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Qui Ça?

  • : Stipe se laisse pousser le blog
  • Stipe se laisse pousser le blog
  • : Je m'étais juré sur la tête du premier venu que jamais, ô grand jamais je n'aurais mon propre blog. Dont acte. Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser des commentaires dithyrambiques ou sinon je tue un petit animal mignon.
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La cour des innocents

La Cour des Innocents - couv - vignette

Dates à venir

- samedi 2 août, en dédicace à la Librairie Montaigne (Bergerac) de 10h à 12h

- samedi 30 août, en dédicace à la Librairie du Hérisson (Egreville)

- dimanche 9 novembre, en dédicace au Grand Angle dans le cadre du salon Livres à Vous de Voiron.

15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 21:52

-  Tu sais, Bridgett, quand je repense à toi, à moi, à nous, me reviennent ces quelques vers ...
-  Quoi les verres, t'as encore soif ?
-  Hein ? Mais non, je veux dire qu'il me rappelle au souvenir cette poésie d'Alfred de Vigny...
-  Des Devini qu'habitent au Moulin d'la Chapelle que lui il a un laguna beige et que elle elle travaille à la mairie ?
-  Nan, pas ça. "De Vigny", un poète.
-  Ben moi les employés de mairie je les connais pas tous, faut dire. Tiens d'ailleurs, fais moi penser à faire une photocopie de ma carte d'identité pour l'inscription au concours de cervelas.
-  Certes Bridgett, je te mettrai un post-it sur le front. L'ami Alfred, donc, disait ainsi la Mort du Loup, deux points ouvrez les guillemets...
-  Ben ça y est, je les ai déjà ouverts. D'ailleurs celui de la cuisine grince toujours autant, faut y faire quelque chose, surtout qu'en ce moment avec ce qu'il pleut c'est encore pire qu'en pire, et aussi je me demande c'est quand qu'on les a repeints déjà, cette année ou l'année prochaine ?
-  Je ne sais pas, Bridgett, je ne sais plus. Tu as regardé dans le fichier Excel ? Bon j'en étais où, putain... ? Ah oui, donc De Vigny blablabla notre histoire, la mort du loup tout ça, et donc ça commençait comme suit...
-  Tu fais bien d'en parler, faut qu'on fasse ramoner la cheminée. Tu crois qu'on pourrait demander au portugais ? Faut juste qu'il nous fasse un papier pour l'assurance, paraît qu'en cas d'incendie de bûche ou affairant, tu peux avoir des soucis mais le portugais il doit être certifié ou agrégé ou je sais pas comment on dit en ramonerie. Ben t'avais pas racheté des yaourts ?
-  Non, ils me paraissaient  pas assez mûrs alors j'en n'ai pas pris. Je vais prendre du babibel, j'aime bien aussi le babibel. Le kiri j'aime moins par contre, je trouve ça trop salé pis on peut pas modeler des boules avec l'emballage.
-  Tu voulais me dire quoi ?
-  Quoi "quoi" ?
-  Ben à propos du loup qui s'est fait écraser par les Devini ?
-  Moi ?
-  Ben oui, pas moi ! J'ai un alibi, de toute façon...
-  Ah oui, la Mort du Loup, oui oui c'est bon, je vois.
-  Pfff alors toi faut te suivre, hein !
-  Ouais donc non, c'est pas ça. C'est juste que tu sais, Bridgett, je repensais à notre histoire et me revenaient les vers de De Vigny...
-  Ok, pas de soucis.
-  Attends, j'ai pas fini. Et ce vers incipit...
-  Ainsi quoi ?
-  Pit.
-  Connais pas.
-  "Les nuages couraient sur la lune enflammée"
-  ...
-  C'est ça le vers que je te disais que ça me faisait penser à notre histoire quand j'y repensais... "Les nuages..."
-  Ouais c'est bon, j'ai entendu. T'es en train de dire que j'ai le feu au cul, quoi ?
-  Hein ? Mais non, pas que...
