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Qui Ça?

  • : Stipe se laisse pousser le blog
  • Stipe se laisse pousser le blog
  • : Je m'étais juré sur la tête du premier venu que jamais, ô grand jamais je n'aurais mon propre blog. Dont acte. Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser des commentaires dithyrambiques ou sinon je tue un petit animal mignon.
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La cour des innocents

La Cour des Innocents - couv - vignette

Dates à venir

- samedi 2 août, en dédicace à la Librairie Montaigne (Bergerac) de 10h à 12h

- samedi 30 août, en dédicace à la Librairie du Hérisson (Egreville)

- dimanche 9 novembre, en dédicace au Grand Angle dans le cadre du salon Livres à Vous de Voiron.

28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


 

 

La mort au choix.
 
* Vous choisissez dans chaque catégorie une proposition... construisez votre texte, sans contrainte de styles....
 
       - Vous rencontrez : .... la mort  /   un tueur  /   un saint  /  un membre de votre famille décédé
 
       - Vous : .... réglez vos comptes    /  êtes terrorisé  /  niez l'évidence   /  faites une belote
 
       - Vous avez : .... une cheville cassée /  perdu vos cheveux   /  l'anus qui gratte  /    la migraine
 
       - Un personnage secondaire : .... Nicolas Sarkozy  /  Honoré de Balzac  /  Georges Brassens /  un agriculteur
 
       - Un animal : .... un poisson tropical   /   un python   /  un chat pelé   /   un kangourou
 
       - Un objet : .... un timbre poste de collection  / une 405 GL épave  /  une tapette à mouches / une pompe à vélo
 
       - Un lieu d'action : .... la commune de Sainte Gabelle  /  le parking de Auchan  /  une plage Bretonne / un club échangiste auvergnat
 
       - La météo : .... une canicule / une pluie acide / la tramontane / un froid polaire
 
 
* On rajoute dans son texte un minimum de 5 mots choisis parmi ceux-ci :
       - capuccino

       - homophone

       - starting-block

       - phacochère

       - post-moderne

       - onanisme

       - esthéticienne

       - carbonara

       - prestidigitateur

       - déambulatoire
 
* Et on colle minimum 3 des phrases ou expressions suivantes :
       - Ses pieds sentaient le roquefort
       - Il eut été domage que vous ne fûtes pas là
       - Je suis sans slip aujourd'hui
       - 5200 euros pour une pierre tombale ?
       - Partir un jour loin de vous
       - L'imprimante a rendu l'âme
       - La virginité est une tare indélébile
       - Un poil de cul dans la soupe


 

 

LE TEXTE

 

 


 

  -  J.C. !
  -  ...
  -  Jicéééééééééééééé !!
  -  ...
  -  JESUS, BORDEL DE MOI !!!
  -  Quoi ? C'est bon, tranquille ! T'énerve pas, l'daron ! D'façon t'es même pas mon vrai père...
  -  Ouais ben justement, je vais te renvoyer chez tes parents adoptifs si tu continues ! Tu vas retourner grimper sur les toits et remplacer des tuiles pour l'entreprise familiale, ça va te remettre les idées dans l'ordre.
  -  C'est bon, reste posé, tu vas pas me réécrire la Bible ! Bon, pourquoi tu m'as fait descendre de ma croix ?
  -  Ben faudrait que tu tiennes la boutique pendant mon absence, j'ai besoin d'aller faire un tour en bas...
  -  Ah non, t'abuses grave ! Je suis raide carbonara, j'me suis couché y'a à peine deux heures. Avec les apôtres, on a fumé du python en écoutant du punk-jazz post-modern bulgare et on a fini la nuit à dégueuler dans le déambulatoire J'te jure qu'il faut les suivre, les zigotos, des vraies bêtes de cène !
  -  Nom de Moi, t'es pas possible JC ! Tu sais qu'on est un peu connus, en bas ? Je ne tiens pas à ce qu'on te voie en une de Pèlerin-Match, avec le slibard sur la tête et du vomi dans la barbe. Les affaires sont pas vraiment prospères en ce moment, et on s'est fait piquer le marché de l'irrespect de la femme par les arabes. Et notre nouveau directeur commercial, l'allemand là, avec sa gueule à faire pleurer les enfants c'est pas lui qui va nous faire revenir les brebis à la bergerie. Surtout qu'il s'est entouré d'une bande de VRP, faut voir la fine équipe... Donc si tu pouvais calmer un peu le jeu, le temps qu'on se refasse la cerise.
  -  ...
  -  J.C. ? 'Tain Jésus, réveille-toi ! Bon écoute, va pas falloir que tu tournes au capuccino décapucciné ! Avec le froid polaire qu'il fait en bas, on va rentrer du clodo, du bénévole pour le Téléthon noyé en ayant voulu traverser le Lac de Paladru à la nage, du hors-pistard, de la bigote intoxiquée au monoxyde de carbone dans les églises, du gosse qu'a pas été vacciné, etc... Donc t'as intérêt à être dans les starting-blocks, crois-en-Moi ! Et pis t'es mignon, dès qu'ils sont entrés tu refermes les portes du Paradis, on chauffe pas les rues, hein ! Mais je te fais confiance pour nous faire un de tes tours de prestidigitateur et nous transformer ton poil de cul dans la soupe en croûton dans le velouté d'asperges, hein fiston !
  -  Pfff, trop relou le vieux...
  -  C'est ça, ouais ! Quand je pense à tout ce que j'ai fait pour toi, c'est grâce à moi si t'es en haut de l'affiche aujourd'hui !
  -  Allez c'est bon, file-moi ton brassard de réceptionniste et ta chasuble blanche, j'vais m'en occuper de ton boui-boui. Et vas-y à ta partouze...
  -  Comment tu sais que... ???
  -  Parce que t'as une tâche énorme derrière, ducon ! Un classique chez les débutants, ça...
 

