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Qui Ça?

  • : Stipe se laisse pousser le blog
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  • : Je m'étais juré sur la tête du premier venu que jamais, ô grand jamais je n'aurais mon propre blog. Dont acte. Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser des commentaires dithyrambiques ou sinon je tue un petit animal mignon.
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La cour des innocents

La Cour des Innocents - couv - vignette

Dates à venir

- samedi 2 août, en dédicace à la Librairie Montaigne (Bergerac) de 10h à 12h

- samedi 30 août, en dédicace à la Librairie du Hérisson (Egreville)

- dimanche 9 novembre, en dédicace au Grand Angle dans le cadre du salon Livres à Vous de Voiron.

20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 13:51

 

 

La fête des pères survient traditionnellement après la fête des mères, qui est elle-même la suite logique de la "faites des enfants".

La fête des pères est l'occasion annuelle pour les enfants de se souvenir qu'ils ont un père, et pour les pères de se rappeler qu'ils ont des enfants décidément très cons.
Si la fête des mères rime avec amour, bonheur, famille, poèmes trop mignons et joie partagée, la fête des pères rime avec phacochère, réverbère, gruyère et enfants très cons. Et même pas en alexandrins.
La fête des mères est un moment unique qui permet à la maman de recevoir de la part de ses enfants et de son mari toute la considération et les honneurs que lui vaut sa sinécure quotidienne de culs à torcher et d'apéros à servir à l'heure. C'est l'occasion pour elle de se voir servir le petit déj' au lit, d'entendre des poèmes émouvants, de recevoir des cadeaux personnalisés et d'être dorlotée. Et tout le monde est content : la maman est choyée, les enfants sont choyeurs, et le père peut espérer profiter de l'euphorie de sa femme pour quémander une petite pipe.
La fête des pères, elle, est le moment idéal pour se mettre sur la gueule et régler ses comptes.
Que les enfants osent débarquer dans la chambre conjugale dès potron-minet et ils se feront refouler au prétexte que le dimanche on est en droit d'exiger la grasse mat', et éventuellement une petite pipe, et que le petit déj' au lit ça fait des miettes partout et en plus on est mal installé et c'est des coups à roter le ricoré toute la matinée. Si les enfants optent pour un poème écrit de leur main ou un cendrier en plâtre confectionné par leurs soins, père leur répondra qu'un polo Célio aurait suffit, et qu'il espère qu'ils n'ont pas foutu du plâtre partout. Dans le cas où la progéniture a opté pour le polo Célio, papa leur jurera avec une sincérité dans la voix qui n'a d'égal que celle du coureur cycliste qui déclare que malgré ses 38 minutes d'avance à l'arrivée de l'Alpe d'Huez et les traces d'urines de rhinocéros retrouvées dans les siennes, il ne s'est pas dopé, "si si, il me plait". Puis il demandera si quand même ils ont gardé le ticket de caisse. Et lorsque les gosses se seront ruinés pour un stylo Mont-Blanc, on leur rétorquera que quitte à dépenser de l'argent, autant que ce soit pour une bouteille de whisky, un bon d'achat chez Casto ou une paire de plaquettes de freins, un truc utile quoi, parce que qui utilise encore un stylo de nos jours, hein, qui ? QUI, BORDEL ???
Sont cons, ces mômes.

Plus tard, l'épouse prendra son dû, elle qui sait pertinemment que les polos ça fait pédé, et que les stylos ça fait pédé. Le jour de la fête des père, c'est aussi la fête de la mère.
Le lendemain, lorsqu'à la pause-café il entendra ses collègues se vanter d'avoir reçu en cadeau un baptême en hélico ou une montre qui brille, le père qui n'aura reçu qu'un poème crétin ou un autre truc de pédé déclamera avec une solennité que lui envierait le coureur cycliste qui affirme que sa victoire est avant tout celle de son équipe, de médecins, "j'ai rien eu à la fête des pères car je ne veux rien, je refuse de faire le jeu des capitalistes en me conformant à cette opération commerciale, car je vous le dis comme en cent, c'est avant tout une opération commerciale, mais on ne peut pas empêcher les gens d'être cons, et je dis pas ça pour vous, vous c'est pas pareil".

