Qui ça?

Si vous l'dites...

Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 21:28

 

 

 

Une fois, il était un homme à la barbe bleue, si bleue que le ciel, la mer, les schtroumpfs et un steak bleu, en comparaison, semblaient jaunes. C'est quand même pas rien.
L'homme s'appelait Barbe Bleue parce que son père avait trouvé une gourmette gravée "Barbe Bleue" et qu'il avait déclaré "si un jour j'ai une fille, je l'appellerai Barbe Bleue" ; mais en voyant naître ce petit garçon à la barbe bleue il s'était exclamé "C'est quand même pas d'cul, voilà que j'ai un garçon alors que Barbe Bleue c'est féminin !", puis il avait ajouté, avec un clin d'œil au public, "Tant pis, il sera pédé ! De toute façon faut au moins être pédé pour porter une gourmette…"
(rires)

L'enfant mangea sa soupe et grandit, puis devint un homme. Non seulement il put se vanter d'une hétérosexualité inébranlable, même en cachette sous la couette, mais surtout il se révéla être un fieffé queutard. Mais malencontreusement !, du fait de la couleur de sa barbe il faisait toujours fuir les filles et dut souvent avoir recours à la force de persuasion pour assouvir ses pulsions sexistes.
Comme tous les hommes qui ont connu dans leur enfance l'humiliation de rentrer de l'école avec des mollards dans la barbe ou des messages tels que "gros con" gravés au compas sur le front, il décida de se venger en embrassant la carrière politique. Et encore, c'est parce qu'il avait deux potes à lui pour la tenir…
Toutefois, pour pas trop que ça se voit, il choisit d'être gentil socialiste.
Toutefois, parce que ça va bien cinq minutes les conneries, il choisit de se faire élire Roi de la Banque.

Barbe Bleue avait l'alcool festif. Aussi, un jour qu'il était plus imbibé que Bob l'Eponge en vacances en Normandie, il se conduisit de manière si galante qu'une gourdasse tomba amoureuse de lui. Elle n'avait pourtant aucune raison d'aller coucher avec ce vieux dégueulasse : c'est lui qui était bourré au moment des faits, et c'est elle qui était riche. C'est dire si elle était gourdasse.
Barbe Bleue, qui en plus du pouvoir avait désormais l'argent, n'avait pas pour autant renoncé à aller se tremper le biscuit dans tous les dîners mondains.
Sa femme, toujours impeccable, propre sur elle, le visage tiré à quatre épingles, suscitait l'admiration de ses congénères. De mémoire de bourgeois, on n'avait jamais vu cocue aussi magnifique.

Pour les besoins de son travail, Barbe Bleue devait souvent s'absenter en voyage d'affaires. Sa femme en profitait alors pour sécher, reprendre son souffle, remettre ses cheveux en ordre et défroisser sa robe.
Avant de s'absenter longuement, il lui confiait toujours une clé.
"Cette clé ouvre la porte d'une penderie secrète, lui rappelait-il. Tu n'as surtout pas le droit d'y entrer, sous aucun prétexte. Si jamais tu entrais dans cette penderie interdite et dont tu possèdes la clé en mon absence, alors il t'en cuirait un œuf sur le plat !". Elle mettait la clé dans sa poche, sous son mouchoir, avec le reste. Et elle lui faisait coucou de la main pendant qu'il s'éloignait vers le portail.

De ses périples, Barbe Bleue ramenait toujours un petit souvenir à sa bonne femme : une chaude-pisse, une blenno ou une pension alimentaire. Un truc qui gratte, quoi.
Les voyages d'affaires de Barbe Bleue consistaient à descendre à l'hôtel pour monter dans une chambre, faire son affaire, puis étouffer celle-ci sous un matelas, de fric. A son retour au bled, il accrochait ses affaires dans la penderie secrète, même celles qui étaient déjà en cintres. Et il claquait la porte, souvent en y coinçant un doigt de jugeote de sa femme.
Cette dernière, toujours aussi gourdasse, suscitait l'incompréhension de ses congénères.
"Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?
-  Et bien non, mais faut dire qu'il débarque toujours par derrière… Et puis sinon, si je regarde par là en direction de mon bras, je vois le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie.
-  Je crois surtout que tu te fourvoies !"
Poil au doigt.


Un jour, pourtant, Barbe Bleue faillit se faire gauler. Alors que comme à son habitude il avait fait usage de sa légendaire séduction pour forcer un peu une gourdasse à tomber sous son charme naturel, celle-ci poussa des cris stridents, pire que si on s'était essuyé dans ses rideaux, et qui réveillèrent les voisins d'Amérique. "Chémoniou ! Chémoniou !", gueulèrent ceux-ci, et on sait combien ils n'ont pas l'habitude de parler pour ne rien dire. Ils se fâchèrent vachement en fronçant les sourcils, lui administrèrent un coup de règle sur les doigts, et baragouinèrent des conneries comme quoi un homme riche ne peut pas disposer comme bon lui semble d'une pauvre femme noire au seul prétexte qu'elle est femme et pauvre et noire. Déjà que ça veut rien dire, mais alors dit en angliche, c'était vraiment du baragouinage. Les avocats de Barbe Bleue en firent d'ailleurs part au procureur : "What the fuck of charabia ?", puis ils arguèrent du fait que c'était comme ça depuis la nuit des temps alors qu'il n'y a vraiment pas de quoi se relever la nuit pour rallumer la télé. Le procureur convoqua donc la négresse et lui dit qu'elle l'avait quand même un peu allumé, avec son cul de négresse. Puis il la traita de négresse, et la laissa se barrer en Cadillac. Il s'excusa auprès de Barbe Bleue pour la gêne occasionnée et lui assura espérer que ça ne l'avait pas mis en retard pour le dîner.
Barbe Bleue quitta la ville, en montrant son cul au hublot, et il reprit une vie normale, en montrant son cul aux passants.