Et meeeerde ! Faut dire que je suis sans slip, aujourd'hui. Ca fait une semaine que j'ai l'anus qui gratte et que je me le beurre au Saint-Doux ou à tout ce qui peut faire office d'onguent. Alors forcément, aujourd'hui sans slip ben l'auréole c'est pas sur la tête que je l'ai... Jusqu'à la semaine dernière je savais que la virginité était une tare indélébile, aujourd'hui je sais que la virilité laisse des tâches indélébiles...
Et maintenant je vais être en retard, avec ses conneries à l'autre hippie. La Mort je la connais, parait que c'est une excellente maîtresse mais elle est rarement en retard, je dirais même qu'elle a plutôt tendance à arriver en avance... Cette semaine je sais pas où elle m'emmène mais j'espère que ce sera moins pourrave que la semaine dernière. Le dépucelage dans un club échangiste auvergnat, ça laisse des traces. Enfin, façon de parler... C'était aussi excitant que Balzac qui décrit une épave de 405 GL sur dix pages, c'est dire. Bon heureusement, La Mort elle est marrante, elle sait foutre un peu de vie dans ce genre d'endroit glauque.
J'aimerais bien me la faire, ce soir. La semaine dernière elle était trop occupée avec un couple d'homos, j'ai pas osé la brancher. Et puis coucher avec sa partenaire dans une boîte échangiste, paraît que c'est mal vu. Mais ce soir j'ai bien envie de la...
Ah tiens la v'là. 'Tain, elle peut pas s'empêcher de klaxonner, faut qu'elle se fasse remarquer. Si ça s'apprend que Dieu couche avec La Mort, je risque d'être taxé d'association de malfaiteurs. Tu m'diras, au Paradis je risque pas d'être inquiété, y'a pas masse de flics et de juges. Mais pour mon image ça craint. Déjà la tâche de graisse au cul, ça fait pas très sérieux...

Bon allez, on y va détendu du gland et ça va bien se passer.


 

**********

 

 

  -  Mais c'est quoi ce connard qui tambourine à la porte, il va me défoncer la Lourdes ??? OUAIS OUAIS J'ARRIVE, ON SE CALME !!
  -  Ouvre Jésus, c'est moi !!
  -  Papa ? Mais qu'est-ce tu fous là? Pourquoi tu passes par la grande entrée et pas par la porte de service?? Et c'est quoi c'te tronche de déterré ?
  -  Ben justement... Disons que j'ai pécho La Mort. Ou c'est elle qui m'a attrapé, si tu préfères.
  -  'Tain le boulet... Donc t'es en train de me dire que...
  -  Que j'suis mort. Comme un mortel, quoi...
  -  ...
  -  ...
  -  Bon ben rentre, je vais passer un coup de fil et voir si on peut espérer un miracle.
Allo Allah ? Ouais, c'est Jéjé. Dis voir, t'as pas oublié ce qu'on a fait aux juifs en 40 ? Ben je vais avoir besoin d'un service et je crois que c'est le moment de renvoyer l'ascenseur...

 

 

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


 

 

* Les règles :

       - Utiliser 12 prénoms commençant par la lettre G
       - Utiliser 4 villes commençant par la lettre S
       - Utiliser 9  animaux, sauvages ou domestiques
       - Utiliser 8 ustensiles de cuisine
       - Faire intervenir : un huissier, un boulanger, un ostréïculteur,  un curé, un chanteur connu.
 

 

* Utiliser les expressions : 

       - Con comme la lune
       - J'ai perdu ma brouette
       - Ca me gratte de l'intérieur
       - Infection ovarienne
 
* Contraintes :

       - Cela se passe sur une journée
       - Nous sommes en 1950
       - Vous êtes narrateur et non acteur


 

 

LE TEXTE

 

 


 

" Ca me gratte de l'intérieur, chéri.
- Bouge pas, je vais t'arranger ça."
Il lui retira le gode froid et fit l'aller-retour à la cuisine, revint se positionner entre ses cuisses et lui arrangea ça.
Elle gueula un peu, puis elle gueula plus du tout.
" Alors Guenièvre, ça te gratte encore de l'intérieur ?"
Puis il siffla le yorkshire et lui balança l'utérus ablationné de sa pute de maîtresse. Il rinça le dénoyauteur à cerises, sortit son carnet et biffa une première fois.

Il descendit au bar "Chez Ginette", commanda une Gentiane et s'enquit de la présence de la patronne.
La barmaid, aussi aimable qu'une infection ovarienne chez la guenon, lui fit savoir qu'elle avait d'autres chats à fouetter. Il l'attrapa par le colbac, lui écrasa son mégot sur la main et lui réitéra sa question. Moins d'une minute après, elle revint de l'arrière salle en se frottant la main, l'air bougon et à couteaux un peu moins tirés. Elle lui fit un signe de tête vers l'arrière.
L'homme se leva, brisa la nuque de la serveuse en la croisant et se rendit dans l'arrière salle. La dénommée Ginette avait la gueule de l'emploi et l'emploi à avoir de la gueule. Il lui planta sa cuillère à café dans l'œil et lui dit bonjour. Puis au revoir.
Il sortit son carnet, raya le nom et lit le suivant. Guillemette.

Rue de Sèvres, au 12.
" Toc toc toc
- C'est qui ?
- C'est l'huissier. Ouvrez !
- Ah bon ?"
Elle ouvrit la porte, il lui ouvrit le bide avec un couteau à huître piqué chez Ginette.
" Perdu! Je suis pas huissier, je suis ostréiculteur."
Il en sourit encore alors qu'il rayait Guillemette. Il posa la pointe du crayon sur le nom de la suivante.