-  Ben si, prends moi pas pour une truffe, essaie pas de m'embrouiller avec la météo. Tu dis que notre histoire que quand t'y repenses ben c'est que j'ai le feu au cul !
-  Mais non, c'est de la poésie, c'est une licence...
-  Ouais ben ta licence t'as intérêt à te la photocopier aussi parce que je vais t'en faire une boulette et hop direct à la poubelle !
-  Non mais la Lune chez les poètes, c'est un astre inaccessible, une chimère, la symbolique de la recherche de l'idéal, tu sais comme quand on dit "Décrocher la lune"... Tu sais...
Tu sais ?
-  Ben oui, j'ai déjà entendu. Ou comme quand on dit "Pierre qui roule n'amasse pas mousse", c'est ça ?
-  Euh... oui. Mais en quelque sorte, alors. Et les flammes représentent la passion, et les nuages c'est pour dire que c'est couvert, que c'est plus comme avant.
-  Ah ça, y'a pu d'saison ! Y'a deux semaines on range le barbecue et paf, grand soleil ! Et quand on veut repeindre les guillemets, de la flotte à pu savoir quoi en foutre ! Quand t'auras fini avec les endives tu me passeras le saladier, que je sauce.
-  T'es rassurée ?
-  Pour le climat ?
-  Pour le feu au cul.
-  Ah, ça. Ben si tu dis que ça n'a rien à voir et que je suis pas une chaudasse et que j'ai pas chopé des vers, je te crois, hein. Et ils l'ont retrouvé ?
-  Qui ça ?
-  Ben le gars qu'a écrabouillé un loup !
-  Tu sais Bridgett, j'ai besoin d'avancer mais je n'arrive pas me résoudre à ne pas regarder en arrière. Mais quand je me retourne pour regarder en arrière ben je me casse la gueule ou je me fous le genou dans un meuble, c'est toujours pareil. Alors je préfère me dire que notre passé reste à écrire, que notre futur viendra plus tard et que notre présent est comme un bulle de savon qui...
-  C'est toi qui repose toujours le savon sur le rebord du lavabo et après il est tout collé, gros dégueulasse ! Alors m'accuse pas que c'est moi, ça commence à bien faire tes sous-entendus pour noyer l'anguille sous roche. Si t'as un truc à dire, tu me le dis en face, dans le blanc des œufs, et t'arrêtes de tourner autour des mots.
-  Bridgett, comme disait Pierre Mondy à Henry Guibet dans "On a retrouvé..."
-  ACCOUCHE !!!
-  Bridgett, je vais te quitter...
-  Et ?
-  Et rien, juste "je vais te quitter". Pour de vrai.
-  Ahhhhh, ok ! J'avais cru "je vais te guider", je me disais "tiens, il veut que je gare la voiture, il a peur que je la bigorne dans le portail ou quoi ?", c'est pour ça j'comprenais pas, j'me disais "Tiens...".
"Te quitter", ah ok, là d'accord ! Ben oui écoute, t'es grand, t'as pas besoin de moi pour me quitter. Mais juste avant, tu finis pas ton pain ? Je peux le prendre pour saucer ?





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commentaires

Milène se déchaîne 16/01/2010 16:17


Purée ça rappelle des conversations qu'on a des fois avec des gens ( qu'on ne voit plus d'ailleurs, question de survie). Ah la Bridget j'en connais plus d'une!


Chris de Neyr 16/01/2010 15:52


Buzzz!! Buzzz! J'ai trouvé, j'ai trouvé, chuis prem's: "Bridgett over trouble water" de Simon & Culsonné. (super le blind test)


Jérôme a.k.a. Seltzer 16/01/2010 13:03


Tiens... une pièce de théâtre... Je suis d'accord. Tu t'y mets quand ?


sophie 16/01/2010 10:37


excellent, tu n'as jamais pensé à écrire une pièce de théâtre? cette première scène désopilante en dit plus sur le couple qu'un traité sociologique; c'est énôrme! bravo Stipe!


Madame Olson 16/01/2010 05:57


Quelle patience ce garçon...J'aurais pas attendu la fin du saladier d'endive moi...