Mais si tu sais, le truc sous la Manche !
-  Le coude ?
-  Nan, la Manche, le fleuve quoi. Mais tu peux pas trop t'y baigner, paraît qu'elle est froide même une fois que tu y es. Je crois d'ailleurs que c'est de là que ça vient les manchots. Bon ben en attendant, ils ont creusé un tunnel sous ce fleuve pour que les trains puissent passer.
-  Ben dis voir, faut pas être claustrophone !
-  Et au retour, il a pris le Ferry.
-  Ferry, ça me rappelle ma scolarité...
-  Tu m'étonnes, le gars qui a rendu les colles obligatoires, comment l'oublier ce fils de rien !
-  N'empêche que j'en reviens pas... Paul, con comme la Lune un jour d'éclipse, qui va en Angueterre...
-  Ben attends, il parle d'aller en Italie maintenant ! Lui qui cause pas un mot d'espagnol, ça va encore être pratique.
-  Ah oué, la méthode à Mimile ça va peut-être pas lui suffire.
-  Paraît que c'est pareil, pour la bouffe ils ont piqué nos mots : pizza, spaghettis, ...
-  Raison de plus, pour les pizzas t'as juste à attendre la camionnette tous les jeudis soirs sur la place du village et les spaghettis c'est le dimanche midi avec le poulet. Je pige vraiment pas ce besoin d'aller voir chez le voisin alors qu'en France on a tout ce qu'il faut : le camion de pizzas, le pinard, la Tour Eiffel, même si elle donne pas l'heure, et euh... le français ! Au moins nous quand on parle, on se comprend !
-  Qu'est-ce tu veux y faire, c'est Paul...
-  Ah ça, t'as beau dire, essayer d'enlever les œillères à un aveuglé comme lui c'est peine perdue d'avance.
-  A qui me l'dis-tu ! Bon allez, on va trinquer à la France.
Patron, deux whiskys !




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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 15:30


-  HEIN ?? Non, pas toi !!
-  Ben si, comme j'te l'dis.
-  Oh non, c'est pas vraiment vrai... On croit toujours que ça n'arrive qu'aux autres, et pis un jour les autres c'est nous.
-  Oui ben ça va, ça arrive à des autres très bien, tu sais !
-  Ah mais j'en doute pas. Mais ça arrive surtout à des gens que je ne fréquente pas et c'est pas dommage.
-  J'attendais un peu plus d'ouverture de la part de mon meilleur ami...
-  Ahhhh me parle pas d'ouverture, maintenant que je sais que tu... Enfin ça me dégoûte quoi.
Et ça fait longtemps que t'as décidé ça ?
-  Tu sais bien qu'on ne décide pas ce genre de chose, c'est dans les gènes. Alors oui, à la naissance on est naturellement orienté, surtout dans mon milieu familial, on ne m'a pas vraiment laissé le choix de choisir, de me révéler. Mais voilà, maintenant j'en ai marre de mentir, je veux sortir du placard à balais...
-  Ah ben ça, le balai, maintenant tu risques surtout d'en avoir le manche dans ton fondement !
-  Bravo, c'est d'une élégance...
-  Excuse moi, je suis encore sous le choc. T'es mon meilleur ami, merde, mets-toi à ma place ! Je réalise que depuis toutes ces années tu m'as menti. Je me rappelle de ces longues soirées passées dans ta chambre, à la fac, quand on refaisait le monde en vidant des bières. Tu me regardais avec tes yeux admiratifs, je croyais que tu buvais mes paroles au goulot. Et là je prends conscience que tu t'en foutais de mes idéaux et que t'avais plutôt les idées basses...
Et Séverine était au courant?
-  Ben non, pas avant que je lui annonce que c'est pour ça que je la quittais.
-  Tu m'étonnes, je crois qu'elle aurait encore préféré que tu lui annonces que t'étais pédé !
-  T'es con ou alors ?
-  Quoi ?
-  Mais c'est le cas. C'est que je lui ai avoué à elle aussi, j'ai pas menti. "Séverine, je te quitte. J'ai viré de bord, je suis homo.".
-  Attends, t'es en train de m'annoncer que t'es homo ? Oh p'tain comme je suis content, tu peux pas savoir !! La peur que tu m'as fait, moi j'ai cru que t'avais viré à droite !! Je te voyais déjà encarté, poseur d'affiches et tout ! Ah ben ça, me v'là rassuré, t'es juste gay ! Allez, dans mes bras, je t'embrasse sur la bouche ! Et puis tiens, du coup maintenant je peux te faire une confidence aussi : je couchais avec Séverine !
-  Et bien confidence pour confidence, je suis amoureux de toi.
-  De moi ??
-  Oui, depuis toujours.
-  Je... Sale gauchiste, va !
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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 15:47



- Hey salut! Bien ou bien?

- Tranquille, t'as vu. Et toi? La famille, le boulot, quoi de neuf?
- Oh ben y'a des couci et des couça, comme tout le monde. Y'a des jours avec "sans" et des jours sans "avec".
- Ouais, ça c'est la vie. Moi l'autre jour par exemple, ben c'est pareil. Alors après, tu sais...
- Oui oui, j'sais bien! T'es jamais à l'abri d'un truc ou d'un autre.
- Ca de plus ou ça de moins...
- Voilà, t'as tout compris. Y'a des moments où il faut savoir dire "hé, ho!"
- Exactement. Et des moments où t'as envie de dire "ho, hé!"
- Mais ouais mon pote, mais tout à fait!
- Mais ouais mais le français est un con, tu lui donnes ça et il prend ça.
- Alors que si tu lui donnes environ ça dès le début, ben on en serait pas là! Vrai ou pas vrai?
- C'est tout à fait ça, t'as tout dit! Et les gens? T'as vu ça?
- Tais toi, ça va m'énerver. Je ne les supporte plus.
- Et si jamais ou quoi que ce soit, alors là parlons-en!!
- Bah, arrête, rien que d'y penser j'ai envie d'en prendre un pour taper sur l'autre et vice-versa.
- Oh oui ben l'autre, justement. L'autre... L'AUTRE!! Mais il vaut pas mieux! Nan mais regarde les! T'as tout de suite compris, hein...
- Apparemment tout le monde n'a pas compris, justement. Y'en a tu leur dis un truc, t'as l'impression que ça rentre par une oreille!
- Alors ceux là, je vois bien de qui tu veux parler...
- Ouais mais toi c'est pas pareil, toi tu sais faire la différence entre d'une part et d'autre part.
- Et pourtant, je suis pas allé à l'école plus longtemps qu'un mec qui y serait allé moins longtemps.
- Qu'est-ce tu veux que j'te dise...
- Des fois je me dis qu'il vaudrait mieux être sourd que de voir des conneries pareilles!
- Bien dit! T'as pas ta langue dans le même sabot, tu sais!
- Ah ben moi, je suis comme ça! Faut qu'ça sorte, de gré ou non. J'ai pas peur tu sais, je dis tout haut ce que les autres pensent pas.
- T'as bien raison mon gars! Dans la vie, faut savoir ce qu'on veut. Y'a que les idiots qui changent pas d'habits!
- Tout ça c'est kif-kif et bonnet blanc. Que tu sois grand ou pas, que tu sois petit ou pas...
- Et comme dirait l'autre : au royaume des aveugles, les rois dépassent les borgnes.
- Quand t'as dit ça, t'as tout dit!
- Moi aussi.
- ...
- ...
- Quoi de neuf, sinon?
- Oh ben tu sais, y'a des cahin et des caha...
- Ouais, ça c'est la vie...
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