Le taxi se prit la mauvaise idée de vouloir lui tenir le crachouilloir.
" Moi j'vois j'ai mon cousin germain, hein, notez qu'il est pas d'ici, il est de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, hein. Bon ben j'vois moi mon cousin il est revenu de la guerre avec un œil crevé, hein, bon ben il a continué à faire taxi quand même, hein, et pis c'est marre, hein !  Ah ben tiens, nous y v'là arrivés, ça vous y fait 22 francs.
- Vous prenez le liquide?
- Bah ouais, vous savez d'nos jours, hein ..."
Arrivé à mi-chemin de son œsophage, le fil à couper le beurre lui coupa aussi la parole. Le sang jaillit de sa gorge aussi rapidement que jaillissaient les inepties de sa bouche.
" Vous pouvez garder la monnaie. Et le fil à couper le beurre."

Il entra dans l'école et se dirigea vers la classe des septièmes. La maîtresse leur faisait la dictée lorsqu'il pénétra dans la pièce. Sous les regards curieux de l'assemblée, il alla fouiller dans la trousse d'un fayot de rouquin au premier rang. La fonctionnaire prit enfin la peine d'exiger des présentations.
" Mais enfin qui êtes vous?
- Vous êtes bien Gilda Lerobert ?
- Oui c'est moi, mais qui vous a consenti à pénétrer dans ma classe sans prendre l'usage de toquer à l'huis auparavant?
- Monsieur le Directeur m'a chargé de vous remettre ceci."
Il lui planta le compas du rouquin dans le front.
Il retourna vers le rouquin :
"Tu seras dispensé de géométrie pendant tout le mois. "
Puis s'adressant au reste de la classe :
"Vous me conjuguerez le verbe se vider comme un lapin à tous les temps du climat méditerranéen."
Gilda fut rayée du carnet.

Il se rendit au couvent des Joyeuses Grenouilles de Bénitier de Saint-Jacques-de-Compotier et demanda à voir Sœur Gertrude. Celle-ci n'eut pas le temps de finir son signe de croix que Jésus et son crucifix lui mirent les pieds dans le plat. Lorsque le curé la retrouva dans le tabernacle avec son Jésus planté dans la bouche, il se dit que le Saigneur avait lui aussi constaté que Sœur Gertrude n'avait pas les voies si impénétrables que ça...

La rayable suivante, il fallut la dégoter au milieu des champs.
Ce n'est que lorsqu'il s'entendit gueuler un "Holà mon brave!" qu'il sut laquelle du troupeau n'était pas une vache.
La rougeaude de Salers le dévisagea dans une grimace folklorique, et lui demanda:
"Vous cheurchions queuqu'chose?
- J'ai perdu ma brouette.
- J'a point vu d'beurouette à c't'heure.
- C'est fâcheux car je vais en avoir besoin pour transporter votre corps."
Gilbertine fut égorgée au barbelé puis griffée du carnet.

Des grelots énervants signalèrent au boulanger une entrée dans sa boutique.
Son hésitation à présenter madame la boulangère à l'homme ne dura que les quelques secondes qui lui restaient à vivre avant d'être enfourné.
La boulangère se pointa avec sa tronche enfarinée de boulangère pour demander ce qu'il se passait. Il se passa qu'elle vit la machine à trancher de très près et que si ses pains étaient complets, on ne pouvait plus en dire autant d'elle.

Gwendoline tranchée de la liste, le carnet lui proposa enfin Graziella.
 
Le cabaret dans lequel elle donnait ses représentations avait tout de l'attrape-gogo. A l'entrée, l'affiche annonçait "Grazi la gazelle des steppes" en première partie d'un certain Gilbert Bécaud.
Il entra dans sa loge trop grande pour un si petit talent, elle se retourna  en rejetant son boa en plumes sur son épaule. Le défaut du boa, c'est que c'est constrictor.
Il lui serra le reptile emplumé suffisamment fort autour du cou pour qu'elle ne ressemble plus à son affiche.

Il rentra à l'hôtel, raya le dernier nom de la page, puis déchira les deux pages de G. Celle d'hier, écrite en bleu. Celle d'aujourd'hui, écrite en rose.
Nerveux, il s'attarda sur la page suivante, bleue. Les H.
Il tourna tous les boutons de la gazinière puis revint à son carnet.
Il regarda longuement la nouvelle page et lorsque l'odeur du gaz commença à lui picoter les narines, il prit son stylo et raya la première ligne. Puis il s'alluma une cigarette.


Il était exterminateur de prénoms à la con comme la lune. C'est pour ça qu'on le payait, pour ça qu'on lui filait des listings de prénoms à la con comme la lune. Par eugénisme patronymique, il dézinguait tout ce qui s'appelait moche.
Il s'appelait Hilarion.

 

 

 

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 

 

 * La forme : libre

  
* Le sujet :  Je cherche du travail
 
* Contraintes :

       - Utiliser 10 sentiments ( haine, amour, amitié, joie, peine, ...)
       - Parler à la première personne du singulier
       - Interdiction d'utiliser : ANPE, ASSEDIC, curriculum, motivation, postuler, entretien
       - Interdiction d'utiliser le verbe "avoir" sous quelque forme que ce soit (participe passé, auxiliaire, ...)
       - Trouver et utiliser 10 mots de plus de 5 syllabes
       - Citer un proverbe de Jean de la Fontaine dans votre texte ( seul endroit où le
          verbe avoir sera toléré.)



 

 

LE TEXTE

 

 


Chers Madame-Monsieur



Je vous écris par la présente afin de présenter une sollicitation parce que je cherche un emploi en rémunération, le cas échéant. J'adore travailler avec des collaborateurs qui sont cools néanmoins qu'ils sont sérieux parce que quand même c'est important d'être sérieux dans le monde de notre siècle. Et je dis ça sans arrière-pensée politique, de tout façon je ne vote pas car j'y connais rien à tout ça, vous pouvez me faire confiance.