Il n'est pas rare, à l'occasion de cette journée et suite à une banale divergence de points de vue quant au  caractère homosexuel d'un cadeau, que la discussion s'envenime et que le père ose enfin avouer à son enfant de 5 ans qu'il n'est pas son géniteur.
"Fils de putatif", lui crache-t-il au visage. Puis l'enfant est puni et privé d'amour jusqu'à ses 18 ans, âge auquel il aura alors le droit de violer la petite voisine de palier dont les seins lui rappellent ceux de sa propre mère.

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commentaires

fragon 21/06/2011 19:56


C'est mon tour ; je croyais que je devais dire le compliment d'abord et qu'on n'embrassait qu'après le pot de fleurs. Il paraît qu'on embrasse avant. Je m'avance. Je tiens le géranium de onze sous
et le rouleau, ce qui me gêne pour grimper. Mon père m'aide, il me trouve lourd ; je monte une jambe,--je glisse. Mon père me rattrape, il est forcé de me saisir par le fond de la culotte, et je
tourne un peu dans l'espace. Ce n'est pas ma figure qu'il a devant les yeux ; moi-même je ne trouve pas son visage. Quelle position ! Puis je sens le géranium qui file ; il a filé, et tout le
terreau tombe dans le lit. La couverture était un peu soulevée. On me chasse dans la chambre à coups de pied, et je n'ai pas la joie pure d'embrasser mon père, d'être
embrassé par lui le jour de sa fête ; mais je n'ai pas non plus à lire le compliment. C'est entendu, bâclé, fini. Il y a un peu de fumier dans le lit. La fête de ma mère ne me produit pas les mêmes
émotions : c'est plus carré. Elle a déclaré nettement, il y a de longues années déjà, qu'elle ne voulait pas qu'on fît des dépenses pour elle. Vingt sous sont vingt sous. Avec l'argent d'un pot de
fleurs, elle peut acheter un saucisson. Ajoutez ce que coûterait le papier d'un compliment !

Vallès... l'Enfant


Stipe 22/06/2011 10:43



waouh, superbe.


merci pour le cadeau!



poupoune 21/06/2011 18:43


putain, je regrette pas de l'avoir oubliée cette année, moi, tiens...


Stipe 22/06/2011 10:00



du moment que t'oublies pas la Toussaint...



Bifane 21/06/2011 10:45


'Xactement ! Et en prime, la qualité des cadeaux, en te donnant une idée de leur bon goût, t'en donne aussi une quant au genre d'hospice où ils te colleront dans quelques années, et où ils
viendront te rendre visite une fois l'an. Heu... si ça se trouve, ce sera pour la fête des pères aussi, avec une boite de chocolat, mais pas trop dur, pour pas t'abîmer le dentier...


Stipe 22/06/2011 09:56



ou alors c'est à la Toussaint, qu'ils viendront.


"Viens, pépé, on va au cimetière, tu pourras dire bonjour à tes amis".



emmanuelle grangé 20/06/2011 19:52


non pas simplement et fortichement intelligent tu es, mais doué d'une clairvoyance écriture.


Stipe 21/06/2011 10:32



oh, merci.


mais il en va des papas comme des roms : parait que y'en a des bien...



Bifane 20/06/2011 14:53


Au moins, c'est sûr, depuis le pays des Baisonours, on a fait du chemin... Même depuis le tableau du "elle cousant, lui fumant, dans un bien-être sûr...", pareil, et l'idée qui fait le sien, de
chemin, que si on n'avait jamais commencé à choisir les prénoms de ces futurs fléaux, on n'en serait pas là...


Stipe 21/06/2011 10:29



et c'est donc pour nous punir de leur avoir refilé des prénoms tartignolles qu'ils nous offrent des cadeaux moches ?