Au regard de cet épisode cocasse, les congénères de sa femme étaient passés de l'incompréhension légitime à la suspicion inévitable :
"Anne, pauvre gourdasse, tu ne vois toujours rien venir ?
-  Non, toujours rien…
-  Et le gros tas d'emmerdements qui te sourit, les casseroles au cul, le dégoût que ça suscite, non, toujours pas ?
-  Banon, toujours pas. Et même avec ma paire de lunettes Tchin-Tchin gratuite, je ne vois rien d'autre que le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie.
-  T'as surtout la vue qui merdoie !"
Poils sous les ongles.


La clé de la penderie disparut un beau jour, et personne ne parvint jamais plus à en ouvrir la porte. Et aux gens qui se demandent encore où est la moralité dans tout ça, on répond qu'elle demeure mystérieusement tapie derrière cette porte, quelque part au milieu des affaires de Barbe Bleue et de la dignité de sa femme.

 

Par Stipe - Publié dans : Les contes de mamie qui pique quand on l'embrasse - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Commentaires

Un sondage vient d'etre réalisé en France sur la question suivante, posée aux femmes : "Souhaiteriez-vous avoir une relation sexuelle avec DSK ?" - 5 % ont répondu OUI, 10 % NON, et 85 % : PLUS JAMAIS !
Commentaire n°1 posté par emma le 14/09/2011 à 22h24

et dans les 10% de NON, y'a seulement 1% qui ont un alibi valable...

Réponse de Stipe le 15/09/2011 à 09h41
Je vois que tu vas encore avoir besoin d'un séjour en HP et c'est comme ça que j't'aime!( d'ailleurs je vais te le graver sur le front au marteau et au burin espèce de dingo).
Commentaire n°2 posté par Milène le 15/09/2011 à 10h28

c'est pas moi, le fou. Moi je ne suis que le type à l'entrée de l'HP, celui qui remplit les dossiers d'admission puis les scanne discrètement et les publie ensuite sur internet.

mais je suis sain de corps TA MERE LA PUTE QUI SUCE DES QUEUES EN ENFER et d'esprit, non vraiment, tout va bien.

Réponse de Stipe le 15/09/2011 à 10h39
Pour entrer dans la légende, il lui fallut écrire un conte populaire; il se plia donc à cette énième contrainte afin de décrypter une fois pour toute au monde hébété une fable qui le gavait. l'appelerio Stipe et le vénério ad vitam eternam pour avoir réussi cet exploit de tordre le coup du lapin à la croyance populaire au sujet des histoires sans queue ni tête!
Commentaire n°3 posté par sophie le 15/09/2011 à 10h33

il aurait bien voulu que ce fût une histoire avec un peu plus de tête et un peu moins de queue...

Réponse de Stipe le 15/09/2011 à 11h21
Le pire c'est que Soeur Anne va faire les frais de l'affaire du Sofitel et (comme si c'était pas suffisant et comme tu le dis si bien "Banon, toujours pas..") pour l'affaire Banon. Ben si.
Moralité : Soeur Anne aux deux verges raque*.

Ha Ha!

* Librement adapté d'une vieille vanne de Tonton Gotlib (Soeur Anne aux deux berges raque)
Commentaire n°4 posté par Kalfonx le 16/09/2011 à 16h38

je connaissais ce conte de Gotlib, mais j'avoue que là, vous fites plus fort que lui !

 

et quand DSK et une soubrette, au Sofitel, s'enfilent, il Diallo ?

Réponse de Stipe le 16/09/2011 à 16h47
J'ai bien aimé la critique toute en subtilité et en filigrane de billet de banque de l'affaire clearstream. J'espère que De Villepin lit le blog !
Commentaire n°5 posté par Faman le 21/09/2011 à 11h44

De Villepin, avec sa tête de prince charmant, c'est pas idiot ça...

 

mais bon, ce genre de contes pour adultes c'est pire que les contes pour enfant : on y croit encore moins...

Réponse de Stipe le 21/09/2011 à 11h46
J'étais pas venue depuis quelques jours... En fait je passe ici comme d'autres font un cure en HP, pour décompresser... Et ça marche ! Tu m'as bien fait rire, et j'en avais besoin !
A+
Commentaire n°6 posté par ptitlu le 04/10/2011 à 14h03
Flûte, le commentaire laissé hier s'est fait la malle... Bon ben en gros cela disait :"j'ai pasé un bon moment, ça tombe bien, j'avais un beoin urgent de me marrer", A+
Commentaire n°7 posté par ptitlu le 05/10/2011 à 16h34
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