Madame-Monsieur, c'est avec bonheur que je vous apporte le plaisir de vous apprendre que je suis l'homme de la situation, voire même. Et pourtant j'aime pas me vanter, mais j'assure grave. Je crois que je touche bien ma bille en arboricultage des jardins et subséquemment en aménagement d'espaces verts de tous horizons, faut voir !

Si vous me prenez à l'essai vous serez pas déçus, c'est du garanti. Mon ancien patron était satisfait de moi un jour, vous pouvez même lui demander si vous croyez que je suis un mytho.

Pour les considérations financières faut pas s'inquiéter, je suis pas un crevard tu sais !

On dit que vous me donnez un chèque comme ça, de la main à la main, ni vu ni connu j't'embrouille les administrations. Hey Madame-Monsieur, si ça vous arrange du liquide on peut en convenir, par contre ce sera un peu plus cher, c'est normal. C'est pas vraiment de la malhonnêteté, moi je dis que c'est plutôt des arrangements entre adultes qu'on s'entend. C'est comme ça que ça marche dans le business mais je vais pas vous apprendre votre métier à votre place.

Ah oui, faut aussi que je vous dise que je suis possesseur du permis A, B, C, O négatif et tutti frutti. Je sais conduire les grues excavatrices et à godet s'il le faut mais mon permis est passé à la machine à laver du coup il est tout niqué qu'on n'arrive plus à rien lire dessus tellement la lessive ça décape incroyable mais faut me croire que je sais manœuvrer ça tranquillou. Si vous êtes dubitantieux, je pourrai vous faire une démonstration dans la cour, je vous fais un créneau avec un tractopelle de la main droite, tu paries Madame-Monsieur ?

Pour être franc, j'vais pas vous la faire à l'envers alors faut savoir que je suis un peu en galère ces temps-ci. Ma femme, celle là qui élève mes enfants (dont deux gravement), est atteinte d'une maladie proportionnellement mortelle. Sur la tête du prophète, c'est pas la joie tous les jours. Mais je dis pas ça pour me la raconter et que vous soyez en pitié. Mais c'est vrai que du coup, comme en plus mon Audi présente un problème de carrosserie suite à des tonneaux divers et variés à vitesse éthylique, ce travail ça serait pas du luxe par rapport à ce que ça coûte.

La voiture, les enfants, vous savez c'que c'est, hein ! Ca pompe de l'argent à tire-les-rideaux !

D'ailleurs comment ça va la petite famille ? Les enfants ça grandit ? Ils empruntent toujours le chemin du parc pour rentrer de l'école ? Je me mêle de ce qui me regarde pas dans mes affaires, mais c'est pas très prudent de laisser ses enfants rentrer seuls de l'école par un chemin aussi désert, surtout avec tout ce qu'on voit dans la télé. Chez TF1 ils disent que des gens désargentés parce que sans travail sont prêts à kidnapper des enfants pour les revendre sur eBay, ça fait peur ça Madame, non ?

Vous allez dire que je passe du coq hallal, mais vous en êtes content, Monsieur, de votre Scenic d'immatriculation 457 CGR 93 ? Aucun souci du côté des freins ? Faut se méfier quand même, ces voitures sont réputées pour ça, les freins qui lâchent sans prévenir, en pleine descente. Curieux, hein ? C'est dangereux ça Monsieur, et ça arrive plus vite qu'on le croit à c'qui paraît…

Comme disait Jean DeMolière, la raison du plus fort est toujours la meilleure, pas vrai ?

Bon allez, je parle je parle mais vous êtes peut-être occupés à du boulot ou à des vacations professionnellement. Je vous dis à bientôt, je suis certain qu'on va être amenés à travailler ensemble dans un futur plus ou moins près.

Veuillez recevoir, Madame-Monsieur, mes salutations bien sincères ma parole !

A+, bizzz.

 

 

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


* Le sujet : Dois-je envoyer une carte de voeux à mon patron ?

* Les mots imposés :

       - Mésopotamie
       - rabbin
       - sapinette
       - valorisation
       - prémenstruel
       - asystolie
       - acné

* Les expressions imposées :

       - avoir une méchante infection nasale
       - prendre ses jambes à son cou
       - péter dans la soie
       - X-Files était la meilleure série S.F. des années 90
       - Non merci, vraiment non...

 

 

LE TEXTE

 

 

J'hésite. Dois-je envoyer tous mes bons vœux à mon patron ? Je suis dans l'expectative. Voyez-vous, j'hésite.

 
D'un côté il faut se rendre à l'évidence que l'hypocrisie et la banalisation du "Non, merci, vraiment non… C'est trop d'honneurs que vous me faites là… Je ne méritais pas un tel salaire, je ne méritais même pas de salaire du tout…" ont dans le milieu du travail vocation de valorisation et qu'à cet égard ce serait aussi aveuglément crétin d'estimer qu'on puisse faire l'impasse sur l'exercice que de considérer que  X-Files était la meilleure série S.F. des années 90 étant donné que d'une part c'était la seule et que d'autre part c'était à chier.

 
A contrario, il me parait compliqué de me plier à cette exigence si je considère que je ne souhaite rien d'autre que la mort par éviscération publique à ce nabab nauséabond qui est le croisement entre un mormon diabétique parfumé à la sapinette de synthèse et un rabbin valétudinaire à l'asystolie suggérée dont l'acné du cerveau laisse suinter des idées de merdes auxquelles viennent s'agglutiner de zélés subordonnés tout comme les mouches coprophages souffrant d'une méchante infection nasale purulente viennent se coller la gueule au cul de la chamelle de Mésopotamie en période prémenstruelle et prennent leurs jambes à leur cou dès lors que celle-ci a le mauvais goût de vouloir péter dans la soie car le mauvais goût n'empêche pas la pudeur.

 
Alors voyez-vous, j'hésite.

 

 

 

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


 

Contraintes :

* Ecrire en rime, quel que soit le style : prose, slam, poésie, on s'en fout... des rimes, c'est tout.
 

 

* Placer les mots suivants dans l'ordre précis :
       - Exergue
       - Sexologie
       - Mathématiques Appliquées
       - Muraille
       - Astrologie
       - Bouffoneries
 
* Le sujet :  Je rentre de vacances, je me suis fait cambrioler, et en plus j'ai des morpions !


 

 

LE TEXTE

 

 


Je me suis fait larguer
A la veille des congés payés,
Et j'accuse mon ancienne copine
D'avoir, par vengeance, fait dans la rapine
Car rentré de mes vacances
C'est mon appart qui y était... en vacance.

Faut vous avouer que mon ex ergote
Depuis que je lui ai chié dans les bottes.
Je me suis fait gaulé, elle m'a surpris
En train de faire du sexe au logis
Dans des trous qui ne lui appartenaient pas
C'est le genre de truc qui ne pardonne pas.

Dieu me comprenne, à cette maîtresse je n'ai pu résister
Le style de fille qui mate et m'astique, appliquée.
De colère elle m'a collé dans le mur, aïe,
Et a voulu m'arracher les burnes à la tenaille.
Alors pour fuir ce désastre ô logique
Je me suis barré bronzer en Afrique.

Je ne sais pas quelle est la gueunon
Qui m'a refilé des morpions,
Mais soyez gentils, ne vous étranglez pas avec votre sandwich
En vous marrant de mes problèmes de riche
Car même de celui qui se gratte le pubis,
Pendant que l'on bouffe on ne rit.

 

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


 

Une princesse m'a défié : "Tiens, si t'as rien de mieux à faire que de rien foutre, t'as qu'à écrire un bidule sur le thème Quand les poules auront des dents et les vaches auront des ailes".
Ben vlan!

Dont acte.

 

 

LE TEXTE

 

 


"Quand les poules auront des dents et les vaches auront des ailes", qu'elle m'a répondu.
Je me suis dit que c'était pas demain la veille ce qu'on pouvait faire le jour même, mais j'ai espéré surtout que ça ne tomberait pas un mercredi où j'ai compèt' de caté.
J'ai demandé à la maîtresse qui sait plein de choses et elle m'a confirmé que la veille ben c'était pas pour demain. Et c'est tant mieux, parce qu'on était mardi.

Alors j'ai demandé à mon pote Hervé, un grand.
Hervé il sait plein de trucs, même s'il fait pas maîtresse comme métier. Il connaît toutes les tables de multiplication des verbes irréguliers et toutes les capitales de pays qui ne sont même pas en France.
Il m'a dit que pour que les poules aient des dents et les vaches aient des ailes, il faudrait faire des croisements. Moi le seul croisement que je connaisse c'est celui dans le village entre la Rue Grande et la Grand Rue et je pourrai jamais faire un croisement vu que je sais pas conduire un tractopelle. Il a dit que ha ha ha puis mais non, un croisement entre des animaux : une poule avec un taureau ou une vache avec un coq. Et il m'a expliqué comment on faisait les poussins et les veaux et les bébés. Ben dis, ça a l'air drôlement dégueulasse!
Il a dit que ha ha ha et que je payais. J'ai dit que oui mais que je gardais la monnaie pour m'acheter des bonbons et il a dit que ha ha ha.
Hervé il est savant comme s'il n'avait jamais redoublé mais il interjecte quand même beaucoup.

On a donc entrepris d'emmener la poule au taureau. J'ai tenu la poule pendant qu'Hervé farfouillait entre les cuisses du bestiau. Hervé il a dit qu'un taureau ça avait une vraie bite de cheval mais que la poule arrivait bien à sortir un œuf sans broncher du sourcil alors qu'elle allait sûrement pas sentir grand-chose. Il a graissé la bite du taureau avec du beurre puis j'ai embroché la poule dessus.
A défaut de dents, la poule s'est retrouvée avait vingt centimètres de quéquette qui lui sortait du bec.
J'ai demandé à Hervé si ça avait marché, il a répondu que ha ha ha non. Puis j'ai demandé si c'était pour ça que quand une poule ouvre le bec on dit qu'elle quaquette et il a pas répondu.
Hervé a dit qu'on aurait peut-être du prendre de la margarine et aussi un taureau moins gros. Alors on a essayé avec de la margarine et avec un veau mais la nouvelle poule s'est retrouvée avec dix centimètres de quéquette qui lui sortait du bec. Hervé a traité l'animal de veau-rien.

Alors Hervé a dit qu'on allait plutôt essayer de faire avec un coq et une vache. La vache a senti comme une piqûre d'insecte derrière elle, elle a donné un grand coup de queue et le coq s'est retrouvé écrabouillé sur sa croupe.
Hervé en a conclu que les poules, comme José Bovin, étaient anti-OGM (Ovipares Génétiquement Modifiés).
Du coup, on en était revenus au même point. On était à la veille de demain, mais pas à celle technologique.

Mais il n'était pas dit que demain ne serait pas la veille d'après-demain...

J'ai donc filé dans ma chambre sans que le père n'ait eu à m'y pousser du pied droit et j'ai fouillé dans mon coffre à jouets. Puis je suis allé à la cuisine alors que j'avais même pas faim et j'ai confisqué à la mère deux de ses ustensiles.
Puis je suis allé piquer une poule à un grand-père et une vache à un autre. Après tout, qui vole un œuf vole un bœuf.
J'ai collé mon dentier de vampire dans le bec de la poule et j'ai attaché les deux plumeaux sur le dos de la vache, à l'aide de tendeurs.

Tirant la poule au bout d'une corde, la vache sous le bras (ou peut-être l'inverse, j'ai pas la mémoire des détails), je me suis rendu chez la princesse. Je lui ai présenté mes animaux customisés et, sûr de mon coup, lui ai annoncé fièrement :
"Ca y est, aujourd'hui c'est demain la veille. Les poules ont des dents et les vaches ont des ailes. Donc maintenant tu peux me montrer tes lolos !"
Elle a éclaté de ha ha ha, comme si elle s'était super doutée de la cherie.
Puis elle a déboutonné son chemisier et a dégrafé son soutien-gorge.
"Ton abnégation mérite bien une récompense..."

Elle m'a exhibé ses seins.

Les plus gros seins que j'ai jamais vus en vrai de ma vie ! Pas parce qu'ils étaient gros, mais parce j'en avais jamais vus en vrai de ma vie.
"Tu peux toucher, si tu veux."
J'ai posé ma main sur son sein droit, l'ai caressé doucement, me suis même étonné de la douceur de cette peau presqu'adulte.
Puis j'ai baissé les yeux et ai regardé vers mon slip. J'ai posé ma main sur ma quéquette et, oh...
J'ai éclaté en sanglots.
"Ben quoi, qu'est-ce qu'il y a ?"
- Princesse... je crois que je suis pédé."

 

 

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 07:00

 

LE DEFI

 


Ecrire en 25 lignes maximum un texte en plaçant les mots improbables :

* Rodomontade   ((nom féminin). Action, paroles de rodomont, fanfaronnade)
* Abscons   ((adjectif). Difficile, obscur)
* Oxymoron   ((nom masculin). En rhétorique, réunion de deux mots de sens opposés)
* Déreliction   ((nom féminin). Etat, sentiment d'abandon)
* Thuriféraire   ((nom masculin). Celui qui porte l'encensoir dans une cérémonie du culte)

 

 

LE TEXTE

 

 

- Et voilà, on est perdus… Elle est nulle ta carte routière !
- Je comprends pas, elle est toute neuve. Edition 2009, couverture cartonnée et tout!
- Tu parles d'un t'abscons, oui ! Ils disent de prendre la première à droite déréliction Briançon, mais nous voilà bien seuls au milieu de nulle part. Et en plus la voiture commence à fumer noir, ferme les fenêtres !!
- Nous qui voulions le grand air pur, on se retrouve encore dans les gaz d'échappements comme à Paris. "Oxymoron nous les poumons", que tu me disais. Ben c'est un succès raté sur toute la ligne !
- Faut dire qu'on est en montagne, t'as vu comme ça grimpe ? J'ai jamais vu une rodomontade aussi longue, tu m'étonnes que le moteur ne fanfaronne pas trop… Vivement qu'on arrive là haut.
- La prochaine fois on prendra le train. Les transportements thuriféraires c'est vraiment l'idéal pour t'amener à l'Encens-Vercors.
- En tous cas, laisse-moi te dire que c'est la dernière fois que j'achète une carte routière de la marque Larousse !

 

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 11:34

 

 

 

Parce que ce blog périclite, ô sporgersi, et parce que celui de l'Essaim d'Esprits a sombré dans l'oubli depuis trop longtemps, et parce que je suis écolo, je vais recycler les textes que j'y ai posté, dans le temps, issus de défis tous plus tartignolles les uns que les autres et que mes camarades de jeu et moi-même relevions potachement, sans autre ambition que celle de faire pouffer le copain pour qu'il se fasse engueuler par la maîtresse.

Désolé par avance si vous étiez déjà allés les lire à l'époque, c'est pas de bol, vu que personne ne prend jamais la peine d'aller cliquer sur les sites dont je fais la publicité, effrayés que vous êtes par l'idée que j'essaie de vous vendre des tupperwares ou de vous imposer de prendre ma cousine en stage au service compta de votre entreprise.

 

Parfois, je me dis que vous ne me méritez pas.

 

 

A partir de demain, donc, et pour une durée indéterminée de 6 jours, je (re)posterai quotidiennement un défi et le texte qu'il a engendré.

Il vous appartient de relever vous-même ces défis, comme l'ont fait tous ces gens là.

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 13:51

 

 

La fête des pères survient traditionnellement après la fête des mères, qui est elle-même la suite logique de la "faites des enfants".

La fête des pères est l'occasion annuelle pour les enfants de se souvenir qu'ils ont un père, et pour les pères de se rappeler qu'ils ont des enfants décidément très cons.
Si la fête des mères rime avec amour, bonheur, famille, poèmes trop mignons et joie partagée, la fête des pères rime avec phacochère, réverbère, gruyère et enfants très cons. Et même pas en alexandrins.
La fête des mères est un moment unique qui permet à la maman de recevoir de la part de ses enfants et de son mari toute la considération et les honneurs que lui vaut sa sinécure quotidienne de culs à torcher et d'apéros à servir à l'heure. C'est l'occasion pour elle de se voir servir le petit déj' au lit, d'entendre des poèmes émouvants, de recevoir des cadeaux personnalisés et d'être dorlotée. Et tout le monde est content : la maman est choyée, les enfants sont choyeurs, et le père peut espérer profiter de l'euphorie de sa femme pour quémander une petite pipe.
La fête des pères, elle, est le moment idéal pour se mettre sur la gueule et régler ses comptes.
Que les enfants osent débarquer dans la chambre conjugale dès potron-minet et ils se feront refouler au prétexte que le dimanche on est en droit d'exiger la grasse mat', et éventuellement une petite pipe, et que le petit déj' au lit ça fait des miettes partout et en plus on est mal installé et c'est des coups à roter le ricoré toute la matinée. Si les enfants optent pour un poème écrit de leur main ou un cendrier en plâtre confectionné par leurs soins, père leur répondra qu'un polo Célio aurait suffit, et qu'il espère qu'ils n'ont pas foutu du plâtre partout. Dans le cas où la progéniture a opté pour le polo Célio, papa leur jurera avec une sincérité dans la voix qui n'a d'égal que celle du coureur cycliste qui déclare que malgré ses 38 minutes d'avance à l'arrivée de l'Alpe d'Huez et les traces d'urines de rhinocéros retrouvées dans les siennes, il ne s'est pas dopé, "si si, il me plait". Puis il demandera si quand même ils ont gardé le ticket de caisse. Et lorsque les gosses se seront ruinés pour un stylo Mont-Blanc, on leur rétorquera que quitte à dépenser de l'argent, autant que ce soit pour une bouteille de whisky, un bon d'achat chez Casto ou une paire de plaquettes de freins, un truc utile quoi, parce que qui utilise encore un stylo de nos jours, hein, qui ? QUI, BORDEL ???
Sont cons, ces mômes.

Plus tard, l'épouse prendra son dû, elle qui sait pertinemment que les polos ça fait pédé, et que les stylos ça fait pédé. Le jour de la fête des père, c'est aussi la fête de la mère.
Le lendemain, lorsqu'à la pause-café il entendra ses collègues se vanter d'avoir reçu en cadeau un baptême en hélico ou une montre qui brille, le père qui n'aura reçu qu'un poème crétin ou un autre truc de pédé déclamera avec une solennité que lui envierait le coureur cycliste qui affirme que sa victoire est avant tout celle de son équipe, de médecins, "j'ai rien eu à la fête des pères car je ne veux rien, je refuse de faire le jeu des capitalistes en me conformant à cette opération commerciale, car je vous le dis comme en cent, c'est avant tout une opération commerciale, mais on ne peut pas empêcher les gens d'être cons, et je dis pas ça pour vous, vous c'est pas pareil".

Il n'est pas rare, à l'occasion de cette journée et suite à une banale divergence de points de vue quant au  caractère homosexuel d'un cadeau, que la discussion s'envenime et que le père ose enfin avouer à son enfant de 5 ans qu'il n'est pas son géniteur.
"Fils de putatif", lui crache-t-il au visage. Puis l'enfant est puni et privé d'amour jusqu'à ses 18 ans, âge auquel il aura alors le droit de violer la petite voisine de palier dont les seins lui rappellent ceux de sa propre mère.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 18:03

 

 




  Le curé s'éponge le front avec un immense mouchoir large comme un demi-drap, et qui a certainement été blanc dans sa vie antérieure de demi-drap, avant qu'il ne serve indifféremment de serviette de table, de chamois à astiquer les cuivres ou encore de chiffon à dégraisser la chaîne de vélo. Il contemple l'auréole laissée sur le tissu. "Je suis en suaire", glisse-t-il à sa voisine, une bénie oui-oui sans âge et pourtant plus vieille qu'elle n'y paraît, et qui a déjà enterré la moitié du village et baptisé l'autre. Ventripotent, dégarni et rougeaud, il est de ces hommes d'Eglise qui n'a pas laissé la déconne en consigne au tabernacle, et qui a su ramener les brebis égarées au sein du troupeau des moutons. Alors oui, il a un certain penchant pour le Côtes-du-Rhône coupé au vin de messe, pour le pince-fesse-mathieu et pour le blasphème haut en couleurs, mais le plus grand nombre lui pardonne ses écarts et lui confie ses morts avec la certitude qu'ils passeront l'éternité au chaud, dans un paradis où on peut croquer la pomme à pleines dents et avec les coudes sur la table.
  Derrière lui, le cortège transpire, souffle et échange des considérations atmosphériques sur la canicule de cette fin de printemps, et si c'est pas malheureux une météo détraquée pareille, et y'a plus de saisons, et que fait la police ? Ceux placés juste derrière le corbillard s'amusent de constater que la fumée crapotée par le pot d'échappement leur offre un peu d'air frais, bien que ça pique un peu les yeux. Ça tombe bien, on est là pour pleurer.
  Les hommes ont desserré le nœud de la cravate et portent leur veste pliée sur l'avant-bras, les femmes s'éventent avec le programme des offices qu'elles ont piqué à la sortie de l'église, et espèrent le moment où elles pourront retirer leurs escarpins.

  Autour de la sépulture, chacun se demande ce qu'il fait là. Non pas qu'ils l'ignorent, ils savent qu'ils ne sont pas dans ce cimetière par hasard, parce qu'ils auraient vu la lumière divine en passant et qu'ils seraient entrés pour vérifier les ampoules. Mais tout le monde pense que c'est pas une saison pour être enterré et que la meilleure place aujourd'hui, c'est celle du mort.
  Accaparés par leur propre sort moite, ils en oublient presque ces deux-là, assis devant le grand trou qui recevra bientôt leur père. Le regard enraciné dans le sol, le visage vide d'expression, ils semblent insensibles au zèle du soleil. On les envierait presque de ne pas se plaindre ; la mort réalise parfois des miracles. Et lorsque les yeux se posent sur eux par inadvertance, ils se détournent aussitôt et vont vaquer à d'autres divagations plus attractives, comme l'étude du crâne du curé qui perle tellement qu'on se demande s'il n'est pas en train de maigrir du cerveau.
  Et comment leur en vouloir, à ces gens, d'aller perdre leur regard dans la sudation liturgique plutôt que dans le voyeurisme mortifère ? Car nul ici n'ignore qu'au moment où on mettra le cercueil dans le trou, on enterrera ces deux-là avec. Alors assister au spectacle du condamné qui attend son exécution, autant compter les mouches qui viennent se coller sur les fleurs artificielles fondues.

  Un vieil homme – il expliquera qu'il a connu le défunt sur les bancs de l'école communale, avant que celui-ci ne monte à Paris – demande qui sont ces deux là.
"Des orphelins.
- Il a été marié ?
- Pas exactement…"


  Paul Rouchon est né au sortir de la Seconde. Ses parents s'étaient connus à l'armistice de la Première. A l'époque on disait "la Deuxième" car on était persuadé qu'il y en aurait une Troisième. Alors on a procréé à la hâte, histoire de reconstituer la future armée. Aujourd'hui qu'on sait qu'il n'y en a pas eu d'autre, on dit "la Seconde". Et on dit "le Baby-boom".
  Comme tous les garçons de cette époque, il a été élevé pour être un homme, un qui n'hésiterait pas à monter au créneau quand ça tournerait chocolat. A aller au front, qu'on disait. Il a connu le travail au champ, la moustache à seize ans, l'amour avec une cousine à dix-huit. L'ambition à vingt.
  Son truc, à Rouchon, c'était de faire marrer le copain. D'amuser la famille. De donner en spectacle au quidam. C'est pour ça qu'à vingt et un ans il a jeté son nécessaire et quelques photos dans une valise et qu'il est monté à la capitale. C'était l'âge d'or du music-hall. L'amusement était le bienvenu, et même si la concurrence était rude, Rouchon se prit rapidement au petit jeu du devant de la scène. Les lumières vous aveuglaient et vous faisaient mouiller la chemise, mais c'était la réaction du public qui vous réchauffait le cœur. Ou vous glaçait le sang.
  Rouchon comprit assez rapidement que pour sortir du lot il lui fallait oublier le divertissant de l'imitation du Général ou la gouaillerie sur le Führer. Et alors ses numéros prirent de la profondeur. Il y ajouta de la musique, de la danse, de la poésie.

"Il en était ?
- Non, c'est pas obligatoire. Même à Paris. Qu'est-ce qu'il fait chaud… "

  Rouchon prit un pseudonyme plus exotique, un nom qui résonnait balkanique. Polska ou Rouchovic, qui s'en souvient ? Il grimpa rapidement en tête d'affiche et commença à remplir les salles sous son nom. Polska ou Rouchovic, c'est le passé. Il se mit à tutoyer des pontes, à se faire flatter le jabot. Et comme tout provincial qui réussit à Paris, il se mit à fréquenter les marlous du moment. Et à se piquer au jeu.
  Et c'est après avoir plumé un pigeon qu'il se fit régler une dette de façon pas banale. On aurait pu penser qu'il s'en retrouverait bien encombré, mais lui il avait déjà vu bien plus loin. Il savait qu'il commençait à décliner : il avait la gambette moins légère, le sourire moins bucolique et le litron facile. Alors ces deux-là, qu'on lui offrait sur un plateau et qui déboulaient dans sa vie, y'avait plutôt intérêt à sauter sur l'occasion, vu que le larron était déjà fait. Il a donc remplacé son nom sur l'affiche par le leur, "Vlad et Dzana", un cliché du genre, et les a poussés sur le devant de la scène. Lui, il œuvrait dans l'ombre, à la musique, à la chorégraphie, aux costumes, au cacheton. C'est lui qui tirait les ficelles.
  Fallait les voir, ces deux-là, quand elle soulevait son jupon ou qu'il faisait rouler son chapeau sur son bras. Et quand elle le giflait et qu'il tombait sur les fesses, patatra, et le public en redemandait, et les gosses se poilaient, et puis la musique ralentissait et parfois les larmes frisaient le coin de l'œil. Y'avait pas meilleurs complices, c'était devenu un sacré duo. Du haut, Rouchon regardait tout ça. Il savait qu'il n'existait plus vraiment, pour le public, mais il mesurait combien il était l'artisan de ce succès et de la réussite de ces deux là.
  Néanmoins, la complicité qu'il avait quant à lui avec la boutanche empêchait tout ménage à trois à quatre. Rouchon siphonnait plus qu'une baignoire dans un problème de maths et il avait constamment les dents du fond en crue. Ça s'en ressentait sur ces deux-là : leurs danses devenaient désordonnées, ils s'emmêlaient les crayons et quand ils faisaient encore marrer, c'était malgré eux. Rouchon avait fini par se faire jeter de tous ses lieux habituels, les cabarets comme les bistrots. Fin de carrière dans les couloirs du métro. Terminus, tout le monde descend, mais lui plus que les autres…
  On l'a retrouvé un matin en train de se faire renifler par les rats, raide comme la justice coréenne, et avec ces deux-là blottis l'un contre l'autre entre ses bras. Et aujourd'hui on profite qu'il est mort pour l'enterrer.

"C'est pas bien drôle, tout ça…
- Sûr, on a connu plus fendard…"
Le curé annone quelques dernières broutilles, et on fait descendre Rouchon au fond du trou, encore plus bas qu'il ne l'était. Puis une femme balance les deux-là sur le cercueil. On entend le choc du bois sur le couvercle, les ficelles s'emmêlent, les pantins rejoignent le marionnettiste. Le duo reconstitué une dernière fois, on le recouvre de terre.
 

 

  Au loin, un éclair électrise l'atmosphère. Si tout va bien, ce soir on ne devrait pas avoir besoin d'arroser les fleurs artificielles.

 

 

 

 

 


ces-deux-la-apercu.JPGImmense merci à l'artiste qui ne s'ignore pas tant que ça, et qui m'a fait l'honneur d'illustrer ce texte.

Cliquez sur  la vignette pour voir le dessin entier.

 

 

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Published by Stipe - dans Nouvelles
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